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Interview sur le Slow Sex

Anne et Jean-François Descombes

avec Anne et Jean-François Descombes


Vous proposez un séminaire pour couples "Faire l'amour en conscience" sur 7 jours, plusieurs fois par an. A qui est-ce que cela s'adresse ? 

A - Aux personnes qui sont en couple, qu’elles soient ensemble depuis plusieurs années ou qu’elles viennent de se rencontrer.

JF - Aux couples qui ont envie d’approfondir leur relation intime, de consacrer du temps à la sexualité, d’explorer, de découvrir du nouveau…

A - Souvent les personnes qui participent au séminaire pratiquent déjà la méditation, le yoga ou une discipline corporelle… comme il s’agit de développer plus de présence à soi-même, à son corps… elles s’y retrouvent. Mais nous avons aussi rencontré des personnes qui n’ont jamais fait de développement personnel ou de méditation, qui viennent pour prendre soin de leur couple et ils vont de découverte en découverte avec beaucoup de fraîcheur. Ils font un chemin magnifique tout comme les couples qui sont déjà engagés dans une démarche de développement personnel.

JF - Je dirais que ce séminaire s’adresse à tous les couples qui ont envie d’approfondir leur relation.

« Faire l’amour » ramène au désir, à la passion amoureuse, à l’animal…comment est-ce que cela peut-être fait en conscience ? 

A - Oui faire l’amour met en jeu et en mouvement beaucoup d’énergies… le faire en conscience peut sembler à priori ne pas être évident. Comment amener de la conscience, comment être plus présent pendant l’acte sexuel ? C’est un chemin, ce n’est pas que du jour au lendemain on va faire l’amour en conscience, mais il est possible dès aujourd’hui d’amener plus de présence dans l’instant quand je fais l’amour. Et dès que je suis plus présente, des prises de conscience se font… et c’est le début d’un processus de transformation. Ce « comment » c’est tout l’objet du séminaire. Et ces 7 jours sont précieux car les couples ont le temps et le soutien nécessaire pour commencer ce chemin, pour installer quelque chose qui fleurira avec le temps.

JF - C’est vrai que dans notre sexualité il y a l’animal, la nature, le corps, la passion… mais aussi notre sexualité est imprégnée de beaucoup de conditionnements. Au départ, je n’avais pas conscience d’avoir des conditionnements sexuels, ça me paraissait tellement naturel… mais avec le temps et la présence à moi-même, j’ai pu faire la différence peu à peu entre ce qui était de l’ordre du conditionnement et ce qui est réponse naturelle du corps ; j’ai découvert que nos corps ont une intelligence bien à eux, bien différente des croyances habituelles.

A - Ce qui me semble le plus important, c’est la motivation. Pourquoi donc faire l’amour avec plus de conscience ? Quel sens cela a-t-il ? Et c’est là qu’intervient la vision unique de la sexualité et de son rôle dans la relation que proposent Diana & Michael Richardson. Elle ouvre une compréhension totalement nouvelle. Pour moi, la première fois que j’ai participé à la retraite Making Love, c’était comme si quelque chose que je savais tout au fond de moi se réveillait jour après jour, quelque chose de tellement précieux avec lequel j’avais perdu le contact. Et c’est cette compréhension qui nous donne la motivation de développer plus de présence pendant l’acte sexuel.

couple

Est-ce que chaque couple a son espace et intimité durant les 7 jours de "Faire l'amour en conscience" ? Dit autrement, est-ce que chaque couple travaille dans son couple ?

A - Chaque couple dispose d’une chambre privée avec un grand lit et l’horaire de la journée est organisé de façon à permettre aux couples d’avoir du temps pour se rencontrer dans l’intimité. C’est un aspect essentiel de ce séminaire, qui permet aux couples d’explorer, d’expérimenter et de développer un nouveau langage amoureux.

JF - Nous portons une attention particulière à préserver l’intimité de chacun et de chaque couple. Aucune sexualité n’est pratiquée dans la salle de groupe et nous demandons aux participants de s’engager à une relation exclusive avec leur partenaire pour toute la durée du séminaire.

A - Bien sûr il y a des moments de feedback où les participants peuvent partager leurs expériences, leur questionnement…et c’est souvent d’une grande richesse…mais si une personne, de toute la semaine, ne souhaite pas prendre la parole au sein du groupe, ça va très bien aussi.

