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Interview de Ma Dharm Jyoti

Ma Dharm Jyoti

Ma Dharm Jyoti est indienne, elle enseigne la méditation en Inde et en Europe (elle est dans la Drôme en juin – voir après l’article ). Elle a fait partie du premier groupe de « Néo-Sannyas » initié par Osho, à Manali, le 26 septembre 1970. Osho est ce mystique, maître spirituel, mais aussi iconoclaste, philosophe qui a développé une nouvelle approche de la spiritualité pour l’homme et la femme d’aujourd’hui. Jyoti a eu la chance unique de passer la majeure partie de sa vie dans les communes d’Osho, elle a notamment été sa secrétaire personnelle pendant de nombreuses années. Elle est l’auteur du livre ‘Cent anecdotes pour dix mille Bouddhas’ – un livre où elle raconte ses expériences passés auprès du maître.

Dites-nous quelque chose sur votre enfance ?

Je suis née dans une famille hindoue, de classe moyenne, à Karachi qui faisait alors partie de l’Inde. Lorsque les anglais sont partis en 1947, je me suis installée à Bombay avec mes parents.

Quand j’ai eu quatre ou cinq ans, j’ai réalisé pour la première fois que j’étais une fille. Le premier moment important de mon enfance a été cet étonnement d’être une fille ! Ces questions m’ont hantée : « Comment suis-je devenue une fille ? Maintenant, comment vais-je aller dans les montagnes toute seule ? Comment suis-je arrivée dans cette famille où je me sens une étrangère. » Il n’y avait pas de réponse. Tout paraissait inexplicable. J’avais l’habitude de dormir dehors sur la terrasse, admirant le ciel, les étoiles, la lune et le vaste espace, en songeant toujours à qui avait créé tout cela. Ne trouvant aucune réponse, mon enfant intérieur innocent a accepté les choses comme elles étaient et a commencé à trouver une solution. Heureusement, mes parents n’ont jamais imposé leurs idées sur nous en tant qu’enfants. Nous étions trois sœurs et mon frère était l’aîné. J’étais le troisième enfant, et avais la liberté totale d’être moi-même. Je peux dire que j’ai été élevée comme une enfant sauvage.

Petite fille, n’ayant aucune connaissance de la vie maritale, j’ai décidé que je ne me marierai pas et n’aurai pas d’enfants. Mon père pouvait me forcer à me marier, j’ai donc décidé d’étudier et d’avoir au moins un diplôme pour être indépendante. J’ai mis toute mon énergie dans les études, et à l’age de 18 ans, je suis sortie de l’université de Bombay avec une licence en psychologie avec mention. J’ai immédiatement trouvé un bon emploi dans une entreprise de transport à Bombay même. Pendant toutes ces années, j’ai vécu une vie insouciante. J’ai profité de tout ce que la vie offrait.

Comment avez-vous entendu parler d’Osho ? Qu’est ce qui vous a amené a lui ? Osho n’était pas très connu quand vous l’avez rencontré. Comment cela est-il arrivé ? Comment votre famille a t-elle réagi ?

J’avais vingt ans quand un retournement soudain s’est produit dans ma vie. Un des mes amis est mort dans un accident. En regardant son corps mort, quelque chose s’est déclenché intérieurement. À nouveau, les mémoires de l’enfance, avec plus de questions, ont ressurgi, particulièrement sur la mort. J’ai alors perdu tout intérêt pour la vie que j’avais, et une quête intérieure a commencé, une sorte de soif, une quête de savoir : « En quoi consiste donc la vie ? » J’ai commencé à lire toutes sortes de livres religieux, qui m’ont seulement apporté une compréhension intellectuelle. Mon cœur était à la recherche d’une expérience tangible de la VÉRITÉ. Dans cette quête, j’ai visité beaucoup d’ashrams, rencontré des soi-disant gourous et mahatmas. Je me suis sentie encore plus frustrée en écoutant leur savoir artificiel. Cela ressemblait à des propos vides, sans expérience authentique. J’ai consacré six ans à cela. Cette période de ma vie a été un cauchemar. Extérieurement, je travaillais au bureau, mais intérieurement, je n’avais plus goût à rien.

C’est dans cet état d’esprit que soudain j’ai rencontré Osho. Osho vivait à Jabalpur et voyageait en Inde, donnant des discours et menant des camps de méditation. A cette époque, Il était connu sous le nom d’Acharya Rajneesh. C’était le 16 janvier 1968, Il allait parler dans un grand auditorium à Bombay. J’ai vu une affiche sur son programme dans la rue et je suis allée l’écouter. Et voilà, c’était ça. En écoutant sa voix, mon cœur a commencé à sauter de joie, Il répondait à toutes mes questions. Mon cœur a reconnu : « Voilà un homme, parlant de Sa propre expérience, Il est celui que j’ai cherché. » J’ai acheté ses livres et les lisais des nuits entières. J’ai senti que j’avais trouvé un précieux trésor. Chacun de ses mots était si plein de sagesse. Peu de temps après, j’ai participé à un camp de méditation à Nargol où je L’ai rencontré personnellement pour la première fois. C’était comme si je Le connaissais depuis de nombreuses vies, et de son côté Osho m’a aussi reçue avec tant d’amour ! - comme s’Il avait retrouvé un enfant perdu ! C’est comme cela que mon voyage a commencé avec mon maître.

