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Le voyage sur place

Le voyage sur place

par Isabelle Clerc
(Extrait de Revue santé Yoga)

Pas toujours besoin de partir aux confins de l’univers pour voyager. Pour Indira Melloul, partir c’est partir de l’ego. Un voyage que cette danseuse et psychothérapeute, expérimentée dans ces deux domaines qu’elle réunit avec art, partage avec de nombreux élèves.

A 25 ans, Indira rencontre le soufisme en lisant Rûmi. Puis elle travaille avec des maîtres. Depuis un quart de siècle elle pratique la danse derviche tourneur qu’elle transmet à Paris : « J’aime tout ce qui fédère, rassemble, dit-elle. En collectif, l’énergie se démultiplie ».

Indira Melloul
Indira Melloul

Elle conduit ses élèves pas à pas en commençant par un travail sur l’ancrage. Lorsque le niveau énergétique est monté, il devient possible de passer à l’émotionnel, ce que l’on ressent, ce ressenti que nous n’avons pas appris à écouter, raison pour laquelle nous nous conformons et nous blindons.
C’est seulement après cette étape que l’on peut se connecter : « On tourne du côté gauche, côté du cœur, de l’intériorité. Quand on tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, on déconstruit l’aspect bancal qui est en nous en y faisant face et progressivement on revient à son essence. On apprend à creuser un axe, à partir d’un centre qui est le pied gauche. On reçoit le souffle de l’esprit par la main droite, on redonne avec la main gauche. Dans ces moments de tournoiement, il arrive que l’on touche l’extase mais ce n’est pas le but en soi, précise Indira. »

danses sacrées

Une mystique centrée sur l’amour et la tolérance

Il est possible de tourner sur n’importe quelle musique qui nous touche. La valse aurait été inspirée par le tournoiement des derviches. Ainsi « Derviche Caravane », la troupe d’Indira Melloul a tourné dans la cour d’honneur des Invalides au son du Boléro de Ravel lors de la soirée « Claude Lelouch en musique ».
Mais revenons à l’origine, cette danse derviche qui est de nouveau pratiquée dans de nombreux pays, particulièrement en Turquie. C’est là qu’elle a pris ses racines dans l’ordre Mevlevi, inspirée par Mevlana Celaleddin Rûmi dont la mystique était centrée sur l’amour et la tolérance sans distinction de religion, de sexe, et de culture :

danse derviche

« Viens, viens, viens, qui que tu sois, viens ! Viens aussi que tu sois infidèle, idolâtre ou païen. Notre couvent n’est pas un lieu de désespoir. Même si cent fois tu es revenu sur ton serment, viens ! »

La puissance de ces mots de Rûmi résonnera-t-elle dans le vide spirituel occidental, ce vide qui l’expose dangereusement comme nous l’avons vu récemment à Paris ?

Isabelle Clerc


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