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Liberté, Egalité et Fraternité

1ère partie : Qu’est-ce que la liberté ?

Depuis la révolution française, la France a adopté cette devise : Liberté, Egalité et Fraternité ! Mais savons-nous vraiment ce que cela signifie ? Et quelles sont les implications d’une telle devise. Dans cette première partie, nous avons sélectionné un discours du maître spirituel Osho qui examine les différentes dimensions de la liberté de l’individu car la liberté n’est pas seulement physique ou politique mais aussi psychologique et spirituelle...

Les trois niveaux de liberté.

La liberté est un phénomène qui comporte trois niveaux.
Le premier niveau est celui de la liberté physique. Vous pouvez être physiquement privé de liberté, c’est la situation de l’esclave. Pendant des milliers d’années, l’homme a été vendu sur le marché comme n’importe quelle autre marchandise. Les esclaves n’avaient absolument aucun droit. Ces personnes n’étaient pas réellement considérées comme des êtres humains, elles étaient traitées comme des sous-hommes. Et cela existe encore .En Inde, les soudras, les intouchables vivent encore aujourd’hui en esclavage. Dans certaines parties du pays, les intouchables ne peuvent toujours pas par exemple recevoir une éducation normale. Ils ne peuvent pas non plus avoir une autre profession que celle décrétée par la tradition il y a cinq mille ans. Même le simple fait de toucher un intouchable est considéré comme un acte qui rend impur. Il faut alors immédiatement prendre un bain. Et même si on ne le touche pas physiquement, le simple fait d’être en contact avec son ombre oblige selon la tradition à prendre un bain pour se purifier.

Dans le monde entier, la femme n’est pas considérée comme l'égal de l’homme. Elle n’est pas aussi libre que l’homme. En Chine, par exemple, pendant des siècles, le mari a eu le droit de tuer sa femme sans craindre aucun procès car la femme était considérée comme sa possession. De la même manière que vous pouvez très bien détruire une chaise qui vous appartient ou votre télévision, car « c’est votre chaise », « c’est votre télévision », vous pouviez vous débarrasser de votre femme car c’était votre femme. La loi chinoise ne punissait pas un mari qui tuait sa femme parce qu'on pensait que la femme n’avait pas d’âme et qu’elle était un simple mécanisme de reproduction, une usine à produire des enfants, rien de plus !

Il existe donc un esclavage physique et à l’opposé bien sûr une liberté physique. La liberté physique signifie que votre corps n’est pas enchaîné ou ni même catégorisé comme inférieur par rapport aux autres. Au contraire, c'est le traitement d’égalité entre les corps qui prévaut. Mais, même cette liberté physique n’existe pas encore aujourd’hui partout dans le monde ! Les formes d‘esclavages physiques ont heureusement fortement diminué mais elles n’ont pas encore complètement disparu.

La liberté du corps existera totalement lorsqu'il n’y aura plus aucune distinction entre les noirs et les blancs ou encore entre les hommes et les femmes. Quand il n’y aura plus aucune distinction entre les corps, on pourra alors parler de liberté physique. Quand il sera admis que personne n’est pur, personne n’est impur: tous les corps sont semblables.

Cette liberté physique est la base même de la liberté.

Il existe ensuite un second niveau de liberté : la liberté psychologique. Très peu d’individus dans le monde sont libres psychologiquement … parce que si vous êtes un musulman, vous n’êtes pas libre psychologiquement; si vous êtes un hindou, vous n’êtes pas libre psychologiquement. Toute notre manière d’éduquer les enfants vise à en faire des esclaves ; des esclaves de nos idéologies politiques, de nos idéologies sociales et de nos idéologies religieuses. Nous ne donnons pas aux enfants la possibilité de pouvoir penser par eux-mêmes, de chercher par eux-mêmes. Nous les forçons à rentrer dans un certain moule. Nous remplissons la tête de l’enfant de plein de choses que nous n’avons même pas expérimentées.
Des parents enseignent à leur enfant que Dieu existe alors même qu'ils ne savent rien sur Dieu. Ils expliquent à leurs enfants qu’il existe un enfer et un paradis mais en réalité là encore, ils n’en savent rien.

