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La promenade

Kaveen

Correspondance à propos de la méditation par Kaveen

Kaveen a suivi la voie de la méditation depuis plus de 25 ans. Kaveen a écrit des lettres magnifiques qui résument « sa promenade », ses questionnements, ses expériences, ses réalisations tout au long de sa vie. Nous allons publier tout au long de l’année 2007 ses lettres car elles peuvent aider toutes les personnes intéressées par la méditation. Kaveen partage la joie indicible qu’il y a à vivre sa vie au présent, à découvrir que l’âme n’est pas une chose, mais l’expérience de cette joie.

4ème partie :

Le mental étant en charge de ta survie, il est attentif à tout ce qu’il peut utiliser pour assurer cette survie, physique et psychologique, individuelle et collective. Il n’est pas dans sa nature d’envisager la mort. Il n’en reste pas moins que chacun d’entre nous se sait mortel. La mort est donc en permanence quelque chose qui fait peur, parce que la peur est la sonnette d’alarme que le mental tire quand il y a danger. La mort est par définition le plus grand danger possible, et le mental traduit cela par une sorte de panique qui nous atteint même à l’occasion de la mort d’un autre.

Cela peut te paraître trop facile à dire, mais ce serait en somme le premier pas à faire à ce sujet. Profitant de la distance que tu commences à expérimenter entre ton mental et toi, reconnais que la part de toi qui a peur de la mort n’est que ton mental, et c’est là sans doute quelque chose de parfaitement normal. Mais hors du mental, la mort n’est pas vécue sur le mode de la peur ou de l’angoisse, mais simplement comme terminaison d’une forme de vie. Cette forme te définit comme individu vivant, que la vie quittera un jour, parce que c’est sa façon à elle de se manifester. Dans cet espace au-delà du mental, au-delà du psychologique, nous existons en synchronicité, en harmonie complète avec la vie, avec son mystère, et le mouvement qui va de la naissance à la mort est, là, absolument beau, naturel, esthétique, vrai.

La mort, pour la transconscience, c’est en somme le dernier feu d’artifice, tiré par la vie, le dernier cadeau, l’ultime bénédiction qu’il y a à disparaître dans l’expérience même de l’âme. La mort n’est pas la fin de la vie, c’est seulement la fin de la forme particulière, détachée, isolée que tu représentes de ton vivant, et la dissolution dans le réservoir universel de la vie.

Il te faut reconnaître que, excepté les interrogations que, pour mieux survivre, l’être humain se forge en son esprit, il n’y a dans cette dissolution rien qui doive inspirer autre chose que la même gratitude libérée que tu commences à découvrir pour la vie, parce que mourir c’est après tout passer de ta vie à la vie. Il n’y a que ce qui s’accroche en toi à cette particularité que tu crois être, à cet ego qui se bat en vain pour être impérissable, à cette idée que tu as de ton moi, qui craint la mort. Il n’y a que ce qui s’identifie à ce système de pensées en toi qui a peur de la fin de son support: le corps. Mais pour l’espace de ton âme, dans ce cercle où la pensée fait place à l’expérience directe de la vie, la mort est un bouquet de fleurs sauvages, et leur parfum la dernière, la plus belle ivresse.

Et puis, bien sûr, le mental revient par la porte de la cuisine et, soucieux de contrôler les événements et les circonstances, cherche à établir ce qu’il y a après la mort. Et d’inventer toutes ces hallucinations, religieuses ou autres, avec le paradis, l’éternité, dieux, etc..., tout cet imaginaire avec lequel le mental se figure qu’il sait, donc qu’il contrôle, et qui lui permet d’apaiser la peur de l’inconnu. Il fait son boulot: être toujours plus efficace dans la survie.
Comme en toute chose, on ne sait vraiment ce qui se passe après la mort qu’en l’expérimentant! Cependant, la pratique de la méditation peut en donner un sentiment, une vision tranquille. Voici brièvement la mienne. Tu en feras ce que tu voudras!
Le mot le plus adéquat qui pourrait suggérer ce qui se passe après la mort est: rien. Certes, ce rien est riche de la vie et de son courant universel. Ce n’est pas le néant angoissé des philosophes. C’est le rien, le vide, où tout ce qui avait un titre à exister séparément, en particulier, disparaît, où se dissout tout ce qui était défini comme propriété ou identité de quelque chose: un corps, un mental, des émotions, des désirs, des souffrances, des joies. Cette dissolution et le retour de ce fragment séparé de vie dans le mystère de la vie globale sont la mort elle-même. Avec elle disparaissent l’âme et la conscience, qui sont non pas des objets, mais des processus, des expériences liés au fait d’être vivant. Quand tu es mort, tu n’as plus rien à observer, tu n’es le témoin de rien. Il ne reste rien de toi qui puisse être témoin ou témoignage. Il ne subsiste rien qui puisse devenir un regard, une conscience, une attention en soi.

A suivre tout au long de l’année 2007...


Extrait de l’ouvrage : Kaveen – La promenade – Correspondance à propos de la méditation – Almasta Editions.
Pour contacter l’auteur : skaveen@hotmail.com

Nous publions des extraits de ce livre par chapitres.
- 1ère partie
- 2ème partie
- 3ème partie


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