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Le bien-être comme art de vivre

par Philippe Gaudrat

Quand les besoins matériels sont assurés, s’impose la quête du bien-être. Quand le bien-être est acquis, on peut songer au bonheur… Etre heureux n’est pas incompatible avec le fait d’avoir peu ; c’est, en revanche, incompatible avec le fait de manquer, quel que soit l’objet du manque : matériel, affectif, culturel, spirituel. Or, le manque n’est pas seulement un état objectif ; il est aussi (et avant tout) le produit d’un désir insatisfait, biais par lequel il envahit sournoisement nos vies. On connaît tous, malheureusement, la kyrielle des sentiments de manque affectif, d’incapacité, de dévalorisation, de ratage, d’abandon, de manque de confiance en soi, d’inutilité etc… L’état de manque n’est pas moins réel parce que sa cause gît dans l’esprit. D’autant moins, d’ailleurs, que l’état engendre la situation extérieure avec plus de certitude que la situation ne provoque l’état…

solitude

La solitude, par exemple, ne fait naître un sentiment de manque affectif que si l’on ne parvient pas à en sortir alors qu’on le voudrait. Non, si l’on a choisi de rester avec soi-même. Or, ce qui empêche assurément de rompre la solitude est l’état subjectif de manque affectif : il fait fuir les compagnons potentiels. Qui voudrait partager sa vie avec une personne qui ne se sent déjà pas assez riche pour cohabiter avec elle-même ? De la même façon, l’incompétence n’est certes pas un facteur favorable à la réussite ; mais bien plus calamiteux est le sentiment de sa propre incapacité. Qu’on le veuille ou non, il transpire : or, qui voudrait faire confiance à une personne qui, se connaissant mieux que personne, est convaincue de sa propre incapacité ? Contre-épreuve : tant d’incapables réussissent parce qu’ils sont les seuls à l’ignorer…

Un tant soit peu d’observation honnête montre qu’un sentiment de manque s’extériorise toujours de manière récurrente en situations frustrantes, alors que ces mêmes situations n’engendrent pas nécessairement un tel sentiment… Il faut se rendre à l’évidence : et si le bien-être n’était pas seulement une quête de nanti, mais aussi un moyen de changer sa vie jusque dans ses aspects les plus concrets ?… Est-il bien avisé d’épuiser son énergie à régler le matériel pour en faire l’assise d’un bien-être jamais atteint, car le temps venu, la force a disparu ? Sri Sri Ravi Shankar force à peine le trait lorsqu’il dit en plaisantant que : « l’on passe la première partie de sa vie à épuiser ses forces pour rassembler un capital que l’on dilapide durant la seconde pour guérir des maladies contractées pendant la première… ». C’est pour échapper à cette condition absurde qu’il enseigne une voie bien nommée : l’Art de Vivre. Le bien-être s’y trouve, en effet, au centre : moyen d’améliorer concrètement tous les secteurs de sa vie, il est aussi la porte d’accès à un bonheur plus profond. L’outil en est le Sudarshan Kriya.

Sri Sri Ravi Shankar

Le Sudarshan Kriya est une antique technique de souffle, aussi puissante que simple, qui procure un triple bien-être physique, émotionnel et mental. L’effet est immédiat, quoiqu’il soit plus durablement installé par une pratique continue. Il active l’élimination, renforce le système immunitaire, régule la glycémie, le cholestérol, la prolactine, le cortisol, l’activité électrique cérébrale, produit des anti-oxydants qui ralentissent le vieillissement etc… Tous ces effets physiques mesurables (et mesurés) se traduisent subjectivement par un sentiment profond de détente, de légèreté, de fraîcheur, de jeunesse, de maîtrise de soi. Une pratique quotidienne régule le poids, éclaircit le teint.

