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Interview de Damien Dubois,

Damien Dubois

compositeur de musique de relaxation, pianiste romantique.

Meditationfrance : Allez, soyons direct : Notre rédaction, habituée à vos albums, s’étonne de n’avoir pas vu de nouvelle production de votre part l’année dernière. Après 6 albums de musique de bien-être, de nombreux concerts en France et à l’étranger, des compositions pour l’audiovisuel, la radio, la publicité, il semblerait que vous marquiez un temps d’arrêt.

Damien Dubois : Je dois dire que l’année dernière, j’ai été plus présent sur les scènes qu’en studio, c’est un fait avéré. L’année 2014 s’est achevée sur le concert de clôture du festival Planète-zen à BRUXELLES, et par un beau concert son et images au Théatro Régio à TURIN. Ces évènements nécessitent un montage tout aussi long que rigoureux, d’autant que leur conception était nouvelle pour moi, et faisait appel tant à la musique qu’à l’image. Il m’a fallu du temps de préparation. Lorsque je suis sur un album, j’y consacre 100% de mon temps et évolue quasiment en autarcie en studio toute la journée, en coupure avec le monde, pour que la production soit de qualité et à la hauteur de l’attente. Dans le cas présent, il aurait été difficile de concilier les deux.

Bon, je ne nie pas également quelques bouleversements de la vie, qui ont rendus momentanément difficilement lisible la source d’inspiration. De fait, le temps et les circonstances m’ont semblés plus propice à la rencontre avec le public qu’à l’isolement nécessaire que requiert la création d’un album. Mais tout ceci n’a pas été du temps perdu, et de belles rencontres sont nées de tous mes déplacements. Avec de beaux projets en perspectives. Du coup, l’année 2015 verra la parution d’un bel album, et peut-être même un autre en fin d’année. Je sais qu’ils sont attendus. En contrepartie, je serais probablement moins présent sur le terrain. Les années se suivent mais ne se ressemblent pas.

Damien Dubois

Quand même, et sans réaliser d’album pour vous-même, vous signez quelques autres productions en 2014

Oui, en dépit de tout ceci, en 2014, j’ai quand même composé la musique des albums « Le chant sacré du cœur » de Jocelyne SEVE, de l’album « conseil d’étoile » de Loriane PELOSO, de l’album « Ballade Intérieure » de Sabine COINTE, et de l’album « Sophrologie et relaxation, initiez vous », de Anne Marie MOREIRA. Quatre belles productions pour lesquelles je souhaite un grand succès. Mais aucun album pour moi-même, c’est avéré.

Et du coup, une orientation pour votre prochain album ?

Mon style est définitivement ancré dans le paysage musical relaxant et reposant. J’adorerais produite un album piano solo, mais je crains de dérouter un peu le public, habitué à mes compositions très orchestrées. Je resterais donc dans le registre de l’harmonie des sons et des instruments, le mélange subtil des saveurs, un peu comme dans une préparation culinaire exotique. Mais en réalisant quelque chose de différent. Il reste tant de choses à explorer dans cet univers musical, que la seule limite est l’imagination. J’ai vraiment envie de quelque chose de nouveau. Un peu comme une renaissance. J’ajoute que mes nombreux déplacements l’année dernière et mes échanges avec le public m’ont permis d’identifier clairement ses attentes. Et même si les goûts peuvent être différents, il est des constantes unanimes et universelles dans ce style musical, qui méritent d’être davantage explorées. En concert, ou même invité sur des évènements bien-être, on identifie rapidement les instants qui suscitent l’émotion, ou un élan particulier du public. En ce sens, tous ces déplacements l’année dernière ont été précieux.

Damien Dubois

Par ailleurs, il n’est un secret pour personne qu’une œuvre, qu’elle soit musicale ou dans un autre registre artistique, est le reflet du moment de son créateur. Et la musique dans son ensemble n’est pas une création sans but qui s’écoule dans le vide. De fait, c’est aussi une puissance dont l’aboutissement peut être le développement de son créateur. Je n’ai pas la prétention de rendre meilleur le monde dans lequel nous vivons, mais ce que je sais, c’est que la création artistique est aussi une manière d’exorciser des images douloureuses ou des instants difficiles. En ce sens, mon prochain album s’inscrira résolument dans l’empreinte émotionnelle. Et il marquera probablement une évolution de l’audace musicale, autant qu’il est possible d’évoluer sans sortir du registre. En ce sens, mon prochain album, dont le titre est « Evasion », s’inscrit résolument dans l’empreinte émotionnelle. Et il marque incontestablement une évolution de l’audace musicale, autant qu’il est possible d’évoluer sans sortir du registre. Sortie fin juin 2015.

Justement, dans le registre de la musique de bien-être, il existe tellement d’albums que l’on aurait tendance à penser que tout a été fait.

