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OshoA contre-courant :
Osho : Le capitalisme n’est pas un « isme » !


Rajneesh Chandra Mohan Jain (1931-1990), plus connu sous le nom d’Osho, est un des maîtres spirituels indiens le plus connu et le plus provocant de notre époque. Véritable maître zen, il choque et détruit toutes nos croyances et nos conditionnements. Dans ce discours spontané, il s’attaque à nos a-priori sur le capitalisme. A contre-courant des idées qu’on trouve parfois dans la spiritualité ou dans le monde alternatif, Osho explique pourquoi il préfère le capitalisme à tout autre système.


Question 1 du discours 5 de la série “Come Come Yet Again Come"

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Voici la traduction écrite :

Question : Chaque fois que je vous entends encenser le capitalisme, cela me met en colère. Vous dites qu’être un « sannyas » * signifie se débarrasser de tous les conditionnements et sortir de toutes les cages, qu’elles soient religieuses, philosophiques ou politiques. Est-ce que le capitalisme n’est pas aussi une forme de cage ? Pourquoi ne peut-on pas vivre une vie pleine de créativité, de richesse et de liberté sans aucun « isme » ?

Osho : Le capitalisme n’est pas du tout un « isme ». Ne soyez pas trop obsédé par le mot. Parfois, nous donnons trop d’importance aux mots et nous avons alors tendance à oublier la réalité. Le capitalisme n’est pas une idéologie. Ce n’est pas imposé à la société, c’est une évolution naturelle. Ce n’est pas comme le communisme ou le fascisme ou le socialisme : ce sont des idéologies. Elles doivent être imposées. Le capitalisme est venu de lui-même. En fait le mot capitalisme a été donné par les penseurs anticapitalistes eux-mêmes…les communistes, les socialistes ou les autres. Le capitalisme est un état de liberté, c’est la raison précise pour laquelle, je suis en sa faveur. Le capitalisme vous permet toutes sortes de liberté. Le communisme ne vous permettra pas d’accéder à toutes ces formes de liberté. Le communisme vous donnera juste une idéologie dans laquelle il faut croire. Il n’est pas question de choisir.

Cela me rappelle une histoire d’Henri Ford.
Lorsqu’il a créé son premier modèle de voiture, toutes les voitures étaient de la même couleur : noire. C’était lui-même qui guidait les clients dans le showroom, leur montrant les véhicules. Et il leur disait : " Vous êtes libre de choisir la couleur à condition que ce soit le noir ! "

C’est exactement l’attitude du communisme, vous êtes libre de choisir l’idéologie, la philosophie ou la religion à condition que ce soit le communisme. Dans une société communiste, il n’y a aucun espoir pour qu’une humanité multidimensionnelle puisse se développer. La croissance est limitée, linéaire. Dans un système communiste, vous ne pouvez pas imaginer que Karl Marx lui-même serait possible. Il ne serait pas accepté. Il est impossible d’imaginer un Jésus, un Bouddha, un Krishna, un Lao Tsu qui naîtrait dans une société communiste. Il serait éliminé dès le départ.
Avant la révolution russe, la Russie a donné naissance aux plus grands romanciers du monde et elle a connu une période d'immense créativité. C’était presque une explosion. Nulle par ailleurs et à aucune autre période de l’histoire, il n’y a eu autant d’artistes nés en même temps : Léon Tolstoï, Fyodor Dostoïevski, Anton Tchekhov, Maxim Gorky, Tourgueniev…et beaucoup d’autres. Qu’est-il advenu de toute cette créativité après la révolution russe ? Pas un seul Tolstoï, aucun Dostoïevski, pas un seul Maxim Gorky n'est apparu. C’est impossible car le gouvernement vous dit ce qu’il faut écrire et aussi ce qu’il ne faut pas écrire. La bureaucratie impose tout. Vous ne pouvez pas peindre avec votre cœur, vous ne pouvez pas chanter ce que vous souhaitez chanter. Vous devez danser au rythme de la musique que le gouvernement joue. Et bien sûr, du coup, seules les personnes médiocres sont heureuses en Russie. Les gens sans talent aiment ceci mais les personnes talentueuses qui sont le vrai sel de la terre n’ont aucun espace de créativité, elles sont freinées, muselées.

