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Hommage à Arnaud DESJARDINS

Arnaud DesjardinsArnaud Desjardins

Existe-il un successeur à Arnaud Desjardins ?

La réponse est oui : il existe selon certains proches d'Arnaud que nous avons pu contacter un successeur à Arnaud Desjardins en la personne d'Eric Edelmann. Cela peut surprendre car un maître éveillé n'a pas toujours un successeur… mais pour Arnaud, la lignée spirituelle et la transmission de maître à disciple sont essentielles.

Eric Edelmann est un disciple de longue date (1974), docteur en Philosophie, il est l'auteur de plusieurs ouvrages de spiritualité dont Swâmi Prajnânpad et les lyings, Jésus parlait araméen et Mangalam, un parcours auprès d'Arnaud Desjardins. Il transmet depuis de nombreuses années l'enseignement qu'il a reçu d'Arnaud au sein de l'ashram/centre spirituel Mangalam au Québec qu'il anime avec son épouse Sophie.

Selon nos échanges avec des proches d'Arnaud Desjardins, Eric Edelmann a été souvent testé par son maître Arnaud Desjardins et il aurait « brillamment passé » ces fameux tests justement. Il a lui-même approché de nombreux maîtres (Arnaud l'a envoyé par exemple dans la commune d'Osho aux USA en Orégon) et il a pratiqué aussi le zen avec Deshimaru et le bouddhisme tibétain.

Pendant longtemps, Gilles Farcet indique dans son livre La transmission selon Arnaud Desjardins qu'on a pensé que Daniel Morin, ex ouvrier métallurgiste serait le successeur du fait de "sa stature spirituelle" mais les années passant, il devient clair que d'assumer la charge d'une structure comme le centre à Hauteville ne lui convenait pas. Durant l'été 2008, ce fut donc Eric Edelmann qui fut nommé par Arnaud pour prendre la relève.

Gilles Farcet écrit au sujet d'Eric Edelmann « Son style d'enseignement, rigoureux mais aussi empreint d'humour, joint à un abord simple et une bonté manifeste, en ont avec les années fait une figure très appréciée au sein de la sangha, tant en son pays d'adoption (Québec) qu'en France ».

Voici un article où Eric Edelmann nous raconte sa première rencontre avec Arnaud Desjardins :

L'esprit de débutant – Eric Edelmann
Tout a commencé avec la lecture des Chemins de la Sagesse quand j'avais dix-sept. J'ai senti : « c'est cela qu'il me faut. C'est cela le chemin. » A l'époque, je voulais me constituer un dossier sur la spiritualité et je recopiais des glossaires sanscrits et des entretiens d'Arnaud Desjardins parus dans la revue Planète. La télévision diffusait alors ses films sur les soufis et les Tibétains. J'avais également vu la célèbre émission « L'invité du Dimanche « en 1969. J'étais vraiment fasciné. Les films étaient suivis d'un entretien avec André Voisin. J'étais convaincu que ce qu'il affirmait était vrai, indiscutable, incontournable. J'étais certain que je le rencontrerais. Je n'avais pas la moindre idée de comment accéder à une personne qui était dans le domaine public. Je n'ai même pas pensé à écrire à l'éditeur, mais j'avais la certitude que cela se ferait un jour.

Cinq ans plus tard, en 1973, alors qu'il dédicaçait, Salle Pleyel, le troisième tome des Chemins de la Sagesse, je suis allé faire la queue. Je savais qu'en face de lui, je disposerais de 10 secondes. Je lui ai demandé : « Où peut-on vous rencontrer ? – Ecrivez à l'éditeur, m'a-t-il dit, et non pas à la télévision. » La suite a été très rapide. Il m'a reçu en mai 1974, dans un petit appartement parisien. J'avais vingt-deux ans et Arnaud quarante neuf. « J'espère que je ne vous dérange pas ! » furent les premiers mots que je pus prononcer. « Non, je vous attendais. » Assis sur une chaise de jardin métallique, Arnaud, en face de moi, me regardait en silence. La situation était inhabituelle. Il attendait que j'amorce la conversation. Celle-ci a duré deux heures à bâtons rompus. J'ai senti que j'étais accueilli, écouté, totalement accepté. C'était la première fois de ma vie que cela se produisait. Son attitude continuait tout ce que j'avais pressenti en le voyant à la télévision. Quand je me suis proposé de mettre fin à la conversation, il m'a dit : « C'est vous qui voyez… » Il n'y avait aucune restriction, aucune limite. Il me donnait à fond perdu. Nous nous sommes revus encore une fois dans les mêmes conditions. J'étais transporté, plein d'une immense espérance. Ce dont je me souviens surtout, c'est de sa présence même, sa disponibilité intérieure, sa sollicitude.

A la fin de notre deuxième rencontre, il m'informa qu'un lieu allait s'ouvrir en Auvergne, où un travail plus précis pourrait être entrepris avec quelques personnes. Cela me confirma dans mon intention de m'engager concrètement dans une démarche spirituelle tout en ne sachant pas du tout en quoi celle-ci pouvait consister. J'étais non seulement novice en ce domaine mais aussi dans la vie en général.

