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La vision d’Osho :

un rassemblement d'amis !

Osho

Osho comme tous les grands enseignants spirituels contemporains explique que nous sommes à une période clé de l’histoire et que nous ne devons pas seulement nous occuper de nous-mêmes, mais aussi des autres et de notre environnement pour créer un renouveau spirituel et un monde meilleur. Il propose de créer pour cela un rassemblement d’amis et surtout pas une organisation, ni une secte.

2ème partie (la 1ère partie se trouve ici dans nos archives)

Un rassemblement d'amis consiste en individus libres, qui se réunissent volontairement. S'il est nécessaire qu'il comporte un certain nombre de lois et de systèmes mineurs, ceux-ci seront au service des individus, ils ne les domineront pas. Ils seront fonctionnels ; ils ne peuvent pas être le but. Nous serons libres de les modifier n'importe quand. Ils ne devraient jamais être capables de nous perturber. Les lois seront faites pour nous, et non pas le contraire. C'est important de garder cela à l'esprit.
Certains amis pensent aujourd'hui qu'il devrait y avoir une charte. Bien sûr qu'il devrait y avoir une charte, mais pas semblable à ce qu'elle serait pour une organisation. Elle devrait être créée en se rappelant qu'elle doit servir un rassemblement d'amis. Elle sera très fonctionnelle ; elle sera utilitaire, et c'est dans ce but qu'elle sera rédigée, mais on ne s'y accrochera pas. Elle pourra être rejetée et brûlée n'importe quand. Et il est important de garder à l'esprit qu'aussi valable que soit cette charte, nos amis, en tant qu'individus, ont plus de valeur qu'elle, car elle a été créée pour ces amis ; ils ne se sont pas rassemblés ici pour elle. Ainsi, nous devons créer un rassemblement d'amis où la valeur et la dignité de chaque individu sera préservée. Il est évident que plus il y aura d'individus, plus leurs façons de penser et de comprendre seront variées. Il est naturel que plus ce rassemblement d'amis sera grand, plus il y aura de différences parmi eux.

Ainsi nous ne devrions pas essayer de créer une uniformité, sinon ce sera le début d'une organisation. Et plus nous essaierons de créer une uniformité, plus l'individualité de la personne, sa dignité et sa liberté seront détruites. Notre souci n'est pas l'uniformité, mais le respect de tous les amis, même de leurs opinions différentes. Car ma vision, c'est que la libre réflexion se développe dans tout le pays. Et si ceux qui désirent donner naissance à la libre réflexion sont eux-mêmes pris au piège d'une réflexion contrôlée, cela deviendra dangereux. Ainsi même vis-à-vis de moi, ce rassemblement d'amis ne devrait pas montrer de respect particulier. A mon égard aussi, ils devraient avoir une approche rationnelle et intelligente. Si ce que je dis vous semble juste, si cela vous plaît, si cela vous semble utile, alors seulement vous devriez le communiquer aux gens. Ne faites pas l'erreur de leur communiquer ce que je dis rien que parce que je l'ai dit.

Le rassemblement d'amis ne doit pas non plus être centré autour d'un individu, car cette personne, que ce soit moi ou n'importe qui d'autre, pourrait devenir le centre de l'adoration. Nous n'adorerons personne, nous ne serons les adeptes de personne, et nous n'aurons aucun chef. En commun, nous sommes amoureux d'une vision, d'un message, et nous sentons que si cela touche davantage de gens, ils en bénéficieront ; c'est pourquoi nous nous sommes réunis en amis, avec le désir de rendre cette vision accessible.

Aussi tout d'abord nous allons parler des organisations. Nous ne voulons pas créer une organisation, mais seulement un rassemblement d'amis. Et nous allons essayer de comprendre la différence subtile qu'il y a entre les deux. Cela sera la responsabilité de chaque individu de s'efforcer d'empêcher que le rassemblement ne devienne une organisation. Cela ne dépend pas seulement de moi. Je ne puis que le dire, mais cela ne dépend pas seulement de moi. Et si nous ne sommes pas très alertes, alors il y a un danger qu'il devienne une organisation. Aussi est-ce nécessaire d'être très alerte. Et cela doit être une expérience très consciente, afin qu'il ne devienne pas une organisation.