La seule issue est de faire de la politique mais là aussi ce n’est pas facile. Car une fois que vous êtes au pouvoir, c’est très difficile de vous remplacer. Joseph Staline est resté au pouvoir plus longtemps que n’importe qui d’autre. Et il était pourtant profondément haï par beaucoup de gens mais personne ne pouvait dire quoi que ce soit. Il a tué plus de personnes que Gengis Khan, Tamerlan, Nadir Shah; même Adolf Hitler arrive après lui. Staline tuait de manière très méthodique. On estime qu'il doit avoir tué au moins plusieurs millions de personnes, sans aucun remord.

Le jour où Staline est mort et où Khrouchtchev est arrivé au pouvoir, Khrouchtchev a commencé à parler contre lui. Même sa dépouille mortelle fut déplacée du Kremlin là où elle avait été mise en grande cérémonie. On l'a exhumée sans respect et mise dans un endroit éloigné où personne ne vient la voir.

Khrouchtchev avait toujours été au service de Staline comme un véritable serviteur et à ce moment-là, il commença à le critiquer. Dans un rassemblement de travailleurs communistes alors qu'il parlait contre Staline, un ouvrier au fond de la salle cria : « Où étiez-vous quand Staline était vivant ? Pourquoi n’avez-vous pas dit ces choses là quand il était en vie ? »

Pendant un instant, il y eut un silence pesant. Même Khrouchtchev ne trouvait pas ses mots. Puis, il demanda : « Monsieur, puis-je vous poser une question ? Camarade, pouvez-vous vous lever ? Qui a posé cette question ?  ». Personne ne se leva. Alors Khrouchtchev a ri et il a dit : « Maintenant vous savez pourquoi ! Voilà ma réponse. »

Le communisme est un « isme », le capitalisme n’est pas un « isme ». Le capitalisme est juste un phénomène naturel, il s’est développé de lui-même. Il n’y a pas de philosophes capitalistes, il n’y pas de partis capitalistes. Il n’y a pas non plus d’économie capitaliste qui aurait été imposée aux gens. C’est une croissance naturelle.

Mais vous semblez trop attachés au mot. Plutôt que de regarder la réalité, vous êtes obnubilés par le mot capitalisme. Le capitalisme signifie simplement un état de laissez-faire **, un état de liberté où chacun peut être lui-même. Le capitalisme n’est pas un « isme » mais un état naturel de la société qui est capable de produire du capital et de la richesse.

Depuis plus de soixante ans, le communisme existe en Russie et pourtant la Russie n’a jamais pu devenir un pays riche sous ce système. C’est un pays pauvre. Bien sûr, il est engagé dans la course aux armements mais les gens sont pauvres. Les Etats-Unis sont beaucoup plus riches, en fait c’est même le pays le plus riche de toute l’histoire du monde. En fait même l’homme le plus pauvre aux Etats-Unis est dans une situation bien meilleure que n'importe quel russe, pour la simple raison que les gens peuvent produire de la richesse s'ils le veulent. S’ils ne veulent pas créer de la richesse, s'ils veulent être des peintres ou des poètes, ils le peuvent, c'est leur liberté, c’est leur droit de naissance. Dans le communisme, vous n’avez aucun droit de naissance. Et n'oubliez pas : l'égalité est un mot qui n’a aucune réalité psychologique. Les gens ne sont pas égaux. Albert Einstein, Karl Marx, Gautam le Bouddha, Jésus, Mahomet, Ghâlib…pensez-vous que ces personnes soient égales ? La société est composée de milliers de types de personnes, c’est cette variété qui crée la beauté du monde. Le communisme détruit la variété. Il enferme les gens dans un certain schéma, il leur donne une certaine structure. Toute la société devient une sorte d’armée, tout le monde est embrigadé. Les gens suivent tous un même idéal.

