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Danse à l’Ecart des Sentiers Battus

Wild Wild Country

Wild Wild Country

En mars 2018, Netflix a publié sa série documentaire sur l'histoire de la création et de la destruction de la ville de Rajneeshpuram, “Wild Wild Country“.

Regardé par des millions de personnes à travers le monde, elle a depuis remporté le prix Emmy 2018 pour “Série Documentaire Exceptionnelle ou Séries Non-Fiction”.

La partie de l'histoire qui n’a pas été racontée est comment un petit groupe de personnes de classe moyenne, principalement blanches, très bien éduquées, pourrait perdre leur rationalité une fois exposées au monde d'Osho. Tant et si bien, ils répètent la même rengaine et les mêmes clichés, comme si ces personnes avaient subi un lavage de cerveau ou étaient hypnotisées.

Les personnes dont nous parlons ici sont les quelque 150 rédacteurs anglais de journaux et de magazines du monde entier qui ont analysé cette série documentaire. À de très rares exceptions près, ils utilisent tous exactement le même langage, basé exactement sur les mêmes hypothèses, comme si eux-mêmes faisaient partie d’un culte.

Un culte? Oui, et ironiquement, ces auteurs ont clairement indiqué que c’était les résidents de Rajneeshpuram qui étaient le culte. Pourquoi? Parce qu'ils ont travaillé ensemble pour construire une ville sur des terres agricoles pratiquement inutilisables dans le haut désert de l'Oregon, à des kilomètres de n'importe où? Une ville qui répondait à tant de graves catastrophes qui affligent la société moderne?

Une communauté modèle écologique où ils ont construit des barrages dans le cadre de la gestion intelligente de l'eau, en réparant les zones riveraines dégradées; un endroit sans chômage ni pauvreté; sans solitude, toxicomanie, violence sexuelle ou viols… où les psychiatres construisaient tous des routes et des maisons - en fait un lieu de célébration où les gens riaient si souvent et dansaient dans les rues.

C’est le premier programme communautaire de prévention des MST au monde qui a connu un tel succès que le gynécologue a dû se joindre aux psychiatres sur les chantiers, sans oublier de mentionner le premier programme mondial de prévention du VIH. Un endroit où les cerfs se promènent librement sans être abattus, où les animaux ne sont pas mangés; où les femmes et les gays n'étaient pas traités comme des citoyens de deuxième ordre et où personne n'était jugé à la couleur de sa peau. Une véritable oasis dans le désert: un projet pilote pour un nouveau mode de vie.

Il devait être un culte parce que chaque critique du documentaire insistait pour que les résidents aient un “gourou”. Vraiment? Maintenant, où ont-ils attrapé cette idée? Les chrétiens qui les entouraient ne croyaient-ils pas au “bon berger” avec son ”troupeau” de ”moutons”?

Osho passe des années à condamner publiquement précisément ce type de dépendance primitive envers ”les autres”, exposant ainsi l'idée même de ”suivre” - en particulier l'idée enfantine chrétienne de l'école du dimanche: ”Venez, suivez-moi”. Mais qui écoute? Qui s’intéresse aux faits quand vous avez le pouvoir de diffamer les autres en toute impunité - ces minorités moins privilégiées dont les voix rebelles sont effectivement muselées et ont été falsifiées par les médias depuis toujours?

Quelques-uns de ces commentateurs ont voulu justifier la réaction des voisins de la ville en rappelant aux lecteurs les suicides à Jonestown. Oubliant bien sûr de mentionner qu’ils étaient les vrais adeptes - du ”Révérend” Jim Jones.

Bien sûr, les écrivains doivent répéter continuellement ”culte”, ”gourou“ et “homme-Dieu” - des épithètes obligatoires qui sont nécessaires pour renforcer les idées d'un ”culte du sexe” avec un ”gourou du sexe”. Et pourquoi? Pour Osho de déclarer que le sexe est notre énergie naturelle? Pour lui d’expliquer que si vous réprimez votre énergie sexuelle - comme le prétendent toutes les religions - les perversions sexuelles omniprésentes des prêtres sont inévitables? Pour lui d’exposer comment la violence, la pornographie et la prostitution doivent être inévitablement les résultats de cette idéologie répressive - à savoir qu'en réalité le prêtre et le pornographe sont des partenaires commerciaux? Comme le dit Osho: ”En fait, je suis le gourou anti-sexe. Vous pouvez trouver le gourou du sexe au Vatican.”

