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Est-ce que la psychanalyse peut résoudre les problèmes de l'homme ? La religion est-elle vraiment nécessaire ?

par Osho


Osho

Osho, est-ce que la psychanalyse peut résoudre les problèmes de l'homme ? La religion est-elle vraiment nécessaire ?

Neelima, la psychanalyse est une chose superficielle - utile mais très superficielle. Elle analyse uniquement les chuchotements à la surface de votre mental. Cela ne concerne que votre mental. Elle essaie de pénétrer dans votre inconscient, dans la partie refoulée de votre mental. Elle peut vous aider, mais cela ne peut pas résoudre tous vos problèmes, car sa portée est très limitée. Par conséquent, Freud ne pouvait pas être complet, il ne pouvait toucher qu'une partie de votre mental. Adler a touché une autre partie de votre mental - il ne pouvait pas être complet non plus. Jung touchait encore une autre partie de votre mental - il ne pouvait pas être complet, car les parties sont des parties et le problème appartient au tout.

Assagioli va un peu plus loin que les trois autres. Il abandonne la psychanalyse et commence à appeler son approche «psycho-synthèse». C'est un peu mieux - il synthétise. Freud est un fanatique; il affirme que tout ce qu'il dit est la vérité, la seule vérité et la vérité entière. Et si quelqu'un est contre alors il est contre la vérité. Il ne peut pas y avoir d'autre possibilité - c'est le seul moyen. Le fanatique prétend toujours: "C'est le seul moyen." Le fanatique retire de la vie sa richesse et sa variété.
Et Adler est pareil. Ils étaient tous essentiellement des disciples de Freud, bien qu'ils aient rejeté ses connaissances. Mais ils n'ont jamais pu rejeter son fanatisme fondamental. Ils ont rejeté ce qu'il a dit, mais ils n'ont jamais pu rejeter l'impression qu'il leur avait laissée.
Jung était aussi un disciple, puis il s'est rebellé contre Freud. Mais même dans sa rébellion, il est resté, au fond, la même personne - la même façon de revendiquer le tout, de connaître le tout.

Assagioli est bien meilleur, car il dit que ces trois personnes parlent bien, mais qu’elles sont partielles - elles doivent être synthétisées. Une approche synthétique est nécessaire, qui associe toutes les approches. Mais Assagioli commet une erreur très fondamentale. Vous pouvez disséquer le corps d'un homme pour savoir ce qu'il y a à l'intérieur, mais une fois que vous l'avez disséqué, vous ne trouverez aucune âme - ce n'est pas le bon moyen pour trouver une âme. Vous trouverez les mains, les jambes, la tête, les yeux, le cœur, les reins et des milliers de choses. Vous pouvez faire une longue liste ... mais vous ne trouverez pas l'âme. Et naturellement, vous conclurez qu'il n'y a pas d'âme.
C'est ce qui a été fait par Freud, Adler et Jung. Puis vint Assagioli. Il a dit: "ce n'est pas correct. La dissection n'est pas la solution, l'analyse n'est pas la solution. Je vais essayer la synthèse." Alors, il rassemble à nouveau toutes ces pièces et fait un bon travail d'assemblage, mais l'homme n'est toujours pas en vie, l'âme n'y est pas. Une fois que l'âme est partie, il ne suffit pas d'assembler le corps pour la ramener. C'est donc maintenant un cadavre, meilleur que Freud, Adler et Jung, car ils n'étaient que des hommes aveugles comme les cinq aveugles, ces proverbiaux aveugles, qui étaient allés voir un éléphant. Chacun affirmait: "mon expérience de l'éléphant EST l'éléphant." Celui qui avait touché la jambe de l'éléphant disait que l'éléphant n'était qu'un pilier ... et ainsi de suite. Freud, Jung et Adler sont tous des aveugles, ils ne sentent que des parties de l'éléphant. Et l'éléphant de la vie est vraiment grand, énorme.

