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Musique :
Interview de Phinuel

Phinuel

Phinuel, qui êtes vous ?

DP. Phinuel est la contraction de nos deux prénoms : Delphine-Emmanuel. La sonorité douce de ce nom nous a semblé adaptée à la musique de relaxation ! Parallèlement à la musique, Emmanuel enseigne aussi le yoga et moi, je me suis beaucoup intéressée à la sophrologie et à la relaxation : c’est très important d’être soi-même « zen » pour pouvoir partager ensuite au mieux ce que l’on a à donner ; la musique est un long apprentissage et il faut beaucoup de patience, et surtout de calme. C’est pourquoi nous vivons maintenant près de Nantes, dans une campagne paisible où nous avons créé une école grâce à l’association Relax-Accords.

ED. Nous y enseignons le piano, la guitare, le yoga tibétain, et proposons des séances de relaxation. Nous avons fui l’agitation parisienne pour avoir plus de temps à nous, et pour continuer à composer.

Quels buts poursuiviez-vous en composant la musique de l’album CD Osmose ?

DP. Nous cherchons avant tout à créer des musiques qui ne sollicitent pas le mental. Nous voulons éviter que l’auditeur puisse dire : « tiens, telle phrase me fait penser à… ». Ou qu’une idée le ramène à sa condition présente : notre intention est de faire voyager à l’intérieur de soi, de permettre de se recentrer. Nous essayons de transmettre une énergie d’Amour, de diffuser un soutien, un apaisement, de redonner du bien-être …

ED. Notre corps est une fabuleuse usine qui reçoit et qui peut se donner une force vitale. La musique lui apporte de l’énergie, une pensée lui en enlève. Le CD Osmose, du début à la fin, a été construit avec la préoccupation de mettre le corps dans un état où il peut se régénérer, pour cela il faut qu’il arrête de se faire mal.
Nous portons un costume « taille unique » un peu étroit : dans nos vies quotidiennes, nous sommes de plus en plus encadrés par des réglementations. Notre société occidentale semble nous conforter toujours plus dans un état où l’on subit. Il est de plus en plus difficile de décider. En réaction, les techniques psychocorporelles se développent tous azimuts et deviennent accessibles à tous. L’un des objectifs que l’on retrouve le plus souvent est d’apprendre à gérer sa propre énergie, se construire un système énergétique « sur-mesure ». Par exemple le yoga tibétain, qui a eu une influence certaine sur la réalisation de l’album Osmose, s’intéresse à l’énergie primordiale présente dans le corps humain dès la naissance. Il permet de l’activer, et de lui rendre le potentiel qu’elle aurait si on ne faisait rien pour la contrarier.

« Arrêter de se faire mal » ? Est-ce une allusion à notre culture judéo-chrétienne et à notre sentiment de culpabilité latent né du discours ancestral sur « le péché et l’expiation » ?

ED. On peut sans doute dire cela. En tout cas, nous perturbons inconsciemment sans arrêt notre système interne depuis l’enfance.
DP. Regardez les facultés extraordinaires du nourrisson, la concentration et l’énergie qu’il est capable d’exprimer notamment quand il crie ou quand il rit. N’est-ce pas magnifique ? Imaginez un adulte capable de vivre aussi simplement ces états d’être, de retrouver et de libérer ces énergies de vie. Pourquoi pas ?

ED. Pourquoi préférons-nous nous anémier en nous accrochant aux énergies très particulières de nos sentiments de culpabilités, alimentés par nos peurs ?
Le travail parallèle du cerveau droit et du cerveau gauche nous fait passer alternativement de la logique aux émotions, jusqu’à ce que nous puissions nous approprier un sentiment : je pense que… j’ai le sentiment que…je crains que…
Le contenu émotif sur lequel se base ce sentiment est très souvent influencé par notre inconscient collectif qui lui-même est porteur de peurs. Les musicothérapeutes ont coutume de les regrouper en trois grands thèmes : les angoisses liées au lâcher-prise, à l’abandon, et au non-mérite. « J’ai peur de ne pas être digne », « j’ai peur de la séparation et de l’abandon », « j’ai peur de faire confiance à la vie »…

DP. Mais si ces peurs nous bouleversent, ce sont aussi des moyens pour nous de faire l’expérience de la vie. Quand nous nous retrouvons dans la souffrance, les événements viennent nous prouver que nous avions raison d’avoir peur. A moins de réaliser que ce ne soient justement les peurs qui attirent les événements, pour nous donner l’occasion de démontrer notre maîtrise de la vie.

ED. Un deuxième aspect concerne les pensées elles-mêmes : la musique de relaxation profonde que nous proposons sur le CD Osmose va aider à arrêter le mental. Quand on est engagé dans une démarche d’essayer d’arrêter de penser, on descend dans une sorte d’arène à l’intérieur de soi, et on commence par faire l’expérience de l’agilité de l’esprit : on est spectateur de nos pensées qui passent du coq à l’âne à toute vitesse, ou qui reviennent, fulgurantes alors qu’on les croyait endormies. Tant que l’on est dans ce combat, ne pas pouvoir s’empêcher de penser, penser en soi devient une souffrance. Même si la rapidité avec laquelle les pensées s’enchaînent semble néanmoins et en quelque sorte une consolation.

