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Editorial

Quel est le message spirituel du film AVATAR
et qui sont les vrais Avatars?

avatar

Par Emmanuel Moulin, responsable de la rédaction

AVATAR
Qui sont les vrais Avatars

Comme plusieurs millions de personnes, j’ai vu le film de James Cameron, AVATAR, qui est d'ores et déjà le plus important succès commercial de l'histoire du 7e art. Au-delà de la beauté des images et du design grâce à cette technologie 3D et si je laisse aussi de côté l’aspect purement hollywoodien qui ne m’a pas trop enthousiasmé, il reste une histoire originale, profondément spirituelle et surprenante : les habitants de la planète Pandora en 2154 vivent une relation fusionnelle avec la nature, ils pratiquent le néo chamanisme, la guérison énergétique et sont adeptes d’une spiritualité centrée sur la Mère divine, avec ses rituels, ses mythes et une vision de la non-dualité.

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Avatar a été nommé « film le plus spirituel de l’année 2009 » par le site américain spiritualityandpractice.com car, loin des religions, le film est pourtant un véritable hymne au respect de la nature et du divin en Nous et autour de Nous.

Ce qui a d’ailleurs valu au film des critiques du Vatican qui redoute que la Nature ne redevienne une «nouvelle divinité » ou qu’il marque la renaissance « d’une spiritualité païenne » qui échappe à leur contrôle.

Dans l’esprit du mouvement Oneness (Unicité) et des recherches récentes en physique quantique, le film explique en effet que toute chose ou créature a une Conscience : une graine, une pierre, un insecte, un arbre, l’eau, l’être humain - tout est vivant, conscient et interconnecté.

C’est un film sur la sensibilité à la vie, une invitation à dépasser notre approche égocentrée pour nous ouvrir à l’amour, à l’intuition et surtout à l’harmonie et à la beauté qui nous entourent.

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Un aspect intéressant de Avatar est que chaque créature aurait des connections neuronales qui permettraient de se « plug in » (brancher) les uns aux autres.

En Italie dans un laboratoire neurobiologique, des biologistes réputés ont montré que l'intelligence des plantes est une réalité. Les plantes auraient des véritables réseaux de communication pour commenter l’environnement.

Nous sommes tous reliés, interdépendants.

tous interdépendants

Certains peuvent penser que le film est un peu naïf, mais ne sommes-nous pas collectivement aveuglés par nos croyances et nos habitudes ? N’est-il pas urgent de percevoir l'Essence de la vie ?

Le film dénonce l’aveuglement, l’égoïsme et la violence des multinationales et des politiques contemporaines face à la nature et aux peuples qui vivent parfois selon des règles différentes. On ne peut pas s’empêcher de penser à la politique militaire du gouvernement américain depuis au moins une dizaine d’années. Lancer une guerre sous faux prétexte pour voler les richesses de l'autre, cela vous dit quelque chose ?
Le film est écologique mais il suggère que l’écologie ne peut pas être séparé du spirituel et que la solution ne se trouve pas dans un capitalisme écologique comme on entend souvent aujourd’hui mais dans une approche plus profonde, plus globale de la vie.

Le véritable message de James Cameron est, me semble-t-il, que nous avons besoin d’une vision holistique du monde, à la fois masculine et féminine, pour équilibrer la conception séparatiste, scientifique, technologique et masculine qui voudrait souvent se présenter comme la seule autorisée.

Et nous voilà prévenus, ceux qui veulent exploiter la Nature plutôt que de la respecter se détruiront eux-mêmes.