On pourrait le penser. J’oppose toutefois à ceci que chaque compositeur a sa touche particulière, son trait particulier. Certains ont vraiment du succès, d’autres non. Ca n’est probablement pas un hasard. J’ajoute que ce style musical si particulier est tellement vaste, qu’il donne lieu à d’innombrables styles et que les tendances vont vers la diversité. En quelque sorte, une myriade de sous-genres du grand parapluie new age. Il reste beaucoup à explorer. Lorsque l’on compose, l’idéal est de ne rien s’imposer et de ne donner aucune limite à l’imagination. L’inspiration peut-être visuelle, ou émotionnelle, sans que l’on puisse bien distinguer ce qui prédomine. Mais à chaque fois, elle est le reflet de l’histoire de son créateur. Et il y a tant et tant d’histoires, et tant et tant de créateurs, que la source est intarissable. C’est réellement un registre inépuisable, ou chacun tiens sa place. Ce genre musical recèle bien des secrets, et n’est pas figé…Tenez, prenez l’exemple de Michel PEPE. Il a un style bien particulier et bien établi, qui plait beaucoup. Il a écrit plus d’une vingtaine d’albums. Et sincèrement, avez-vous le sentiment, en écoutant son dernier album « Natura Mystica » de quelque chose de « déjà entendu » ?
Moi pas.

A chaque album, c’est nouveau, surprenant, et on prend plaisir à toujours découvrir de l’originalité. Et pourtant, son style en 15 ans a certes évolué, mais il n’a jamais changé. Et on ne s’en lasse pas. C’est dire la puissance en terme de création de ce genre musical, et les possibilités infinies qu’il recèle. Tout n’a donc pas été fait, non. Je vous invite à écouter mon prochain album, à sa sortie, pour en être convaincu….

Vous êtes présent sur de belles scènes françaises, et même internationales, notamment en Belgique, en Suisse, en Italie, au Luxembourg. Pensez vous que le public, selon son origine, ait une perception et une approche différentes de ce vecteur musical si riche ?

La musique, comme le langage, sont des traits humains universels. A ceci prêt qu’en musique, il n’y a pas de barrière, pas de langue, pas d’incompréhension. Lorsque vous composez, le mur du son est votre pays, vos oreilles sont votre continent, mais le monde est votre horizon. Ainsi, mes albums ne sont pas calibrés pour tel ou tel public, mais s’adressent plus à l’âme qu’à la personne, en ce sens qu’elle est totalement abstraite et puissamment chargée d’émotion. Elle va droit au cœur, quel que soit son origine, surtout dans ce vecteur musical qu’est la relaxation. Prenez un bain de musique de bien-être deux ou trois fois par semaine, et vous verrez que la musique est à l’âme ce que l’eau du bain est au corps. La vie sans musique, c’est tout simplement l’âme qui s’exile de son corps. Même si le silence est parfois de rigueur, imagineriez vous toute une vie dans le silence ? Même les moines, adeptes du silence, se ressourcent au travers de leurs magnifiques chants grégoriens. En revanche, et pour répondre précisément à votre question, certains publics sont plus réceptifs que d’autres, voire plus chaleureux. C’est le cas de nos amis Suisse, que j’ai eu le bonheur de rencontrer à Zurich. Un véritable échange s’est installé avant, pendant et après le concert, un peu comme une communion. J’avais déjà remarqué cela à Genève. Je n’ai aucune idée de ce qui provoque ceci, mais je le prends comme un grand bonheur. Ce public est bien plus qu’un auditoire, il est participant. Aller en Suisse est toujours un moment savoureux.

Un peu d’intimité. Vous avez quitté l’année dernière votre havre de paix à la montagne, précisément cet endroit qui avait donné naissance à tous vos albums. Votre nouvelle région sera-t-elle aussi génératrice d’inspiration ?

Avec un peu de recul maintenant, je peux affirmer que ce changement fût beaucoup plus traumatisant que ce que je ne l’avais imaginé, dans la gestion de « l’après ». C’est ainsi. C’est aussi une des raisons pour laquelle aucun album n’a vu le jour l’année dernière. Mais de la même manière, je sais apprécier les charmes de mon nouvel environnement méditerranéen, désormais ensoleillé et bercé par les cigales. La mer, les vagues, l’odeur iodée, sont aussi de belles sources d’inspiration. J’ai choisi LE CAILAR, ce petit village médiéval en bordure de camargue, pour son calme, son histoire, sa culture, et aussi parce que j’y avais des attaches familiales. Cet endroit est tout aussi propice à l’émergence de belles créations, parce que la musique met l’âme en harmonie avec l’environnement. Et ici, il est aussi très beau et paisible. Mon prochain album sera imprégné de la clarté lumineuse du ciel toujours bleu. C’est certain.

Interview réalisée par Emmanuel Moulin.


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