Osho

Comme l'explique Osho:

Pour moi, l'existence est divinité, pas Dieu. Utiliser le mot "homme-Dieu" pour moi est tout simplement stupide. Mais les journalistes se sont mis à m'appeler ainsi, puis à me demander: "Pourquoi vous appelez-vous homme-Dieu?"
C’est étrange! Ils se sont mis à m'appeler le gourou des riches, puis ils m'ont demandé: "Pourquoi vous appelez-vous le gourou des riches?". Ils se sont mis à m'appeler le gourou du sexe, puis ils m'ont demandé: "Pourquoi vous appelez-vous le gourou du sexe?
Je ne me suis jamais appelé un homme-Dieu.

Et puis:

Et les journalistes jaunes continuent à dire aux gens des choses sensationnelles qui ne veulent rien dire, qui sont fausses et répréhensibles - parce que je ne suis pas un gourou. Si je dois me définir, je dirai: "Je ne suis qu'un ami, un ami de tous ceux qui ont du talent, de l'intelligence et un désir ardent de croissance spirituelle." Pour moi, ils sont ceux qui sont riches.

Puis la répétition interminable de "l’invasion de la "ville" d’Antilope?" - une ville fantôme de 40 personnes âgées, des retraités, au bout de 20 miles de chemin de terre, un coin ou personne ne voulait aller! Encore une fois, les faits redoutés: les éleveurs locaux ont fait la paix avec leurs ennemis jurés, les écologistes, et sont allés en justice pour bloquer la formation de la ville de Rajneeshpuram, insistant que la terre ne pouvait être utilisée que pour l’exploitation agricole. Ils ont même empêché l'installation de lignes téléphoniques. Alors, où les résidants sont-ils légalement contraints d'aller chercher leurs lignes téléphoniques? A Antilope. Y a-t-il eu un choc culturel? Absolument. C'est l'Amérique.

Oh oui, et ces Rolls Royce! Les centaines de livres d’Osho sur la méditation ne vous ont pas touché? Ok, alors qu'est-ce qui va vous toucher? Mais bien sûr, les voitures et les montres. Maintenant, vous ne l'oublierez jamais. En réalité, Osho n'a jamais rien possédé et a trouvé dans ces voitures le moyen idéal de percer un trou permanent dans l'ego consumériste américain. Et il continue clairement encore à le percer!

Et finalement, ces crimes! Assez de faits s’il vous plait! Pour ce qui est du nombre de victimes et de la gravité des crimes commis à leur encontre, ce sont les habitants de Rajneeshpuram qui ont le plus souffert des crimes de Sheela Silverman. Oui, d'autres personnes ont également souffert, mais les habitants de la ville ont été doublement victimes: d'abord par les crimes eux-mêmes, puis par l'insinuation continue dans de nombreuses critiques du documentaire que ces habitants faisaient en quelque sorte partie de ce groupe criminel. Comme si les habitants de Chicago étaient responsables d’Al Capone - ou peut-être était-ce à cause de son éducation catholique brutale, alors blâmons le pape.

Sans parler de la déclaration ouverte de Silverman selon laquelle elle devait rompre avec Osho car il ne s'intéressait plus à la communauté - mais ensuite, sans sourciller - elle essaye sournoisement de jouer la défense qu’elle “ne faisait que suivre les ordres“! Comme si Osho allait dire: “Quelle bonne idée de tuer mon médecin.“ Deux fois!

Peut-être que quelques exemples de cette rupture suffiront. En 1984, Osho propose à Sheela Silverman de décentraliser son autorité absolue sur la communauté en permettant à différentes parties de s'autogérer. En particulier, il suggère que Niren, l’avocat dans le film, soit le porte-parole de la communauté à la place de Sheela. Dès le lendemain, Niren a été transféré du service juridique à la construction de routes. Parlez d’une suite des commandes! Peu de temps après, Osho recommence à parler en public.