Ne soyez pas trop obnubilés par le mot capitalisme. Mais nous vivons de mots. Le mot lui-même, la simple mention de ce mot peut provoquer en vous de la colère. Cela montre simplement que la colère est là, en vous. Et c’est un phénomène tout à fait naturel, particulièrement quand vous êtes le disciple d’un maître spirituel. Au fond de vous, vous éprouvez de la colère contre lui. Il y a des raisons à cela : l’abandon, le lâcher prise se font à l’encontre de votre ego…et l’ego est toujours prêt à se venger. N’importe quel prétexte fera l’affaire. Judas a trahi Jésus, pensez-vous vraiment qu’il a trahi Jésus uniquement pour trente pièces d’argent ? Ce n’est pas le cas. Judas n’aurait pas trahi Jésus juste pour trente pièces d’argent. Il avait vécu des années auprès de Jésus. Il avait aimé Jésus, l'avait adoré, s’était abandonné à lui. Qu’est-ce qui lui est arrivé ? D’ailleurs, il s'est senti immensément coupable. Dans les vingt-quatre heures après la crucifixion de Jésus, il s’est suicidé de désespoir. Qu’avait-il fait ? Il ne pouvait pas survivre, le sentiment de culpabilité était trop lourd à porter. Mais personne n’a étudié la psychologie de Judas. Beaucoup de gens ont étudié la psychologie de Jésus mais personne n’a pris le temps d'étudier la psychologie de Judas. Et cela en vaut la peine car les maîtres sont peu nombreux alors que les disciples sont très nombreux et qu'il serait essentiel de comprendre leur psychologie. Et ce n'est pas le premier cas…

Gautam Buddha a été trahi par son cousin qui était aussi son disciple, il s’appelait Devadatta. Mahavira a aussi été trahi par son propre beau fils qui était son disciple. C’est un phénomène quasiment inévitable : chaque maître a été trahi par un proche. Pourquoi ? Il doit forcément y avoir une raison cachée à cela. Ne condamnez pas Judas, c’est juste un exemple parmi d’autres.

S’abandonner à un maître crée de la colère. Contre votre gré, contre votre volonté, vous devez vous abandonner. N’ayant plus le choix, après avoir tout essayé par vous-même … plus vous avez fait des efforts, plus vous étiez dans la confusion. Donc, en dernier ressort, vous vous abandonnez mais au fond de vous-même, il y a une partie qui ne veut toujours pas, vous êtes contrarié. Vous seriez encore plus heureux s’il n’y avait pas eu besoin de vous abandonner. Mais parce que vous n'avez pas d'autres choix, vous avez tout essayé et tout a échoué, vous avez besoin de l’aide et du soutien de quelqu’un. Dans le domaine de la spiritualité, l'aide n’est possible que si vous faites confiance, que si vous vous abandonnez, que si vous mettez votre ego de côté. Alors, vous le mettez de côté mais c’est vraiment à contrecœur, contre votre propre gré et l’ego attend son heure pour prendre sa revanche. N’importe quel petit prétexte devient la bonne excuse.

Maintenant, le mot capitalisme vous torture. Si vous me comprenez, ce que vous dites est exactement ce que j'entends par « capitalisme ».

Vous demandez : « Pourquoi ne peut-on pas vivre une vie pleine de créativité, de richesse et de liberté sans aucun isme  ? ». C’est justement ce qu’est le capitalisme. Débarrassez-vous du « isme », trouvez autre chose. Les mots ont peu d’importance pour moi. Je ne suis pas un linguiste, ni un grammairien.

Noah Webster, le lexicographe, était dans son bureau en train de faire l'amour avec sa secrétaire lorsque soudain Mme Webster entre dans le bureau.
"Noah!" dit-elle la voix un peu essoufflée, " je suis surprise ! "
Remontant rapidement son pantalon, il lui répond, "Non, ma chère, vous êtes en choc. C’est moi qui suis surpris !".

Le grammairien, le lexicographe, le linguiste pensent constamment aux mots. En théorie, ils ont raison ! Ils disent : "Non toi tu es choquée, tu n’emploies pas le bon mot. C'est moi qui suis surpris !" Mais ici ce n'est pas du tout une question de mots.

Ne soyez pas trop obsédé par les mots sinon vous allez vous mettre souvent en colère. Si vous souhaitez vous mettre en colère, là c'est autre chose. Vous pouvez alors trouver n'importe quelle excuse. Et vous trouverez mille et une excuses - je peux même vous en suggérer autant que vous voulez si vous le désirez !

« Vous dites qu’être un « sannyas » signifie se débarrasser de tous les conditionnements »...oui, c'est cela. Et cela inclut aussi l'obsession qu'on peut avoir pour les mots. Et vous dites : "il faut sortir de toutes les cages...". Vrai.

