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Le bonheur est-il programmable ?

C’est en tout cas ce que les politiciens, les scientifiques et les psychologues aimeraient être capables de faire. Et au fond, nous aussi, quand nous avons le temps d’y penser, n’est-ce pas ?

Chinta B. Strübin, auteur de « Reiki, force universelle de vie » et de « Essence cristalline du Reiki ».

Nous savions que l’argent ne fait pas le bonheur, mais ces derniers temps, nous avions commencé à en douter. Eh, bien, qu’on se le dise, une étude de l’université de Pennsylvanie portant sur trente ans d’études statistiques démontre par A plus B que c’est bien vrai. On a beau accumuler des montagnes de biens, le bonheur n’est pas garanti pour autant. Dans une même classe d’âge, plus le revenu des autres augmente, plus le niveau de bonheur individuel baisse. Ce qui veut dire en clair que si le compte en banque de nos voisins augmente plus rapidement que le nôtre, nous avons de bonnes chances de nous programmer une déprime. Par contre, même si nous ne faisons que partie du clan des millionnaires, le niveau de satisfaction de notre vie demeure tout de même plus élevé que celui des SDF. Ouf ! Il est donc prouvé que si l’argent ne fait pas le bonheur, il y contribue.

Le PNB des Etats-Unis a beau augmenter depuis cinquante ans, les Américains ne sont pas plus nombreux à se déclarer « très heureux » au grand dam des politiciens, ce qui semble démontrer que la richesse d’une nation ne conditionne pas mathématiquement le bien-être de ses habitants. La Suisse n’est-elle pas l’un des pays les plus riches au monde avec un taux de suicides record ? Même tarif pour le Japon ? Les économistes ont une explication à ce koan. Ils pensent que les pays riches ont un problème d’addiction au confort. Quand les conditions de vie s’améliorent, on y est sensible au départ, puis on s’y habitue. Finie la poussée de sérotonine . Il faut donc gagner un nouveau défi. Des actions rapportaient dix pourcents, très bien, mais maintenant il faut qu’elles en rapportent vingt. Et c’est ainsi que la course ne s’arrête jamais. Ou éventuellement dans un lit d’hôpital. Il semblerait que Trop de bonheur tue le bonheur.

L’argent, le confort et le bien-être matériel ne sont donc pas les seuls facteurs de bonheur. Toujours selon les statistiques, pour les hommes, les sources de bonheur sont en priorité l’activité sexuelle, le sport et la qualité de leur vie sociale. Les femmes, quant à elles, préfèrent en priorité aider les autres.

Gagner un oscar fait gagner 3.9 années d’espérance de vie.

Déménager en Suisse dans le canton de Bâle-Campagne provoque une hausse substantielle de bonheur. Le droit d’initiative référendaire est particulièrement développé dans ce demi-canton. Une étude portant sur 6000 Helvètes a démontré que la hausse de bonheur dont les citoyens bénéficient suite à un référendum abouti est la même que si leurs revenus avaient plus que triplé.

L’égalité devant l’impôt. Ce n’est pas payer les impôts qui rend malade, c’est le sentiment d’injustice qui naît de ce qu’on en paie, alors que toute une frange de la population n’en paie pas ou profite de mesures spécifiques auxquelles d’autres n’ont pas droit. Une exclusion complète du système d’imposition n’a pas forcément des conséquences positives pour ceux qui ne le paient pas. Sentiments d’exclusion ou d’être assisté éloignent du bonheur.

Se prendre pour un singe dominant. Le taux de sérotonine s’élève en flèche dès que l’animal est mis en position de dominer ses comparses et d’obtenir les faveurs des femelles du groupe. L’isole-t-on, le prive-t-on artificiellement de sa domination et sa sérotonine dégringole. Conclusion : l’ambition du singe rend heureux.

Faire l’amour, un vrai bonheur ! Une équipe de chercheurs australiens sur le cancer a observé 2'600 hommes. Les résultats sont évidents. Le plaisir sexuel à raison de cinq éjaculations par semaine réduit directement le risque de cancer de la prostate. Mieux - et ceci va sans aucun doute rassurer les femmes - les personnes satisfaites de leur vie érotique, alliant de préférence la sexualité au sentiment amoureux, souffrent moins fréquemment de diabète, d’hypertension et de maladies cardio-vasculaires.