Le mental nous éloigne de notre corps…et dans l’acte sexuel, il nous arrive aussi d’avoir toutes sortes de pensées qui n’ont aucun rapport avec le sexe. Parfois ce sont des emotions ou des vieilles histoires qui remontent à la surface et qui peuvent nous empêcher d’être dans l’instant present. C’est important d’observer et de ne pas juger ces distractions n’est-ce pas ?

JF - C’est vrai qu’on peut facilement partir dans les pensées quand on fait l’amour et ne plus être présent à soi et à son partenaire. Le premier pas, c’est d’en prendre conscience : « oups !je me suis laissé embarquer dans mes pensées » et cette prise de conscience est décisive parce qu’elle nous permet de revenir au moment présent. Et durant le séminaire, nous donnons plusieurs clés pour nous aider à revenir et à rester dans le présent, nous les appelons : « les clés de l’amour ». Une clé capitale, c’est le corps, amener mon attention sur ce que je perçois dans mon corps. Quand je suis attentif à ce qui se passe dans mon corps, je suis dans le présent, le corps est toujours dans le présent contrairement au mental…

A - Une chose importante aussi que tu nommes, c’est de ne pas se juger. Au départ, j’avais tendance à me culpabiliser parce que j’étais partie dans les pensées, mais avec le temps j’ai développé une sorte de bienveillance avec moi-même : je vois que je suis dans les pensées et, avec douceur et tendresse pour moi-même, je reviens au moment présent. Pema Chodron écrit des choses magnifiques qui m’ont beaucoup inspirée, en particulier dans son livre Entrer en amitié avec soi-même.

JF - Comme tu le dis, parfois il y a des émotions qui remontent ; quand on commence à mettre plus de conscience dans notre façon de faire l’amour, on initie un processus de transformation, et ces vieilles histoires qui remontent, comme tu les appelles, peuvent être un tremplin vers une guérison profonde qui nous rendra encore plus proches de nous-même.Tout au long de la semaine Faire l’amour en conscience, nous invitons les participants à rester ouverts et à accueillir tout ce qui monte, les émotions, les ressentis, à laisser couler les larmes, à laisser le nettoyage se faire. Pour beaucoup, cette retraite est un véritable processus de purification.

A - Dans les méditations guidées et dans nos interventions, nous cherchons à donner du soutien aux participants pour qu’ils gardent une attitude d’accueil vis-à-vis de ce qui veut émerger. Beaucoup de choses du passé peuvent nous quitter définitivement pendant cette retraite pour couples. Chacun découvre à son rythme le pouvoir de guérison de cette approche du Slow Sex.

slow sex

J’avais fait avec ma compagne un séminaire de couple il y a une quinzaine d’années qui m’a beaucoup apporté…j’y ai appris qu’il est judicieux de se fixer des rendez-vous pour faire l’amour. A des heures précises, de s'engager. Car sinon, on était toujours “occupé”, c'est facile de trouver une excuse… cela nous a bien aidé au départ…est-ce que vous conseillez aussi aux couples de se faire un programme et de s'y tenir ?

A - Oui c’est effectivement un conseil que nous donnons aussi. Ça peut paraître un peu bizarre au départ, mais les couples s’y habituent très vite et en tirent de grands bénéfices.

JF - En effet la réponse est dans la question… Pour la plupart d’entre nous, nos vies se remplissent tellement vite de mille et une choses qu’il est important pour le couple de décider consciemment de préserver du temps pour faire l’amour.Lors de la retraite, les couples prennent conscience que leur intimité physique a besoin d’être nourrie, que pour se développer elle a besoin de temps et d’espace.

A - Et c’est important de se tenir au rendez-vous fixé. Souvent c’est nous les femmes qui voulons annuler ou reporter… nous n’avons pas toujours conscience de l’impact que cela peut avoir sur notre partenaire… Avec cette approche du Slow Sex, on commence à établir un nouveau rapport de confiance et de transparence dans le couple : annuler un rendez-vous peut toucher profondément notre partenaire et « saboter » ce nouveau rapport de confiance.

JF - C’est vrai que ce sont souvent les hommes qui sont plus demandeurs de rapports amoureux, et l’incertitude de quand sera le prochain peut créer des tensions intérieures : alors que la perspective du rendez-vous de 18h00 avec notre partenaire calme les attentes et peut nous réjouir tout au long de la journée, et cette joie est une forme de préparation.

D’accord…merci à tous les deux.
Interview réalisée par Emmanuel Moulin

site web : http://www.retraitepourcouples.ch/


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