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Entretiens sur Jésus

Les évangiles  ont été commentés par Osho, un des grands maîtres spirituels contemporains. Ses commentaires sont intéressants car ils permettent de redonner à Jésus et à son message toute son actualité.

Voici l’ extrait de la bible qui est commenté :

Matthieu 3

En ces jours-là paraît Jean Baptiste, qui prêche dans le désert de Judée en disant : « repentez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »

Pour moi, je vous baptise dans l’eau en vue du repentir ; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas d’enlever ses chaussures ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.

Alors paraît jésus : de Galilée il vient au Jourdain vers Jean pour être baptisé par lui. Celui ci voulait l’en détourner : C’est moi disait-il qui ai besoin d’être baptisé par toi, et toi tu viens à moi !
Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour l’instant : c’est ainsi qu’il convient d’accomplir toute justice. »
Alors il le laisse faire.
Aussitôt baptisé, Jésus sortit de l’eau ; et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.
Et voici qu’une voix venue des Cieux disait : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. »

Commentaire :

Voir que le monde connu de votre mental est un rêve ouvre la porte à un autre monde, celui de la Vérité. Tel était le message de Jean-Baptiste : « repentez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »

Les gens n’ont pas saisi le sens de ces paroles. Ils pensaient qu’ il s’agissait de la fin du monde, qu’il fallait battre sa coulpe et attendre le cataclysme. Mais Jean-Baptiste mourut et la Terre continua de tourner comme d’habitude. Jésus prêcha la même chose : « repentez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »
Les gens attendirent encore. Jésus disparut et le royaume ne vint pas. Depuis des siècles, les chrétiens attendent en doutant de plus en plus. Les prêtres, quant à eux, continuent de les exhorter : « Repentez-vous, car le royaume de Dieu est tout proche. »

Le royaume des cieux dont parlaient Jean Baptiste et Jésus n’est nulle part ailleurs qu’en vous-même. Il est tout proche, trouvez-le avant de mourir. Remontez la pente, repentez-vous, retournez à la source au fond de vous-même. Renoncez à vos efforts pour posséder les choses de ce monde, à votre manière ignorante de vivre, à vos hallucinations, à vos châteaux de sable.

Si vous continuez à concentrer toute votre attention sur le monde extérieur, vous ne verrez pas « l’autre monde ». Pour découvrir votre ciel intérieur, il faut nettoyer la poussière qui obscurit votre regard ; évacuer la convoitise, la possessivité, la colère, la haine, en un mot, votre ameublement mental, votre « moi », votre ego. La vision claire et pure du fonctionnement mental vous fait instantanément découvrir la vérité. Votre « réalité » était une interprétation, une construction psychique, imaginaire.

Jean-baptiste et le Christ parlaient de la fin de l’ego. Cela vous semble inacceptable. Totalement identifié à votre psyché, vous vous mettez d’emblée sur la défensive quand on vous suggère que vous n’êtes ni votre corps ni vos sentiments ni vos pensées.

Vous avez vu mourir des gens autour de vous. Vous avez compati à la douleur de la veuve ou de l’orphelin, vous vous êtes inquiété des difficultés qui les attendaient et avez peut-être trouvé choquant qu’une personne meure avant la vieillesse…
Mais avez-vous vu et compris que ce sera bientôt votre tour ? Chacun est inconsciemment persuadé qu’il ne mourra jamais. La mort, cela n’arrive qu’aux autres.

Incapable de voir l’essentiel, la réalité, le mental récupère et interprète tous les évènements. Essayez de voir avec une absolue clarté qu’un jour vous ne serez plus là et que la planète existera sans vous, comme c’était le cas avant votre naissance. Alors vous pourrez entamer le voyage intérieur vers la source, remonter la pente. « Repentir » veut dire regagner la conscience éveillée, retrouver l’intelligence pure.

Vous vous mettez en colère puis vous regrettez d’avoir été insulté et présentez vos excuses. Est-ce le repentir dont parlait Jésus ? Le remords et la honte ne vous mènent nulle part. Dans quelques jours, vous recommencerez. Combien de fois avez-vous demandé pardon ? Cela ne vous a pas rapproché du « royaume des cieux ». Votre repentir et celui de Jean-Baptiste ou de Jésus sont diamétralement opposés.

