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Séisme en Asie

L'action humanitaire ;
innovation ou recul du développement ?

En préambule, un constat s’impose : l’explosion des ONG depuis la fin de la Guerre froide, et leur rôle croissant sur la scène internationale. ONG « de terrain » comme mouvements de lobbying et de sensibilisation, ONG du Nord et du Sud, ONG « associatives » mais aussi ce que les Anglo-Saxons appellent les « GONGOS » (gouvernemental NGO...) tirant leurs ressources de financements publics, les ONG sont partout, l’humanitaire fait recette et ses hérauts figurent en tête des personnalités préférées des opinions publiques occidentales
Mais déjà un premier paradoxe se fait jour : pourfendeurs de la mondialisation, les ONG en sont pourtant les principales bénéficiaires. La prolifération du mouvement associatif est en effet un pur produit de la mondialisation : jamais les mouvements associatifs n’ont pu bénéficier de telles caisses de résonance, de tels moyens médiatiques et de communication pour faire entendre leur voix.

Le second paradoxe nous est fourni par le discours des ONG. Dans le concert souvent dissonnant de leurs multiples revendications, émerge une constante : l’hostilité à toutes les formes de représentations traditionnelles du pouvoir et de la diplomatie internationales. Aux Etats, aux entreprises, aux agences institutionnelles de l’ONU et de ses organisations dérivées (FMI, Banque mondiale, OMC...), les ONG prétendent substituer une légitimité auto-proclamée, la leur. Elles seules incarneraient la « société civile », les autres acteurs ne pouvant être que des imposteurs. Et qui plus est, des imposteurs malfaisants.

La deuxième question est donc celle de la légitimité des ONG face aux autres acteurs des relations internationales. D’autant que leurs dénonciations tous azimuts leur valent un courant de sympathie dans l’opinion publique et contribuent au discrédit de l’action politique classique.

Cette posture nous amène à nous poser une troisième question. Celles des actions menées par les ONG depuis leur « prise de pouvoir » dans les enceintes internationales, et de leurs bilans. Nul ne peut nier la justesse de certaines de leurs prises de position, les avancées du droit international qu’elles ont pu permettre d’obtenir, leur rôle nécessaire de sentinelle face aux excès et aux abus en tous genres que peuvent produire des logiques purement commerciales ou stratégiques.

Néanmoins, deux questions essentielles méritent d’être soulevées :
- les ONG ne sont-elles pas guettées elles-mêmes, précisément en raison de leur succès, par les dangers majeurs qu’elles ne cessent de dénoncer : le manque de transparence, les coûts de fonctionnement de plus en plus lourds des appareils, l’absence d’évaluation des actions ?
- l’action humanitaire contribue-t-elle vraiment, aujourd’hui, au développement ? Cette question est la plus essentielle de toutes : c’est elle qui justifie l’existence et les moyens d’action des ONG, puisque celles-ci, rappelons-le, n’existent à l’origine que pour contribuer au développement (et, depuis une décennie, au développement dit « durable »). En ce domaine, quelles leçons tirer de l’expérience des trente dernières années ?


feed-back d'un internaute :

Je n'envoie pas d'argent pour le seisme en Asie.

Ce n'est pas à nous individus de donner de l'argent mais à nos gouvernements, nos organisations mondiales, nos banques mondiales etc.

Et puis ce qui me pousse à ne pas donner d'argent est que tout cela ne sert à rien, hier, aujourd'hui et demain car malheureusement (problème numero 1) l'argent ne va jamais vraiment à ceux qui en ont besoin.

Les victimes du tremblement de terre de Bam, en Iran, il y a un an, vivent encore dans des tentes en attendant l'argent de l'aide promise par tous les pays dits "développés et industrialisés", qui ne s'est pas matérialisée.
C'est une hypocrisie générale.
On n'en parle même plus... les journaux d'informations se régalent sur le moment à chaque catastrophe et puis au fil des mois, ce n'est plus d'actualité, il n'y a plus de sensationalisme.
Qui parle aujourd'hui de la situation en Iran, des victimes du tremblement de terre d'il y un an ?
Qui parle des gens qui meurent de faim chaque jour pendant que d'autres jettent leur trop plein de nourriture ?

La médiatisation croissante de l’humanitaire fait la part belle au sensationnalisme, aux images chocs et aux informations parcellaires. Les crises sont rarement replacées dans leur contexte.
Les causes et les enjeux des conflits sont passés sous silence par manque de temps et considérés comme "peu médiatisables". C'est la politique de l'audimat qui prime.

L'information centrée sur l'humanitaire et les interventions d'urgence ne relaie que trop peu les actions de coopération tournées vers des projets de développement durable ou des initiatives locales suscitant l'auto-développement.

La coopération de type plus participatif et axée sur le long terme ne bénéficie d’aucune couverture médiatique alors que sa promotion pourrait démontrer combien il est faux et dangereux de réduire les gens du Sud à leur condition d’assistés ou de victimes.