Le capitalisme est le seul régime où vous n'êtes pas obligé de vivre dans une cage, vous êtes libre.
Mais le capitalisme se trouve dans une situation dangereuse pour la simple raison qu'il n’y a que quelques personnes qui sont capables de créer de la richesse, et ces personnes créent de la jalousie chez les autres personnes…celles qui ne réussissent pas à créer de la richesse deviennent jalouses et elles sont plus nombreuses. Imaginez un instant : si la société était dirigée par des poètes, les gens seraient en colère contre la poésie car seules quelques personnes sont capables de créer de la poésie, un Shakespeare, un Milton, un Kalidas, un Rabindranath... Seules quelques personnes peuvent créer de la poésie et elles seraient au pouvoir. Que deviendraient les 99 % des gens qui n'ont rien d'un poète ? Ils seraient très fâchés. Ou par exemple imaginons que la société soit dirigée par des musiciens, que deviendraient ceux qui n'ont aucun sens musical ? Ce serait alors quelques personnes comme Beethoven, Mozart et Wagner qui domineraient la société. Et que se passerait-il pour les autres ? Les millions d'autres seraient en colère. C'est aussi vrai pour le capitalisme : très peu de gens sont capables de créer de la richesse, c'est aussi une dimension créative. Tout le monde n'est pas un Ford ni un Morgan ou un Rockfeller. C'est nécessairement ainsi.

Comprendre votre jalousie et vous en débarrasser, c'est être "sannyas", c’est être un méditant. Comprendre votre jalousie vous aidera énormément à trouver votre potentiel de créativité. Tout le monde est né avec un certain potentiel mais ce n'est pas le même pour tout le monde et c'est bien que ce ne soit pas le même pour tout le monde. Si tout le monde était un Shakespeare, la littérature perdrait toute sa joie. Si tout le monde était un Jésus, chacun portant sa propre croix, imaginez, ce serait la folie ! Tous ces Jésus avançant avec leur croix...et qui les crucifierait ? Ils ne trouveraient personne pour les crucifier, ce serait alors un long et ardu chemin qui irait nulle part. Ils mourraient de mort naturelle transportant leur croix pour rien. C'est une bonne chose que tout le monde ne soit pas un Jésus ni un Bouddha...

Chaque personne doit être elle-même et le capitalisme vous donne la possibilité d'être vous-même. Vous devrez bien sûr prouver votre courage. Vous devrez travailler, vous devrez créer, il vous faudra concentrer toute votre énergie sur une même chose. C'est seulement à ce moment-là que vous pourrez rayonner, briller.

Le capitalisme est fondamentalement individualiste, ce n'est pas une structure sociale. C'est plus que cela, c'est juste la démocratie et la liberté. Alors bien sûr, en permettant à chacun d'être lui-même, vous allez probablement devenir jaloux car vous ne pourrez être qu'une seule chose alors que plein d’autres personnes peuvent être pleines d'autres choses. Une personne sera un poète, une autre sera un sculpteur, une autre sera un romancier…il y aura aussi des musiciens, des danseurs, des architectes, des scientifiques et peut-être que vous au final vous n'êtes qu'un boxeur. Mais vous ne devez pas vous en inquiéter, vous pouvez être le plus grand boxeur du monde ! Chacun doit regarder à l'intérieur de lui-même et trouver son propre potentiel.

Le capitalisme vous donne la liberté d'être vous-même, c'est pour cela que je le soutiens. Il y a des raisons derrière mon soutien. Je ne le soutiens pas pour de simples raisons économiques.
C'est bien plus profond que cela. Selon moi, le capitalisme amènera un jour le socialisme mais cela sera une conséquence naturelle parce que lorsque les gens auront produit un excédent de richesse, qu'en feront-ils ? Que ferez-vous de cette richesse quand vous l'aurez créée ?

Albert Einstein a découvert la théorie de la relativité, le secret de l'énergie atomique. Cela fait partie aujourd'hui du patrimoine mondial et, tôt ou tard, tout le monde va en bénéficier. Quelques personnes vont créer la richesse et elles révéleront ensuite le secret pour créer de la richesse. Tôt ou tard la société entière pourra en bénéficier.

Un socialisme authentique naîtra du capitalisme, ce sera une conséquence naturelle. Quand un excès de richesse sera créé, les gens seront moins cupides. La cupidité vient du fait que la richesse n’est pas suffisante. Vous pouvez le voir très clairement et ici même. Le pauvre est souvent très cupide, le riche ne l'est pas tant que cela. Les occidentaux qui viennent en Inde sont moins cupides que les gens qui vivent en Inde. Les indiens parlent de "non-cupidité", de désintéressement, mais en réalité ce sont les plus cupides du monde. Ils sont obligés de l'être, ils sont si pauvres, ils doivent s'accrocher aux choses.

