meditationfrance

Les archives de Meditationfrance

Pour mieux comprendre le BURN-OUT

Dr. Ali Afdjei, Dr. Alain Delabos et du coach François Michalon

Interview du Dr. Ali Afdjei, Dr. Alain Delabos et François Michalon,​ pionner en conseil et en accompagnement à la réussite, ils sont les co-auteurs de l'ouvrage : "BURN-OUT Le vrai du faux !".

Dr. Ali Afdjei, Dr. Alain Delabos et François Michalon, vous êtes les co-auteurs de l'ouvrage : "BURN-OUT Le vrai du faux !", à partir de quand et de quels signes peut-on parler de "Burn-Out'" ou d'épuisement professionnel ?

AA : De manière pragmatique, je dirai qu’il faut se méfier dès qu’il existe un changement de d’attitude et de comportement. Un manque d’appétit de vivre, d’appétit de rire, de s’amuser, d’appétit de faire autre chose que travailler au début puis avec le temps de sentir un « mal être » qui vous gagne.

AD : l’épuisement professionnel provoque un abandon de poste et une envie permanente d’aller se coucher pour dormir, ou même d’en finir, cause principale des suicides dans les grandes entreprises

FM : les signes peuvent être perte de sommeil, d’enthousiasme, boule au ventre, absence d’estime de soi, comportement irascible, ou encore personne n’a de prise sur vous. On constate également un manque de concentration et de disponibilité «mentale». Et malgré cela vous semblez être performant, jusqu’au moment où rien ne va plus…Par conséquent, soyez vigilants aux manifestations émotionnelles, physiques, cognitives, comportementales ainsi que de vos motivations !

Quelle est la différence entre Burn-Out et dépression ?

AA : On peut en fait distinguer plusieurs étapes selon que l’on soit au début ou en plein dans la tourmente. Au début le Burn-out est plutôt une hyperactivité sans résultat pour celui qui l’exerce, puis un abandon de soi-même pour ne plus pouvoir rien faire. La dépression est comme un abattement qui se poursuit de plus en plus, une décroissance progressive. La surcharge pourrait caractériser un Burn-out, un stress chronique, une « surchauffe de la machine ». Néanmoins des similitudes existent et sont difficiles à appréhender. Le stress, les manques répétitifs non récompensées, la violence et les réactions cognitives négatives peuvent être des signes avant-coureurs de ces deux pathologies. L’étude plus précise des neurotransmetteurs pourront éclairer plus précisément dans le futur ces différences. A mon avis la pression extérieure caractérise plus le Burn-out alors qu’une pression interne est plus présente dans la dépression.

AD : Le burn-out est l’incapacité d’accomplir un nombre de tâches trop multiples et de ne plus pouvoir en effectuer réellement qu’une seule, la préférée ou la plus simple cela répondant d’ailleurs au principe de Peter.

FM : Un burn out arrive principalement de l’extérieur favorisé par une activité intense qui vous consume de l’intérieur alors que la dépression est plus intérieure, voir chronique.

Est-ce que le Burn-Out n'est pas finalement une expression moderne pour simplement décrire le fait que nous sommes allés trop loin au niveau physique, psychologique et même spirituel dans notre travail et dans notre vie en général ?

AA : La révolution industrielle, puis la révolution digitale sont des réalités de l’Histoire. Les pathologies qui accompagnent ces moments ne sont pas suffisamment pris en compte dans nos sociétés alors qu’elles sont évidentes. Nous n’y attachons pas d’importance car ces atteintes sont progressives, sournoises, invisibles au début. Le tabac, les pathologies à l’amiante, les pollutions atmosphériques, les nouveaux allergènes, les additifs et les excipients…pour ne citer que ces quelques exemples n’ont-ils pas variés depuis seulement deux ou trois siècles? Et quand leurs nombres deviennent importants, c’est alors que nous y regardons de plus près. Pourquoi ne pas tenir compte du Burn Out alors ? Plus qu’aller trop loin c’est notre équilibre qui n’est plus respecté et que nous ne respectons plus.

AD : La dépression conduit au suicide, ce qui curieusement en apparence n’est pas le cas dans le burn-out. En fait dans le burn-out, il existe une colère de vouloir tout faire mais ne pas pouvoir.

