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Tantra, au coeur de soi

Marie-Anne et Dominique vous avez décidé de présenter des séminaires de Tantra en co-animation. Pouvez-vous nous partager votre approche?

Marie-Anne : Vivre le présent et oser le plaisir, respirer la joie de vivre par tous les pores de ma peau en recevant toutes les sensations qui se présentent. Cette sensorialité inclut la sensualité, la sexualité mais aussi tous les ressentis émotionnels, une sensibilité exquise. Il n’y a pas de séparation entre l’expérience corporelle et la spiritualité. L’esprit, Dieu, n’est pas à chercher à l’extérieur. « Ce corps lui-même, le Bouddha, ce monde, le paradis du lotus »

Dominique : Pour moi, le Tantra, c’est d’abord la révélation de l’amour, c’est la révélation que la qualité fondamentale de l’être est conscience, amour, extase, alors même que tout semble prouver le contraire. C’est le défi fondamental de toute une vie. A 36 ans, j’en ai eu la révélation fulgurante, l’évidence immédiate à la fin d’une méditation : un amour palpable, immuable, rayonnant, inéluctable, indéfectible, les mots manquent… C’est si évident et pourtant je passe à côté. Mes enfants sont là, ma partenaire, mes amis et je passe continuellement à côté. Quelques heures se sont écoulées, l’évidence s’est estompée, les tracas, les disputes, les pensées, les jugements, les peurs... Il ne reste qu’une caresse douloureuse au fond du cœur, une nostalgie et une immense certitude, l’étoile qui indique le chemin. Les séminaires que j’anime, bon vent, mauvais vent, tiennent ce cap, pour les participants, pour moi, mes enfants : l’amour ici, tout de suite, c’est possible, c’est à portée de main, évanescent et pourtant si tangible. La présence retrouvée, le regard, le toucher, la joie, même dans la peine.

Parlez-nous de la sexualité Tantrique.

Marie-Anne : La dimension sexuelle ne peut être évitée. C’est le rapport même à notre corps réceptacle de tous les trésors de la vie, du divin, de la conscience. Notre corps est la flûte dans laquelle Dieu joue sa musique. L’énergie sexuelle en est le souffle. Notre corps peut devenir un instrument de plus en plus subtil et qui sonne juste, une mélodie, une symphonie. Une sexualité pleinement vécue ouvre à l’infini. D’innombrables expériences nous attendent : sensibilité extrême, éveil et circulation interne de la chaleur de la Kundalini, révélation des chakras, perceptions différentes… Toutes les couleurs de l’arc en ciel se révèlent à nos yeux étonnés.

Dominique : Une sexualité naturelle, sans tabous, ni répression, ni culpabilité. Elle ne connaît plus de perversions parce qu’elle est libérée des conditionnements familiaux, sociaux et des traumatismes et abus si fréquents. Une sexualité grande ouverte à tous les possibles qui respecte autant l’autre que soi-même. Une sexualité qui jouit de tous les plaisirs dans la puissance de la pulsion de vie et dans les subtilités les plus raffinées. Il n’y a plus ni inquiétude, ni projet car tout coule de source. C’est si rare : Souvent celui qui se croit libéré continue de ressentir une gêne inavouable et des peurs ancestrales au moment de se laisser aller à la jouissance, de la laisser éclater dans toutes ses cellules, de gémir et de crier à pleins poumons quand l’orgasme le possède lui et sa bienaimée. Beaucoup vivent encore en réaction, en protestation, en recherche narcissique plutôt qu’en confiance profonde en la vie. La sexualité est l’énergie la plus fondamentale, la plus totale et la plus vraie que nous possédions. Elle ne supporte aucune tricherie. La jouissance est sacrée. Elle manifeste notre appartenance à cet univers immense et magique fait de poussières d’étoiles, de chants de rossignols, de rencontres…