Sur un plan psychologique, des recherches neuro-psychiatriques ont établi que le S.K. traitait, en trois mois, la dépression avec le même taux de réussite que les anti-dépresseurs. Ce, à raison d’un effet légèrement et naturellement euphorisant. Eprouvé par tous –par seulement les dépressifs- cet effet réduit les inhibitions et les peurs, donne allant et créativité, confiance et esprit d’entreprise. Mentalement, il procure un calme profond, un état sans pensées qui permettent une récupération rapide et une activité intellectuelle intense quand le besoin s’en fait sentir. Une session de pratique procure le sentiment d’une douche cellulaire et le repos d’une nuit de sommeil. Ce bien-être, inscrit dans les trois plans de la personne, change très concrètement la vie : parce que tout sentiment subjectif de manque disparaît, les inhibitions sont levées sans contrainte, ni substances ; la réalisation du potentiel de chacun est à disposition.

C’est déjà beaucoup - et nombre de personnes trouvent, dans la seule pratique du SK, leur bonheur-. Pourtant le bien-être n’est pas encore le bonheur, même s’il permet d’accomplir ce dont a toujours rêvé. Le bonheur ne peut s’installer durablement qu’à travers une réalisation spirituelle. Maître accompli, Sri Sri offre à tous ceux qui le souhaitent un accès complémentaire à la connaissance du Yoga, de la Méditation et du Védanta. Une fois conférée l’initiation au Sudarshan Kriya, lors d’un stage de premier niveau, suit, après quelque temps de pratique, un stage de second niveau qui, à travers le silence, le souffle et le yoga, introduit à la méditation ; sans compter les stages Sahaj Samadhi, exclusivement consacrés à la méditation. Quant aux stages avancés, ils bénéficient tous de la présence de Sri Sri. En marge de ces temps de pratique, doublés de suivis hebdomadaires facultatifs, il commente la plus belle connaissance de l’Inde (Yoga Sutras, Bhakti Sutras, Ashtavakra Gita etc…). Combinés aux pratiques, ces commentaires enregistrés nourrissent des week-ends de retraite qui permettent de grandir en sagesse.

Technique de bien-être, le SK est vraiment une clé : il ouvre, à la fois, à la réalisation de notre potentiel et à une vision authentiquement spirituelle de la vie.

Philippe GAUDRAT, né le 15 septembre 1949, à Paris, s’intéresse au Yoga, à l’Inde et au Védanta dès l’âge de 16 ans. Des études de droit, commencées en 1968, après un bac scientifique, se concluent par un doctorat d’Etat en 1979, prélude à une intégration dans l’Université de Paris, la même année, en qualité d’assistant.

Maître de conférence, en 1984, il est, aujourd’hui, professeur à la Faculté de droit de Poitiers et co-responsable du pôle « propriété intellectuelle » au sein du Centre de Coopération Juridique Internationale -émanation conjointe du CNRS et de l’Université-.

Son goût jamais perdu pour l’orient l’incite, parallèlement à ses études juridiques, à mener à terme une licence de Chinois et une licence d’Arabe classique. A la même époque, en 1975, il rencontre Géshé Rabten Lags, maître de méditation auprès de Sa Sainteté le Dalaï Lama. Sous sa direction, il s’intéresse de près au bouddhisme tibétain ; rencontre de nombreux maîtres de la tradition Gelug pa. Et, finalement, renoue avec son centre premier d’intérêt, en 1990, quand il rencontre Sri Sri Ravi Shankar, yogi accompli et père de la Fondation internationale de l’Art de Vivre ainsi que de l’Association Internationale pour les Valeurs Humaines.

En 1992, il devient un des premiers enseignants français de ce programme et en 1994, il fonde l’association IALFF qui, en France, a pour mission de représenter la fondation internationale. Il en assumera la présidence jusqu’en 2005. A partir de 1999, il commence à développer ces mêmes activités au Liban, où il séjourne dix à douze semaines par ans, incluant des stages de réhabilitation pour jeunes drogués. Président de l’association libanaise, fraîchement créée en mai 2006, il partage son temps entre l’université et l’Art de Vivre, la France et le Moyen-Orient dont il apprécie tout particulièrement la culture.


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