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Notre esprit kaleidoscope

Brigitte Barateau-Dumesnil

Par Brigitte Barateau-Dumesnil

Le kaleidoscope (de kalos : beau, leidos :aspect, et skopein : regarder)

C'est un petit cylindre de carton au fond duquel sont entassés des fragments mobiles de verre coloré qui en se réfléchissant sur un jeu de miroirs y produisent des combinaisons d'images aux multiples couleurs.

Une pulsion du poignet et voilà les morceaux ordonnés.

Une autre pulsion et les morceaux sont à nouveau en désordre.

Une autre pulsion et les morceaux s'ordonnent en composant une autre forme……..

De là à comparer notre esprit à un kaleidoscope il n'y a qu'un pas que je franchis…si vous voulez me suivre !

Le Ka dans la culture égyptienne représente:
*les forces qui animent l'ordre universel,le réservoir des forces vitales d'où provient toute vie,
la force d'interaction continue, indifférenciée, universelle et génératrice …..
Sous l'emprise d'une émotion nos pensées sont comme disloquées, éparpillées et nous peinons à rassembler tout cela pour retrouver notre centre, notre cohérence.

En vivant cela à maintes et maintes reprises je me suis mise à la recherche d'un outil " pour contenir mes morceaux ".

-Le premier réflexe a été de vouloir faire sortir ces pensées parasites pour faire le vide : aérobic, gymnastique intensive….sans succès comme si au contraire la dispersion se nourrissait de la volonté de dispersion ! !

-Deuxième essai : la méditation, le gi gong. La consigne était la concentration sur un écran blanc….pendant ce temps là où " partaient " mes pensées ? elles étaient stockées et régulièrement cela débordait….

-Le troisième essai fut transformé…..il m'a amené à faire l'opération exactement inverse : se concentrer sur ces morceaux épars non pour les contenir mais pour essayer de les dissoudre.

atelier de collageJ'ai donc commencé à faire des collages chaque fois qu'une forte émotion me déstabilisait.

Je me suis imposé un cadre de travail : déchirer toute image qui frappait mon attention sans effectuer aucune censure, sans choisir ni trier.
Les regrouper par points communs : couleurs, formes….

Commencer à poser un morceau et très vite enchaîner le collage sans chercher à représenter quelque chose : se laisser porter par les similitudes, l'accord de tonalité, le dégradé..…

Le support est passé de la simple feuille de dessin au carton ondulé qui demande encore plus d'attention, de patience, le geste est mécanique voir compulsif, il n'y a pas d'arrêt, de pause.

Chaque collage est réalisé dans une certaine tension émotionnelle, pleurs, angoisse, colère, énervement, et aussi euphorie sont les moteurs de cette action.

collageLe collage est mené à son terme et l'émotion aussi: l'état d'apaisement est revenu.
Il peut se passer cinq ou six heures sans interruption : le point final c'est le dernier morceau de papier collé. Après c'est un état d'épuisement physique et le vide dans la tête.

La contemplation de l'œuvre réalisée est toujours une surprise et une révélation : angoisse, peur, colère. sont là sur le papier et se sont transformées en souterrain, chemin, fenêtre, éboulement, visage grimaçant, gestes…

Donc les morceaux ne se sont pas dissous ils se sont rassemblés et mon esprit a retrouvé la paix intérieure. C'est un mouvement de va et vient : je m'éloigne de mon centre et y revient ici et maintenant.

Cette expérience là je l'a transmets en animant des ateliers, des stages, des formations. Le plus difficile pour les participants c'est le lâcher prise indispensable pour " faire parler les papiers.. " …vous voulez tenter l'expérience ?

Brigitte Barateau-Dumesnil


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