meditationfrance


L’ART DE VIVRE :

FAIRE DE SA VIE UNE OEUVRE

L'art de vivre

L’art de vivre se décline, aujourd’hui, sous toutes les formes, accommodé à toutes les sauces de l’accroche publicitaire : hôtellerie, arts de la table, luminaires, mobilier, loisirs, épicerie fine, mode, médecine douces quand ce n’est pas la lingerie coquine… Signe d’une soif de qualité de vie que la société de consommation a exacerbée plus qu’elle ne l’a étanchée, le Web abonde de cette appellation qui attire et fait vendre. Mais bien avant l’avènement du réseau et le déclin de l’illusion consumériste, l’Art de Vivre était déjà le nom d’une Voie. L’Esprit et le Monde y ont parts égales, chacun nourrissant une dimension complémentaire de l’être : la connaissance de soi et le service d’autrui, l’épanouissement individuel et la contribution au bien être collectif. Au carrefour des deux : le souffle, arcane de la Vie et lien subtil entre esprit et corps, intérieur et extérieur.

Sri Sri Ravi Shankar

A la source de cette aventure spirituelle, il y a un être d’exception, Sri Sri Ravi Shankar dont les cinquante ans, dédiés pour moitié à l’enseignement, viennent d’être fêtés par trois millions de personnes, de toutes conditions et toutes nationalités, à Bangalore, en février 2006. Joyeux et spontané comme un enfant, drôle et profond comme tous les Sages, pur et transparent comme un Saint, il incarne ce qu’il enseigne : faire à rebours ce chemin qui nous conduisit de l’innocence à l’intellect, du silence au langage, de la joie à la déprime, du cœur à la tête. Privilégiant le recueillement sur le mot, l’expérience sur le livre, l’humour sur la théorie et l’amour sur toute autre chose, il répand un message universel de paix et d’appartenance réciproque au-delà de toutes les différences. Pour aller « à la rencontre de sa famille » il parcourt le monde sans discontinuer. Tous ceux qui se retrouvent en sa présence en font partie.

L’Art de Vivre au service de l’individu

La vie a un sens car elle a un but : la beauté et la joie, l’amour et la plénitude ; en somme : le bonheur. Souffrance et peine, maladie et privation existent bien. Mais ce sont des accidents qui n’ont pas vocation à durer. L’objet premier de l’Art de Vivre est d’en libérer : un esprit libre dans un corps sain sont les deux seules conditions nécessaires au bonheur ; le reste est condiment. Et, des deux, la première prime indubitablement : libre, l’esprit affronte la maladie sans en être affecté, alors que, troublé, il traîne sa souffrance jusque dans l’opulence et la santé. Or, cette condition n’est pas hors d’atteinte. Ce qui aliène l’esprit est tantôt le flot incontrôlé des pensées, tantôt celui des émotions, le premier nourrissant le second. Quand il échappe à cette double emprise, l’esprit revient à sa nature sereine. Et dans cet état, il est liberté, beauté, joie, amour et plénitude…

On ne peut, par la volonté, chasser ni les pensées, ni les émotions ; mais le souffle, qui répond à la volonté, a, lui, une affinité particulière avec les états de l’esprit. Le Sudarshan Kriya en exploite toutes les ressources. Physiquement, il oxygène, revitalise, restaure le système immunitaire, rééquilibre les fonctions organiques. Emotionnellement, il nettoie les empreintes qui, dans le présent, font réagir en fonction du passé. Mentalement, il arrête le flot des pensées, de sorte que , au terme d’une session, l’esprit est spontanément dans un état méditatif. Une pratique régulière de quelques mois transforme durablement la réactivité psychologique, l’état de santé et le moral. Le taux de cortisol, hormone du stress, baisse de moitié et six études du NIMHANS de Bangalore ont montré que, à échéance de trois mois, la dépression disparaissait dans la même proportion qu’avec un traitement médicamenteux.