Une secte peut se former de façon très insensible ; avant même que nous en soyons conscients, une secte se forme. Aussi nous devons être très attentifs à cela. Et si nous en sommes conscients à l'avance, alors peut-être pourrons-nous faire en sorte que cela ne se produise pas. Ceci est une des alternatives. L'autre possibilité est que si nous avons peur qu'elle devienne une organisation, ou une secte, nous ne fassions rien du tout. C'est l'autre danger : si on ne fait rien, le message qui doit être transmis ne peut pas l'être. Alors c'est à moi tout seul qu'il incombe de courir autant que je peux pour transmettre ce message. Je le ferai de toute manière ; pour moi cela ne fait pas de différence. Mais le même message pourrait atteindre bien plus de gens. Plus il y aura d'amis qui coopéreront, plus ce message pourra se répandre facilement.

Et aujourd'hui la science a développé tant de techniques qui modernisent la société que nous serions bien bêtes de ne pas les utiliser. Ce serait commettre une erreur. Par exemple ici, si je parlais sans micro, cela irait. Même si vous n'entendiez pas ma voix très clairement, cela suffirait quand même. Quand il n'y a pas trop de monde, on peut m'entendre, mais s'il y avait davantage de gens, ma voix ne porterait plus assez loin. Grâce au micro, ma voix porte plus loin. Aujourd'hui, avec toute la technologie dont nous disposons, une seule personne peut accomplir davantage de travail en une vie que Bouddha et Mahavir ne l'auraient pu en vingt, s'ils l'avaient voulu. Bouddha et Mahavir étaient désavantagés. En utilisant les moyens qui leur étaient accessibles, ils accomplirent un travail plus que suffisant. Mais si aujourd'hui, on demandait à quelqu'un de travailler de la même manière, ce serait pure bêtise.

Actuellement, nous pouvons profiter de toute cette technologie. Une seule personne peut faire tellement plus de travail avec cette technologie. Nous devons donc l'utiliser. Il est également important de réfléchir à cela.

Il m'est impossible de le faire tout seul. Il nous faut beaucoup plus d'amis, toutes sortes d'amis différents. L'un peut faire un travail manuel, l'un peut utiliser son intellect, un autre peut s'occuper de l'argent, un autre peut aider d'une autre manière ; chacun peut aider en fonction de sa compréhension, de ses dispositions. Il est aussi important de se rappeler que plus ces amis seront variés, mieux cela vaudra, car plus il y aura de gens différents, contribuant chacun à sa manière, accomplissant différents types de travaux, offrant différents types d'aide, plus le travail deviendra riche.

Il arrive souvent que des amis ayant formé leur propre cercle craignent les étrangers. Ils ont peur que la venue d'un étranger ne cause toutes sortes de difficultés. Aussi ce qui se passe généralement, c'est que lorsque des amis se réunissent quelque part, ils créent leur cercle, puis ils craignent que de nouveaux amis les rejoignent. Leur peur c'est que le nouveau-venu ne les dérange. Cette peur aussi est naturelle. Ce sentiment protecteur n'est pas entièrement mauvais. Mais si vingt-cinq amis anciens craignent un seul nouvel arrivant, c'est un signe de grande faiblesse. Ils devraient au contraire se dire que nous qui sommes vingt-cinq, nous transformerons le nouveau, et non le contraire. Si nous sommes assez faibles pour qu'un nouvel arrivant puisse nous changer, alors c'est nous qui devrions être changés. Quel mal y a-t-il à cela ? Pourquoi serait-ce si grave ?

