meditationfrance


Interview
de Carl de Miranda

Carl de Miranda

Qi étude

Question : Tu as fait l’Ecole Polytechnique (l'X), tu as aussi exercé des fonctions de direction dans plusieurs entreprises, comment as-tu découvert la spiritualité ? Ce n'est pas encore enseigné à polytechnique, n'est-ce pas ? (rire)

Non, pas encore... On y apprend à réfléchir, à analyser, synthétiser, bref, à faire travailler sa tête. Le problème est que s'il on ne fait travailler que la tête, en oubliant les autres composantes de l'être humain, on aboutit à une tête qui fonctionne tout le temps, les pensées se succèdent mécaniquement qu'on le veuille ou non. Ce n'est donc pas à Polytechnique que j'ai découvert la spiritualité, bien que les compétences intellectuelles qu'on y développe peuvent se révéler utiles pour suivre son chemin spirituel intelligemment. Avant que je commence ces études d'ingénieur, il y a une douzaine d'année, un ami m'avait parlé de Jack Kérouac et m'avait conseillé de lire "Sur la Route". Jack Kérouac est une des figures emblématiques de la contre-culture américaine des années 50-60, et plus précisemment du mouvement Beatnick. En lisant "Sur la Route" puis les autres livres de Kérouac, je découvrais une sensibilité profonde, une intelligence, un goût pour la liberté, qui semblaient répondre enfin à une insatisfaction que je ressentais depuis mon enfance à l'égard de ce monde occidental. A mesure que je suivais Kérouac dans son cheminement, je découvris qu'il s'intéressait de plus en plus au Bouddhisme, le livre "Les Clochards Célestes" évoque notamment cet aspect. Si Jack Kérouac s'intéresse au Bouddhisme, il doit y avoir quelque chose à découvrir là... Je me suis rendu dans une grande librairie, j'ai trouvé un livre sur le bouddhisme et j'ai senti qu'enfin on me parlait de la vérité, de l'existence dans sa profondeur. A partir de là, les choses se sont enchaînées. C'est comme un fil que l'on tire. On tâtonne dans le noir, et tout d'un coup on trouve enfin un fil par terre; plus on suit ce fil, plus le noir se dissipe pour laisser place à la clarté. Le chemin se met en route.

Question : Est-ce que tu es alors devenu bouddhiste ?

J'ai d'abord lu différents livres sur le bouddhisme, tibétain, zen. Il ne faisait pas l'ombre d'un doute que ce que je lisais correspondait à la réalité de l'être humain, et je pouvais le vérifier par moi-même en tournant mon regard vers l'intérieur. Rapidement, j'ai aussi commencé à découvrir d'autres traditions spirituelles, notamment indiennes. Je ne suis donc pas devenu bouddhiste, au sens d'engagé officiellement dans une voie bouddhiste, mais le bouddhisme a constitué pour moi une porte d'entrée. Grâce à des rencontres avec d'autres apprenti-chercheurs, j'ai commencé à découvrir les enseignements de certains maîtres spirituels, Gurdjeff puis surtout Osho. Une amie eut la bonne idée de m'offrir un livre d'Osho, et ce fut pour moi une rencontre bouleversante. Jamais auparavant je n'avais vu une telle intelligence, une telle poésie, qui me touchaient en plein coeur. Je sais bien qu'Osho est parfois controversé, notamment en France, en raison de son attitude souvent provocatrice. Certains maîtres spirituels peuvent être déroutants, mais ce n'est pas en soi un critère pour évaluer l'authenticité ou la sincérité d'un maître. Jésus lui même était d'ailleurs un grand rebelle, provocant l'ordre établi. C'est souvent dans le coeur que l'on peut ressentir vraiment la rencontre avec un maître, c'est un processus intime. Dans mon cas, et la tête et le coeur ont été profondément touchés par Osho. Chacun est différent et chaque cheminement est unique, pour certains d'entre nous, ni la tête ni le coeur ne seront touchés par Osho, passons alors notre chemin dans l'attente de rencontres qui nous correspondent. Gardons nous bien de juger un maître à partir de on-dits, sinon nous risquons de nous retrouver dans la position de ces personnes qui se trouvaient avec une pierre dans la main face à un homme sur une croix il y a deux mille ans de ça. Osho est suffisamment exceptionnel pour mériter d'être découvert objectivement, avec une ouverture intime. Libre à nous d'approfondir ou de poursuivre ensuite notre route. Encore aujourd'hui, je porte Osho dans mon coeur, et les passages que j'ai pu faire à Pune dans son Ashram, sa "commune", ont été des moments bénis. Néanmoins, Osho s'en est allé, physiquement, en 1990, et je sentais qu'il me fallait rencontrer un Maître vivant pour franchir des étapes de mon cheminement.

Question : Aujourd'hui, tu vas régulièrement à l'ashram de Arnaud Desjardins qui est en Ardèche. Peux-tu nous parler de tes rencontres avec Arnaud Desjardins ?