Pourquoi avez-vous honte de vous êtes comporté d’une certaine manière ? Dans quelles circonstances regrettez-vous ce que vous avez dit ou fait ? Vous avez honte quand vous êtes démasqué, vous regrettez que votre image soit ternie. Vous faites amende honorable parce que vous vous souhaitez redorer au plus vite votre blason. L’homme qui refoule sa colère est effrayé quand elle explose, parce qu’il veut passer pour bienveillant et pacifique. S’il essaie de réparer les dégâts, par exemple en disant qu’il ne pensait pas ce qu’il a dit et ne voulait pas faire ce qu’il a fait, c’est pour restaurer son image. Ce genre de repentir est une manipulation, une astuce. Si elle refuse et cherche à se venger, c’est elle qui, à son tour, perd la face et tombe de son piédestal. Autrement dit, en demandant pardon, vous lui tendez un piège. Si elle passe l’éponge, vous êtes quitte. Si elle refuse, vous pouvez lui faire endosser la responsabilité du conflit. Dans les deux cas, vous avez gagné. A votre victime, à présent, de résoudre son propre problème d’ego.

Ce jeu de pouvoir n’a rien de commun avec le vrai repentir. Jean-Baptiste et Jésus vous demandent de faire volte-face, de remonter vers votre pureté originelle au-delà du mental, de découvrir qui vous êtes vraiment. Il ne s’agit pas de condamner vos actes, vos paroles, vos sentiments, vos pensées, mais de dépasser la psyché, de regagner l’intime profondeur de votre nature, votre centre conscient. Le repentir sincère n’est pas un acte, mais une nouvelle manière d’être.

Vos remords concernent vos actes, le repentir dont parle Jésus votre être.
Vous n’êtes pas vrai, authentique. Identifié à un rôle social, à un personnage extérieur, vous faîtes fausse route, quel que soit votre comportement. L’homme pacifique et frugal se fourvoie autant que le furieux ou l’avide, parce qu’ils dorment tous les deux, ils rêvent. A aucun moment ils ne sont ce qu’ils sont vraiment. Ils divaguent dans l’obscurité, ignorant leur essence lumineuse.

En disant « Repentez-vous ! », Jean-Baptiste et Jésus vous invitent à vous éveiller, à sortir des rouages du mental, du « moi ». Il n’est pas question de demander pardon, mais de retourner à votre être véritable, le Soi existentiel. En araméen, le langage de Jésus et de Jean-Baptiste, « repentir » signifie remontre la pente, retourner à la source.

L’invitation des maîtres zen à chercher votre visage originel ne signifie pas autre chose. Le problème ne se situe pas entre vous et les autres, mais entre votre identité illusoire et votre essence. Otez vos masques et voyez comment la divine Nature vous a fait. Repentez-vous, centrez-vous dans votre cœur conscient.

Repentir et conversion sont identiques. Quand l’hindou devient musulman, le musulman chrétien et le chrétien hindou, ce n’est pas une conversion, mais un troc de masques. Quand le chrétien, l’hindou et le musulman accèdent à la dimension spirituelle (« religieuse » dans le vrai sens du terme), on peut parler de conversion. L’idée qu’il peut exister beaucoup de religions sur terre est absurde. La Vérité, la religion est unique. C’est une qualité indépendante des dogmes et des doctrines, des sectes, des temples, des mosquées…L’homme qui s’éveille entre les murs d’une église, d’un temple ou d’une mosquée cesse immédiatement d’être chrétien, un hindou, ou un musulman. Il devient une intelligence claire, un véritable être humain sans autres adjectifs. C’est cela, la conversion, le repentir.

Je lisais récemment la biographie d’un évêque. Un jour, il alla prêcher dans l’église Sainte-Marie de Cambridge. Revenir dans ce lieu qu’il avait fréquenté durant sa jeunesse raviva ses souvenirs. Après le sermon, il alla trouver le vieux bedeau :

- Me reconnaissez-vous ? J’étais étudiant ici, il y a bien longtemps. Vous êtes apparemment le dernier de mes anciens camarades. Je suis heureux de constater que vous allez bien. Remercions le Seigneur !
- Oui, répondit le bedeau. Dieu merci, malgré toutes les inepties que j’ai entendues dans cette église, je suis toujours chrétien !

Comment rester chrétien, hindou ou musulman quand on connaît l’histoire de ces sectes et découvre le monceau de sottises débitées et écrites par elles ? Vous êtes chrétien, hindou ou musulman parce que vous êtes ignorant. Vous ne connaissez pas la haine et les intrigues politiques inhérentes à vos Eglises.