Il arrive toujours que lorsqu'un groupe se rassemble, il forme un cercle. Alors il se crée une distance entre ce cercle et ceux qui sont à l'extérieur. Cela se fait inconsciemment, personne ne le fait consciemment. Ce sont les caractéristiques naturelles du mental. Si vous vous rendez dans un village inconnu accompagné de quelques amis, peut-être ne vous ferez-vous pas d'amis dans ce village. Vous resterez entouré par le cercle de ces quelques amis et vous n'en sortirez pas. Dans une situation où vous vous trouveriez inévitablement seul, ce serait différent, vous seriez obligé de vous faire un ami. Autrement vous n'en feriez pas.

Aussi chaque groupe a tendance à se replier sur lui-même ; cette tendance existe. Et ce repli offre une sorte de sécurité ; tout est connu, tout est bien ; ce que nous aimons, les autres l'aiment aussi. Un étranger pourrait dire des choses nouvelles et tout bouleverser. Nous devons laisser tomber cette peur. Ce n'est qu'à cette condition que le travail pourra se répandre largement. Il faudrait mettre l'accent sur la capacité de rester tellement tolérant, d'avoir un coeur si vaste et ouvert, des bras si accueillants que nous pourrons assimiler même les gens les plus opposés. Pas un seul ne devrait être exclu. Nous devons faire place en nous – même pour celui qui est totalement différent de nous – et nous devons découvrir ses dons qui peuvent nous être utiles.

A ce propos, récemment en Inde, Gandhi a fait une grande expérience. Il a rassemblé bien des gens ayant des points de vue différents et même opposés. Des gens totalement dissemblables qui, étant donné leurs opinions, ne pourraient jamais se mettre d'accord, furent réunis dans le même projet et participèrent à une entreprise épique.

Lorsqu'on croit que des gens ayant des idées et des personnalités différentes ne devraient pas être inclus dans un même effort, cet effort ne pourra pas prendre de l'ampleur ; il restera très limité. Ce serait comme une petite rivière qui se dirait : « Je ne dois pas me mêler à n'importe quelle rivière ou ruisselet venant de loin ; qui sait quelle sorte de boue et de déchets, quelles sortes de substances et de minéraux ils risquent d'apporter, qui sait si leur eau est bonne ou mauvaise ? » Si une rivière raisonne ainsi, elle ne restera qu'un ruisselet ; elle ne pourra pas devenir un fleuve, un Gange. Et pour devenir un Gange, elle doit tous les recevoir. Ainsi cette capacité de tout recevoir doit être présente.

Il est nécessaire de se demander comment assimiler autant de gens que possible. Nous devrons créer cet espace. Peu à peu, nous devrons voir comment donner aux gens l'occasion de se joindre à nous, comment nous pouvons leur trouver du travail et comment nous pouvons les aider à participer.

Il y a tant de gens dans le pays qui viennent me dire qu'ils aimeraient m'aider dans mon travail, qui m'écrivent des lettres pour me demander ce qu'ils peuvent faire pour m'aider. C'est à vous qu'incombe la responsabilité d'accueillir la contribution de tous ces amis. Et vous devez complètement vous débarrasser de l'idée qu'il pourrait y avoir un seul être qui ne puisse être utile à quelque chose. Un tel être n'existe pas sur la terre. Que dire des gens, même les animaux et les oiseaux deviennent une aide. Même leur aide devient... Absolument personne n'est inutile. Aussi devons-nous considérer comment employer au mieux quelqu'un qui le souhaite.

Si nous nous encombrons d'idées toutes faites sur ce que chacun est ou doit être, cela sera très difficile. Si nous décidons d'attendre et de juger les gens avant de décider – en premier lieu personne n'a le droit de juger quiconque – et si nous essayons de juger les autres, vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point cela freinera le travail.

Il y avait un homme qui fréquentait l'ashram de Gandhi. Les gens se plaignirent qu'il était vraiment immoral, qu'il était un ivrogne, qu'il avait fait ceci ou cela. Gandhi se contenta de les écouter. Tous les amis furent très troublés de voir que Gandhi ne chassait pas cet homme de l'ashram – au contraire il le faisait venir toujours plus près – jusqu'à ce qu'enfin, ses peurs ayant disparu, l'homme se mit à entrer dans l'ashram d'un air très arrogant.

