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Hazrat Inayat Khan

LE BONHEUR - Le privilège d'être humain -
L'Art d'Être - Chapitre 49

Notre bonheur et notre malheur dépendent d'une seule chose: la façon dont nous considérons la vie, soit que nous appréciions et donnions de la valeur à tout ce que nous avons, soit que nous dépréciions et sous-estimions tout ce que nous avons.

Si nous pensons à tout ce que nous n'avons pas dans la vie, nous trouverons qu'il y a énormément de choses que nous n'avons pas, et, par comparaison, ce que nous avons ne nous semblera guère plus important qu'une bulle dans une vaste mer. Par contre, si nous essayons de nous rendre compte de ce que nous avons, viendra un moment où c'est ce que nous n'avons pas qui nous semblera comme une petite bulle dans une vaste mer. C'est une question de regard.

La tendance générale est de regarder ce que l'on n'a pas obtenu de l'existence, et il se trouve rarement un être assez béni pour s'éveiller à l'appréciation de tout ce qu'il a dans la vie, et pour en être reconnaissant. Quand nous pensons à ce qui nous manque, ce manque nous paraît comme une inondation qui noie l'univers entier: nous nous sentons complètement démunis de tout ce qu'il est possible de posséder.

Si nous commençons à nous rendre compte de ce que nous avons, cela s'accroîtra et sera octroyé en abondance, de telle sorte qu'à la fin de notre prise de conscience, nous pourrons trouver que, réellement parlant, nous possédons tout. C'est en cela que réside le secret de la réalisation spirituelle. La parole du Christ:

"Cherchez d'abord le Royaume de Dieu, et toutes ces choses vous seront données par surcroît",

a le même sens: quand, par notre gratitude, par notre appréciation de la vie, nous arrivons à la plénitude de la vie, dans cette bénédiction nous trouverons le Royaume de Dieu, et une fois que le Royaume de Dieu sera réalisé, tout le reste sera donné par surcroît.

Un derviche se présenta un jour devant Sikander, le grand roi, avec un bol de mendiant, et lui demanda s'il pourrait le remplir. Sikander le regarda et pensa: "Que demande-t-il de l'empereur que je suis? De remplir ce petit bol?". Le derviche demanda donc: "Peux-tu remplir ce petit bol?". L'empereur répondit oui aussitôt. Mais le bol était un bol magique. On y versa des centaines et des milliers et des millions, mais il ne se remplissait pas, il restait toujours à moitié plein, l'orifice largement ouvert pour l'obole. Quand Sikander commença à se rendre compte qu'il était en train de se ruiner à remplir ce bol, il intervint: "Derviche! Dis-moi: n'es-tu pas magicien? Tu as apporté ce bol magique; il a avalé tout mon trésor, et il est encore vide!". Le derviche répondit: "Sikander, si le trésor du monde entier y était versé, il resterait toujours vide. Sais-tu quel est ce bol? C'est l'avidité de l'homme".

Que ce soit l'amour, que ce soit la richesse, que ce soit l'attention, le service, le confort, le bonheur, le plaisir, le rang, la situation, le pouvoir, l'honneur ou les possessions dans la vie, plus l'homme peut en recevoir et plus il en désire. Il n'est jamais satisfait, et il ne sera jamais satisfait. Plus l'homme devient riche, riche en toutes choses, de toutes choses, plus il devient pauvre, car le bol qu'il emporte avec lui, le bol de l'avidité, ne peut jamais se remplir, et n'est jamais rempli.

Par conséquent, l'unique secret pour atteindre le bonheur est d'apprendre comment apprécier nos privilèges dans la vie. Si nous cultivons ce sens d'appréciation nous serons reconnaissants, nous serons pleins de contentement, et à chaque instant nous offrirons à Dieu nos remerciements, car Ses dons sont innombrables et sont énormes. Si nous ne les voyons pas, c'est parce que nos désirs nous couvrent les yeux et les empêchent de voir tout ce par quoi nous sommes bénis de la Providence. Aucune méditation, aucune étude, rien ne peut nous aider dans cette direction, excepté une chose: tenir les yeux ouverts pour apprécier chaque petit privilège de la vie, pour admirer chaque aperçu de beauté dont nous sommes témoins, étant reconnaissants pour chaque petit témoignage d'amour, de bonté ou d'affection qui nous est montré par jeunes ou vieux, riches ou pauvres, sages ou sots.

De cette façon, en développant sans cesse la faculté d'apprécier la vie et de la consacrer à remercier, nous arrivons à un bonheur qu'aucun mot ne peut expliquer, à une bénédiction qui dépasse l'imagination, et qui viennent lorsque nous nous trouvons nous-mêmes avoir déjà pénétré dans le Royaume de Dieu.

Emprunté à :
soufi-inayat-khan.org/murshid/art_etre/privileg/ade2_49.htm


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