De plus, j'avais des handicaps du point de vue psychologique et une absence totale de structure intérieure. Avec les années de recul, je me rends compte que malgré des conditions aussi défavorables et un manque de qualification, il est tout de même possible de se transformer. Je me suis rendu dans ce lieu assez austère et isolé qu'était le Bost, en Auvergne. La première chose qui me frappa sérieusement fut les cris que j'entendais, émanant de la chambre d'Arnaud. Pas vraiment de quoi me rassurer ! En fait, je ne connaissais pas l'existence des lyings *, je venais pour la spiritualité pure et j'avais l'impression de débarquer dans un asile de fou !
La deuxième chose qui me frappa m'émerveillait : c'était le silence à la fin des réunions communes. Toute la salle s'embrasait de lumière…
Pour répondre à mes questions – et angoisses – sur les cris que j'avais entendu, Arnaud me proposa d'assister à deux séances de lying. Je fus stupéfait, abasourdi. En même temps, j'entrevoyais qu'il faudrait que je passe aussi par là. Le spectacle fut pour moi un choc énorme et souleva des questions intenses.

Quand j'ai demandé à Arnaud, face à face : « Est-ce que je peux être votre disciple ? » (question pour moi capitale), il a répondu par la négative avec un magistral signe de tête, tout en ajoutant : « Pas pour le moment. » Alors qu'à un autre candidat qui lui avait demandé : « Pourriez-vous être mon maître ? », il avait répondu oui. Sur le moment, je me suis senti très déçu, j'étais jaloux. Je pensais que l'autre candidat avait reçu une réponse plus flatteuse. Je ne m'étais pas rendu compte qu'il n'avait pas du tout posé la même question. Vingt ans plus tard, cette histoire illustre à mes yeux un aspect essentiel de la relation maître-disciple : le maître est là d'emblée, totalement, pour tous ceux qui viennent à lui, mais devenir disciple nécessite un long apprentissage. Tout en répondant à mes questions quand je le rencontrais, Arnaud ne me faisait aucune promesse concernant la possibilité de m'engager vraiment et je demeurais dans une incertitude pénible. Toute perspective n'était pas bloquée : à la fin du séjour, j'achetais un châle de méditation et il me fut proposé de le laisser à Arnaud pour qu'il le porte un soir. J'ai toujours le même châle depuis et je le respecte infiniment, même si j'étouffe de chaleur l'été avec, parce qu'il est en pure laine ! Ce geste de sa part a inauguré quelque chose de subtil en moi et que je garde au fond du cœur.

Ce texte est extrait de l’article de Eric Edelmann publié dans un numéro spécial sur Arnaud Desjardins "Question de" n° 111 de 1998.

*Qu’est-ce que le Lying ?
Le lying a été conçu par Swami Prajnanpad. Ancien professeur d’université réfugié au Bengale ; il accueillait pour des séjours d’un mois ou deux, quelques étudiants. Parmi eux, il y avait Arnaud et Denise Desjardins, ainsi que Frédéric Leboyer. Les entretiens qu’ils avaient ensemble s’appelaient des "sittings" tout bêtement parce qu’ils étaient assis. Quand une émotion surgissait, le maître leurs pro- posait de s’allonger, et de là est née l’expression "lying" qui ne veut rien dire en soi. Techniquement, l’extrême simplicité empêche que l’on définisse le lying autrement que par une invitation à s’allonger, se relâcher dans l’expiration, être là, présent et s’abandonner ; ensuite, d’une manière plus nuancée, se laisser aller à la libre-association, non seulement celle des idées et des pensées mais aussi celle des sensations et de toute l’imagerie mentale : souvenirs, fantasmes, etc ; ne rien faire et accepter de rencontrer tout ce qui vient.
Extrait de : Le Lying, une pratique du non-faire par Bernard Pernel, propos recueillis par E. Jung, C. Vaux & M. C.

Mangalam au Québec Le centre Mangalam au Québec 
Dédié à la recherche spirituelle, Mangalam a pour vocation de transmettre l'enseignement qu'Arnaud Desjardins a lui-même reçu en Inde et dont il a témoigné dans ses livres. Cet enseignement propose une voie de connaissance de soi et de réconciliation intérieure qui conduit à s'ouvrir aux autres et à incarner l'intégrité dans sa vie quotidienne. L'ashram est animé par Éric et Sophie Edelmann et ouvre la possibilité de retraites d'une durée variable.
www.ashram-mangalam.qc.ca


Les articles du dossier spécial, Hommage à Arnaud Desjardins:

- A la recherche du Soi... par Arnaud Desjardins
- Sa biographie... par Jacques Mousseau
- Retour sur le message spirituel transmis par Arnaud Desjardins par Emmanuel Moulin
- Connecté à Arnaud Desjardins…. le témoignage de Carl De Miranda
- Est-ce que Arnaud Desjardins a un successeur ?