Cet outil incomparable, simple, portable et puissant, est la clé de toute la suite. Outre qu’il change la vie au quotidien et donne une légèreté particulière à quoi se reconnaît le pratiquant, il prépare l’esprit de ceux qui le souhaitent pour pénétrer plus avant dans la Sagesse, la Connaissance et la Méditation. Des programmes avancés y pourvoient. Mais il est aussi la porte de l’œuvre collective. Quand l’esprit renoue avec lui-même, quand la joie et l’amour succèdent au doute et à la déprime, il n’y a pas d’autre issue que le partage et le service ; autrement dit, le seva, expression sanscrite qui se décompose en sa et iva, « comme Lui ». Quand l’homme renoue avec sa dimension divine, il renoue aussi avec l’agissement de son Créateur : il prend soin de la création comme des créatures. C’est une action qui n’est ni calculée, ni raisonnée, mais spontanée.

L’Art de Vivre au service du monde

Des millions de bénévoles de par le monde inscrivent leur action, dont chacun module l’engagement à son gré, dans les programmes sociaux de l’Art de Vivre. Les coûts de fonctionnement s’en trouvent réduits au minimum. La Fondation de l’Art de Vivre, ONG reconnue par les Nations Unies, laisse alors souvent la main à des organismes plus spécialisés. L’Association Internationale pour les Valeurs Humaines, par exemple, prend en charge le Programme des 5 H (Health, Home, Hygiene, Human values and Harmony in diversity). L’objet est d’assurer des camps itinérants de santé, éduquer les populations des zones rurales du tiers-monde, construire des écoles et des maisons en dur pour les plus défavorisés, creuser des puits, permettre à des femmes de créer des micro-entreprises etc…

L’association gère aussi les YLTP (programmes de formation pour une jeunesse entreprenante) dont le principe consiste à sélectionner de jeunes volontaires de zones urbaines ou rurales défavorisées pour les former à devenir des leaders dans leur communauté. Soutenus dans la réalisation de leurs projets, ils mobilisent les plus jeunes, s’investissent et créent une dynamique qui contribue à briser le cycle de la violence et de la délinquance. Ces programmes se multiplient en Inde, au Maroc, en Côte d’Ivoire, au Cameroun ; ils sont en projet dans les banlieues françaises.

C’est la violence, dans ses causes comme dans ses effets, qui est la cible principale de ces programmes. Partout où la guerre passe, les bénévoles sont présents ; ils apportent aide matérielle, réconfort psychologique et soutien post traumatique grâce aux techniques de souffle qui permettent aux victimes de retrouver sommeil et équilibre. Au lendemain du 11 septembre, en Irak et, aujourd’hui, au Liban, l’aide aux victimes s’organise. Mais la particularité la plus notoire est de chercher à agir sur les causes. Les NAP (Non Agression Programs) s’adressent aux écoles pour désamorcer l’agressivité maladive de certains enfants. Les YLTP concourent au même résultat en misant sur l’exemple des aînés. Les délinquants ayant, dans la plupart des cas, été eux-mêmes victimes de violences, les programmes carcéraux vise à les extraire du cycle infernal pour aider à leur réinsertion. Cent vingt mille prisonniers, à ce jour, en Inde et aux Etats-Unis, ont bénéficié de Prison Smart. Les résultats en sont si encourageants que le programme sont soutenus par les autorités fédérales. Certaines actions, plus spectaculaires encore, ont même permis, en Inde, de désarmer pacifiquement des rebelles qui semaient la terreur das leur région…

Une dernière forme endémique de violence est celle que s’infligent les toxicomanes. Le Sudarshan Kriya s’avère être un adjuvant précieux dans la cure de désintoxication ; d’abord, parce que la respiration a un incomparable pouvoir d’élimination ; ensuite, parce que, produisant des endorphines naturelles, la technique permet d’affronter plus sereinement l’angoisse du manque. Enfin, la planète n’est pas moins violentée que ses habitants. L’écologie est au programme, même si l’action est encore embryonnaire. Il ne s’agit là que d’indications très sommaires.

Philippe GAUDRAT


Haut de la page

** Cliquez ici pour voir les articles des mois précédents

retour