Vous enseignez à vos enfants des choses que vous ne connaissez même pas vous-même. Vous conditionnez le mental de vos enfants pour la simple raison que vous avez été vous-même conditionné par vos parents. C’est ainsi que cette maladie se transmet d'une génération à l'autre.
La liberté psychologique ne sera possible que le jour où on permettra à l’enfant de réellement grandir, lorsqu’on le laissera avancer librement vers plus d’intellect, plus d’intelligence, plus de conscience et plus de vigilance. Plus aucune croyance ne sera alors imposée aux enfants. On ne leur enseignera plus aucune sorte de croyance mais au contraire on les motivera le plus possible à rechercher la vérité. Et dès leur naissance, on leur rappellera: « Seule votre propre vérité, seul ce que vous trouverez par vous-même peut vous libérer. Rien d’autre ne peut le faire à votre place. »
La vérité ne peut pas être empruntée. Elle ne peut pas être apprise dans les livres. Personne ne peut vous informer à son sujet. Vous devez aiguiser votre propre intelligence vous-même de telle sorte que vous puissiez regarder directement la vie et la découvrir. Si on laisse un enfant être ouvert, réceptif et alerte et qu’on l’encourage dans sa recherche, il connaîtra alors la liberté psychologique. Et avec la liberté psychologique vient une énorme responsabilité. Vous n’avez pas besoin de lui enseigner cette responsabilité. Elle vient comme si c'était l'ombre de la liberté psychologique. Et il vous sera aussi reconnaissant. Sinon l’enfant ressent de la colère pour ses parents parce qu'ils l’ont en quelques sortes détruit. Ils ont détruit sa liberté, ils ont conditionné son mental. Avant même qu’il ne pose des questions, ils lui bourrent le crane avec des réponses toutes prêtes. Mais ces réponses sont fausses car elles ne sont pas basées sur leurs propres expériences.
Le monde entier vit dans l'esclavage psychologique.

Le troisième niveau de liberté est la liberté ultime: c'est lorsque vous savez que vous n’êtes ni le corps, ni le mental mais que vous êtes seulement pure conscience. Cette connaissance vient avec la méditation. En méditant, vous vous détachez de votre corps, vous vous détachez de votre mental pour finalement n'être que pure conscience, pure vigilance. C'est la liberté spirituelle.

Ce sont les trois niveaux fondamentaux de liberté de l'individu : liberté physique, liberté psychologique et liberté spirituelle.

La collectivité n’a pas d’âme. La collectivité n’a pas non plus de mental. Elle n’a même pas de corps. C’est simplement un mot. Pour la collectivité en tant que telle, il n’y aucun besoin de liberté. Lorsque tous les individus seront libres, la collectivité sera libre. Mais on est tellement hypnotisé par les mots qu’on en oublie souvent qu’ils n’ont pas de substance. La collectivité, la société, la communauté, la religion, l’église – ce ne sont que des mots. Il n’y a rien de réel derrière ces mots.

Je me souviens d’une petite histoire. Dans Alice Au Pays Des Merveilles, Alice arrive au palais de la reine. Dès son arrivée, la reine lui demande : « As-tu croisé sur ton chemin un messager qui venait vers moi ?
Et, la petite fille répondit, « Personne »
La reine pensa que « personne » était quelqu’un et elle demanda, « Comment se fait-il alors que Personne ne soit toujours pas arrivé ici ? »
La petite fille dit, « Madame, personne, c’est personne ! »
Et la reine rétorqua, « Ne sois pas bête ! Je comprends bien que Personne doit être Personne, mais il aurait du arriver avant toi. Il semble que Personne marche beaucoup plus lentement que toi. »
Et Alice répondit, « C’est absolument faux ! Personne ne marche plus vite que moi ! »
Et le dialogue entre ces deux personnages continue ainsi. « Personne » devient quelqu’un et Alice ne réussit pas à faire comprendre à la reine que « Personne » signifie en réalité personne.
« Le collectif », « la société », ce ne sont que des mots. La seule chose qui existe réellement est l’individu. Sinon, il y aurait un problème. Quelle est la liberté d’un Club Rotary ? Quelle est la liberté d’un Lions Club ? Ce ne sont que des mots.

La collectivité est une idée dangereuse. Au nom de la collectivité, l’individu, le réel a toujours été sacrifié. Je suis totalement contre.
Les nations sacrifient l’individu au nom de la nation. Et « nation » n’est qu’un mot, un concept. Les frontières que vous avez dessinées sur les cartes n’existent nulle part dans la nature. Elles ne sont qu'un jeu. Mais les batailles pour contrôler ces frontières que vous avez dessinées sur les cartes ont causé la mort de millions de personnes. Des être réels sont sacrifiés pour des lignes de démarcation irréelles et ensuite vous en faites des héros, des héros nationaux !

L’idée de collectivité doit être complètement abandonnée sinon nous continuerons d’une manière ou d’une autre à sacrifier l’individu.
Nous avons même sacrifié l’individu au nom de la religion, dans des guerres de religion. Un musulman qui meurt dans une guerre de religion pense qu'il gagne à coup sûr le paradis. Les autorités religieuses lui ont dit: « si tu meurs pour l’Islam alors tu vas forcément au paradis et là tu y trouveras tous les plaisirs dont tu as toujours rêvé. Et la personne que tu as tuée ira elle aussi au paradis car elle a été tuée par un musulman. C’est un privilège pour cette personne, donc ne te sens pas coupable d’avoir tué cet homme. » Les chrétiens ont aussi eu leurs guerres de religion, les croisades, pendant lesquelles ils ont tué des milliers de gens, brûlé des êtres humains. Dans quel but ? Pour une certaine collectivité. Peu importe le nom de cette collectivité: le christianisme, le bouddhisme, l’hindouisme, le communisme ou encore le fascisme, tout fait l'affaire. De quelque manière que l'on nomme cette collectivité, c'est toujours l’individu qui sera sacrifié en son nom.