Les Etats-Unis selon Time :
le New York Times estime jeudi que les Etats-Unis sont «pingres» dans leur aide promise aux sinistrés des raz-de-marée qui ont ravagé dimanche plusieurs pays d'Asie du Sud et du Sud-Est.
Dans un éditorial intitulé «Sommes nous pingres? Oui», le quotidien new-yorkais souligne que les 15 millions de dollars d'aide initialement annoncés par les Etats-Unis représentent«moins de la moitié de ce que le parti républicain va dépenser pour les festivités de l'investiture» du président George W. Bush pour son deuxième mandat, fin janvier.
«Même les 35 millions de dollars» au total, promis ensuite par M. Bush mercredi,
«ne représentent qu'une goutte d'eau de misère dans l'océan et correspondent au budget pitoyable que les Etats-Unis consacrent à l'aide non-militaire à l'étranger», s'indigne le journal.
«Selon un sondage, la plupart des Américains croient que les Etats-Unis dépensent 24% de leur budgetà l'aide aux pays pauvres, alors que le pays y consacre moins de un quart de 1%», affirme le quotidien qui met également en cause les aides annoncées et jamais versées.
«En 2002, M. Bush a annoncé (...) une aide de cinq milliards de dollars par an aux pays africains pour l'assistance au développement, mais n'a pas encore dépensé un seul dollar», ajoute le journal.

Voila ceci n'est qu'un exemple de ce qui se passe en réalité de la part de tous les grands leaders qui s'empressent de promettre pour faire bonne figure.
Qui contrôle que tout cela soit bien fait ?

L'Europe, les Etats-Unis et autres pays, au lieu de promettre de donner de l'argent devraient envoyer IMMEDIATEMENT toutes les troupes de leurs armées pour apporter une aide immédiate aux sinistrés.
Cela serait beaucoup plus concret.
Les soldats sont entrainés pour faire face à de telles situations et ils auraient ici une tâche vraiment au service de l'humanité.
Beaucoup de zones ne sont pas accessibles aux convois humnanitaires, l'armée elle peut y accéder !
Nous dépensons quelques 900 milliards en armement sur la planète par année, c’est de la pure folie !

Et dieu dans tout cela ?
mais oui dieu... on en entend parler quand il y a des soit disants miracles et il en est toujours le responsable... mais quand il y a des catastrophes alors là dieu n'est jamais responsable, on en parle pas... étrange mon cher watson... étrange...
Bon cela c'était juste pour vous dire que dieu n'existe pas, n'a jamais existé et qu'il serait temps que l'être humain prenne entière responsabilité pour ce qu'il fait sur notre planète Terre.

Claudio, Italie

Pouvait-on éviter les morts du tsunami ? *

(*) Communiqué de l'International Action Center (USA), Sara Flounders et Dustin Langley

Oui, disent les scientifiques. En plaçant, comme ils l'avaient demandé, deux 'tsuna-mètres' (bouées dotées de sismographes) pour mesurer l'impact des tremblements de terre. Les risques de l'Océan Indien étaient connus.
Compliqué ? Non. Depuis cinquante ans, les Etats-Unis ont installé six tsuna-mètres pour protéger leurs côtes.
Cher ? 250.000 $ pièce. C'est que coûte la machine de guerre du Pentagone à chaque seconde (1,5 milliard $ par jour).
Trop cher quand même ? Oui. Les scientifiques n'avaient pas obtenu les crédits. Combien vaut une vie humaine dans notre système ?

Ce n'est pas tout. Il semble que les autorités d'Asie auraient pu être prévenues. En effet, les scientifiques travaillant pour la National Oceanic & Atmospheric Administration des Etats-Unis ont averti bien à l'avance la base militaire US de Diego Garcia, qui n'a guère subi de dommages. Mais il semble qu'ils n'ont pas décroché un téléphone pour avertir les gouvernements d'Asie, selon les accusations de deux citoyens US (*). Ils auraient juste envoyé un mail en Indonésie sans s'occuper de la suite.
Si elles avaient été averties, les victimes auraient pu se retirer vers l'intérieur ou se placer en hauteur. 10 ou 15 mètres faisant la différence entre la vie et le désastre. Comment expliquer ce mépris pour les vies du tiers monde et des simples touristes ?
Bien sûr, les gouvernements locaux et les gouvernements des pays riches peuvent aussi être montrés du doigt pour n'avoir pas financé ces 'tsunamètres'. Et ce n'est pas la première fois qu'on installe une industrie touristique dans une zone à risque.

Ce désastre nous donne à réfléchir :
1. Oui, les catastrophes sont naturelles, mais la plupart de leurs conséquences humaines pourraient être évitées ou diminuées. Question de priorité dans les dépenses.
2. Une société où la science et la technologie sont si développées et ne servent pas, n'est-elle pas une société absurde ?
3. A quoi faut-il consacrer des milliards ? A faire la guerre ou à sauver des vies ?
4. Le savoir peut-il rester monopolisé dans les pays riches ? Les experts et les connaissances nécessaires existaient, mais au mauvais endroit. Car les cerveaux sont achetés comme de vulgaires marchandises et monopolisés.
5. Un autre monde est non seulement possible, mais indispensable. Celui qui remplacera la dictature du profit maximum des multinationales par la coopération et la solidarité entre les peuples.


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