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Pratique de la Gratitude
L'art d'être déjà heureux

Jean-François Thiriet

par Jean-François Thiriet
Editions le Souffle d'Or

Je suis sur les bancs de la fac de psycho et je m’ennuie. J’ai vingt quatre heures de cours par semaine, et j’espère trouver dans ces vingt quatre rendez vous hebdomadaires la réponse à mes questions. Je viens m’abreuver à la source du savoir universitaire pour sortir du désert de mon adolescence qui n’en finit pas, de mes interrogations existentielles sans réponse. J’écoute, j’espère, je prends des notes... et je ne vois rien venir. Psychologie expérimentale, histoire de la psychologie, statistiques, ma question est urgente, le SAMU que j’espérais trouver dans la psychologie n’arrive pas...

Au même moment, je suis assis sur un banc, toujours celui de la fac, mais cette fois c’est un petit banc de méditation en bois du SIUAP et là j’ai un choc : « Je veux être comme lui ». Lui, c’est mon professeur d’arts martiaux. Je veux sa sérénité, je veux cette façon d’être posé, silencieusement centré et rayonnant, je veux, je veux, je veux...Je me sens animé, je me sens réanimé, c’est lui mon SAMU. C’est décidé, je vais l’étudier lui, pas la psychologie. Je vais m’abreuver à la source de la connaissance, plus à celle du savoir. Les études à l’université cèdent brutalement leur place à l’apprentissage de l’universalité, la voix de l’être qui aspire à être reprend ses droits.

J’ose à peine lui parler, pourtant il faut bien, j’ai tant de questions. Je me vois tout petit, sans voix, et lui, devant moi, géant, comme un roc, avec ce regard aimant et aiguisé, cette poignée de main qui vous enveloppe et vous rassure : « C’est quoi le Hara ? » je lui demande. « Viens et vois » me répond-t-il.

Je m’inscris à tous ses cours, do-in, tai-chi, qi-qong, kendo, judo, même à ses cours du soir, je suis sûr qu’il y a quelque chose là pour moi, je ne sais pas quoi, mais je suis sûr. J’arrête de raisonner pour commencer à résonner, ça vibre au dedans de moi...

J’ai vingt quatre heures de cours par semaine, et ce n’est plus important. Oui, ce que je venais chercher à la faculté était l’IMPORTANT dans ma vie. J’avais imaginé que l’important était de comprendre, de saisir, de concevoir, j’avais oublié que l’important c’était de vivre, de me sentir vivant, de chercher la vivance qui est en moi.

Suivre l’enseignement de Francis était un peu comme ouvrir une porte sur la culture orientale : les arts martiaux c’est vrai, mais aussi le zen, et surtout Karlfried Graf Durckheim. Dans ses écrits, ce célèbre psychothérapeute allemand citait selon lui les trois grandes détresses de l’Homme : la peur de la mort, la peur de l’absurde, et la peur de la solitude. Quand j’ai découvert la pratique de la gratitude j’ai compris qu’elle réunissait les trois antidotes en même temps : la quête de sens, de plénitude, et d’unité intérieure.

Quand j’éprouve de la gratitude, je me relie à la vie de ma vie ;
Quand j’éprouve de la gratitude, je redonne du sens et de la cohérence à l’histoire de ma vie ;
Quand j’éprouve de la gratitude, je me relie aux autres dans ma vie.

gratitude

Durckheim disait aussi : « L’extraordinaire se trouve dans la profondeur de l’ordinaire ». Pratiquer la gratitude c’est apprendre exactement « ça »  qui me manquait terriblement au début de ma pratique. Comme dans la bible, j’ai du apprendre à devenir attentif « au souffle léger » dans lequel le tout autre peut se manifester car on ne peut séparer selon moi la pratique de la gratitude de l’expérience numineuse, que certains appellent aussi le satori ou le Samadhi. Cela appelle une qualité d’attention mêlée de douceur dans le regard, d’une respiration habitée et de la capacité à se laisser saisir par l’instant. Dans la pratique de la gratitude cela s’appelle « savourer l’instant » : « la profondeur de la sensation nous ouvre à la sensation de la profondeur ».

Pour conclure je crois que la pratique de la gratitude est une pratique profondément méditative proche de la contemplation et cette pratique a deux vertus essentielles pour l’homme d’aujourd’hui : celui de guérir notre égo en redonnait du sens et de la cohérence à notre vie,  autant que de nous guérir de notre égo, en nous appelant à devenir présent et à apprécier notre vie, lui qui ne cherche qu’à se plaindre.  Car fondamentalement, la gratitude nous appelle à être suffisamment fort pour être vulnérable et nous émerveiller... dans la profondeur de l’ordinaire.


Tous les droits du livre « Pratique de la gratitude – l’art d’être déjà heureux »
sont reversé à l’association humanitaire Zebulons

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Au sujet de Jean-François Thiriet, auteur de cet article :
D’abord infirmier en psychologie médicale, Jean-François Thiriet est désormais médiateur et coach pour les organisations, spécialisé dans le développement de la qualité de vie et la qualité des relations au travail. Il est l’auteur aux éditions Le Souffle d'Or de Pratique de la gratitude : l'art d'être déjà heureux.
Il partage aujourd’hui sa vie avec Séverine et ses deux enfants Jade et Téo, près de Besançon. Sa quête personnelle commencée il y a plus de 23 ans l’a conduit de l’institut Omega à New York, en passant par les arts martiaux, la tradition orthodoxe, jusqu’à la psychologie positive. Avide de réponses, il croise des êtres qui le remettent en mouvement sur le chemin de la Vie avec un grand V. Ce qu’il continue de transmettre à travers ses actions de coach et de formateur au bonheur en entreprise.


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