FM : Certains l’appelle la maladie du siècle alors qu’elle n’est pas reconnue comme telle. A force de toujours vouloir plus, consommer plus, être le meilleur, le plus performant, le plus branché, rapide et connecté, on y perd le bon sens et la paix intérieure. En finalité l’être humain court à sa perdition.

burn-out

Nous parlons de Burn-Out mais le surmenage, le stress, la fatigue sont aussi des symptômes qui déjà peuvent rendre notre vie difficile n'est-ce pas ?

AA : Les pressions extérieures que nous subissons de plus en plus dans nos vies quotidiennes, au travail ou en dehors du travail rendent difficiles l’équilibre de notre vie privée. Cela engendre sans nul doute le stress, la fatigue ou le surmenage selon la réaction et la résilience de chacun.

AD : Le surmenage, le stress, la fatigue sont les symptômes favorisant la survenue d’un burn-out, qui finira par survenir tôt ou tard si ces symptômes s’additionnent et que s’y ajoute le surbooking.

FM : Absolument, et la vie devient de plus en plus difficile, rude alors qu’elle est simple, fluide, joyeuse et harmonieuse. L’être humain a le chic de se déconnecter de ces principes élémentaires lui préférant peur, doute, culpabilité et pression. En fonction des caractères et de l’état d’esprit de chacun, certains gèrent mieux que d’autres !

Qu'est-ce que vous conseillez à une personne qui est en Burn-Out ? Car souvent des petits changements ne suffisent plus quand la personne est déjà dans le Burn-Out ou est-ce que je me trompe ?

AA : effectivement il faut plutôt conseiller une rupture et un vrai changement. Que cela soit au travail ou durant les loisirs il faut aussi un accompagnement des proches avec la sensation d’être soutenu, écouté. Un accompagnement professionnel n’est pas inutile et il ne faut pas en avoir peur ou se sentir coupable.

AD : En effet Il ne suffira pas de conseils dans un burn-out, il faudra absolument une prise en main du problème par un ou plusieurs professionnels, entourant et guidant la personne sujette à cette explosion intellectuel.

FM : L’idéal est de se prémunir bien avant, d’être éveillé et bien entouré. Mais une fois pris dans la nasse, le risque d’y rester est réel. L’arrêt de travail sera salutaire avec un bon accompagnement de professionnels d’expérience et surtout d’un environnement familial propice à se poser pour rebondir. Faire des activités variées et différentes, sortir, reprendre gout aux plaisirs de l’existence à son rythme.

Comment être de nouveau à l'écoute de son corps et aussi de son cœur ? Car n'est-ce pas là un des problèmes majeurs : être à l'écoute de soi.

AA : vivre n’est pas subir. Et c’est en cela que le jeu, les sourires et les joies deviennent aussi important que le travail. C’est pour moi une échappatoire indispensable. L’imagination peut aider en cela et je l’utilise et je le conseille.

AD : Il ne s’agit pas tant d’être à l’écoute de son cœur et de son corps, mais de retrouver la sérénité de son esprit grâce à la réorganisation de son activité intellectuelle, le tri des priorités sent l’abandon mais le classement chronologique de chacune. En sortant de mon burn-out je me suis rendu compte que je n’avais supprimé strictement aucune de mes activités, Mais que j’avais appris à les gérer dans le calme, en partant du principe tout simple que « Demain sera un autre jour »

FM : Aller à l’essentiel, redécouvrir des petites joies, des attentions, sa famille, ses amis. Parler avec son entourage. Enfin pour rependre votre terme, chacun de nous a tendance à vouloir aller trop loin, et le trop est en trop ! Vous êtes la personne la plus importante et charité bien ordonnée commence par soi-même…

Docteur Ali Afdjei, vous êtes médecin urgentiste en région parisienne (et aussi médecin du sport et même médecin lié aux catastrophes naturelles), est-ce que vous rencontrez beaucoup de patients qui sont selon vous dans une situation de Burn out ?

AA : C’est effectivement quelque chose qui m’étonne moi-même depuis ces dernières années. La fréquentation de personnes qui consulte aux urgences de manière répétitives avec des symptômes qui reviennent ou qui inquiètent alors que beaucoup d’examens ont été pratiqués. Cela peut cacher des signes de stress et de fatigues et que la personne perçoit comme une maladie qu’elle ne peut nommer. C’est alors pour l’urgentiste qui n’en a pas toujours le temps un vrai défi également. Burn Out ou pas, il ne faut pas passer à côté…

J'ai lu dans la presse que le ministère de la Santé semble avoir délaissé cette question de santé publique. Et je crois que le burn-out n'est pas reconnu à ce jour comme maladie professionnelle. Est-ce exact? C'est pourtant répandu et un vrai problème de santé publique n'est-ce pas ?

