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Question à Osho sur les habitudes

Osho

Question du visiteur Harideva :
Osho, les vieilles habitudes ont la vie dure, peux-tu parler de nos habitudes ?

Harideva, ce que tu dis est vrai... mais pourquoi ?

Pourquoi est-ce que les vieilles habitudes ont du mal à mourir ? Parce que vous n’êtes rien d’autre... que vos vieilles habitudes ! Si elles meurent, VOUS mourez !
Vous n’êtes rien d’autre, vous n’êtes rien de plus.
Vous êtes juste vos vieilles habitudes, vos vieux modèles.Vous êtes un mécanisme, pas encore un homme ; c’est pourquoi les vieilles habitudes ont la vie dure. C’est très rare qu’un homme existe, il y en a très peu, un de temps en temps.

Un Bouddha est un homme réel, authentique. Un Zarathoustra est un homme réel, un homme digne d’être appelé un homme. L’humanité ordinaire est seulement robotique : elle vit dans l’inconscience, mécaniquement. Et les habitudes sont tout ce que vous êtes.
Si vous laissez tomber toutes vos habitudes, vous allez simplement vous évaporer…, vous n’allez plus vous trouver…
Qu’est-ce que vous êtes ? Regardez ! Et vous n’allez voir qu’un paquet de vieilles habitudes ! Pour l’instant vous n’avez rien de plus.

C’est tout l’effort de la méditation : d’apporter quelque chose de plus à votre vie, quelque chose qui ne soit pas une habitude, quelque chose qui soit spontané, qui ne soit pas mécanique, quelque chose qui vous transforme – de robot en être conscient !

George Gurdjieff avait l’habitude de dire que tout homme ne naît pas avec une âme.
Au premier abord cela n’est pas croyable puisque pendant des siècles il vous a été dit par les prêtres que tout homme naissait avec une âme, et vous l’avez cru.
C’est très confortable de croire que vous avez une âme. Ça paraît très bien, douillet, réconfortant, que profondément en vous, vous ayez une âme, éternelle, immortelle !
Et Gurdjieff dit qu’en fait vous n’avez pas d’âme du tout !
À l’intérieur, vous êtes tout simplement… vide ! Il n’y a rien à l’intérieur de vous – juste des habitudes et encore des habitudes… un tas d’habitudes, et au centre lui-même, il n’y a personne !

La maison est vide. Le maître n’est pas encore arrivé, ou il est complètement endormi.

Et Gurdjieff a raison, vous n’êtes seulement que potentiellement un être humain. Cette possibilité est là, mais cette possibilité peut être ratée très facilement. Et des millions de gens la ratent parce que pour devenir conscient, pour devenir une âme, des efforts ardus sont nécessaires. Ce n’est pas une tâche facile, c’est d’un niveau de difficulté élevé.

Rester dans vos habitudes est bon marché, facile, il n’y a qu’à suivre la pente, la gravitation suffit, elle vous entraîne d’elle-même. C’est pareil que lorsque vous descendez une pente avec une voiture, vous pouvez couper le contact, vous n’avez pas besoin de carburant pour aller en bas de la pente, la force de la gravitation suffit. Mais cela ne peut pas marcher quand vous devez gravir une pente, là vous avez besoin de puissance.
Vous allez avoir besoin d’une certaine intégrité, d’un certain pouvoir, et seule la conscience donne du pouvoir.
La conscience en éveil est la clé, la clé de contact, qui libère la puissance en vous, et vous devenez capable de vous élever très haut.
Autrement, Harideva, ce vieux dicton est juste... les habitudes ont la vie dure ! – parce qu’il n’y a personne pour tuer ces vieilles habitudes.

Au petit déjeuner, la femme de Feinberg lui dit : « On va avoir le petit ami de Sonia pour dîner, pour la première fois. On va se faire un super repas avec nos meilleurs plats. Alors s’il te plaît, tiens-toi bien ! Ne mange pas avec ton couteau ou tu vas bousiller toutes ses chances de mariage ! »
Au souper, tout se passait bien. Feinberg faisait très attention de ne pas mal utiliser un couvert... Et puis le café arriva. Feinberg prit la tasse et commença à verser le kawa dans la soucoupe. La famille le foudroya du regard ! Feinberg continua à verser... et finalement la soucoupe fut remplie. Feinberg l’éleva vers ses lèvres, jeta un regard autour de la table et dit : « Un seul mot de l’un d’entre vous... et je me mets à faire des bulles ! »

C’est difficile, c’est très dur. Vous devez être conscient, alerte, sur vos gardes. Vous devez vous rappeler continuellement. Et le rappel est la chose la plus difficile de l’existence.