Un jour, quelques-uns des proches de Gandhi lui dirent que c'en était trop ; ce jour-là, ils avaient vu de leurs propres yeux cet homme assis dans un bar ; c'était absolument honteux et dégradant que cet homme boive du vin en étant habillé d'un khadi, l'habit gandhien, et c'était très malheureux qu'un tel homme vienne à l'ashram, c'était une honte pour l'ashram.

Gandhi leur répondit : « Pour qui ai-je ouvert cet ashram ? Pour des gens bien ? Où donc iront les mauvaises gens ? Et ceux qui sont bien, pourquoi ont-ils besoin de venir à l'ashram ? Pour quoi et pour qui suis-je ici tout d'abord ? Et deuxièmement, vous dites qu'il est assis dans ce bar vêtu d'un khadi et vous vous demandez ce que les gens vont penser ? Si je le voyais là, je le serrerais contre mon coeur. Car la première pensée qui me viendrait à l'esprit serait : « C'est étonnant, on dirait que mes paroles commencent à atteindre les masses ; même des ivrognes commencent à porter le khadi. Vous voyez que quelqu'un qui porte le khadi boit du vin ; j'aurais vu que quelqu'un qui boit du vin s'est mis à porter le khadi. Et dans ce cas, le jour n'est pas loin où cet homme s'arrêtera de boire. Une transformation est en train de se faire chez cet homme. Il a eu du courage ; au moins, il porte le khadi. L'amour est né dans son coeur, une transformation se fait en lui ».

Ainsi, cet homme peut être vu sous deux angles différents : d'un côté, on voit qu'il boit du vin tout en étant vêtu d'un khadi ; et vous voudrez le chasser de l'ashram. Mais on peut aussi le voir autrement : voilà un ivrogne qui porte un khadi. Et vous aurez envie de l'accueillir dans l'ashram avec joie.

Si cet ashram doit s'agrandir et atteindre les masses, vous devrez adopter ce second point de vue plutôt que le premier. Ainsi quiconque s'approchera de nous sera uniquement considéré d'après ce qu'il y a de bon en lui, et en fonction de l'aide qu'il pourra apporter. Et je voudrais aussi vous dire que nous donnons une énergie considérable et un puissant encouragement à devenir bon à celui que nous voyons avec amour.

Si vingt êtres bons acceptent un homme mauvais comme s'il était bon, il lui sera difficile de continuer à être mauvais. Mais lorsque tout le monde qualifie un homme de mauvais, c'est facile pour lui de devenir mauvais, ou de continuer à l'être. Si un homme est un voleur et qu'un autre homme lui témoigne sa confiance, comme s'il n'était pas un voleur, sa capacité de voler et la probabilité qu'il vole, diminueront. Car il n'existe personne qui ne respecte pas les bons sentiments d'un autre coeur. Si un voleur venait parmi nous et que nous pouvions tout simplement lui faire confiance, comme s'il était quelqu'un de bien, il ne serait pas capable de voler ici. Cela a l'air de contredire toutes les lois habituelles, mais cela devient impossible. Le fait que tant de gens lui témoignent respect et confiance serait pour lui tellement plus précieux que de voler qu'il ne pourrait s'y soustraire.

Chaque individu a le sentiment d'être bon, mais le problème est que personne n'est prêt à l'accepter. Et lorsqu'il rencontre quelqu'un qui est prêt à l'accepter comme bon, vous ne pouvez pas imaginer ce qui se réveille et grandit en lui.

Vous avez peut-être entendu parler d'une actrice américaine, Greta Garbo. Elle est née dans une pauvre famille d'un petit pays d'Europe. Et jusqu'à l'âge de dix-neuf ans, elle travaillait comme aide chez un barbier, pour presque rien.