AA : les choses évoluent et les nouvelles maladies sont toujours difficiles à appréhender ou à expliquer. Que cela soit entre professionnels ou parmi le public. Les symptômes étant difficiles à cerner, la maladie l’est également. Les confusions existent et un phénomène de mode peut aussi s’y mêler. Il faut rester serein et écouter les personnes car quoiqu’il en soit, la personne qui émet ces signaux peut être en détresse et se tromper en excès n’est pas une erreur.
Il y a aussi, ne nous le cachons pas, des enjeux économiques importants et des habitudes à changer en entreprises. Ce livre est aussi là pour expliquer, informer, aider à comprendre et réagir.

François Michalon votre domaine c'est le coaching et le conseil pour les sportifs et dirigeants, quel est le conseil que vous donnez le plus pour éviter d'arriver au Burn-Out ? Est-ce que ce ne serait pas d'arrêter d'être un perfectionniste ? Pas évident j'imagine, car beaucoup de personnes veulent réussir ?

FM : en règle générale, les spécialistes, les perfectionnistes, et les sérieux qui veulent trop bien exécuter, faire les choses à fonds, très exigeants avec eux-mêmes, et voulant prouver sont en danger ! Leur univers devenu trop dur et exigus les empêche d’avoir de l’espace, de la distance avec les évènements. Qu’ils soient sportifs ou dirigeants, ils ne laissent plus rentrer la lumière, le jeu et la joie en eux, donc forcément, un jour la machine casse !
Par contre, il existe aussi des cas où l’effet épuisement et / ou burn-out peut être salvateur pour certains, voir même une chance de repartir sur de nouvelles bases. Question d’état d’esprit !
Apprenez à vous décharger afin d’être plus léger.

François Michalon, avez-vous une idée de ce que font les grandes entreprises aujourd'hui lorsque elles identifient une personne en Burn-out dans leur personnel ?

FM : En réalité cette situation fait peur et beaucoup d’entreprises ne se sont pas encore préoccupées de cette « épidémie ». Il y a souvent incompréhension ou un déni face à la pression et au stress, j’en veux pour preuve ce récent sondage Ifop-Cadremploi paru le 16 février. Huit cadres sur dix affirment ressentir une pression liée à leur "charge de travail", "plutôt importante" (54%), voire "importante" (26%). 73% d'entre eux rapportent également travailler sous la pression d'"objectifs à atteindre (de productivité et/ ou commerciaux)", tandis que peu plus de la moitié (55%) subissent le poids d'un contrôle individuel de leur travail (fréquence du reporting...). La personne en situation d’épuisement ira voir son médecin, mais quelquefois tardivement. Il devient urgent de mieux comprendre ce phénomène pour mieux prévenir et agir, tant sur un plan collectif qu’individuel.

Beaucoup d'entreprises de la silicon valley ont introduit la méditation, le yoga, la sieste, le sport, la détente au travail, est-ce que cela aide vraiment ? Et est-ce qu'en France cela se développe aussi ?

FM : Oui ces aides extérieures se développent et sont surtout mises en place pour donner bonne conscience à la société et aux dirigeants ; ainsi les salaries ne peuvent pas dire qu’ils sont délaissés. Quel est le réel impact ? Tangible bien souvent, même si l’intention est bonne, mais l’être humain se lasse et banalise ce qui pourrait lui faire du bien. Cela pourrait correspondre à un pansement qui va soigner la conséquence et non pas la cause. Qu’attendons-nous pour prendre en compte le capital humain, de le considérer, de l’écouter et de le valoriser réellement ? C’est une richesse !

Bien sûr chacun doit prendre responsabilité pour sa propre vie mais est-ce que vous ne pensez pas que le Burn Out est aussi lié au fait que ceux qui travaillent de plus en plus et que ceux qui ne travaillent pas sont de plus en plus nombreux ?

FM : Les statistiques sont formelles, salariés, cadres, dirigeants, personnels médicaux, policiers, étudiants, entrepreneur, artisans, tous sont impactés, y compris les mères au foyer ! Travailler plus pour plus de burn out ? Et inversement ? Le fossé se creuse, danger….

