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Mai 2003
Accord toltèque N°1
"Que ta parole soit impeccable"
"
Que ta parole soit impeccable " énonce le 1er
accord toltèque. Vaste programme ! Etymologiquement,
impeccable signifie " qui ne pèche pas ".
Pour don Miguel Ruiz, on pèche lorsqu'on commet
quelque chose contre soi-même. Une parole impeccable
est donc une parole qui ne nous nuit pas. Ce qui signifie
non seulement s'abstenir de se juger, de se critiquer, de
répéter à son encontre les propos désobligeants
d'autrui, de nettoyer son langage des termes et expressions
négatifs (ex : " Ça me tue ", "
J'en ai plein le dos ", ou même " C'est trop
bien " [pourquoi trop ?], etc.), mais d'éviter
aussi tout usage de la parole qui nuise à autrui :
médisance, jugement, critique, calomnie, etc. Pourquoi
? Parce que tôt ou tard ces paroles - même dites
en toute discrétion - atteignent leur cible puis nous
reviennent, comme l'écrivait brillamment V. Hugo dans
son célèbre poème " Le mot ".
La parole est une énergie : elle ne
reste jamais sans effet. Le monde, comme l'énonce
le prologue de l'évangile de St Jean, a été
créé par le Verbe. Et l'homme aussi est créateur
par sa parole, en bien comme en mal (ex : déclaration
d'amour ou de guerre). C'est donc un choix qu'il appartient
à chacun de faire un jour, de décider d'utiliser
sa parole seulement pour le bien. Cela demande toutefois un
effort soutenu, comme celui requis pour maîtriser le
maniement d'une épée ou d'un sabre. " C'est
l'accord le plus important et le plus difficile à honorer
" affirme don Miguel, pour qui ce seul accord conclu
avec soi-même permet de transcender sa vie actuelle
et de connaître le paradis sur terre.
Incidemment, le grand guérisseur du début
du 20e, Maître Philippe de Lyon, demandait pour seul
paiement de ses guérisons miraculeuses que leurs bénéficiaires
ne disent pas de mal d'autrui durant une heure, un jour, une
semaine, selon les cas : c'est dire l'importance qu'il attachait
à ne pas médire. La médisance, en effet,
est un poison émotionnel et relationnel : elle salit,
elle pollue, elle détruit. Tout comme nos ordinateurs
sont désormais équipés de logiciels anti-virus,
nous gagnerions à nous équiper intérieurement
d'un " détecteur de médisance ", pour
ne plus en être les complices et les propagateurs même
inconscients, car les dégâts de cette parole
mauvaise, dans le corps social, sont comparables à
ceux des virus informatiques dans les réseaux. Jésus
affirmait que ce n'est pas ce qui entre dans la bouche d'un
homme qui le souille mais ce qui en sort. Refuser de propager
des rumeurs ou de médire, c'est faire de l'écologie
de la parole : ne pas polluer autrui ni soi-même avec
les mots, mais au contraire contribuer par sa parole à
créer un monde meilleur.
Conseil de Miguel Ruiz à ceux qui veulent
conclure cet accord : il faut être patient avec soi-même.
On n'acquiert pas une parole impeccable du jour au lendemain,
d'autant que tout nous pousse dans l'autre sens. Rien ne sert
donc de se juger si l'on rompt cet accord par mégarde
: comme l'enfant qui apprend à marcher et tombe, il
suffit de se relever et de recommencer. Avec l'expérience,
on perçoit vite les améliorations qu'induisent
dans notre vie une parole saine : on se sent tellement mieux
vis-à-vis de soi-même et nos relations à
autrui gagnent en clarté et en force. La motivation
à maintenir cet accord, coûte que coûte,
s'en trouve ainsi de plus en plus accrue.
Olivier Clerc
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