Le terme d’AVATAR aussi est un clin d’œil à la culture indienne. Le mot vient du sanskrit « avatara » qui signifie : descente. Au sens originel du mot, un avatar est une réincarnation sur terre de Vishnou et on dénombrait une liste de dix avatars, parmi lesquels Bouddha est le plus connu en Occident. Mais cette liste des avatars varient selon les traditions et ceci d’autant plus que ce mot est pris par certains dans le sens plus large d’un être dont la réincarnation a pour but d’aider l’humanité dans son évolution : Bouddha, Krishna, Sri Bhagavan, Babaji, Meera, Sai Baba, Amma…et bien d’autres.

enseignants spirituels

Et pour d’autres encore, ce mot prend un autre sens. Par exemple, Bernard Clavière, l’initiateur de la Croisade pour la Santé a été interviewé par la journaliste Lilou Mace qui lui demande : Qu’est-ce qu’un avatar ? Voici un extrait de sa réponse:
« Le maître réalisé n’est pas un avatar. Les maîtres sont issus de la ligné évolutive humaine, ils sont les frères aînés de l’humanité. Ils ont accédé à la réalisation, à l’illumination à la suite de leurs nombreuses incarnations (…). Les avatars viennent d’ailleurs, ils viennent de d’autres planètes, de d’autres systèmes solaires, de très très loin… »

L’enseignant spirituel Dr Acharya Yogeesh qui est aussi docteur en philosophie et qui a fondé un ashram à Dallas a néanmoins une position un peu différente de celle de Bernard Clavière sur la question.
Il dit « avatar est un concept de la philosophie hindoue ». C’est une « croyance religieuse, une mythologie. » Il signifie dit-il « incarnation de Dieu ». Rama, Krishna par exemple. Ils viennent de Dieu et descendent dans un corps humain ou dans celui d’un animal.
Mais, il ajoute, « nous sommes tous divins, car on vient tous de la même conscience ». Donc selon lui « on est tous des avatars en quelques sortes » et il ramène ce concept à la religion hindoue. Il préfère insister j’ai l’impression sur la croissance spirituelle et l’idée que c’est à nous de faire la démarche pour grandir spirituellement.

C’est d’ailleurs le message central de tous les maîtres de sagesse et aussi de ce qui sont considérés comme « avatar » (je remarque d’ailleurs qu’on trouve des avatars surtout parmi des enseignants indiens…)

Parmi tous ces enseignements spirituels, il y a ceux plus orientés vers la dévotion, la voie du cœur comme le Yoga Bhakti, et ceux plus orientés vers la méditation, comme le Zen ou les enseignements basés sur la non-dualité. Ces deux voies qui proposent des pratiques spirituelles différentes, peuvent même, à première vue, paraître opposées dans certains cas. Elles attirent semble-il un nombre assez similaire de chercheurs spirituels.

(Cela me fait un peu sourire de voir que ceci est confirmé par les statistiques que nous avions faites il y a quelques semaines sur ces 2 voies)

Sur Meditationfrance.com, nous présentons des enseignements de ces deux voies. Parfois d’ailleurs, il n’est pas facile d’identifier le groupe auquel tel enseignement appartient car tout est inter relié.

L’importance de la dévotion se retrouve plutôt chez les soufies, et dans beaucoup d’enseignements, comme avec Amma, Meera, Sri Tatatha, les esséniens, Sai baba, Brahma Kumaris, Paramahamsa Nithyananda ou encore certaines écoles de tantra, etc…

Patanjali ou Bouddha appartiennent à une autre grande voie qui est celle de la méditation comme plus récemment je crois : Arnaud Desjardins, Thich Nhat Hanh, Sri Sri Ravi Shankar J. Krishnamurti, Eckart Tolle, Ramana Maharashi, Gurdjieff qui eux aussi ne cessent de parler de l’importance de la vigilance intérieure et de la pleine conscience pour avancer dans la vie.

Quand on demande à Amma quelle est sa religion, elle répond que « c’est l’Amour ».

Elle dit : “Notre recherche spirituelle devrait commencer par le service désintéressé pour Dieu. Les gens seront déçus s'ils se mettent à méditer en pensant que leur troisième oeil va se développer une fois qu'ils auront fermé les deux autres. Cela ne se passera pas comme ça. »

Pour Amma, la prière est aussi essentielle. Comment nous conseille-t-elle de prier ? « Avec amour et dévotion. Fondez en larmes quand vous priez.»