Dans un de ces entretiens publiques, Osho a déclaré: “Vous pouvez toujours vous rappeler de cette promesse. Je ne vous laisserai pas sous un régime fasciste“. Sheela commande à ses proches de “perdre“ l'enregistrement original de cette entretien et fourni une transcription qui disait: “Vous pouvez toujours vous rappeler de cette promesse. Je ne vous laisserai pas dans un état de chaos."

Alors que Osho continue de parler, le contraste entre sa vision et la sienne est si frappant que les fondements de sa dictature s'effondrent et, après neuf mois désespérés et remplis de crimes, Sheela s'est enfuie avec sa clique secrète de conspirateurs.

Lorsque ses crimes commencent à faire surface, Osho est informé et demande ensuite publiquement au FBI d'enquêter sur cette “organisation criminelle“. Ils sont venus, mais la justice n'était pas leur intérêt. Trouver une raison pour expulser Osho et détruire la commune s’est avéré être leur motif.

Osho

Les résidents se sont ont été laissé avec une grande leçon: Pourquoi sommes-nous si inconscients que nous permettons à des cerveaux politiques tout aussi inconscients de nous persuader d'abandonner notre responsabilité et d'accepter leurs systèmes de contrôle fascistes en raison de leur promesse de nous protéger des étrangers diabolisés!

Osho allait expliquer plus tard à quel point il était important que les gens fassent l'expérience directe de la réalité du rêve américain. Nos idées selon lesquelles les États-Unis étaient le foyer naturel pour le travail d’Osho - où la liberté de parole, la liberté de religion et la liberté de réunion étaient garanties par la Constitution – se sont prouvées illusoires. Comme le décrit Osho, “l'Amérique n'est pas une démocratie, c'est une hypocrisie. Et elle est fondamentalement fasciste“:

Je n'ai jamais ressenti plus d'amour pour l'Amérique que ce que je ressens maintenant - pour le peuple d'Amérique, la terre d'Amérique. C'est un gouvernement vilain, un gouvernement fasciste qui prétend être démocratique, mais il ne l'est pas; c'est de l'hypocrisie pure. Je n’ai aucun ressentiment vis-à-vis du gouvernement de l'Amérique. Peu importe ce qu’ils m’ont fait, j’en ai pris note et j’ai vu leur vrai visage.
Je vais exposer ce visage au monde entier, non par ressentiment, mais dans l’espoir que cette exposition les changera peut-être. Même s'ils ne changent pas, ils vont perdre la face devant le monde. Soit ils doivent se changer eux-mêmes, soit ils vont perdre des millions de personnes autour du monde qui auraient été leurs amis.
J'étais l'un de leurs amis.
Mes gens étaient leurs amis.
Ils ont inutilement perdu des millions d'amis.
Je suis désolé pour eux.

Les politiciens américains ont non seulement détruit cette incroyable expérimentation d’un nouveau mode de vie, mais également l’occasion pour le monde de tenir compte des avertissements d’Osho sur la direction que l’humanité allait autrement prendre et la façon par laquelle cela pourrait être évité (en anglais).

Nous vivons avec les résultats tout autour de nous aujourd'hui.

L'esprit moderne bouillonne de sexualité refoulée, de colère, de haine, de violence. Des siècles de répression se sont accumulés; la répression a atteint un crescendo et elle est en éruption. Le volcan est en éruption! Osho

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Note sur la traduction :
En anglais l'auteur utilise souvent dans cet article le mot "Cult" qui se traduit en français par "un culte" ou "une secte" ou même "un mouvement spirituel".
Le choix de la traduction n'est pas anodin ni facile puisque le sens n'est jamais exactement le même. Selon le dictionnaire Larousse le mot "culte" en français renvoie à "l'ensemble des cérémonies par lesquelles on rend cet hommage à Dieu ou à des êtres divins", cela renvoie à "une religion considérée dans ses manifestations extérieures". Le mot "secte" (selon le Larousse) renvoie à un "groupement religieux, clos sur lui-même et créé en opposition à des idées et à des pratiques religieuses dominantes". Et dans l’esprit collectif français le terme de "secte" insiste davantage sur le côté négatif d'un groupe avec une réelle séparation /exclusion, par rapport au terme "culte" qui s'en tient plus au simple côté religieux.