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Du développement personnel au développement essentiel

charles antoni

Par Charles Antoni

Quatre-vingt dix-neuf pour cent de notre personne est invisible et non tangible.
Buckminster Füller

Définir ses objectifs

Il existe deux formes de développement : un développement essentiel et un développement personnel.

Le développement essentiel consiste à s'aimer très fort, et le développement personnel à savoir exactement ce que l'on veut.
Quand on définît ses objectifs, on sort de la souffrance. Sans objectifs, notre vie ondulera comme une vague, sans aucune direction, de manière anarchique, dirigée par les seuls stimuli extérieurs.

Le manque d'objectifs est en relation étroite avec la souffrance. Or l'intention d'un véritable travail interne est de séparer l'individu de l'idée même de souffrance ; toute la difficulté est d'arriver à définir ce que l'on veut.

Développement essentiel et développement personnel vont de pair.

Être entièrement responsable de sa vie

La vie est très simple : définir ses objectifs, et c'est terminé.
Quand on est très clair avec ses objectifs, tout devient plus facile, aisé.

Mais pour cela, il faut être extrêmement déterminé ! Prendre sa vie en main et en être totalement responsable ; qu'on ne puisse pas dire : « Ah ! Mon passé a été comme ceci ou comme cela : c'est le destin ! » Non ! Au contraire : « Je ne crois plus à cette sorte de destin mais à mon destin ».

Comprenons bien ! Beaucoup de gens croient au fameux hasard, aux bonnes choses qui tombent ou aux mauvaises, telle la tuile sur la tête. Tout cela ne présente plus aucun intérêt pour nous.
Nous ne nous rendons pas compte que toute notre vie - passé, présent, futur - est exactement ce que l'on a pensé ; que le futur n'est pas un futur qui dépend des circonstances extérieures, des événements, mais de notre propre imagination.
Toutes les erreurs faites précédemment, c'est nous qui les avons créées. Tout ce que l'on fait, c'est nous qui le faisons. Notre passé, nous l'avons construit, et le futur, par conséquent, c'est nous qui le décidons. De ce fait nous devenons entièrement responsable de notre vie.

Dans ce type de travail, il y a toujours la porte ouverte à la liberté de l'individu. «C'est moi qui développe ma vie, et vis la vie que je décide de vivre. »

Le plus remarquable dans cette démarche est que « c'est moi qui décide, c'est moi qui fais, et, par conséquent, c'est moi qui suis responsable ; pas seulement pour les décisions que je prends mais également pour leurs conséquences. Pour cette raison, je suis libre ».

Créer son propre destin

L'objectif final de ce travail est d'arriver à : un, créer son propre destin ; deux, atteindre un bien-être qui ne dépend plus de rien.
Apprendre à se remplir soi-même. Là est la clé.
L'auto-validation est le moyen donné au départ pour pouvoir y parvenir. Nous ne pourrons pas atteindre l'état de bonheur si nous n'arrivons déjà pas un peu à nous aimer nous-même, c'est impossible.

Et ensuite apprendre à savoir exactement ce que l'on veut.
Quand on sait ce que l'on désire, les problèmes disparaissent. Parce que les problèmes n'existent pas ; en réalité, il n'y a que des solutions. Toute l'histoire est d'arriver à démontrer que les problèmes n'existent pas, car habituellement, nous pensons que nous avons énormément de problèmes.

Malheureusement, découvrir que nos problèmes ne sont qu'illusion est assez douloureux. Eh oui ! C'est le paradoxe ! Se rendre compte que les problèmes n'existent pas n'est pas chose facile à admettre.

En fait, il s'agit simplement d'une remise en place. Cela peut paraître provocateur, mais dans le véritable sens : éveiller quelque chose chez l'autre.

Thymus et énergie

Pour développer l'énergie il n'y a qu'une seule chose à faire : aimer. Et une seule chose pour ne pas en avoir : haïr.