Etre chrétien n’est pas difficile quand vous fermez les yeux sur les massacres perpétrés au nom du Christ. L’Eglise chrétienne a exterminé plus de gens que le communisme. Plus vous serez averti, moins vous pourrez supporter de rester dans les rangs de ces institutions pseudo-religieuses. Le véritable obstacle à la spiritualité est religieux, ce sont elles. L’homme religieux/spirituel n’est ceci ou cela, il est religieux c’est tout. La conversion veut dire voir clair et se détourner des imposteurs. Le repentir et la conversion vont de pair. Retenez qu’il ne faut pas se repentir de quelque chose, mais se repentir soi-même, remonter la pente. Alors, une conversion, une transformation de vient possible.

En ces jours-là paraît Jean Baptiste, qui prêche dans le désert de Judée

Aucun nom n’a jamais été à ce point lié au baptême. Jean-Baptiste a baptisé des centaines de personnes selon un rite très particulier. Après que ses disciples aient médité avec lui pendant quelques jours, quelques mois ou parfois quelques années, il les emmenait dans le Jourdain et leur versait de l’eau du fleuve sur la tête. Par l’intermédiaire de l’eau, quelque chose était transféré du maître au disciple, une transmission avait lieu.

Il existe deux types d’initiations. L’une utilise l’eau, l’autre le feu. En Inde, le feu a servi de moyen d’initiation pendant des siècles. Zarathushtra prenait aussi le feu comme médium.

Bien qu’ils aient des qualités différentes, l’eau et le feu sont profondément connectés. Ce sont des polarités complémentaires. Dans la marmite posée sur le feu, l’eau s’évapore et disparaît et quand de l’eau est versée sur le feu, celui-ci disparaît également. Bien qu’apparemment opposés, ces deux éléments sont profondément unis.

L’eau s’écoule vers le bas, la flamme s’élève. Leur mouvement est inversé. Quand quelque chose doit descendre en vous, l’eau sert de véhicule. S’il faut stimuler et faire grandir quelque chose en vous, le feu est le médium adéquat.

Jean-Baptiste utilisait l’eau. Après une longue préparation, un temps prolongé de méditation, le disciple était concentré sur le ruissellement de l’eau dont la fraîcheur lui apportait un apaisement intérieur. L’eau transférait le magnétisme de Jean-Baptiste. L’eau est un véhicule très sensible et, touchée par un homme dont les mains ont le pouvoir de guérir, elle devient un remède.

Votre corps est constitué à 80 % d’eau. Votre souffle est du feu, respirer est une oxydation. Ces deux éléments assurent la vie de votre corps. Quand vous cessez de respirer, le feu s’éteint, vous vous refroidissez et mourez. Sans eau, le corps devient fiévreux, sa température augmente, et il finit par succomber. Vous avez besoin d’un équilibre, d’un jeu harmonieux entre ces deux éléments.

En mangeant, vous assimilez le feu solaire accumulé dans les aliments. En respirant, vous incorporez l’oxygène de l’air. En buvant, vous renouvelez l’eau de votre organisme. Votre vie dépend de l’interaction entre l’eau et le feu.

Jean-Baptiste se servait de l’eau pour conférer à ses disciples une énergie venue des sphères supérieures. Dans l’initiation par le feu, plus élevée, quelque chose se développe et monte en vous-même.

Pour moi, je vous baptise dans l’eau en vue du repentir ; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas d’enlever ses chaussures ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.

Jean-Baptiste préparait les gens pour que la divine énergie puisse descendre en eux, Jésus les préparait pour que le divin monte en eux. Ce sont les deux possibilités : soit s’élever vers Dieu, soit permettre à Dieu de descendre. La descente est plus facile parce qu’il suffit d’être patient, réceptif, ouvert comme une matrice.

Lao-Tseu ne parlait jamais de feu, toujours d’eau. Sa méthode ressemblait à celle de Jean-Baptiste. Il enseignait l’énergie passive, la réceptivité de type féminin, nécessaire pour permettre au divin de se déverser comme la pluie des nuages.