Sérénité et émotions positives. Une étude réalisée pendant quinze ans sur plus de 678 religieuses catholiques a montré que les soeurs faisant part d’émotions positives dans leurs entretiens ou leurs écrits ont révélé une surprenante bonne santé et une meilleure longévité que leurs homologues ayant souffert de dépression.

En fin de compte, les Suissesses ne sont peut-être pas si différentes des texanes. Elles aiment se relaxer entre amis, déjeuner avec des collègues, regarder la télévision seules, faire du shopping avec leur époux, cuisiner seules. Par contre, elles n’aiment pas trop se retrouver avec leur patron, les longs transports en commun pour se rendre au travail, prendre soin des enfants ou de la maison. Hmmm.

Et si le bonheur était dans les gènes ? D’après une équipe de l’université du Minnesota, les personnes prédisposées au bonheur, plutôt optimistes, voire extraverties présentent un cortex préfrontal gauche développé et actif.

Les pilules du bonheur, ça marche et de plus en plus ! Mais attention à la dépendance et aux effets secondaires carrément ravageurs : suicide, arrêt cardiaque, séjour en psychiatrie et autres. À n’utiliser qu’avec la plus grande modération.

En conclusion, que pouvons-nous tirer de tout cela ? Un peu d’argent, pas mal d’amis et se détendre en leur compagnie, pas trop de contraintes, le sentiment de progresser, réussir de temps en temps quelque chose de spécial, avoir un peu d’influence et aider les autres, faire l’amour régulièrement et aérer son corps, avoir l’impression qu’il existe une justice et que l’on a son mot à dire sur la marche des affaires du pays dans lequel on vit.

Cela fait déjà pas mal de choses, mais en ce qui me concerne, la liste n’est toujours pas complète. J’aime vivre à deux, apprendre ou entreprendre de nouvelles choses, créer de la beauté, écrire des livres, méditer avec des gens, vivre dans une nature préservée mais non isolée, être en paix avec mes voisins, mes amis et les membres de ma famille, avoir un idéal spirituel, ne pas rencontrer trop d’obstacles dans la réalisation de mes projets, ne pas être critiquée, être aimée, bien manger et déguster du bon vin, voyager en TGV ou en avion, rêver, bâtir des châteaux en Espagne, tirer des cartes de tarot ou mon transit astrologique, vivre dans un pays où il fait au moins trois cents jours de soleil par an, caresser mes chats, entendre le rire des enfants et le chant des oiseaux, regarder passer le paysan dans son tracteur et siffler les chevaux de la voisine, regarder un bon film, lire Harry Potter… je crois que la liste n’est toujours pas complète. Et la vôtre?

Toute la question est de savoir que faire si l’une ou l’autre de ces choses vient à manquer. Déprimer, se mettre en colère ou se plaindre ? Évidemment non, il n’y a qu’à tourner son regard vers celles qui sont toujours là. Et il y en a toujours une ou deux. Ce qui est intéressant, c’est qu’il n’est pas nécessaire que ce soient les plus importantes. Juste en ce moment, le sentiment de gratitude pour ce que nous avons, au lieu d’être en colère ou envieux de ce que nous n’avons pas, prépare un terrain fertile dans lequel peuvent se développer de nouvelles richesses.

La clé du bonheur c’est peut-être Rengetsu qui la détient. L’une des rares femmes à avoir atteint l’Eveil par le zen. L’histoire raconte qu’un soir, alors qu’elle était en route pour un pèlerinage, personne n’a voulu l’héberger. Grelottante et l’estomac vide, elle n’a trouvé refuge qu’au pied d’un cerisier. Vers minuit, quelque chose lui a fait ouvrir les yeux et dans la clarté brumeuse de la lune, elle a vu son cerisier se couvrir de fleurs. Bouleversée, elle s’est levée et le coeur plein de gratitude, elle s’est mise à remercier les villageois qui, en ne voulant pas l’accueillir, lui avaient permis de vivre ce moment d’extase. Rengetsu était sans rancune et en accueillant la réalité avec reconnaissance, elle s’est forgée un moment de bonheur intense.

La vie est sans limite, à tout moment elle vous apporte des milliers de cadeaux. Mais, perdus dans vos désirs, aveuglés par les exigences et les opinions de votre mental, vous ne les voyez pas ou les refusez. L’être humain devient un bouddha le jour où il accepte avec gratitude tout ce que la vie lui apporte. Osho.



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