Dr. Alain Delabos, vous êtes nutritionniste, vous avez travaillé aussi sur le vieillissement cérébral et vous avez crée la chrono-nutrition® une méthode pour perdre du poids par un rééquilibrage alimentaire en fonction des rythmes biologiques de notre organisme. Est-ce que l'alimentation joue un rôle dans le Burn-Out ?

AD L’alimentation joue un rôle sinon primordial du moins indispensable dans la gestion un burn-out. Celui-ci est en fait aggravé et parfois même causé par un manque d’apport en sérotonine dans le cerveau, ou une trop forte utilisation de celui-ci.
Ceci finissant par provoquer un clash dans les neuro transmissions cérébrales, le cerveau s’ affolant et menaçant d’exploser comme un moteur privé de son circuit de refroidissement.

Dr. Alain Delabos, il me semble que certains aliments peuvent être bénéfiques pour certaines personnes et pas pour d’autres mais est-ce que vous préconisez un type d’alimentation qui permette d'être plus équilibré et plus en forme ?

AD : Quelque soit la personne arrivant au stade du burn-out le programme nutritionnel, qui tiendra compte bien entendu des particularités métaboliques de chacun, aura toujours un point commun essentiel : un apport le plus important possible en tryptophane, précurseur de la sérotonine.
Il conviendrait donc d’augmenter la part habituelle de fromage le matin, de viande le midi et de poissons le soir. Et d’y ajouter des barres de protéines riches en tryptophane dans le rythme des prises dépendra de l’intensité et de la fréquence des signes d’alerte ressenti par le sujet.

Que pensez-vous du complément alimentaire Anbosyn contre le burn-out qui s'arrache parait-il en pharmacies depuis sa commercialisation en 2015 ?

AD : L’anbosyn est un mélange de protéines lactées et de vitamines ayant la réputation, d’améliorer et même de booster le fonctionnement du cerveau. Le problème est que ce genre d’association vitaminique risque de ne pas avoir un effet apaisant certaines des vitamines ayant un notable pouvoir excitant.
Mieux vaut se contenter de barres ou de sachets de protéines de lait très riches en tryptophane, dont l’effet apaisant en même temps que tonifiant est remarquable pour soulager notamment toutes les souffrances du cerveau.
Ce que j’ai pu constater en traitant dans une clinique public-privée des patients atteint de psychopathies graves.
Conclusion : pourquoi faire compliquer quand on peut faire simple ?
Aussi vous préférez : Pourquoi ajouter des chromes inutiles à la carrosserie de la voiture ?

Méditer serait un excellent moyen de prévenir le Burn-Out selon des études américaines réalisées avec le soutien des médecins. L’épuisement émotionnel notamment diminuerait assez fortement avec les séances de méditation, est-ce que cela vous surprend ?

AA : Je suis pragmatique et je pense que cela peut aider dans certains cas. Néanmoins cela ne résout malheureusement pas tous les Burn Out. Et n’oublions pas surtout de chercher les causes d’un épuisement professionnel.

AD : Quand à prendre de temps de méditer pour prévenir le burn-out…
Étant donné que dans le burn out c’est surtout le temps qui manque, voilà un vœux pieux en ce qui le concerne.
Celui-ci n’étant pas un épuisement émotionnel, mais à l’inverse l’explosion parfois violente des activités cérébrales.
Et j’ai préféré à la méditation, quand j’ai subi un burn-out, sortir de moi-même pour m’alléger grâce à l’aide de mon ami François Michalon.

FM : Je constate que beaucoup de thérapeutes se sont engouffrés dans cette brèche, mais est-elle vraiment adaptée aux occidentaux ? Certaines personnes en souffrance y trouveraient un bienfait, parfait ! Avant nous avions eu la relaxation, la PNL, le qi gong, l’hypnose, la musicologie, le rire, etc, maintenant la méditation. En effet, plusieurs chemins mènent à la prévention, à l’évitement, le tout est de trouver le sien pour retrouver une paix intérieure, c’est bien là l’objectif !

Pour commander le livre Burn-out, le vrai du faux !, cliquez ici

livre burn-out

https://www.facebook.com/livreburnout/

Site web de François Michalon, pionner en conseil et en accompagnement à la réussite : motivationpremiere.com


Suivez Meditationfrance.com sur facebook

facebook

Suivez meditationfrance sur twitter

twitter