Quand une personne aime, on peut être sûr qu'elle est en train de « s'élever ». Mais si une personne nous hait, ça ne peut être notre problème : elle est en pleine « chute». Si celle-ci a une attitude négative envers nous, comprenons que nous n'avons rien à perdre, observons simplement l'état dans lequel elle se trouve : nous verrons que c'est une chute. C'est aussi simple que cela. Aussi, pourquoi se battre, puisque cette personne n'est pas gagnante.

Plus une personne donne de l'amour, plus elle grandit ; plus elle hait, plus elle décline.

Il n'y a rien d'autre à faire, même plus à méditer, il y a vivre, vivre l'amour pleinement. Parce que l'amour, au sens où nous l'entendons, est une énergie physique, matérielle, et non pas quelque chose de transcendant, de très vague ; non !

Une personne amoureuse, prenons cette image, se sent des ailes, c'est un ange, elle sent que tout est possible ; elle peut marcher des kilomètres sans se fatiguer pour rejoindre la personne aimée. Par contre, quand on n'est pas amoureux, faire deux mètres est extrêmement épuisant. La seule chose à faire, dans ce cas-là, est de rencontrer quelqu'un dont on puisse tomber amoureux ; parce qu'on sent bien que quelque chose ne va pas dans sa vie. C'est un exemple très simple, pour montrer que quand on aime ça nous porte. L'amour porte.

Bien entendu, ce dont nous voulons parler c'est de l'amour créé par soi-même.

Quand on parle aux gens d'amour – et bien qu'ils vous répondent : « de quoi me parlez-vous là ? », on s'aperçoit pourtant, quand on les regarde vivre, que la seule chose qu'ils cherchent c'est de tomber amoureux. Pourquoi ? Ils ne peuvent pas l'expliquer mais, en réalité, c'est parce qu'ils sentent cette énergie. Aussi nous pouvons voir que cette énergie est des plus fantastiques, puisqu'elle pousse les êtres humains à se rencontrer.

L'amour domine le monde.

Certes, cela peut prendre des formes tout à fait polluées, comme dans notre monde moderne, où toutes les publicités, quel que soit l'article vanté, offrent symboliquement en prime la superbe créature qui sourit ; ou les films dits érotiques, qui font recette, etc. Parce qu'il y a déviation. Mais, dans l'inconscient, il s'agit toujours de la même chose : nous sommes en manque d'amour. Et on cherche à tout prix, par n'importe quel moyen, à combler ce manque. L'histoire est très simple ; nous pouvons constater que tout fonctionne comme cela.

C'est l'histoire de l'humanité.

Nous donnons ces exemples pour essayer de montrer que, quand nous parlons d'amour, ce n'est pas quelque chose d'abstrait, de fumeux, dans les cieux, non, mais que cela existe vraiment. Toutes les relations humaines tournent autour de cette chose-là ; même si l'on est entouré d'or comme certains peuvent l'être, si l'on n'est pas amoureux, on se sentira comme mort.

On va s'apercevoir, de façon concrète, que ce qui fait tourner les planètes et bouger les êtres humains, même si ceux-ci n'en ont aucune conscience, c'est l'amour. Et dans tous leurs actes nous pourrons voir, que ce soit de manière positive ou négative, peu importe, que c'est cela qui est constamment à l'œuvre.
Nous devons comprendre que si cette chose-là est absente de notre vie nous serons tels des cadavres, malgré toutes les données scientifiques, mathématiques, ou autres, que nous pourrons posséder.

La matière première pour développer l'énergie est l'amour, il n'y en aura pas d'autre.

La glande appelée thymus, sous-développée chez les gens dits matures, et qui se trouve être pleinement développée chez un petit enfant, est la clé de voûte de notre potentiel énergétique.

Il existe deux façons de la développer : la première est une approximation psychologique, et la seconde un travail d'une autre nature, au moyen de substances alchimiques, travail qui ne peut être facilement abordé – car les alchimistes travaillent pour eux-mêmes et pour leurs pairs.
On ne peut atteindre un plus grand état d'énergie si l'émotionnel ne fonctionne pas.

