Méditation : le défi de notre
époque ?
Par Emmanuel Moulin
En
ce début de troisième millénaire, le
développement de la recherche scientifique et l'expansion
du capitalisme ont conduit à un niveau de développement
économique sans précédent. Nous
sommes passés de la bicyclette au téléphone
portable et à Internet ! Nous avons escaladé
les montagnes les plus hautes, sondé les océans
les plus profonds, atteint chaque coin et recoin de cette
planète et nous sommes même allés jusqu'à
visiter d'autres planètes !
Contrastant avec ce succès, un autre
record apparaît: les guerres du 20ème siècle
ont causé la mort de plus de cent millions de
personnes et cela pour des raisons de rivalités nationales,
religieuses, raciales et ethniques et la tuerie continue encore...
Cette tension est le reflet d'une véritable
crise qui est présente dans
toutes les sphères des sociétés actuelles
que ce soit au niveau politique, social, éthique, spirituel
ou écologique !
Cette situation, tout le monde la connaît,
nous la voyons tous les jours aux journaux télévisés,
elle est dramatique, semble inéluctable et contredit
avec les " bienfaits" du libéralisme dont
nous parlent les économistes ou avec "les valeurs
démocratiques" dont nous parlent les hommes politiques
!
Le
20ième siècle nous aura au moins appris quelque
chose : toutes les révolutions politiques ont été
des échecs, de la révolution russe à
la révolution islamique d'Iran car les révolutions
sont violentes et ne changent que la hiérarchie sociale
et l'organisation des pouvoirs dans la société.
L'exemple russe est riche d'enseignement: les bureaucrates
ont juste remplacé les capitalistes et le collectivisme
est devenu le nouveau moyen d'organisation des échanges
mais les mêmes relations de pouvoir, d'abus et de violence
se sont recrées et même en bien pire !
Alors, quelle alternative, nous reste-il
entre un statu-quo dramatique et des révolutions illusoires
? Que peut-on faire ?
Dans un autre siècle, dans une autre
époque, sur d'autres continents, les génies
des civilisations anciennes se sont aussi mis à
chercher. Ils ont cherché dans une direction différente
: à l'intérieur.
Et là, ils ont trouvé des pensées,
un mental qui compare et juge sans cesse : mieux/moins
bien ; supérieur/inférieur ; plus haut/plus
bas. Et ils ont trouvé des passions et des émotions
: avidité, haine, luxure et jalousie qui les aveuglaient,
comme elles nous aveuglent aujourd'hui. Ils ont rencontré
un "je" infantile à la tête
de toute cette foule de pensées, ce que la psychologie
appelle l'ego, ce sentiment de se croire séparé
de l'autre, des fleurs, des étoiles, de l'existence
elle-même.
En observant leur propre intériorité,
par la méditation,
ces mystiques, ces sages ont découvert quelque chose
de miraculeux : ses pensées et ses émotions
qui contrôlaient leur vie ont commencé à
se dissoudre ouvrant ainsi le chemin à l'intégration
plutôt qu'à la séparation. Ils ont compris
qu'ils étaient libres de choisir leur destin,
sans être aveuglés par des passions ou des pensées.
Ils se sont découverts en harmonie avec eux-mêmes,
avec l'autre et avec l'existence elle-même. Ils ont
alors compris quelque chose de fondamental : l'ego entretient
une tension continuelle en nous-même et avec les autres;
il est à la source de toutes nos souffrances psychologiques
et de nos conflits politiques et sociaux !
C'est pourquoi à travers les âges,
les mystiques et les sages n'ont cessé de répéter
: " Connais-toi toi-même ".
Oui, car, nous hommes et femmes modernes,
avons regardé partout, sauf à l'intérieur
de nous-mêmes. Comme le professeur qui cherche ses lunettes
posées sur le bout de son nez, nous nous sommes efforcés
de comprendre le monde, mais nous avons oublié de regarder
son facteur le plus influent, nous-mêmes.
Or, si nous voulons vivre une vie harmonieuse
et épanouie et connaître une société
humaine unie et plus saine, il nous faut d´abord faire
le ménage en nous-même, connaître notre
potentiel, notre monde intérieur, qui nous sommes vraiment,
pratiquer la méditation, nourrir l'espace du Coeur
et intégrer les qualités
spirituelles.
Peut-être ni plus ni moins, le challenge
du 21ème siècle ?
Emmanuel Moulin
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