Marie-Anne : Totalité, lâcher prise, ouverture, acceptation, cela permet d’accéder à un espace au-delà du fonctionnement ordinaire du mental. Cet au-delà est jouissance, gratitude, silence, extase. Avec le tantra, l’orgasme n’est ni un but, ni une fin en soi, loin de là. L’expérience de la sexualité est le meilleur chemin pour arriver à ces moments magiques pendant lesquels notre tête disparait. Pour beaucoup, jouir et faire jouir son partenaire semble être le but ultime. Cela mène à une insatisfaction profonde. Une porte infinie s’ouvre quand nous dépassons le souci de la performance. Cela n’est synonyme ni d’éjaculation, ni de spasmes vaginaux. Ces états d’extase entre deux amoureux sont également possibles en dehors de l’acte sexuel lui-même. C’est ce que tout le monde cherche sans le savoir. L’ouverture à une autre dimension: Corps, cœur, conscience. Etre relié. C’est l’état de grâce.

Et la beauté ?

Dominique : Dans toute expérience d’éveil, il y a révélation de la beauté, émerveillement et fou-rire ! Ce monde est tellement magique, tellement drôle. Mais pour cela, il faut l’aborder sans pensée, sans jugement préétabli. Alors, il se révèle dans toute sa spontanéité.

Marie-Anne : On peut se mettre tous les beaux vêtements qu’on veut, quand on est mal dans sa peau, on reste mal et cela transpire à l’extérieur, cela repousse. La beauté est intérieure dans la conscience et l’amour qu’on a pour soi. Un ado dit un jour à son professeur ce qu’aucun adulte n’aurait osé dire : « C’est pas possible ce que vous êtes moche et pourtant on vous voit si belle ».

Dominique : Ce qui rend beau, c’est la relaxation. Un visage relaxé est beau quel que soit sa structure physique. Se détendre est synonyme d’aimer, soi, les autres, comme une fleur qui s’ouvre au soleil.

Marie-Anne : Pour cela, il faut « désimprimer » tout ce que la famille, la société nous a écrit dessus. C’est un travail qui se compte en années et qui s’accomplit au quotidien, les croyances, les jugements, les peurs, l’interdit du plaisir. Le droit qu’on se donne au plaisir, c’est ce qui rend beau.

L’origine du Tantra ?

Dominique : A son origine, le Tantra était une reconnaissance de notre appartenance aux forces de la nature. Quelque chose de vivant, de sensoriel, la senteur de la terre mouillée, le parfum de la garrigue qui distille au soleil de Juillet, les chants d’amours des oiseaux et des grenouilles qui s’appellent joyeusement au mois de Mai pour s’accoupler dans un jaillissement de vie. Les bourgeons qui éclatent, l’air qui embaume les premières roses et le muguet. Et l’infini du ciel ! Cette magie, ce monde qui nous dépasse et dont nous sommes le microcosme. Le Tantra, c’est plus un chant, un poème qu’une science exacte. C’est ce qui donne envie de vivre, de s’ouvrir, de risquer, de chanter à pleins poumons. Le Tantra remonte aux origines de l’humanité dans une perception du monde au-delà de toute logique limitante. La transmission du Tantra s’est faite pendant des millénaires de maître à disciple. Cette transmission est davantage une question d’attitude, d’ambiance, de musique, d’écoute subtile, que de mots et de techniques.

La sexualité et la mort ?

