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Spécial Mondial de football 2006 en Allemagne

Chers lecteurs,
Ahhh, qu’est-ce qu’on serait sans le Mondial et sa vision fraternelle du sport et de la vie…et puis surtout grâce à cette compétition planétaire on est enfin heureux, n’est-ce pas ? Le mondial, ça change du quotidien, où tout le monde se déteste et s'isole. La méditation, c’est rien en comparaison... avec les matchs du mondial et quelques bières, on se retrouve en quelques minutes au nirvana !!!
La,la,la...la,la,la...Vive la France !
Même Chirac, on l'aime bien finalement, il est comme nous. Même les Italiens, ces salauds, on les aime bien quand même…ah, le Mondial, c’est vraiment une philosophie de vie.
Avec le Mondial, on revit. On retrouve un sens à la vie. On peut enfin parler avec tout le monde. On transcende les différences. Les barrières entre les gens s’évaporent. On s’ouvre…on fait plus de pauses au travail, on rencontre des nouveaux potes et surtout on vit des grands frissons !
« Dis mon ami, tu as vu le match des brésiliens ? Pas génial…mais un peu mieux que le 1er match des français quand même... »
Ah ça fait du bien de pouvoir enfin de parler de quelque que je comprends !
Puis on ne s’ennuie plus, tous les jours il se passe quelque chose.
Et comme dit, « hi hi hi » sur son blog (c’est son nom ) : « Le foot, franchement, y pas plus con mais c’est bien pratique. Le foot remplit de son indigence la conversation de ceux qui n’en ont pas. C’est le sujet à aborder quand affleure l’humain, la triste condition, les douleurs et les peines. C’est un pansement et un bâillon à la fois, qui ne fait qu’en remplacer d’autres aujourd’hui oubliés. Dieu où es tu ?
... Silence… »
Certains psychologues disent que l’homme se serait arrêté de grandir psychologiquement à l’âge de 12-13 ans et je commence à le croire...
Car au fond, c’est quoi le foot ? Il y a deux groupes de jeunes hommes qui courent dans tous les sens pour attraper un ballon qu’ils doivent ensuite mettre entre deux poteaux ?
L’humoriste Pierre Desproges disait : « Voilà bien la différence entre le singe et le footballeur. Le premier a trop de mains ou pas assez de pieds pour s'abaisser à jouer au football.
Le football. Quel sport est plus laid, plus balourd et moins gracieux que le football ? Quelle harmonie, quelle élégance l'esthète de base pourrait-il bien découvrir dans les trottinements patauds de vingt-deux handicapés velus qui poussent des balles comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de boeufs éteints. »
Non mais qu’est-ce qu’ils trouvent tous ces gens au football, c’est même plus tellement du sport... les quelques fois où j’ai pu voir un peu de foot dernièrement à la télé, je trouvais vraiment les matchs très moyens...très peu de buts, des longueurs, et puis, surtout c’est tellement sérieux... pourquoi en faire une telle histoire ?
Docteur, est-ce que je me suis désaccoutumé du football ?
Peut-être car ce que je vois c’est des milliards de dollars pour jouer à la baballe, c’est ça le foot… « Eh mec, tu déconnes ou quoi ? me dit un pote au café, « c’est notre honneur qui est en jeu. Vive la France ! Vive la Marseillaise. On ne va pas laisser les suisses nous voler la vedette ! »
Ah, c’est vrai que je n’avais pas vu ce point crucial... de l’existence humaine.
Mais, mon pote du café, lui, il a visiblement jamais pensé à ce que l’enseignant spirituel Jiddu Krishnamurti explique si bien : « Le mental veut toujours s’échapper du moment présent. Car, si vous regardez bien votre vie, elle est vide. Mais, rappelez-vous tous les échappatoires n’ont aucun sens que ce soit un travail humanitaire, du football ou aller à l’église. »
Grppps...ah ce coquin de Krishnamurti, il nous empêche de vivre heureux !
Enfin de toute façon, aujourd’hui le sport, la joie de jouer n’a plus tellement d’importance, c’est le résultat qui compte; la compétition. Ca reflète bien la société, je trouve.
L’écrivain Patrick Levy écrit quelque chose qui me semble fondamental : « En occident nous valorisons les émotions. On dit avec envie et comme s'il s'agissait d'une bénédiction qu'un tel est passionné de football, d'astrologie, de mécanique, de peinture... Nous valorisons un rapport passionnel, émotionnel, avec les phénomènes : " J'aime, j'adore, je déteste... "
Ces pulsions d'appropriation et d'identification sont des poisons, des expressions de l'ignorance, des forces de souffrance et d'hypnose. L’émotion (dont la passion) ne nous permet que de réagir et non d'agir librement. En fait cela décrit la forte pulsion égocentrique de notre rapport au monde. »
C’est vrai que le Mondial de foot ça fonctionne un peu comme un opium, ça nous occupe à autre chose... ah, c’est tellement bon de s’oublier un peu ! Enfin la paix, l’allégresse !
Ouais, juste que le retour est souvent un peu douloureux... et puis pourquoi faudrait-il attendre le Mondial pour être heureux et ouvert aux autres ?
Ca on ne sait pas…personne n’en parle... c’est le mystère des sociétés modernes mon cher ami…il faut le Mondial pour être joyeux !
Pour finir, peut-être que vous vous demandez que faire pour échapper à la "folie" du football qui va sévir jusqu’au 9 juillet ?
Certains proposent des solutions radicales. Certains déambulent dans les rues de Munich ou de Berlin les soirs de matches avec inscrit en grosses lettres sur leur tee-shirt: "Ennemi du foot", "Ennemi du Mondial" ou encore "Je hais le foot".
Euh... cela ne me semble pas plus intelligent que ceux qui sont hypnotisés par le football. C’est de la réaction, ce n’est pas de l’intelligence.
La réaction vient toujours de la colère, c’est quelque chose de foncièrement violent. C’est aller vers l’autre extrême.
J’ai plusieurs fois vu des personnes intéressées par la méditation être en colère avec des activités comme le football.
Pourquoi devenir si sérieux ?
Un moment de foot a sa propre beauté. Simplement, il n’y a pas besoin d’en faire non plus une obsession car l’obsession est toujours une forme de maladie mentale.
Pourquoi pas simplement observer ce qui se passe pour nous pendant cette période du Mondial ?
Pourquoi ne pas prendre le Mondial comme une occasion de plus de rire car comment ne pas se marrer quand on voit les hurlements des vainqueurs et les klaxons de tous ces primitifs en bagnole qui soudainement vont faire la fête !
Le plus drôle, c’est lors des défaites, j’adore voir la tête des perdants qui ont l’air complètement déprimé... c’est tellement con !
La plupart des gens sont complètement identifiés... comme je dis toujours, depuis le départ, on sait qu’il y aura un gagnant et un perdant (50-50), donc il n’y a pas de quoi en faire toute une histoire !
J’aime bien la réponse de Amma que j’ai trouvé sur le web à un visiteur qui lui disait que le foot était devenu la religion de l’occident. Elle a répondu : « qu'elle accepte tout, même le football, puisque qu'en ce monde tout est Dieu. "Il n'y a rien de mal à cela », a-t-elle dit en riant. Et Amma a ajouté : « notre religion à nous c’est la religion de l'Amour... »
That’s it... love is in the air !
A+ Emmanuel Moulin

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