Il n’y a eu aucune réaction de ma famille. Ma mère était déjà morte. Mes sœurs n’étaient pas le moins du monde concernées par moi. Mon frère avait déjà quitté la famille. Mon père avait entendu Osho une seule fois et était convaincu que j’étais sur la bonne voie. Il m’a totalement supportée.

Vous étiez parmi les membres du premier groupe de Sannyas. Cela a dû demander beaucoup de courage. Dites-nous comment tout cela s’est passé ?

Oui, j’étais parmi le premier groupe de Sannyasins (terme désignant les personnes en recherche intérieure). Ce n’était vraiment pas une question de courage. J’étais complètement « amoureuse » d’Osho. Rien d’autre ne comptait. Au moment de prendre Sannyas, j’étais devenue assez forte pour être un individu à part entière.

Qu’est ce que Sannyas veut dire pour vous ?

Pour moi, Sannyas signifiait être initiée et acceptée par mon Maître comme disciple. En fait, j’avais attendu cela depuis longtemps, donc c’était l’accomplissement de mon désir.

Vous avez passé une partie considérable de votre vie auprès de ce mystique. Comment c’était d’être près de quelqu’un comme Lui ?

Oui, j’ai eu cette chance unique d’être près de Lui pendant une grande partie de ma vie. La grandeur d’Osho est qu’Il n’a jamais permis à qui que ce soit de se sentir inférieur. Il m’a autorisée à être moi-même. Autour de Lui, toute l’atmosphère était toujours légère et détendue. Il faisait rire tout le monde et savait rendre joyeux les moments passés auprès de Lui.

Qu’est ce qui vous a incité à écrire « Cent anecdotes pour dix mille bouddhas » ? Parlez-nous de la période pendant laquelle vous avez écrit ce livre ?

Je ne peux pas prétendre l’avoir écrit, bien qu’il ait été écrit à travers moi. Pendant que j’écrivais, je me suis sentie possédée par une énergie qui me l’a fait écrire. Je ne suis vraiment pas écrivain et en écrivant ce livre, je n’avais pas l’idée d’écrire un livre. Je mettais juste sur papier tout ce qui me venait. En écrivant, j’ai revécu tous ces moments, parfois je pleurais, parfois riais, sentant Sa présence autour de moi.

Y a t-il un évènement marquant ou une histoire que vous voudriez partager sur Osho ?

Il n’y a tant d’évènements marquants, c’est difficile de choisir. La seule chose que je voudrais dire est celle-ci : « Un maître comme Osho quitte son corps, mais Il reste disponible pour ceux dont les cœurs sont en harmonie avec Lui. » Donc, soyez ouverts et disponibles pour expérimenter ces moments magiques.

Qu’est ce que la méditation ? Vous menez beaucoup de camps de méditation à travers le monde. Qu’est-ce que, selon vous, la méditation peut apporter à chacun ?

C’est difficile de le dire avec des mots. On doit en faire l’expérience. Pour moi, la méditation est une manière de vivre… à l’intérieur, on est rempli de conscience et à l’extérieur, en périphérie, on est rempli d’amour ! C’est vivre instant après instant, sans imaginer le futur. Être totalement dans le présent, ‘ICI ET MAINTENANT’, c’est la méditation. Dans la méditation, vous n’êtes plus identifié à votre corps et à votre mental, vous en devenez le maître et les utilisez seulement quand vous en avez besoin.

Dans la méditation, vous vivez joyeusement, vous mourez joyeusement, parce que vous savez que celui qui va mourir n’est pas vous. Vous devenez un témoin. La méditation est ‘l’Art de Vivre et de Mourir’. Toutes les techniques de méditation d’Osho sont conçues pour élever la conscience de l’humanité.

Comment décririez-vous Osho ?

C’est comme de demander à une goutte d’eau de décrire l’océan. Aucun mot ne peut Le décrire. C’est comme d’essayer de mettre des limites autour du ciel, Pardonnez-moi.

Votre message pour les amoureux de la méditation…

« Partagez, ne retenez rien ! » Quoique vous ayez appris, expérimenté, partagez-le. Trouvez votre propre façon de partager, et je vous le dis, de ma propre expérience : c’est comme de prendre de l’eau au puits.

Souvenez-vous de votre Maître, ne faites pas de compromis avec le faux. Écoutez votre cœur.

© « Écoutez votre cœur » Ma Dharm Jyoti, juin 2002, Oshoworld Magazine.


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