« Jésus vous baptisera par le feu, annonce Jean-Baptiste. Il vous aidera à vous élever vers le divin. « S’élever n’est pas facile, il faut d’abord apprendre à recevoir. Celui qui ne peut descendre ne pourra pas monter. S’abaisser, attendre et recevoir est aisé. Si vous n’êtes pas capable, n’aspirez pas à vous élever. Laissez d’abord l’énergie divine vous emplir. Elle vous conférera une grande puissance, car vous ne serez plus votre ancien « moi ». Vous pourrez vous enflammer, vous élancer vers les cimes.

Jean-Baptiste préparait le terrain pour que la graine puisse y être enfouie. Elle commence par s’enfoncer, puis elle se développe vers l’air libre. Elle ne se démène pas, elle attend et tout arrive en son temps. Une énergie ascendante grandit en elle, la met en mouvement et la transforme en arbre.

L’arbre a besoin d’eau pour que ses racines s’installent profondément dans le sol et de feu solaire pour que ses branches puissent vigoureusement s’étirer vers le ciel. Dans les forêts tropicales, les arbres atteignent une taille gigantesque pour émerger à la lumière.

Le première initiation est celle de l’eau, la deuxième celle du feu. Quand l’équilibre est atteint et l’harmonie parfaite, survient la transcendance.

lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.

L’Esprit Saint symbolise l’harmonie invisible. Dans la trinité chrétienne, Dieu le Père (l’océan cosmique) et Dieu le fils (le feu) sont les deux pôles dont l’équilibre est réalisé par le Saint Esprit. Ce dernier n’est pas un être ou une instance quelconque, c’est un symbole musical, l’harmonie transcendante qui englobe, concilie, unit le point et le contrepoint. C’est le fleuve de vie coulant entre les deux rives de la dualité, la vérité découverte par l’homme dont la vision dépasse le morcellement mental. Ainsi, on peut dire que l’Esprit Saint se manifeste dans la paix qui survient au-delà de l’amour et de la haine et qui n’est ni amour ni haine, mais un équilibre nouveau, original.

Alors paraît jésus : de Galilée il vient au Jourdain vers Jean pour être baptisé par lui.

Voici un évènement rare : un maître va être initié par un disciple.

Celui ci voulait l’en détourner : C’est moi disait-il qui ai besoin d’être baptisé par toi, et toi tu viens à moi !
Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour l’instant : c’est ainsi qu’il convient d’accomplir toute justice. »
Alors il le laisse faire.

Jésus dit : « Que les choses s’accomplissent, car les Ecritures disent qu’il en serait ainsi. » Jésus était juif. Il souhaitait s’intégrer dans le monde judaïque. Il savait que dans les livres sacrés, une prophétie très ancienne parlait d’un messie qui serait baptisé dans le Jourdain par un homme appelé Jean. Respectueux des livres sacrés et ne désirant rien casser afin de pouvoir mener son travail à terme, Jésus demanda à Jean de le baptiser. Il voulait se conformer à la tradition, éviter que le surcroît d’âme qu’il allait révéler ne sombre dans le bourbier d’une lutte politique. Ce fut un échec. Apparemment, le mental humain a beaucoup de mal à se taire devant une mutation intérieure.

Le Bouddha essaya et échoua, lui aussi. Il ne combattit pas l’hindouisme dans lequel il était né. C’est au sein même de la mentalité hindoue qu’il souhait provoquer une croissance. Mais, comme plus tard pour Jésus, son enseignement indigna les gardiens de la tradition.

Jean-Baptiste s’inclina, comprenant que sans cela Jésus serait immédiatement rejeté. Cela ne servit à rien , mais il faut reconnaître que Jésus n’a pas manqué de bonne volonté. Comme le Bouddha, il a fait de son mieux pour ménager et perpétuer la tradition dont il devait être le couronnement. Son enseignement n’était pas conflictuel. Malheureusement les cerveaux sclérosés sont incapables d’évolution, de renouveau.

Aussitôt baptisé, Jésus sortit de l’eau ; et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.
Et voici qu’une voix venue des Cieux disait : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. »

Après son initiation par l’eau, Jésus regagna la berge du fleuve et eut une vision partagée par Jean et les disciples.

Tous perçurent quelque chose de très pur, de très doux comme une colombe, comme un oiseau descendant du ciel. Une lumière nimbait Jésus comme si le ciel s’était ouvert au-dessus de sa tête. Quand l’homme s’ouvre au ciel, le ciel s’ouvre à lui. De fait, le ciel est ouvert depuis toujours, c’est vous qui êtes fermé.