Assagioli a maintenant recueilli les opinions des cinq aveugles. Il a rassemblé toutes ces opinions et il a déclaré: "C'est bien ainsi. J'ai fait la synthèse, c'est la vérité." Mais ce n'est pas le moyen de trouver la vérité. En rassemblant les opinions de cinq aveugles, vous n'arrivez pas au véritable éléphant.
Le véritable éléphant a besoin des yeux pour être vu. La psychanalyse est aveugle, de même que la psycho-synthèse - un peu plus sage mais tout de même aveugle. Ils ne peuvent pas résoudre les problèmes de l'homme parce que le problème fondamental de l'homme n'est pas psychologique mais spirituel, pas psychologique mais existentiel. L'homme n'est pas seulement un corps; sinon le physiologiste aurait résolu tous ses problèmes. Et l'homme n'est pas seulement une psyché; sinon le psychologue aurait résolu ses problèmes. L'homme est bien plus: l'homme est une unité organique - corps, esprit, âme ... et en plus, quelque chose de mystérieux : le quatrième. Les mystiques de l’Inde l’ont juste appelé le quatrième - TURIYA. Ils ne lui donnent aucun nom car aucun nom ne peut lui être donné.

Corps, esprit, âme, on peut leur donner un nom. Le corps est disponible pour une observation objective. L'esprit est disponible à la fois pour l'observation objective et subjective - vous pouvez l'observer de l'extérieur en tant que comportement et de l'intérieur en tant qu'idées, pensées, imagination, mémoire, instinct, sentiment, etc. L'âme n'est disponible que comme expérience subjective. Et au-delà de tous ces trois, il y a le quatrième qui les maintient tous ensemble: turiya - le quatrième, innommable. Ce quatrième a été appelé Dieu, le quatrième a été appelé nirvana, le quatrième a été appelé illumination.
Le problème de l'homme est complexe. S'il n'était que le corps, les choses auraient été simples, la science aurait tout résolu. S'il n'était que l'esprit, la psychologie aurait suffi. Mais il s’agit d’un phénomène très complexe, à quatre dimensions. Et tant que vous ne connaissez pas la quatrième, tant que vous n'entrez pas dans la quatrième dimension, vous ne connaissez pas l'homme dans sa totalité. Et sans le connaître dans sa totalité, le problème ne peut pas être résolu. La psychanalyse peut vous donner une approche philosophique, mais pas une transformation existentielle.

Pendant les derniers jours d’un congrès de psychiatres, l’un des médecins présents lors de la conférence de clôture a remarqué la présence d’une femme attrayante qui se faisait peloter par l'homme assis à côté d'elle.
"Est-ce qu'il vous dérange?" demanda le galant observateur à la femme.
"Pourquoi devrais-je être dérangée?" elle répondit. "C'est SON problème."

La psychanalyse, la psychiatrie, la psychologie peuvent vous donner une approche philosophique de la vie. Ils peuvent vous donner la sensation d'être éloigné des problèmes de la vie, mais les problèmes ne sont pas résolus. Et le psychiatre n'a même pas résolu ses propres problèmes - comment peut-il aider les autres à résoudre les leurs?
Même Sigmund Freud n'est pas un bouddha, il est plein de problèmes - même plus que les soi-disant êtres humains. Il avait très peur de la mort, trop de peur de la mort - à tel point que même le mot "mort" n'était pas prononcé devant lui par ses disciples, car une ou deux fois, juste en entendant le mot "mort" il s'est évanoui. Le mot "mort" suffisait! Il s'évanouissait et devenait inconscient, il tombait de son fauteuil.
Freud a mis le sexe à la lumière. Il a fait un excellent travail: il a détruit un tabou, un tabou qui a duré pendant des siècles. Le sexe était un sujet tabou dont il ne fallait pas parler. Il l'a mis à la lumière. Il a fait un excellent travail de pionnier - il devrait être respecté pour cela. Mais la mort était taboue pour lui; il ne pouvait même pas entendre le mot. Il semble y avoir un lien.
C’est MON constat: il y a eu deux sortes de sociétés dans le monde - une société qui rend le sexe tabou, alors elle n’a pas peur de la mort; et l'autre société qui n'a pas de tabou contre le sexe, mais elle a immédiatement peur de la mort. Nous n'avons pas encore été en mesure de créer une société dans laquelle ni le sexe ni la mort ne sont des tabous.
C'est ce que doivent faire mes sannyasins (mes disciples).

