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Interview sur la Mystic rose

mystic rose

avec Bhakta Oechslin

Meditationfrance :
C'est une technique pas très connue en France, pouvez-vous nous expliquer de quoi il s'agit ?

B. O : C'est une méditation thérapeutique crée par le mystique indien Osho. C'est un processus énergétique qui nettoie les émotions et crée un espace de méditation à l'intérieur de nous.
Elle dure 3 semaines et se divise en 3 parties.
La première semaine consiste à aller dans le rire pendant 3 heures par jour. On va chercher à redécouvrir son rire intérieur. La seconde semaine ce sont les pleurs, aussi 3 heures par jour et la troisième semaine, le silence.
En fait, le rire et les pleurs sont les premiers moyens de communication de l'être humain. L'enfant va exprimer ses besoins soit par les pleurs, soit par le rire.
Le rire va exprimer la joie, l'intelligence, l'éveil et aussi la communication avec l'autre. La mère va venir vers l'enfant, lui parler et celui-ci va sourire. Il exprime ainsi sa joie, sa vitalité. Et d'ailleurs, un enfant qui ne rit pas ou qui ne sourit pas a certainement un problème psychologique ou mental, cela se voit dans les enfants autistes par exemple.
Je crois qu'on a tous eu l'occasion de voir un enfant rire ou avoir le fou rire...c'est merveilleux de voir un enfant rire, c'est contagieux, il y a beaucoup d'amour là dedans...

MF : Mais, nous adulte, on rit aussi quand même, non ?

B. O : Oui, il y a un rire mais ce rire a été déformé....on rit " de quelque chose " ou " de quelqu'un ", on se moque... Petit à petit nous perdons ce rire spontané, cette vitalité et cette joie.
Dans la mystic rose nous allons redécouvrir ce rire intérieur...un rire sans raison aucune, comme le bébé qui rit sans raison apparente, si ce n'est que d'exprimer son innocence.

MF : Mais, j'ai aussi l'impression qu'on n'a pas vraiment l'espace... on ne peut pas réellement rire quand on est au travail ou dans la rue... on nous prendrait pour un fou !

B. O : Tout à fait....et cela fait partie du conditionnement ....par la société, par les parents qui petit à petit cassent cette joie...l'enfant apprend alors à contrôler sa joie....tout cela est progressif et très subtil. C'est comme si il se crée en nous un roc qui empêche le rire de jaillir.
Dans la thérapie traditionnelle, on analyse le roc, il est fait de granit, il est froid, il est gris....etc.
Dans la mystic rose, c'est différent, on ne s'occupe pas de ça, on va se projeter dans le rire et par cela on va faire éclater, exploser le roc pour que ce jet d'énergie vitale puisse jaillir de nouveau....il n'y a donc pas d'analyse mentale, il n'y a pas d'explications thérapeutiques...c'est un processus énergétique . On va simplement aller dans le rire et parfois il faut se forcer....mais le rire qu'on va chercher va directement dans le ventre, dans le hara.
On crée un espace pour que les gens puissent explorer et expérimenter ce rire et tout le monde va rencontrer des difficultés, mais petit à petit, on arrive à toucher ce point et alors le rire vient spontanément et sans aucune raison....cela peut vous paraître un peu illusoire mais je peux vous assurer que c'est bien réel et très efficace.
Mon rôle est de soutenir ce processus...je ne suis pas un thérapeute dans le sens traditionnel du terme, je crée simplement un espace sécurisant où le participant peut s'exprimer en toute liberté.

MF : Alors, ensuite, c'est la semaine de pleurs, en quoi consiste-elle ?

B. O : Oui , alors du jour au lendemain, on passe des rires aux pleurs...cela se fait de manière assez naturelle...car le rire et les pleurs sont en fait très proches.
Les pleurs sont l'autre moyen de communication de l'enfant pour exprimer ses besoins et ses désirs.
Les pleurs, tout le monde le sait, sont très réprimés dans notre société....c'est un peu mal vu de montrer sa douleur, c'est une preuve de faiblesse...chaque fois qu'on a une peine, une douleur, nous la gardons pour soi, et c'est quelque chose qui reste en nous comme un poison. Les pleurs, au contraire du rire, ne peuvent pas se forcer, on doit simplement les laisser venir, les autoriser.

MF : Et, que se passe-t-il si on ne peut pas pleurer ?

B. O : Ce n'est pas un problème...on reste alors avec la tristesse ou la peine, et même sans larmes le travail se fait, car il ne faut pas oublier que la Mystic rose est un processus énergétique et que le groupe en lui-même soutient cette dynamique !
Pour les hommes, par exemple, c'est souvent plus difficile de pleurer...car le conditionnement ne le favorise pas...souvent, on a appris à l'homme d'être fort, à ne pas montrer ses sentiments, à ne pas être émotionnel.
On joue parfois des musiques mélancoliques afin de soutenir cette phase, mais l'important, c'est d'aller en soi et de regarder cette douleur.

MF : La méditation me semble une observation des émotions, alors qu'ici, on va complètement dedans, non ?

B. O : Oui.....et c'est pourquoi c'est une thérapie méditative, on va dans la douleur et en allant dans sa douleur, on va créer un espace pour la méditation.

Mf : Est-ce que cela veut dire qu'on a une quantité de tristesse en nous et qu'une fois qu'on l'enlève on est nettoyé ?

B. O : Effectivement, on peut le voir comme cela.... En fait cela se passe par paliers, c'est comme un oignon. Par exemple, on rentre dans la douleur liée à notre relation avec nos parents, on laisse alors sortir les pleurs, puis on rentre dans une espace de méditation, de vide, de silence...puis on va dans notre relation avec notre partenaire.....c'est comme un oignon, il y a des couches et des couches mais il y a un espace de méditation entre deux couches et le fait d'aller en soi, d'observer tout cela, approfondi cet espace.