Avant cela, Jésus avait dû mener une vie effacée, sinon ses jours auraient été en danger. Personne ne connaissait cet homme qui avait trente ans quand débuta sa vie publique. Trois ans après son baptême par l’eau, il fut condamné à mort. Il ne fallut pas plus de trois ans pour porter l’hostilité des rabbins à son comble.

Jean et Jésus étaient très différents. Le premier était un prophète véhément, Jésus était un messager de paix. Peu après la scène du Jourdain, Jean fut arrêté et jeté en prison. Il eut des échos de ce que Jésus prêchait et en fut ébranlé. Jésus disait des choses auxquelles lui même n’aurait jamais pensé. L’écart se creusa progressivement et Jean qui avait baptisé Jésus, qui avait vu les cieux s’ouvrir sur lui, fut pris de doutes ? Quelques jours avant d’être décapité, il fit demander à Jésus : « Es-tu vraiment celui que nous attendions ? » Jésus disait : « Bienheureux les humbles car ils hériteront de la terre. » jean n’était pas humble, bien au contraire. Il était orgueilleux, déterminé à mettre le monde sens dessus dessous. Il devait trouver les paroles de Jésus très mièvres. Ne disait-il pas : « Si quelqu’un te frappe sur une joue, tends-lui l’autre », « Si quelqu’un prend ton manteau, donne-lui aussi ta chemise » ? Comment un tel homme allait-il renverser la société ?

L’attitude du Christ, la seule vraie rébellion était une énigme pour Jean. Il aurait beaucoup plus aisément compris Lénine, Trotski, Marx. Il était pour la révolution sociale, l’agitation violente, le changement imposé de l’extérieur. Jésus était un rebelle du cœur, il n’avait besoin ni de puissance ni même de discipline. Le cœur échappe au carcan du conditionnement social dès qu’il comprend, la rébellion est intérieure et spontanée.

Jesus

Le message de Jésus était nouveau, aucun juif n’avait parlé en ces termes. Il marque un tournant majeur dans la conscience judaïque, d’une manière plus spectaculaire que le Bouddha, qui n’était pas le premier à parler comme il l’a fait. Son enseignement était l’aboutissement d’une longue lignée de sages.

Un Lao-Tseu aurait pu comprendre Jésus, mais pas Jean. Il se demanda si Jésus n’avait pas trahi. Cette idée fixe l’empêcha de voir la vérité. Et si Jean lui-même était incapable de s’ouvrir à Jésus, que dire des autres disciples ?

il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui

Le symbole de la colombe est un très ancien symbole de la paix, de pureté, d’harmonie. Son vol est gracieux et silencieux comme l’était Jésus.

Quand vous êtes prêt à recevoir le baptême par l’eau, votre esprit s’emplit de pureté. Cette pureté se déverse en permanence comme une pluie, mais votre coupe est renversée. Redressez-là, elle débordera bientôt. Le maître vous aide à tenir votre coupe droite, afin que vous puissiez recevoir.

En Occident, la science de l’initiation s’est perdue ; elle n’a même jamais vraiment existé, n’étant constituée que de bribes venues d’Orient. Aujourd’hui, l’initiation véritable est rarissime en Orient également. Elle s’est dégradée, est devenue une affaire commerciale. N’importe qui vous propose l’initiation.

En vérité, l’initiation n’est pas facile. Le maître doit avoir atteint au moins le premier satori, la première vision de la conscience divine. Il y a trois satori. Le premier signifie que vous avez aperçu l’Himalaya intérieur brillant au loin. Le deuxième se produit quand vous avez gravi la montagne. Le troisième survient quand vous et le sommet de l’âme ne faîtes plus qu’un. Ce dernier satori est l’éveil, samadhi.

Si l’initiateur n’a pas connu le premier satori, son intervention n’a aucune valeur. Quand au disciple, il doit être réceptif, s’être nettoyé par une profondeur catharsis psychique et préparé par la méditation, sinon il ne pourra pas se convertir, mettre sa coupe à l’endroit. Le maître ne peut rien si le disciple ne s’abandonne pas en toute confiance.