Les pensées sont comme les molécules : toujours en mouvement. Dans la tradition yoguique, la pensée est associée à la matière, et la matière est en perpétuelle transformation. Aujourd’hui, le physicien sait qu’il existe un état théorique où les molécules s’arrêtent quand la température est celle du zéro absolu (proche de –273°C). Il constate que dans la pratique, on s’en rapproche de plus en plus, mais on ne l’atteint pas ! Le mental croit qu’il ne peut pas s’arrêter, l’idée même de le faire génère souvent une angoisse, et le fait d’essayer de le faire crée une souffrance. Et c’est justement cette souffrance qui est la clé, l’aiguillon qui va permettre de se dépasser et de changer d’état de conscience.

Comment décririez-vous l’impact qu’a votre philosophie de vie sur votre musique ?

DP. Dans chacun de nos albums, les sons sont organisés dans le but de permettre de prendre contact, de créer une connexion entre l’auditeur et l’univers. Tous les enregistrements ont été réalisés dans un climat de recueillement intense, ayant expérimenté que la musique exécutée dans un contexte énergétique particulier devient porteuse de cette énergie.
Le but est d’amener l’auditeur à apprécier l’énergie organique de sa propre respiration peut-être même jusqu’à ce qu’il ressente un vague sentiment de « présence » dans le corps tout en habitant un « espace-corps ».
Une fois cette porte ouverte, les sons et les fréquences utilisés, qui ont été longuement affinés, provoquent un nivellement de toutes les aspérités physiologiques et une prise de conscience progressive de la pulsation de sa propre vie. C’est la fin de tous concepts d’effort et l’accès à notre monde intérieur.

ED. Les outils utilisés : instruments, fréquences, et rythmes, servent à construire patiemment et minutieusement une clé qui permet de pénétrer dans un univers de sons, immatériel et énergétique. Cette force ressentie quand une musique qui surgit vous donne la chair de poule, cette qualité d’émotion ne s’auto-crée pas dans l’instant. On peut penser qu’elle a toujours été là, comme un cours d’eau souterrain qui jaillit soudain. Il s’est passé quelque chose entre l’artisan et ses outils : quelque chose de l’ordre de « l’inspiration » a engendré une énergie. La musique que l’auditeur écoute est à son tour une clé qui vient simplement permettre à celui-ci d’y accéder.

DP. Le pouvoir des sons conserve encore sa part de mystère : la musique qui permet aux végétaux de s’épanouir, aux vaches de donner plus de lait etc. Il y a une connivence profonde entre une certaine musique et la nature.

Quelles différences voyez-vous entre votre CD Osmose, et votre 2ème album Présence ?

DP. Si l’on voulait différencier nos deux albums, on pourrait dire que l’auditeur d’Osmose est peut-être plus engagé dans une démarche de relaxation, tandis que le CD Présence peut toucher la personne même si elle est en activité.
Osmose agit plus du 1er chakra au plexus solaire, et permet de s’encrer à la terre. Présence agit du plexus solaire jusqu’au 7ème chakra : il est plus éthérique. L’un rassure, l’autre libère et allège.

ED. Dans un 3e album, en chantier actuellement, nous nous efforcerons d’établir un subtil compromis entre les deux, grâce aux sonorités à la fois métalliques et boisées de l’instrument principalement utilisé : le Hang.

Quelle est la part du spirituel dans les musiques de Phinuel ?

ED. Les diverses initiations que j’ai reçues - noétosophie (merkhaba), shamballa… - associées à une pratique du reiki, du kundalini yoga, des tarots, et de la lithothérapie, contribuent, au fil des ans, à créer une connexion avec « là-haut » qui ressemble de plus en plus à une association. Il semblerait qu’en tant que compositeur, je ne sois qu’un outil, un moyen incarné de matérialiser une énergie cosmique en rapport avec le divin sous forme de musique. Le contenu vibratoire, le plan de chaque morceau, jusqu’à la qualité du son : chaque choix est réalisé à partir d’un état d’être subtil, comme si nos oreilles pouvaient nous souffler, nous dicter des notes.

DP. Nous nous mettons véritablement à l’écoute de nos cœurs, je dirai en ouverture totale ! L’essentiel est de générer une énergie positive et de la rendre accessible au plus grand nombre, dans le lâcher-prise et le laisser faire ! Avec le langage des oiseaux, nous pourrions dire que les musiques proposées sur les albums Osmose et Présence sont des musiques de gai-risons!

Quelle est votre pensée préférée en ce moment ?

DP. Une phrase du pianiste Nelson Freire qui me plait beaucoup : « pour bien jouer, il faut vivre bien ! »

ED. Une approche du bonheur selon Vyasa : « La sérénité, c’est l’absence du désir d’amplifier les nécessités de l’existence ».

Pour joindre Phinuel tél 06 75 80 00 78
ou email : phinuel@free.fr

Discographie :
- CD Osmose
- CD Présence
Editions Le Souffle d’Or – www.souffledor.fr


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