On ne peut pas abandonner les habitudes en luttant contre elles. C’est ce que les gens font ordinairement. S’ils veulent changer une habitude, ils en créent une autre pour lutter contre la première. D’une habitude ils passent à une autre. Si vous voulez arrêter de fumer, vous vous mettez au chewing-gum, mais cette habitude est aussi stupide que la première. Vous passez d’une habitude à une autre, mais vous restez la même personne inconsciente !
Laisser tomber une habitude, sans la compenser par autre chose, et rester absolument vigilant, alerte - afin de ne pas tomber dans un substitut ou un autre - est une des choses les plus difficiles de la vie.
Mais ce n’est pas impossible ; autrement il n’y aurait aucune possibilité d’un Bouddha, d’un Christ, d’un Krishna. Puisqu’il existe des bouddhas c’est possible, bien que difficile, très difficile, c’est un grand challenge qui doit être accepté. Et tous ceux qui ont un peu de respect pour eux-mêmes acceptent toujours le défi de ce qu’il y a de plus élevé, de ce qu’il y a de plus dur.
Atteindre la lune n’est pas aussi dur, pas aussi difficile. Atteindre l’Everest est un jeu d’enfant, comparé à se rappeler constamment d’être conscient de ce qu’on est en train de faire. Mais le jour où cette conscience vigilante arrive, vous connaissez l’extase d’être, la bénédiction d’être. Vous connaissez alors quelque chose qui ne peut pas être imaginé.
Et qui est tellement vaste… inépuisable… !
AES DHAMMO SANANTANO ! Bouddha dit : c’est la loi ultime de la béatitude, de la joie, de l’extase. Et c’est illimité ; une fois que vous entrez dedans, c’est à vous pour l’éternité ! Jésus appelle cela ‘le royaume de Dieu’, c’est sa façon de le nommer. Mais on doit être assez vigilant, assez conscient, pour pouvoir se désidentifier des habitudes, des patterns, des structures qui se sont incrustées dans notre être.

Un homme très riche, mais très avare, était en train de mourir. Il demanda à trois hommes du clergé de venir le voir sur son lit de mourant : un prêtre, un rabbin, et un pasteur.
Quand ils arrivèrent il leur dit : « Messieurs, vous connaissez le vieux dicton : ‘on ne peut pas l’emmener avec soi !’ Bien ! mais l’emmener avec moi est justement ce que je me propose de faire ! Et vu votre formation religieuse je pense que je peux vous faire confiance. Voici ces trois boites, dedans il y a la plus grande partie de ma fortune. Mon dernier vœu est que chacun de vous mette une de ces boites dans ma tombe. »
Ils acquiescèrent tous les trois à sa demande, après quoi le mourant distribua les boites et mourut ! Et comme convenu, le jour des funérailles, ils étaient là tous les trois pour mettre une boite dans la tombe. Après cela, ils décidèrent d’aller au pub le plus proche pour boire un verre. Après un long silence, le prêtre se mit finalement à parler. « Mes amis » dit-il, « j’ai peur d’avoir quelque chose à confesser : je n’ai pas mis la totalité de l’argent dans la tombe. Vu que les rentrées sont en diminution ces derniers temps et que l’église a besoin de réparations, cela m’aurait paru être un péché de ne pas mettre cet argent là où il pouvait être bien utilisé. »
Le Pasteur dit alors : « Mon père, je suis heureux que vous ayez pris la parole. Comme vous le savez j’anime plusieurs œuvres de charité, et de plus, ça m’aurait paru un tel péché d’en venir à enterrer tout cet argent ! Alors j’ai moi aussi gardé une partie de l’argent, oh, seulement une petite part ! pour contribuer à ces louables, et bien nécessaires charités dont je m’occupe ! »
Après un nouveau long silence, le prêtre et le pasteur demandèrent au rabbin, qui n’avait pas cessé de regarder par la fenêtre pendant tout ce temps, ce qu’il pensait de leur action.
« Eh bien ! » dit le rabbin, « je dois dire que je suis très surpris, pour ne pas dire choqué ! En tant que rabbin, respectant les dernières volontés d’un homme, je ne pouvais que mettre dans la tombe la somme entière ! En fait… je lui ai donné un de mes propres chèques ! »

Un Juif est un Juif ! Qu’il soit rabbin ou pas ne fait pas grande différence : les vieilles habitudes ont la vie dure !

Mais elles peuvent mourir !

Et vous devez faire tous les efforts possibles pour qu’elles meurent, car c’est dans leur mort que se trouve le début de votre vraie vie.

OSHO : Le Dhammapada : Le Chemin du Bouddha
volume 8, chapitre 8, question 2
Le matin du 28 décembre 1979 dans le Bouddha Hall à Poona - © Osho International Foundation

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