Un touriste américain dont elle savonnait la barbe vit son visage dans le miroir et dit : « Très beau, votre visage est très beau ! » Greta lui dit : « De quoi parlez-vous ? J'ai fait ce travail pendant six ans, et personne ne m'a jamais dit que j'étais belle. De quoi parlez-vous ? Suis-je vraiment belle ? »
L'Américain dit : « Vous êtes très belle. J'ai rarement vu une femme aussi belle. »

Et Greta Garbo écrit dans son autobiographie : « Ce jour-là, pour la première fois je devins belle. Un homme m'a dit que j'étais belle. Je ne le savais pas. Ce jour-là, quand je suis rentrée chez moi et que je me suis regardée dans le miroir, j'ai réalisé que j'étais devenue une autre femme ».

Cette jeune fille, qui fut assistante chez un barbier jusqu'à dix-neuf ans, se révéla plus tard être la plus grande actrice d'Amérique. Et elle ne put en remercier que cet Américain, qui pour la première fois lui avait dit qu'elle était belle. Elle dit : « Si cet homme ne m'avait pas adressé ces quelques paroles ce jour-là, je serais probablement restée toute ma vie l'aide d'un barbier. Je n'avais pas la moindre idée que j'étais belle. » Il se peut qu'il n'ait dit cela qu'en passant, ou simplement pour être poli, sans même se rendre compte de ce qu'il disait, comme un simple commentaire. Et il se peut qu'il n'ait pas même réalisé que cette simple déclaration avait donné naissance à une image de beauté chez cette femme, quelque chose d'endormi s'était soudain éveillé en elle.

Il est nécessaire de réveiller ce qui est endormi chez ceux pour qui vous voulez faire quelque chose. C'est pourquoi il faut se concentrer moins sur ce qu'ils sont et davantage sur ce qu'ils pourraient être. Si vous avez un grand travail à accomplir – et sans aide vous ne pourriez le faire – et que je vous dise de demander à tel ou tel de vous aider, vous pourriez dire : « Mais cet homme est mauvais, il n'est pas honnête, on ne peut pas lui faire confiance. » C'est entendu que ce n'est pas un homme bien, qu'il est malhonnête – qui ne l'est pas ? Et la question n'est pas ce qu'il est, mais plutôt ce qu'il pourrait être. Si vous voulez qu'il accomplisse un grand travail, vous devrez toucher en lui ce qu'il pourrait devenir.

Kripalani travaillait comme cuisinier dans l'ashram de Gandhi. Un journaliste américain séjournait dans l'ashram et il demanda : « L'homme qui prépare votre nourriture a l'air d'être J.B. Kripalani. » Kripalani, qui était en train de faire la vaisselle, s'exclama : « Ce vieil homme est incroyable ! En fait, je n'étais capable d'être qu'un cuisinier et cet homme a réveillé en moi quelque chose qui dépasse toute description. » Ce réveil peut avoir lieu même chez l'être le plus insignifiant.

Lorsque nous lui lançons un appel, lorsque nous faisons apparaître ce qui dormait dans son âme et que nous lui faisons confiance, lorsque notre appel lance un défi à ce qui sommeille en lui, il peut donner beaucoup. Et vous pouvez aussi démoraliser l'homme le plus remarquable. Si vous lui dites qu'il n'est rien, et si c'est ce que tout le monde lui répète, soyez sûrs qu'il ne deviendra rien.

Aussi si une révolution spirituelle doit se développer à une vaste échelle dans ce pays – et c'est absolument nécessaire – et même si nous ne pouvons pas faire plus que de préparer le chemin, cela suffit, car quelqu'un d'autre l'achèvera. Peu importe par qui cela arrive. L'important n'est pas que cela se produise seulement à travers nous. Non, si nous pouvons au moins préparer la voie afin que plus tard, un jour, une révolution se réalise, c'est plus qu'assez ; le processus est déjà en route. Ainsi si cela doit se faire, il faut former un groupe très inclusif. Une organisation ne peut jamais être inclusive. Un groupe d'amis peut être très inclusif, très étendu. Car on y accepte la diversité. Personne n'est contraint ni contrôlé. Dans le groupe chacun est libre et personne n'est sous contrôle. Car lorsque quelqu'un d'intelligent commence à sentir qu'il est contrôlé, cela le dérange. Aucun être intelligent n'aime être esclave. Ce sont ceux qui souffrent d'un complexe d'infériorité qui veulent être contrôlés ; seuls ceux qui se sentent inférieurs préfèrent les chaînes ; personne d'autre n'en a envie.