Dans la dévotion, l’autre devient plus important que vous, la confiance est essentielle. Les intellectuels souvent n’aiment pas cette voie, car ils ne peuvent pas faire confiance, ils sont tournés vers la critique. Ils n’ont pas cette qualité de cœur.

Ce que j’aime chez les personnes dévotionnelles que j’ai rencontrées, c’est souvent leur amour inconditionnel, leur gratitude pour le maître et le divin, leur incroyable joie de vivre, leur capacité à glisser avec la vie, avec ce qui vient ou qui ne vient pas...

De l’autre côté, parfois, certains me paraissent un peu « déconnectés » du monde matériel ou encore « obnubilés » par le maître et les enseignements au détriment parfois d’autres aspects de la vie. Ou est-ce encore ma propre projection ?

L’image du maître ou enseignant est évidemment très importante pour le dévot. La mystique éveillée indienne Sahajo Prakash, née en 1725 au Rajasthan était une disciple du maître Charandas de Delhi ; elle a écrit une des plus belles poésies en dévotion à son maître. Elle écrit qu’elle remercie son maître plus que tout et que « Dieu ou l’Existence ne sera jamais aussi important que son maître », parole que Bouddha ou J.Krishnamurti ne pourraient certainement pas accepter.

Pour ceux qui enseignent la voie de la méditation, la qualité intérieure est d’abord dans l’attention vigilante, le vide intérieur, la capacité à être seul. Dans cette voie, vous ne vous préoccupez pas du tout de l'amour, il viendra de lui-même.

J. Krishnamurti dit : « Ecartons les croyances, la foi, les dogmes, les rituels, les prières et toutes les activités de ce genre. On doit être totalement libre de ces choses pour avoir une perception claire et objective. » (Bulletin du Krishnamurti Foundation Trust Ltd / 1981)

Une autre déclaration est typique de son approche: "Ce sont les enseignements qui comptent, pas l'instructeur qui les délivre".

Sur la voie de la méditation, vous n’êtes pas tourné vers le service aux autres, vous êtes capable d'être seul et heureux. La conscience est votre seule discipline. Sur cette voie, il faut un jour « tuer » le maître qui est encore une dépendance.

Le danger que je remarque sur la voie de la méditation est que nous pouvons facilement devenir sérieux voir même nerveux si nous cherchons à contrôler ou à réprimer nos désirs. L’observation n’est pas une forme de contrôle ni même une forme de concentration mais le pas est vite franchi. On peut devenir aussi égoïste au nom de l’individualité.

Mais assez étonnant, il arrive que dans un même « groupe spirituel », on puisse trouver les deux voies. C’est d’ailleurs de là que commencent, je pense, les conflits entre disciples.

Il est dit qu’à la mort de Bouddha, il y a eu immédiatement 32 écoles spirituelles qui sont apparues et qui se sont affirmées dans la continuation de sa vision. Chaque école avait ses pratiques et sa compréhension du message de Bouddha, certaines étaient plus tournées vers l’amour, d’autres plus vers la méditation.

Plus récemment, depuis que l’enseignant spirituel Osho a quitté son corps, il existe aussi me semble-t-il plusieurs courants, certains plus dévotionnels et d’autres plus zen.

Il me semble que chaque voie a sa beauté, sa vérité.

Si ultimement, il nous faut suivre une seule voie, il me semble de toute façon que nous avançons tous sur les deux voies en même temps.

Le koan de la vie n’est-il pas de progresser dans cet équilibre entre Méditation et Amour?

Ce que Georges Gurdjieff avait coutume d’appeler « la cristallisation de l’être » n’est rien d’autre, je crois, que ces deux cerveaux devenant un, la rencontre du masculin et du féminin intérieurs, la rencontre du yin et du yang, la rencontre de la gauche et de la droite, la rencontre de la logique et de l’illogique, la rencontre de Platon et d’Aristote.

Le bonheur, l’éveil se trouvent dans cette intégration, dans cette délicate harmonie… c’est du moins comme ceci que je le comprends.

Bonne lecture du numéro de mars,

Emmanuel Moulin

Emmanuel Moulin


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