meditationfrance


Intuition sur les origines
du toucher

par Lola Dousse Ortolan
et Renato Pappalardo

« L’homme implore la santé auprès des dieux, sans toutefois penser que le pouvoir de la conserver est entre ses mains » Démocrite

massagemassage

« Un incontournable du bien être »
Dans notre société pressée et stressée, le massage est devenu un incontournable du bien-être. Il est présenté dans les salons, magazines, SPA et autres instituts, pour ses multiples bienfaits : relaxation, minceur, forme, santé, recherche de traitements et de lutte contre la maladie, développement personnel…
On cherche à prendre soin de soi, même au-delà de l’apparence.
Le toucher s’intègre dans les psychothérapies, aidant à guérir les mémoires émotionnelles, améliorer sa posture et sa respiration.
Cet essor correspond aux valeurs actuelles : le bio, l’écologie, le développement durable… La prise de conscience de l’importance du corps, de celle de la terre.
Le massage sensibilise, ramène à la réalité objective, sort de l’envoûtement mental et virtuel du quotidien (télévision, ressassement du passé, fantasmes).
Après des années de négation ou d’ignorance du corps, où le contact était banni des relations et de la médecine, l’occident découvre et étudie le puissant impact positif du toucher dans de nombreux domaines.
Pourtant ce n’est qu’une redécouverte, car il s’agit d’un des plus anciens arts de soigner. Partout dans le monde on trouve des traces d’imposition des mains : sur les fresques des pyramides, dans la bible, dans la Grèce d’Hippocrate…
En Inde et en Chine, pas de médecine sans massages.
Dans tout l’orient on accède encore à ces précieux savoirs, avec au centre le concept d’énergie vitale, qui soignent l’être par le pont qu’est le corps.

« Relier l’être au cosmos et à sa voie »
La science d’imposer et de mouvoir les mains fut soufflée comme un cadeau aux hommes et aux femmes élus par les entités alliées d’un clan : ancêtres, guides, bons esprits, élémentaux…
La notion de sacré faisait partie intégrante de ces pratiques qui reliait l’humain, la nature et le divin. Dans de nombreuses traditions, le toucher est un outil initiatique, accompagnant différents niveaux d’évolution :
Pour aider à s’incarner, par exemple en Afrique et en Inde le massage rituel des bébés.
Pour éveiller l’âme, masser permet de relier l’être au cosmos et à sa voie.
Pour purifier le corps et l’esprit, lors de rites et de coutumes ancestrales des bains.
Pour libérer les nœuds corporels, et modifier sa structure.
Pour transformer le présent, travailler sur les mémoires, sur le passé via un état de conscience modifiée. Les chamans de Sibérie opèrent une transmutation des données dans la mémoire cellulaire dont le corps est la porte d’accès.
Pour canaliser, certains guérisseurs oeuvrent avec le monde invisible source d’une pharmacie céleste. Prêter ses mains aux forces de guérison nécessite pureté et maîtrise.
Les longues années vouées à l’apprentissage et à la connaissance de soi sont des points communs aux formations originelles de thérapeutes. Certains d’entre eux étaient vus comme des prophètes tant leurs connaissances étaient vastes.
Aujourd’hui le massage est sous les regards, la science s’intéresse à ses effets, aux perspectives de guérison et de prévention qu’il apporte en réponse aux maux de notre époque.
Au milieu de cet engouement, il est bon de retenir la part importante du travail accomplit par le thérapeute sur son propre soma, sa psyché, son énergie pour acquérir l’humilité, la conscience et la vigilance essentielles au respect de la liberté du patient, loin des pièges égotiques. Par cette qualité nous pouvons aussi retrouver le caractère sacré des origines…

« Travail sur soi »
Nous rencontrons de plus en plus de personnes qui accomplissent justement un « travail sur elle » et c’est une belle évolution de notre époque. Mais nous constatons aussi qu’il y a un réel besoin du toucher, d’une approche corporelle pour intégrer et assimiler concrètement ce type de cheminement.
Nous expérimentons régulièrement comment le simple fait d’aborder le corps pour un massage, recevoir mais également donner, améliore directement certains troubles relationnels.
Nous pensons d’ailleurs qu’il y aura une demande croissante de praticiens pouvant accompagner des processus médicaux et thérapeutiques par le massage et les soins par le toucher.
Travailler avec le corps permet aussi l’accès à une compréhension intuitive, ressentie, moins mentale, et donc souvent plus sûre.
De la même façon qu’un profond travail sur soi aide à mettre du sacré dans le rapport au corps, un travail corporel aide à mettre du cœur dans son intelligence.
Un autre paramètre logique et porteur dans toute démarche de conscience, que nous souhaitons ajouter ici, est la place primordiale du contact avec la nature.
En nous réconciliant avec nos propres corps pollués par nos émotions, nos modes de vie, nos indifférences, nous y devenons plus réceptifs. Et nous pouvons retrouver un rapport plus écologique à la planète, mais aussi aux naissances, aux autres, au vivant...

« L’univers du massage »
Enfin, dans ce voyage par le corps, il y a tout un univers du bien être à découvrir, aux lois souvent inverses de celles du monde dans lequel nous fonctionnons :
Activation du système parasympathique, stimulation du cerveau gauche et des ondes alpha, développement des sécrétions de certaines hormones, ouverture du psychopérisltalstisme : l’Eden merveilleux où peut nous emmener le massage si on est sage... mais c’est une autre histoire !

toucher

Remerciement à Geneviève Fouquet, artiste et thérapeute à Gignac pour ses très belles photos.
Copyright photos © Genevieve Fouquet

Infos auteurs :
Renato Pappalardo et Lola Dousse Ortolan sont thérapeutes psycho - corporels formés à l’école de psychologie biodynamique de Montpellier.
Renato est formateur en massages traditionnels.
Ils proposent les stages de formation massage bio-pulse® dans l’Hérault et le Vaucluse.


Haut de la page

** Cliquez ici pour voir les articles des mois précédents

retour