Notre éducation ne se préoccupe que de deux secteurs : celui de l'intellect et celui du physique. Nous pouvons le voir au niveau scolaire. Mais il existe une autre forme d'éducation, rarement abordée : l'éducation de l'émotion. Par conséquent, il y a en nous deux parties qui fonctionnent et une troisième restée en sommeil.

Tout le problème est là. Il n'existe aucune éducation émotionnelle dans les institutions scolaires. Seules les institutions religieuses, disons monastiques, sont basées sur un travail spécifique de l'émotionnel.

Nous pensons donc qu'en ce qui concerne l'éducation émotionnelle dans nos sociétés, seuls les parents, malheureusement, peuvent la donner, et non pas les institutions classiques, laïques.

A l'enfant, nous avons appris à avoir peur de l'amour, peur de donner ; à se méfier, à faire attention à ceci, à cela. Et l'enfant s'est fermé, de plus en plus : son thymus s'est, au fur et à mesure des années, atrophié, jusqu'à devenir inexistant.
De quoi un enfant a-t-il besoin ? D'amour. L'éducation d'un enfant ne consiste pas à lui enseigner les mathématiques mais à lui donner de l'amour.

Lorsque l'enfant reçoit beaucoup d'amour, il acquiert de l'énergie pour le restant de ses jours ! S'il possède cette énergie, bien des coups du sort lui seront épargnés. Certes, cela ne le fera pas triompher systématiquement dans tous les domaines – il serait mauvais, du reste, qu'il en soit ainsi – mais bien des buts qui auraient pu lui sembler inaccessibles pourront être atteints.

La véritable éducation est l'éducation émotionnelle.

La conscience de soi

La Conscience de Soi est un état de conscience qui n'est pas naturellement présent en nous. Il doit être créé par nous-mêmes. Il provient d'un développement spécifique et intentionnel de la fonction émotive.

Ceci ne demande ni travail difficile ni souffrance. En fait, la souffrance est une barrière et un obstacle ; plus l'on aura conscience de soi, moins l'on souffrira et vice-versa.

D'un autre côté, il doit être noté que de bons et intenses sentiments, expérimentés mécaniquement, peuvent nous surpasser et produire en cela de la détresse et un comportement indéniablement altéré. En conséquence, ne pas essayer d'obtenir des extases, mais plutôt suivre un processus graduel par petites doses que nous pouvons intégrer de manière confortable.

Ici, les clefs sont l'intention et la régulation, assemblées en une claire compréhension de nos buts et opposées aux événements mécaniques.

Réconciliation avec soi-même

Le Développement Personnel aide et complète l'expérience essentielle dans la mesure où il demande la participation d'autres aspects ou fonctions de notre forme psychologique : il redirige et réorganise en quelque sorte notre personnalité tout entière.
L'ignorance, la confusion et les contradictions créent l'instabilité, la peur et la souffrance ; de telles conditions compromettent nos meilleurs efforts de développement.

Une compréhension claire des manières avec lesquelles notre personnalité se confronte à la vie quotidienne peut nous amener à rompre les cycles répétitifs qui nous emprisonnent et à aligner nos forces créatives en accord avec des desseins et buts définis.

De plus, le Développement Personnel est une expérience de Réconciliation avec soi-même, au fur et à mesure qu'il réduit la distance entre « être » et « vivre » : mettant ainsi fin à la condition courante de division interne, rarement ou indistinctement perçue.

L'homme est quelque chose qui doit être dépassé.
Friedrich Nietzsche

Charles Antoni dirige la maison d'Editions Charles Antoni-L'Originel. Il a effectué de multiples voyages et séjours en Inde, en Asie Centrale, en Chine, au Mexique etc. Il est l'auteur de nombreux ouvrages philosophiques, tels que L'Intangible, U.G., Pertinences Impertinentes, Vis ta vie ou Verticalité. Il est le Président de l'Association Française des Amis de Ferna ndo Pessoa.