MF : J'ai l'impression que l'ego est une blessure alors, est-ce que la mystic rose ouvre et guérit nos blessures intérieures ?

B. O : Oui... on a tous comme des manques, des " trous ", des blessures intérieures et la plupart d'entre nous les cachons... et cela ressort sous forme de méchanceté, de jalousie, de disfonctionnements et nous occidentaux, devons aujourd'hui apprendre à gérer ses émotions si on veut mener une vie harmonieuse et satisfaisante.
Le rôle de la mystic rose est d'aller à l'intérieur, dans ses blessures et de les porter au grand air, car c'est le seul moyen de les guérir...c'est clair, les gens se sentent beaucoup mieux à la fin de la mystic rose, comme ressourcés et vitalisés.

MF : Parles-nous de la troisième semaine ?

B. O : C'est ce qu'on appelle l'observateur sur la colline.... on va simplement être là sans rien faire et juste observer ce qui se passe en nous, de regarder le trafic dans la vallée en se souvenant des recommandations de Bouddha :
· Relaxation
· Etre alerte
· Sans jugement

Cela étant, ce n'est pas Vipassana car là il n'y a rien à faire ...même pas à observer sa respiration...c'est plus comme zazen...on va simplement être là, présent.
Beaucoup ont dans cette phase des expériences de calme, de sérénité, de joie et de vide intérieur.

MF : Vous avez fait de nombreuses mystic rose, dîtes nous, ce n'es pas trop difficile de revenir dans la vie de tous les jours ensuite ...On n'est pas trop vulnérable ?

B. O : En général, cela se passe bien...oui, c'est sûr, les gens se sentent plus vulnérables, plus ouverts et plus doux, ils auront peut-être même une vision différente de leur environnement mais en même temps, les gens se sentent bien et ils arrivent donc assez bien à gérer le retour...
Mais bien sûr ce n'est pas un groupe comme les autre et c'est différent pour chacun d'entre nous...il y a beaucoup de liberté dans la mystic rose et chacun va le vivre à sa façon...

MF : Que fait-on en dehors des 3 heures ?

B. O : Nous serons dans un centre de développement personnel et le reste de la journée les participants sont libres. Il y a des activités du centre, piscine, promenade...etc. Le lieu est magnifique en pleine nature et nous serons sous un grand chapiteau au milieu des arbres...
En été, ce lieu reçoit d'autres ateliers. C'est un endroit très plaisant où l'on rencontre plein de gens intéressants...

MF : Peut-on dire que c'est une retraite zen moderne ?

B. O : Oui....tout à fait ...je conseillerai d'ailleurs aux gens qui veulent venir, de le prendre comme cela mais ce n'est pas une retraite en silence, avec une austérité, ascète...pas du tout...mais oui, c'est une retraite pour être avec soi-même.

MF : D'où vient le nom de mystic rose (la rose mystique) ?

B. O : C'est une métaphore : nous somme nés avec une graine en soi et c'est à nous d'en prendre soin, de la cultiver et de la faire fleurir, comme une rose... c'est notre liberté et notre responsabilité.

MF : Osho, le créateur de la mystic rose a déclaré " la mystic rose c'est la méditation la plus importante que j'ai crée ", pourquoi ?

B. O : Osho a crée de nombreuses techniques passives et actives et je crois que la mystic rose c'est un peu son testament...là , on touche au corps de son enseignement. C'est impossible d'être parfait, d'être toujours heureux...la vie est comme le jour et la nuit, comme la pluie et le beau temps...il faut accepter les jours de joie comme les jours de tristesse...et la mystic rose aide à accepter ces cycles et à s'accepter soi-même.

MF : Est-ce que tout le monde peut faire la mystic rose ?

B. O : Oui.....tout le monde....il faut juste être sain d'esprit....il faut être bien en soi....ce n'est pas un remède psychiatrique.

MF : Qu'est-ce que c'est la méditation pour vous ?

B. O : On a souvent une mauvaise compréhension de la méditation....c'est une qualité naturelle qui se couvre d'une couche de poussière qu'on appelle ego, conditionnement, maya.... La mystic rose comme d'autres techniques enlèvent " cette poussière " pour permettre à notre état naturel de réapparaître. La méditation, c'est un art de vivre, c'est mettre la conscience dans nos activités quotidiennes les plus simples.

MF : Comment peut-on savoir si la mystic rose est faîte pour nous ?

B. O : Ahh (rire)...malheureusement, je dirai....que pour vraiment le savoir il faut la faire...
Mais mon expérience est qu'elle est faîte pour tout le monde.....c'est une méditation universelle....elle est non mental...tout le monde rit et pleur....qu'on soit américain, chinois ou français...
Si vous voulez mieux comprendre des choses qui se sont passées dans votre vie, si vous voulez explorer vos émotions, si vous voulez expérimenter la méditation, alors, c'est peut-être le bon moment....
Mais j'insiste, ce n'est pas de la thérapie psychologique, si vous êtes bloqués dans vos émotions, il vaut mieux aller faire un primal par exemple...et si vous voulez résoudre des problèmes de couples, il ne faut pas rêver...la mystic rose n'est pas une réponse miracle...c'est avant tout un processus de croissance spirituelle pour et avec vous même.
Comme pour toutes choses, il faut s'écouter...écouter sa voix intérieure et sincèrement vouloir se connaître soi-même ?

MF : Merci pour cet interview !!!

Bhakta Oechslin
Suisse, 57 ans, animateur de thérapies méditatives en Europe et en Asie depuis 1990.

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