Cela arrive presque chaque jour ici : un sannyas occidental se présente au bureau de l'ashram et dit :" Je voudrais faire une donation d'un million de roupies mais je ne veux pas qu'on mentionne mon nom car ce n'est pas grand-chose". Mais aucun indien ne vient se présenter même avec dix roupies ! Si vous voulez dix roupies de la part des indiens, vous devez aller à leur rencontre et les convaincre. Et encore, ce ne sera pas facile pour eux. Ils vous donneront dix roupies seulement si vous arrivez à les convaincre : "Vous serez récompensés mille fois plus dans l'autre monde". A ce moment, ils vous donneront sinon ils ne donneront rien. A moins qu'ils ne soient convaincus et que vous prouviez avec les écritures religieuses qu'ils gagneront mille fois, exactement mille fois plus, à moins que cela ne soit une offre commerciale, ils ne donneront rien… Et en réalité, c'est une bonne affaire ! Vous donnez ici dix roupies et vous recevrez dans l'au-delà mille fois plus ! Où est-ce que vous pouvez trouver une telle rentabilité ? Cela ressemble plutôt comme gagner à la loterie ! Cela vaut alors le coup de risquer dix roupies.

J'ai été finalement obligé d'empêcher les indiens de faire des donations. J'ai dit aux personnes qui travaillent dans ce bureau : "N'acceptez pas l'argent des indiens car nous ne souhaitons pas recevoir de l'argent sous certaines conditions !" Ils donnent mais à certaines conditions. Il faut satisfaire leurs conditions du style :"Osho ne devrait pas dire ceci; Osho devrait dire cela ". Juste parce qu'ils donnent dix roupies, ils aimeraient tout contrôler. Ils aimeraient décider de comment les sannyas doivent se comporter dans la société. Juste à cause de leurs dix roupies, les sannyas doivent suivre un code moral décidé par eux. C'est facile de s'en rendre compte : l'Occident a créé suffisamment de richesse. La cupidité est en train de disparaître. Mais en Orient, la cupidité n'a fait qu'augmenter de plus en plus. En réalité c'est parce qu'il y a tellement de cupidité que les indiens parlent de la non-cupidité. Les saints enseignent constamment "Ne soyez pas cupides " parce qu'ils savent qu'ils le sont, sinon pourquoi l'enseigneraient-ils ? Ce serait stupide d'en parler.

J'ai étudié les écritures religieuses les plus anciennes. Elles parlent toutes de la non-cupidité, du détachement. Elles parlent de la non-violence, de ne pas voler, de ne pas commettre d'adultère. Elles disent de regarder la femme de chacun comme votre propre mère ou votre propre fille ou votre propre sœur… Toutes ces règles de conduite prouvent une seule chose : l'homme a toujours été l'opposé sinon pourquoi en faire toute une histoire ?
Les écritures les plus anciennes en parlent : "Ne commettez pas d'adultère". Les gens doivent en avoir commis ! Soit les gens en commettaient, soit ceux qui ont écrit ces écritures étaient fous !

Les gens ont dû être très cupides car toutes les écritures du Jaïnisme, quasiment à toutes les pages, mentionnent la non-cupidité comme si cela était vraiment l'unique obsession des gens. "Renoncez", disent-ils tous, "l'or n'est que de la poussière". Mais si l'or est de la poussière, pourquoi faut-il alors y renoncer ? Personne ne renonce jamais à la poussière ! Ces écritures religieuses ne disent jamais : "Renoncez à la poussière car la poussière n'est que de l'or et rien d'autre, donc renoncez-y. Ne touchez pas à la poussière car c'est juste de l'or". Elles parlent de renoncer à l'or et dans la même respiration, elles parlent de poussière. Elles se contredisent elles-mêmes. Les gens à qui cela s'adressait devaient être très cupides, très attachées à l'or.

Et ceux qui parlent, en même temps qu'ils disent aux gens : "Renoncez à l'or" disent aussi "Donnez votre or aux temples". Donnez de la poussière aux temples…? Donnez toute la poussière du monde aux temples. Est-ce que cela a un sens? Mais "Donnez de l'or…". Et en plus, dans leurs écritures, les moines jaïns précisent bien, "Donnez votre or uniquement aux temples jaïns". Il faut donner de la poussière uniquement aux temples jains ? Pourquoi pas aussi aux temples hindous ? Pourquoi pas aussi aux temples bouddhistes ? Les bouddhistes font pareil, "Donnez seulement aux temples bouddhistes car ce sont les seuls vrais temples". Quelle différence cela fait-il que le temple soit vrai ou pas ? Vous ne donnez de toute façon que de la poussière ! Même si vous faites une donation à un faux temple, quel est le problème ?