Un chercheur de vérité se rendit un jour auprès du maître Bayazid.
- Si tu désires vraiment devenir mon disciple, lui dit ce dernier, il faudra te plier à certaines exigences. L’hiver est proche, tu devras commencer par aller couper du bois dans la forêt. Ensuite, tu t’occuperas des repas. Plus tard, je te donnerai d’autres corvées à faire.
- Je suis à la recherche de la vérité, protesta le visiteur. En quoi cela m’aidera-t-il de couper du bois, de faire la cuisine ?
- Si tu veux rester ici, répliqua Bayazid, il faudra obéir, même si cela te semble absurde. Couper du bois n’est pas une discipline spirituelle. En effet, et si la préparation des repas révélait la vérité, toutes les ménagères auraient atteint l’éveil. Il ne s’agit donc pas du travail en soi, mais de l’obéissance. Il faut faire confiance au maître, surmonter ton ego.
Avant d’accepter, l’homme posa une dernière question :
- Et quels sont les devoirs du maître ?
- Son devoir, répondit Bayazid, est de rester là et de donner des ordres.
- Cela me convient, décida le visiteur. Aide-moi à devenir maître.

L’ego est malin, il se débrouille toujours pour survivre. Votre personnalité est le seul véritable obstacle entre vous et votre propre conscience éveillée. A cause de votre mental rusé, votre coupe est renversée et reste vide. La tâche du disciple est de s’abandonner inconditionnellement au maître. Quand à ce dernier, il doit avoir atteint le premier satori. Quand ces deux conditions sont remplies, la communion est possible.

Et voici qu’une voix venue des Cieux disait : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. »

Cela se passe toujours de cette manière. Quand un homme s’ouvre au cieux, la « voix de Dieu » se fait entendre dans son cœur.

Les chrétiens se trompent de bout en bout. Ils pensent que Jésus est le Fils unique de Dieu. C’est puéril. La Nature toute entière vient de l’énergie primordiale, elle est l’enfant unique du Père. Il aurait mieux valu concevoir l’Esprit de l’univers comme une mère. En effet, l’enfant est beaucoup plus profondément lié à sa mère qu’à son père. Il a vécu dans son ventre et s’est nourri de son sang, de sa chair.

Pourtant ce n’est pas sans quelque raison que les Anciens ont parlé de Dieu au masculin. Le lien avec le père est indirect. La maternité est un fait évident, tangible, immédiat. La femme sait qui est son enfant. La paternité est plus subtile. L’énergie divine étant indivisible, inaccessible au sens, indirecte, vos contacts avec elle supposent une attitude de confiance comme celle qui lie le père et l’enfant. Aimer sa mère est instinctif. Aimer son père est une évolution, un développement. Le père, comme le divin, doit être découvert.

Chaque fois qu’un être humain s’ouvre, la colombe descend en lui et la voix divine est perçue. Pourquoi Dieu accorde-t-il sa faveur à Jésus ?

Quand l’homme exilé de son centre, devenu étranger à lui-même, se repent et rentre chez lui, l’existence entière exulte. L’univers est en fête chaque fois qu’un être humain retrouve sa nature christique, sa propre bouddheité, car la conscience universelle en est enrichie. Le monde n’est plus le même. Les arbres, les pierres, les étoiles, tous les être sensibles sont embellis par ce nouvel épanouissement de l’intelligence universelle. La qualité de la divine Nature change. Une seule goutte purifiée transforme tout l’océan dans lequel elle retombe.

Si les éveillés tels que Krishna, le Bouddha et Jésus n’avaient pas existé, l’humanité se ne serait pas développée. Elle en serait toujours au stade de l’instinct animal. La compassion dont l’homme fait parfois preuve et les rares moments de félicité qu’il connaît sont possibles grâce à ce que les sages ont apporté à la conscience collective. De temps à autre, votre regard devient celui du Bouddha ou de Jésus et perçoit d’une manière différente, éclairée. Votre cœur contient désormais une minuscule graine de bouddhéité qu’il vous appartient de faire germer. Essayez de la découvrir, protégez-la, donnez-lui une absolue priorité. Un jour, vous aussi entendrez la voix céleste vous annoncer que vous êtes le Fils bien-aimé qui a toute la faveur du divin.

OshoExtrait du livre anglais :
come follow to you de Osho (Viens suis-toi )

Précision de la rédaction : Il faut savoir qu’au départ ce livre d’Osho s’appelait « Come follow me » (Viens Suis moi) mais avant de mourir, Osho a demandé qu’on change le nom de ce livre : « Come, follow me » pour « Come follow to you ».


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