Pourquoi cela se passe-t-il ainsi ?
Par exemple, en Inde, le sexe est un sujet tabou - vous ne devriez pas en parler - mais la mort n’est pas un sujet tabou. Vous pouvez en parler; en fait, tous les enseignants religieux parlent de la mort. Ils en font tellement peur aux gens, qu'ils en parlent encore et encore. Ils créent tellement de peur que, par peur, les gens commencent à devenir religieux. Toutes les écritures indiennes sont pleines de description de la mort. La mort semble être l’un des sujets les plus discutés en Inde - pas le sexe. Le sexe est tabou. Le sexe, c'est la vie, et si vous choisissez la mort, vous ne pouvez pas choisir le sexe.
Freud a rendu un grand service à l'humanité. Il a sorti le sexe des coins sombres de l'âme et l'a mis à la lumière. Mais aussitôt la mort est devenue un sujet tabou; lui-même a eu peur de la mort. Le sexe et la mort sont à l'exact opposé, et l'homme entier sera capable de comprendre les deux.
Et l'homme total, l'homme tout entier, est ma définition du saint homme. Il sera capable de parler de sexe, d'observer, d'analyser, de disséquer, d'y entrer, de méditer - et il sera capable de faire la même chose avec la mort... Parce que vous n'êtes ni sexe ni mort: vous êtes le témoin des deux. Vous n'êtes ni la vie ni la mort: vous êtes le témoin des deux. Cette observation vous amènera au quatrième - turiya. Et seulement lorsque vous entrez dans le quatrième, tous les problèmes disparaissent, se dissolvent. Avant cela, des problèmes subsistent.
Vous pouvez devenir très très expert à analyser des problèmes - cela ne va pas vous aider.

osho

Une belle femme rend visite à un psychanalyste. "Enlève tes vêtements", dit le psychanalyste dès qu'elle entre.
" Mais vraiment j'étais ..."
" Je vous dis de vous déshabiller ", insiste le psy sans lui laisser le temps de répondre.
" Mais, docteur, je suis venue parce que j'ai un problème et j'ai pensé ..."
" Ne réfléchis pas. Enlève tes vêtements et ne gaspille pas mon temps ", insiste encore plus rudement le psy.
La femme étonnée et embarrassée enlève ses vêtements et immédiatement le psy se jette sur elle.
Au bout d'une demi-heure, le psy remet son pantalon, regarde la femme qui ne comprend toujours pas ce qui se passe et dit plus calmement: " bon, maintenant que j'ai résolu mon problème, voyons si je peux résoudre le vôtre. "

Seul un bouddha peut vous aider à résoudre vos problèmes - un qui n'a plus de problèmes personnels.
La religion ne peut pas être abandonnée, elle ne peut jamais l'être. La religion n’est pas superficielle ni accidentelle: c’est un besoin intrinsèque, elle est absolument nécessaire.
Neelima, vous me demandez, " est-ce que la psychanalyse peut résoudre les problèmes de l'homme ? " Non. Elle peut vous aider à comprendre un peu plus vos problèmes et, en les comprenant, vous pouvez contrôler votre vie d'une certaine manière, dans une certaine mesure. La psychanalyse peut vous aider à devenir un peu plus normal que vous ne l’êtes; elle peut réduire vos anomalies en un espace un peu plus calme et plus frais - c'est tout. Elle peut faire baisser un peu votre température, mais elle ne peut rien résoudre. Elle peut seulement aider, elle peut consoler.