Les brahmanes disent : "Donnez seulement aux brahmanes. " Les jaïns disent, "Donnez seulement aux moines jains." Et les bouddhistes, "Donnez seulement aux moines bouddhistes." Tous les autres ne sont que des charlatans. Ce sont eux les vrais prêtres. Cela montre bien quelles sont leurs réelles intentions. Rappelez-vous de ceci : une société sans cupidité est possible mais cela ne viendra pas avec le socialisme. Ce n'est possible qu'à travers le développement du capitalisme, le développement de la liberté. Il faut donner aux personnes qui ont du talent une liberté totale pour qu'elles puissent créer ce qu'elles peuvent, de la poésie, de la richesse, de la musique. Laissez-les créer ce qu'elles peuvent et leur créativité va enrichir la société.

Le capitalisme c'est la liberté pure. Evidemment, tout le monde n'est pas capable de créer de la richesse, cela va donc provoquer de la jalousie. Mais nous ne devrions pas être dominés par la jalousie, nous ne devrions pas être dominés par les gens qui ne sont pas créatifs. Si nous sommes dominés par les gens qui sont sans créativité, par les jaloux, cela va détruire les personnes qui ont du talent. Et ce sont elles les personnes importantes, ce sont elles qui font progresser l'humanité vers des niveaux plus élevés.

L'humanité doit toute son évolution à quelques personnes créatives et non pas aux masses, pas du tout. Les masses ont toujours été un obstacle, ce sont comme des rocs qui empêchent la croissance. La société s'est développée grâce à quelques scientifiques, à quelques mystiques, à quelques créateurs. Les autres ont juste été des entraves de toutes sortes. Ils sont la majorité et bien sûr, ils sont jaloux. Mais personne ne dira directement "Je suis jaloux". Ils vont parler d'égalité, de socialisme, de communisme... de beaux mots pour cacher quelque chose de laid. Quand je vous dis quelque chose, méditez dessus. Etre en colère ne va pas vous aider. La colère montre simplement que quelque chose en vous est blessée, il y a une blessure. Vous avez peut-être cru au socialisme ou au communisme et toutes ces absurdités. Il y a beaucoup de sannyas qui ont cru à des idéologies politiques dans le passé. Quand ils viennent à moi cela leur est parfois difficile de se débarrasser de toutes leurs âneries. Et vous devez vous débarrasser de toutes vos âneries.

C'est facile pour vous quand je dis " Ne soyez pas un chrétien" car en fait vous n'êtes pas du tout un chrétien. Pareil si je vous dis " Ne soyez pas un musulman ou un hindou". Mais qui est musulman, qui est hindou ? Ce n'est qu'une formalité. Mais quand je vous dis " Ne croyez pas au communisme ou au socialisme", cela vous fait plus mal parce que vous êtes très attaché à l'idéologie communiste, particulièrement les personnes de la nouvelle génération.

Le capitalisme n'est pas du tout une idéologie, c'est pourquoi je le préfère.


Précisions des traducteurs :
Notez que cette série a été prononcée par Osho entre le 27 octobre 1980 et le 10 novembre 1980. A cette époque, la Russie était encore communiste, 9 années avant la chute du mur de Berlin.


* un « sannyas »* est entendu comme un chercheur spirituel, un méditant. Plus d’infos ici : https://www.meditationfrance.com/spirituel/sannyas.htm

** Osho emploie dans son discours l’expression Laissez-faire qui vient du français mais qui fait partie aujourd’hui de la langue anglaise. Selon les historiens, cette expression a été utilisée pour la première fois en France en 1681 lors d’une rencontre entre le contrôleur général des finances Jean-Baptiste Colbert et un groupe de marchands français menés par M. Legendre. Colbert leur aurait demandé : "Que peut-on faire pour vous aider ?"
Legendre aurait répondu : "Laissez-nous faire".
L’expression a été popularisée ensuite au 18ème siècle grâce par le négociant international Vincent de Gournay et les économistes physiocrates.

Pour en savoir plus sur la vision d ‘Osho :
https://www.meditationfrance.com/enseigne/osho.htm


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