Le groupe doit rester tellement ouvert que lorsque quelqu'un y entre, il ne sente même pas qu'il est entré quelque part, qu'il se soit fait prendre. Il devrait se sentir libre. Pour lui, entrer ou partir ne devrait pas faire de différence.

Je voudrais qu'un tel groupe se crée, un groupe d'amis aussi inclusif. Car ceux qui au début se réunissent en vue d'une révolution ne se rendent pas compte de la portée que cette révolution va avoir. Les compagnons de Lénine n'avaient aucune idée que ce qui se passa en 1917 deviendrait un phénomène aussi universel. Voltaire et ses amis n'imaginaient pas non plus tout ce qui résulterait de la Révolution française. Gandhi et ses amis non plus ne savaient pas ce qui allait se passer ou non. Le Christ ne pouvait pas du tout savoir ce qui était en train de naître avec lui... Le Christ n'avait que douze amis, qui n'étaient même pas très instruits, de simples campagnards : l'un était charpentier, un autre était cordonnier, un autre pêcheur – des gens sans instruction. Le Christ ne pouvait même pas imaginer que cela deviendrait une révolution si étendue, qu'un jour la moitié du monde reconnaîtrait son message. Il n'aurait même pas pu l'imaginer. Celui qui sème les premières semences n'imagine jamais la grandeur qu'auront les arbres. S'il en avait été ainsi, le travail serait devenu incomparablement beau.

Lors de mes rencontres de plus en plus nombreuses à travers le pays, j'ai commencé à sentir que ce travail pourrait devenir un immense banyan. Des milliers de gens pourraient s'abriter sous son ombre. Il deviendrait une source si abondante qu'elle pourrait étancher la soif de millions d'êtres. Mais cela n'apparaît pas encore clairement aux amis qui sont les premiers à se rassembler ici. S'ils peuvent en prendre conscience, alors ils pourront peut-être commencer à travailler de façon organisée.

Récemment, je lisais un livre scientifique. En Russie, lorsqu'ils construisent des routes, ils calculent combien de personnes utiliseront ces routes pendant cent ans, puis ils les construisent en conséquence. Et ici dans notre pays, nous construisons aussi des routes, mais nous ne prévoyons même pas combien de gens y passeront pendant deux ans. Et tous les deux ans les routes doivent être refaites, on doit les élargir. Tous les cinq ans nous réalisons que le trafic a augmenté et que la route n'est plus adéquate. Sommes-nous aveugles au point de ne pouvoir estimer le nombre de gens qui utiliseront les routes ?
Des gens étonnants prédisent cent ans d'avance combien il y aura d'habitants dans telle ville, combien il y aura d'usagers des routes, quelle devra être leur largeur. Ils décident qu'il vaut mieux les construire maintenant selon ces données. Le travail de ceux qui ont cette vision à long terme devient facile, cela évite que les difficultés ne se répètent sans cesse.

Aujourd'hui, notre groupe d'amis est restreint. Mais dans dix ans, il pourrait être plus nombreux que vous ne pouvez l'imaginer. Et nous devons travailler en tenant compte de ceci – la route doit être construite d'une largeur suffisante pour accueillir cette possibilité. Dans dix ans, des étrangers inconnus marcheront le long de cette route ; peut-être ne serez-vous plus là, ni moi non plus, ni aucun d'entre nous, mais quelqu'un marchera sur cette route. Et nous devons garder cela à l'esprit tout en travaillant. Nous devons aussi réaliser que ce n'est pas nous qui sommes précieux, c'est le chemin que nous créons et auquel nous consacrons notre vie qui est précieux. S'il est assez large, nombreux sont ceux qui pourront y marcher.

