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De la peinture comme une méditation
 
Patrick Jager
Des « signatures » d’Osho aux icônes des moines orthodoxes en passant par l’unique trait de pinceau de la peinture chinoise, la peinture a pu nourrir un lien fort avec la spiritualité. La pratique de Patrick Jager s’inscrit dans cette direction d’une peinture du souffle qui repose sur un geste médité.
Par un travail de mise à distance de son moi, le peintre se prépare à une compréhension intériorisée de la nature. Il devient lui-même une sorte de miroir où s’opère une réversibilité sans fin. Aussi les critiques chinois disent-ils d’un grand paysagiste qu’il possède « collines et vallées dans son cœur comme vagues à l’infini ». Nourri par la contemplation, portant un regard aigu et transperçant sur le monde, il a retrouvé en lui les principes yang et yin qui alternent dans le cosmos. Le geste pictural est un geste médité, passage entre la nature du monde et l’œuvre d’art par l’intermédiaire d’un peintre qui n’est plus qu’un canal à l’ego aboli.
C’est l’aquarelle bien plus que n’importe quelle autre technique qui permettra cette incarnation. D’abord elle offre des transparences inégalables ; par nature en quelque sorte, l’énergie peut circuler dans la tâche d’aquarelle alors qu’une matière opaque fera obstacle. C’est aussi une peinture du lâcher prise car il faut accepter la part de hasard que la fluidité de l’eau va entraîner dans le mélange des pigments, création qui échappe en partie à son créateur. Dans cette création qui est conçue comme partie prenante de l’œuvre continue de la Création, le vide même, loin d’être synonyme de flou ou d’arbitraire, est le lieu interne où s’établit le réseau de transformation du monde créé. C’est par le vide que le plein parvient à manifester sa vraie plénitude. Mais il ne suffit pas de ménager beaucoup d’espace non peint pour créer du vide. Quel intérêt présente ce vide s’il s’agit d’un espace inerte ? Il faut en quelque sorte que le vrai vide soit plus pleinement habité que le plein. Car c’est lui qui porte toutes choses, les entraînant dans le processus de secrètes mutations. Loin de « diluer » l’espace, il confère au tableau cette unité où toute chose respire comme dans une structure organique.
Enfin, c’est une peinture du risque et de l’énergie, qui oblige à être total et à prendre des décisions comme dans la vie, sans possibilité de retour en arrière : ceci est dû avant tout à l’utilisation du papier comme support : le papier, par son imprégnation immédiate et sa fragilité ne permet pas, au contraire de la toile, le repentir, le pigment s’étant fixé dans son intérieur même.
L’aquarelle de Patrick Jager est peinture de la respiration profonde, d’une méditation qui fusionne sujet et objet dans une unité sublime.
Qui est Patrick Jager ?
Patrick Jager est artiste peintre professionnel ayant par ailleurs une longue expérience de l'enseignement. Il a publié chez Glénat les « Carnets d'un peintre au Népal » en 2001, les « Carnets d'un peintre sur les chemins de Compostelle » en 2003 et les « Carnets d'un peintre dans la Grande Traversée des Alpes » en octobre 2005. Il prépare les « Carnets d'un peintre dans le Vercors » pour 2007.
Pour découvrir les aquarelles et en savoir plus sur le travail artistique de Patrick Jager, visitez son joli site web :
www.aquarelle-stage.com
Pour voir le programme de ses stages de l’été :
www.aquarelle-stage.com/stages-expos/stages.html
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