J'ai entendu parler d'un homme qui fumait trois cigarettes à la fois - c'était son obsession et très embarrassant. Les gens le regardaient, et il se sentait très timide et honteux. Mais c'était impossible, il ne pouvait pas s'en empêcher, il devait le faire de cette façon; sinon il restait très mécontent.
Il avait essayé de toutes les manières possibles, tout ce qui lui avait été suggéré. Rien n'a aidé. Puis quelqu'un a suggéré: " allez voir un psychanalyste. "
Après un an de psychanalyse et des milliers de dollars perdus, un ami lui demanda: "Est-ce que la psychanalyse t'a aidé?"
Il a dit: "Certainement!"
Mais l'ami ne pouvait pas le croire, car il voyait qu'il fumait encore trois cigarettes. Alors il lui demanda: "mais tu fumes toujours trois cigarettes, je ne comprends pas comment la psychanalyse t'a aidé."
Il lui dit: "Maintenant, je n'ai plus honte! Mon psychanalyste m'a aidé à comprendre que c'est tout simplement normal. Qu'est-ce qui ne va pas ? Des personnes en fument une, j'ai entendu parler d'une personne qui en fume deux, j'en fume trois! La différence n’est que quantitative, et qu’est-ce qui ne va pas dans le fait de fumer trois cigarettes? Pendant un an, mon psychanalyste a répété qu’il n’y avait rien de mal à cela; maintenant je n’ai pas honte de fumer trois cigarettes en même temps ! Maintenant je me sens même supérieur. "

La psychanalyse peut vous donner beaucoup de consolations. Elle peut vous aider à rationaliser, à normaliser, à ne pas avoir honte - mais cela ne résout pas le problème. Elle ne peut pas. Les problèmes ne sont jamais résolus si vous restez sur le même plan d'existence. C'est quelque chose de très fondamental à comprendre.

Si vous voulez résoudre un problème, vous devez vous élever au-dessus du plan. Cela ne peut pas être résolu sur le même plan. Dès que vous atteignez un plan supérieur, les problèmes du plan inférieur disparaissent tout simplement. C’est la voie de la religion: vous aider à aller de plus en plus haut. Quand vous avez atteint le quatrième état, turiya, tous les problèmes disparaissent, se dissolvent, perdent leur sens. Non pas que vous ayez trouvé des solutions, non, pas du tout - la religion n'est pas intéressée par les solutions. Aucune solution ne peut jamais résoudre un problème; elle peut vous aider à résoudre un problème, mais elle en créera un autre. La solution elle-même peut devenir le problème. Vous pouvez devenir tellement attaché et dépendant de la solution.

Cela se produit presque tous les jours dans votre vie: vous êtes malade, vous prenez un certain médicament. Cela vous aide, mais vous devenez dépendant du médicament et vous ne pouvez plus vous passer du médicament. Maintenant, le médicament a ses propres effets secondaires et ils commencent à vous torturer. Maintenant, vous aurez besoin d'autres médicaments ... et ainsi de suite. Il n'y a pas de fin à cela.
Aucune solution ne peut vraiment devenir une solution. La religion a une approche totalement différente. Elle ne vous donne pas de solution, elle vous aide simplement à élever le niveau de votre conscience. La religion est une prise de conscience. Elle vous soulève plus haut que le problème, elle vous donne une vue à vol d'oiseau. Maintenant, vous êtes debout sur une colline et vous regardez la vallée ... et les problèmes dans la vallée n'ont aucun sens. Ils n'ont aucune signification pour l'homme qui se tient debout sur la colline ensoleillée. Ils ont simplement perdu toute pertinence.

Osho, Extrait de : The Dhammapada
Traduit de l'anglais par JC Dumont

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