Il nous faut considérer chacun de ces points en détail, pour voir ce qui peut être fait à ce sujet. Ma compréhension des détails est très limitée. Pour cela vous êtes plus compétents que moi.
Je puis vous indiquer quelques lignes directrices sur lesquelles on doit réfléchir. Mais je ne comprends presque rien aux détails : comment il faut faire les choses, quelle quantité de personnes, d'argent, de travail cela nécessitera. Vous savez probablement tout cela mieux que moi. Vous savez certainement mieux que moi quelle forme pratique donner à cette vision, et jusqu'où la développer. Je n'en connais même pas l'ABC. C'est pourquoi j'ai pensé vous soumettre mes idées et écouter également les vôtres. Et de la rencontre de nos idées naîtra peut-être quelque chose de possible.

Je puis vous dire certaines choses à propos du ciel, mais en ce qui concerne la terre, je ne sais pas grand-chose. Et ne parler que du ciel n'a pas grande valeur. Les racines doivent s'enfoncer dans la terre, c'est là qu'elles puisent l'eau et la nourriture. Ainsi je parlerai de la manière dont un arbre peut se déployer dans le ciel, et comment il peut fleurir, mais vous devrez réfléchir davantage aux racines. Et souvenez-vous que les fleurs ne sont pas aussi importantes que les racines. Les fleurs dépendent des racines.

Quelles racines pouvons-nous donner à ce travail afin que cet arbre puisse croître ? J'y consacrerai tout mon effort et toute mon énergie, qu'il grandisse ou non – c'est ma contribution. Pour moi ce n'est pas un travail, c'est ma joie, ma félicité. Que j'aie des compagnons ou non, cela ne fait aucune différence ; je continuerai de la même manière. Mais si j'ai des compagnons, ce travail peut devenir vaste et atteindre bien des gens.

Je vous ai dit certaines choses sur ces quelques points. Maintenant c'est à vous de réfléchir aux détails : qu'est-ce qui peut être fait, et comment ? Réfléchissez-y avec un esprit très ouvert.

Le camp que je conduis ici est restreint. Mais l'idée, c'est d'organiser un camp pour tous mes amis qui se sont intéressés à ce travail, à travers tout le pays. Ce camp est expérimental, car un petit nombre de gens peut arriver plus facilement à une conclusion. Cela ne serait peut-être pas si facile avec un groupe plus nombreux.

Aussi nous devrions réfléchir, puis refaire un camp qui puisse rassembler des gens de tout le pays. Il est aussi nécessaire qu'ils se rencontrent entre eux, qu'ils fassent connaissance les uns avec les autres. Ils travaillent dans leur région. Votre coopération et votre encouragement sont nécessaires à leur travail. Ils ne devraient pas se sentir seuls là où ils sont. Ils devraient sentir qu'il y a aussi beaucoup d'autres amis dans tout le pays, qu'ils ne sont pas isolés dans leur coin, qu'ils ont des compagnons de route, et qu'en cas de nécessité, ils seraient tous avec eux, pour les conseiller, ou pour les aider dans leur travail si c'est nécessaire.

Récemment, des amis de Rajkot m'ont dit qu'ils désiraient apporter mon message dans les villes et dans les endroits où je n'ai pas encore été. Ils veulent créer une base pour que je puisse y aller.

C'est devenu nécessaire. Lorsque je vais dans une nouvelle ville, quelques centaines ou quelques milliers de personnes viennent m'écouter. Si un travail préparatoire avait été fait à l'avance, dix mille, cinquante mille personnes pourraient m'entendre.

Des amis à différents endroits me font diverses suggestions. Elles sont très significatives et très utiles. Tous ces amis peuvent se rencontrer pour examiner la situation. Cette rencontre deviendra une base pour que cela se passe. Pour l'instant je n'en dirai pas davantage. L'idée est que nous arrivions ensemble à certaines conclusions, grâce à notre réflexion commune, afin que nous puissions avancer sur la base de décisions solides, qui nous permettront à leur tour de faire un certain travail.

C'en est assez pour aujourd'hui.

Publié dans l'Osho Times de Mai 1997 et traduit bénévolement par notre amie Elisabeth Devika.

> 1ère partie de cet article

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