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L'Uruguay veut devenir un centre mondial du bouddhisme tibétain !

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Quand le lama tibétain Chagdud Tulku Rinpoche a découvert le paysage rocailleux d'Aguas Blancas, coin perdu de l'est de l'Uruguay, il n'a eu aucun doute: c'est là qu'il devait construire un grand temple bouddhiste, un rêve bientôt réalité.

Sur la piste qui serpente vers la Sierra de las Animas, le visiteur croise des "gauchos" (cow-boys sud-américains) et leurs vaches et des écoliers en tunique blanche à bicyclette, cartes postales de l'Uruguay rural.

Après un virage, l'oeil est surpris par le toit en pagode, jaune et brillant, d'une des deux maisons pour retraites spirituelles, à peine terminées. Sur une colline avoisinante, la plus haute (400 mètres), les travaux du temple à quatre étages voulu par Chagdud Tulku viennent de commencer.

"En 2000, il avait eu ici une vision dans laquelle des +êtres sensibles+ lui disaient qu'ils l'attendaient depuis longtemps", explique Claudio, le coordonnateur du projet.

Le temple qui doit sortir de terre d'ici un an et demi ambitionne d'être le plus grand sanctuaire tibétain pour hispanophones (Chagdud Gonpa Hispanoamerica) et un point d'attraction mondial, explique Lama Cheme, un bonze venu superviser le chantier.

"Les gens ne viendront pas que du Chili, d'Argentine ou de Colombie mais de partout: des Etats-Unis, du Tibet, du Népal, de Taïwan ou Singapour. Quand nous aurons le temple, ce sera un joyau où plein de gens voudront venir", estime ce lama itinérant, qui enseigne sculpture et peinture tibétaines.

Le site ressemblera au temple Khadro Ling près de Gramado (Brésil), où Chagdud Tulku, le grand maître créateur de la fondation Chagdud Gonpa, a vécu de 1995 jusqu'à sa mort en 2002 à 72 ans. Khadro Ling est visité par 500 touristes chaque week-end.

"Cette terre est très spéciale, les esprits invisibles vont aider à en faire un endroit facile pour construire, pour pratiquer, ils ne créeront pas d'obstacles", estime Lama Cheme, disciple de Chagdud Tulku, formé comme lui au Tibet puis au Népal.

Le projet fait des émules: un lama de tradition différente s'est installé à quelques kilomètres et les centres de yoga pullulent dans la Villa Serrana, toute proche. La zone de Lavalleja pourrait devenir la Mecque des croyances "new age", profitant de la présence l'été de nombreux touristes sud-américains autour de la station balnéaire de Punta del Este.

Claudio, qui préfère utiliser son nom tibétain Padma Chenrezig, s'empresse de souligner la différence de Chagdud Gonpa avec d'autres institutions "à buts commerciaux".

La fondation veut "créer un lieu de retraite pour étudiants avancés, surtout de dzogchen, le niveau le plus poussé du bouddhisme tibétain avec un lama résident de très haut niveau et 20 à 25 élèves", indique-t-il, annonçant l'établissement d'une bibliothèque et d'un musée d'arts préhispanique et tibétain.

Pas de prosélytisme chez Chagdud Gonpa: "ce sont les élèves qui doivent chercher leur maître, pas le contraire".

Le centre d'Aguas Blancas bâti "pour durer des milliers d'années" a englouti environ un million de dollars grâce à des dons -- la fondation compte 30.000 adeptes dans le monde -- venant des Etats-Unis, d'Allemagne ou de Suisse.

Satisfait que les retraites puissent commencer, Lama Cheme trouve les villas prévues à cet effet trop luxueuses: "il faut souffrir pour sentir les souffrances des autres, mais je comprends que les gens d'ici veuillent des choses belles et propres".

- Nouvelle du 15 mars 2005 -


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