Il n’existe en réalité aucune raison pour que la collectivité existe : les individus suffisent par eux-mêmes. Et si les individus sont libres, s'ils sont psychologiquement et spirituellement libres, alors naturellement la collectivité aussi sera libre spirituellement.

La collectivité est formée d'individus et non l’inverse. Il a été dit que les individus ne sont qu’une partie de la collectivité. Ce n’est pas vrai. L’individu n’est pas seulement une partie de la collectivité. La collectivité est seulement un mot symbolique pour le rassemblement d'individus. Ils ne font en réalité partie de rien. Ils restent fondamentalement indépendants. Ils restent organiquement indépendants, ils ne deviennent pas une partie de la collectivité.

Si nous voulons un monde de liberté, il nous faut alors comprendre que les massacres sont la plupart du temps perpétrés au nom de la collectivité et qu’il est temps d’arrêter cette folie.
Il faut arrêter de mettre toutes ces collectivités sur un piédestal. L’individu devrait être la première valeur.

Etre libre de quelque chose n’est pas la vraie liberté. La liberté de faire tout ce que vous souhaitez faire n’est pas non plus la liberté dont je vous parle. Ma vision de la liberté c'est d’être vous-même.
Il n'est pas question de se libérer de quelque chose. Cette liberté n’est pas la liberté car elle vous est encore donnée de l’extérieur. Elle a une cause. La chose dont vous vous sentiez dépendant est encore là en vous. Vous lui êtes encore redevable car, sans elle, vous ne seriez pas devenu libre.

Ensuite, la liberté de faire tout ce que vous voulez faire n’est pas non plus la liberté car vouloir, désirer « faire » quelque chose provient du mental et le mental c'est votre prison.
La vraie liberté provient d'une conscience neutre, sans désirs (choiceless awareness). Elle n’est alors nullement dépendante des choses extérieures ni de ce que vous faites. Cette liberté est la liberté d’être vous-mêmes. Et vous êtes déjà vous-même, vous êtes né avec cela. Cela ne dépend donc de rien d'autre. Personne ne peut vous donner cette liberté et personne ne peut vous la retirer. Une épée peut couper votre tête mais pas votre liberté, votre être.

C’est une autre manière de dire que dans cette vraie liberté, vous êtes centré, enraciné dans le soi. La vraie liberté ne dépend jamais de l’extérieur.
La liberté par rapport à des choses dépend de l’extérieur. La liberté de faire quelque chose est aussi dépendante de l’extérieur. La liberté d’être totalement pur ne doit pas être dépendante de quoi que ce soit d’extérieur.
Vous êtes né libre. Vous avez été simplement conditionné pour l’oublier. Des couches et des couches de conditionnements ont fait de vous une marionnette. Les ficelles sont dans les mains de quelqu’un d’autre. Si vous êtes un chrétien, vous êtes une marionnette. Vos ficelles sont dans les mains d’un Dieu qui n’existe pas et alors pour vous donner le sentiment que Dieu existe, il y a des prophètes, des messies qui représentent Dieu.
Ils ne représentent personne, ils ne sont que des gens égoïstes. Et même l’ego veut faire de vous une simple marionnette. Ils vous disent ce qu’il faut faire, ils vous donnent Dix Commandements. Ils vous donnent votre personnalité, celle qui fait de vous un chrétien, un juif, un hindou ou un musulman. Ils vous donnent votre soit disant savoir. Et bien sûr ensuite, votre être se trouve caché, réprimé sous le poids des conditionnements qui vont été imposés depuis votre enfance.

Si vous pouvez vous débarrasser de ces conditionnements, si vous pouvez comprendre que vous n’êtes ni un communiste, ni un fasciste, ni un chrétien, ni un musulman…
Vous n’êtes pas né chrétien ou musulman. Vous êtes né comme une conscience pure et innocente. Etre de nouveau dans cette pureté, dans cette innocence, dans cette conscience est ce que j’entends par liberté.

La liberté est la plus forte expérience de la vie. Il n’a rien qui soit plus élevé que la liberté. Et cette liberté va faire éclore en vous de nombreuses fleurs.
L’amour est une fleur de votre liberté. La compassion en est une autre.

Donc, n’associez jamais la liberté à l’indépendance. L’indépendance existe forcément par rapport à quelque chose ou à quelqu’un. Ne reliez pas non plus la liberté avec le fait de pouvoir faire ce que vous voulez faire, car tout ça c’est le mental, ce n’est pas vous. En voulant ou en désirant faire quelque chose, vous devenez automatiquement esclave de vos propres attentes et désirs. Avec la liberté dont je parle, vous êtes simplement – dans un profond silence, dans la sérénité, la beauté et le bonheur.

Osho


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