La nécessité de rencontrer un maître vivant m'a d'abord amené auprès d'un maître indien de Bombay, Ranjit Maharaj, à qui je dois beaucoup et qui a disparu, physiquement, en 2000. Puis, en compagnie de ma femme, nous nous sommes effectivement engagés dans la voie que propose Arnaud Desjardins. Celle-ci est venue comme un prolongement naturel du chemin suivi jusqu'alors. Arnaud Desjardins dirige un centre en Ardèche, Hauteville, et nous nous rendons auprès de lui dans cet ashram plusieurs semaines par an réparties dans l'année. Bien sûr, le contact avec le maître est une chose importante et nous avons l'occasion lors de nos séjours d'être régulièrement en contact avec Arnaud Desjardins, notamment lors de réunions type questions-réponses ou de méditations. Néanmoins Hauteville ne se limite pas à Arnaud Desjardins, et l'élan qu'il a imprimé à ce lieu est relayé par des disciples de longue date, dont Daniel Morin qui a rejoint Arnaud Desjardins au coeur de lui-même. Au-delà des personnes qui animent l'ashram, Hauteville est avant tout un lieu de transmission de l'enseignement proposé par Arnaud Desjardins. A mes yeux, cet enseignement est remarquable à bien des égards. Tout d'abord, il s'adresse à des personnes insérées dans notre société contemporaine, ayant une vie sociale, professionnelle, familiale... C'est une voie "dans le monde" où l'on prend appui sur le quotidien de façon très concrète pour pratiquer et avancer dans notre cheminement. Cet enseignement prend également en compte les spécificités de l'homme moderne, avec tout ce que cela comprend de noeuds intérieurs, de contradictions et de souffrances psychologiques, tout en maintenant le point de visée: L'Ultime, la Réalisation Spirituelle. Cette voie trouve ses sources dans le Védanta indien, véritable science de l'intériorité, Arnaud Desjardins ayant reçu lui-même cet enseignement de son maître Swami Prajnanpad. L'esprit scientifique de Swami Prajnanpad a insufflé à cet enseignement une structure solide et complète, balisant le parcours du disciple tant du point de vue de sa vie quotidienne que de sa vie intérieure. Voici pourquoi je dis que la rencontre avec Arnaud Desjardins, c'est aussi la rencontre avec un enseignement adapté à l'homme occidental, et en ce qui me concerne, il me correspond tout à fait. Enfin, Hauteville est aussi une communauté vivante, qui bénéficie de rencontres avec d'autres traditions spirituelles, qui apportent ouverture et dynamisme.
Au début de ma recherche, je me suis interrogé un temps sur le fait de vivre une vie monastique, mais je me suis rendu compte que ma nature, mon profil personnel, était plutôt celui d'un homme vivant dans le monde, avec femme et enfants. Fort heureusement, la voie proposée par Arnaud Desjardins m'a permis de vivre en accord avec ma nature, au sein du monde, en ne retirant rien à l'intensité spirituelle qui anime mon cheminement, bien au contraire.

Question : Aujourd'hui, tu es un praticien reconnu en Feng Shui. Comment en es-tu arrivé au Feng Shui ? Et qu'est-ce que tu proposes exactement aux gens ? Dans quelle région ?

Au début de mon cheminement, j'ai aussi découvert différentes disciplines issues de la tradition chinoise: Yi Qing, Tai Chi, Feng Shui, puis le Yoga taoïste interne. A mes yeux, le Feng Shui constituait un lien entre la rationalité et l'accès à la profondeur de l'être humain, me permettant d'exploiter mes compétences scientifiques tout en intégrant cette activité à mon cheminement intérieur. Avant de canaliser harmonieusement les énergies d'un lieu, il faut comprendre profondément les occupants de ce lieu, c'est donc toujours l'humain qui est au coeur d'une étude Feng Shui. Par ailleurs, l'approche énergétique que développe le Feng Shui remet en question la nature et les limites de notre identité, à mesure que l'on se découvre en tant qu'énergie, imprégnée, influencée, par l'énergie de l'environnement dans lequel on baigne. Ainsi, la pratique de cette discipline peut s'insérer dans un cheminement spirituel. Je me suis donc formé à cette discipline, notamment auprès d'un Maître en Feng Shui traditionnel, auprès de qui j'ai également appris l'Astrologie Chinoise. J'ai créé en 2002 un cabinet, Qi étude, qui propose différents services: des consultations en Feng Shui, pour les particuliers et les entreprises, des consultations en Astrologie Chinoise et je donne aussi des stages sur la Gestion de l'énergie personnelle, qui développent les thèmes d'un livre que j'ai écrit: "En Chemin, Introduction au Cheminement Spirituel". Je me déplace, notamment pour les études Feng Shui, un peu partout en France, Paris, Sud de la France, Rhône-Alpes et autres, mais aussi en Suisse et Belgique.

Qi étude


Haut de la page

** Cliquez ici pour voir les articles des mois précédents

retour