Dominique : La mort et la vie ! Un fait qui m’a d’abord profondément troublé : Quand ma mère est morte, j’ai senti une force vitale, une poussée sexuelle irrésistible et, presqu’aussitôt une terreur de mourir. Je me suis rendu compte que cela arrivait pour beaucoup de personnes au moment d’un décès, ce besoin de faire l’amour. Peu en parlent, c’est trop paradoxal, on se sent coupable. Pourtant, il y a bien des raisons à cela. C’est d’abord un montage biologique, il faut que la vie continue.
Il y a aussi la réalisation : « Je peux mourir à n’importe quel moment. Ai-je vécu tout ce que j’ai à vivre ? » Il y a urgence d’aimer. Y a-t-il une vie avant la mort ? Vivons-nous à moitié vivants ? Les maîtres tantriques traditionnels envoyaient leurs disciples méditer dans les cimetières, contempler les corps qui disparaissent dans les flammes de la crémation. Dans l’histoire, beaucoup ont trouvé l’illumination dans la rencontre directe avec la mort, dans l’évidence et la promesse de leur propre mort. Tout trouve sa place juste, la souffrance et le plaisir, l’amour et la haine, la naissance et la mort… la roue de la vie… et la transcendance, ce qui ne meurt jamais, la conscience immense, immuable, éternelle. Le but du Tantra n’est pas seulement une meilleure sexualité…

Hommes et femmes ?

Dominique : La difficulté fondamentale de l’homme est certainement la séparation de la naissance, la mise à distance nécessaire d’avec la mère. Si cette séparation ne se fait pas ou se fait mal, le petit garçon risque l’étouffement, l’autisme, l’impossibilité de se construire en être autonome, d’affirmer l’essence de sa virilité. Pour la réaliser, il a besoin de l’autre, du père. Quand un homme s’approche d’une femme et devient amoureux, il vit toujours la fascination et la peur d’être réabsorbé dans l’univers maternel, fusion dans le monde des origines. De là viennent ses peurs, ses allers-retours, ses fuites… Pourtant, dans une sexualité adulte, il peut en même temps revisiter ces espaces fondamentaux, découvrir les richesses de sa sensibilité et se construire.

Marie-Anne : Les blessures des femmes sont multiples. Les qualités féminines sont encore trop souvent dévalorisées, niées, rejetées. La femme est rarement honorée en tant que telle avec son ouverture, sa réceptivité, sa sensibilité, sa capacité de dévotion. La femme, c’est Shakti, Gaia, Yémanja, la déesse mère, la terre nourricière. La femme est protection du naissant, du fragile, du sensible. Bien sûr, elle peut accéder aux qualités masculines d’affirmation de soi, d’action et de réalisation sociale. Elle le peut et elle le doit pour devenir femme accomplie, mais pas au prix de ce qu’elle possède en propre.

Voulez-vous ajouter quelque chose ?

Dominique : Le Tantra est une invitation à la vie, à la sexualité, à l’amour, qui s’adresse à tous. C’est un chemin qui propose à tous tels que nous sommes, jeunes, vieux, universitaires ou plombiers, mères de famille ou conseillères financières, dans l’intensité de la douleur et du plaisir, de réaliser le sens de notre vie. Ceci ne peut s’expliquer mais seulement se saisir. « Carpe diem » :Saisis l’instant.

Marie-Anne : L’amour, une sexualité vraiment humaine, cela s’apprend. Nous avons trop tendance à croire que tout est inné, faire l’amour, accoucher, éduquer ses enfants… Ainsi à l’école, personne n’enseigne à vivre son corps- à le sentir vivant-« mais non, ne pleure pas, ce n’est pas grave, ça ne fait pas mal ! » Qui n’a pas vécu quelque chose de cette teneur ? Nous avons tous appris à nier nos sensations, et donc à aller dans notre tête. Aucune éducation n’enseigne le toucher, la caresse, le ressenti de ses émotions… même pas la communication. A trois ans la plupart des enfants ne savent plus respirer par le ventre. Se mettre à l’école du Tantra, c’est réapprendre tout cela, dans la joie, la célébration, avec amour. C’est aussi désapprendre tout ce qui nous a marqué négativement.
Au delà des techniques, le Tantra est avant tout une transmission subtile d’être à être. C’est aussi et surtout une expérience dans laquelle les mots sont petits.
C’est être ici et maintenant, accepter ce qui survient dans l’instant.

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