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L'europe des consciences
INVITATION À UNE SYNERGIE ACTIVE
ENTRE TOUS CEUX QUI SOUHAITENT VIVRE
DANS UNE SOCIÉTÉ RÉCONCILIÉE
AVEC LA SAGESSE
LES FAITS
Depuis vingt ans, un mouvement de grande ampleur
s'est développé en faveur de l'écologie,
des médecines douces, du yoga, de la spiritualité,
de la solidarité.
La société ne l'a pas vraiment
intégré.
Si l'Abbé Pierre et Sur Emmanuelle,
le Commandant Cousteau et le Docteur Jean-Louis Etienne, Théodore
Monod et Albert Jacquart sont parmi les personnes les plus
populaires de France, leurs paroles ne semblent guère
influer sur le cours des choses.
Toute entière immergée dans la
résolution des problèmes du quotidien, apparemment
sans vision sur le long terme, notre société
semble avoir perdu la conscience que les principes de spiritualité,
écologie, solidarité, sont les fondements essentiels
et incontournables d'une société, qu'ils appartiennent
aux lois de la vie, aux lois de l'univers, et qu'ils représentent
souvent le simple bon sens.
La multiplicité des associations, centres,
journaux, qui se sont créés pour proposer une
vision alternative de la société actuelle, est
aussi étonnante que son manque d'impact sur les structures
sociales.
Par exemple :
- 50 % des Français feraient usage des
médecines douces. Et pourtant l'interdiction, les limitations
ou la répression frappent celles-ci sans relâche
et de plus en plus.
- Après tous les scandales liés
à l'alimentation industrielle (veaux aux hormones,
vaches folles, poulets à la dioxine, etc.), le consommateur
se tourne de plus en plus vers les rayons d'alimentation biologique.
Même les grandes surfaces s'y sont mises et ne peuvent
satisfaire la demande. Mais l'agrobiologie n'est toujours
pas vraiment encouragée par les pouvoirs publics, et
la pollution gagne de partout. les sols s'épuisent,
les campagnes se désertifient.
- Il existe aujourd'hui des enseignants de yoga
dans la moindre petite ville et beaucoup de médecins
conseillent cette discipline à leurs patients. Pourtant,
certaines instances officielles s'acharnent à considérer
le yoga comme une pratique exotique et sans valeur.
- La spiritualité, étouffée
au fil des siècles par les dogmes, puis par un laïcisme
répressif et aujourd'hui par le matérialisme,
cherche malgré tout à survivre. Cela se passe,
certes, de façon parfois désordonnée
et mélangée, mais qui ne voit que c'est la Vie
même qui cherche à jaillir ? Et pourtant, cet
élan spirituel est largement déconsidéré,
souvent suspecté, voire brisé.
UNE CRISE GRAVE
Il serait facile de multiplier les exemples
qui montrent ce divorce entre une aspiration de plus en plus
large à un changement - rupture avec l'idéologie
du scientisme, du progrès, de la croissance économique,
du bonheur apporté par la consommation, du rationalisme
exclusif - et un immobilisme social où se pérennisent
attitudes et structures archaïques.
Notre société est en crise grave.
Pierre Thuillier a prédit " La Grande Implosion
", Jean Biès a prononcé des " Paroles
d'urgence ", Arnaud Desjardins a porté des "
Regards sages sur un monde fou ", Xavier Emmanuelli donne
son " Dernier avis avant la fin du monde ". Bien
d'autres encore lancent un cri d'alarme.
NÉCESSITÉ D'UNE SYNERGIE
Il nous semble aujourd'hui nécessaire
que s'unissent les voix de ceux qui souhaitent un monde plus
conscient et plus respectueux des valeurs profondes et constructives
de l'humanité, dans un mouvement synergique, qui respecterait
les sensibilités individuelles tout en affirmant quelques
principes communs, certaines lignes de force partagées
par tous et que nous essayons de résumer dans la Charte
de l'Europe des Consciences. Nous avons en effet en commun
l'aspiration à vivre selon les valeurs de spiritualité,
écologie, et solidarité. C'est cela qui nous
relie, par delà nos centres d'intérêts
spécifiques.
Il nous faut créer, par la puissance
de notre conviction et la force du nombre, un espace de reconnaissance
dans lequel ces valeurs puissent s'épanouir et être
réellement comprises.
Il est urgent de réaffirmer notre droit
à l'existence en tant que citoyens se référant
à des valeurs différentes de celles communément
en vigueur dans la société actuelle, et qui
sont essentielles.
Cette synergie permettrait, de plus, une action
organisée et efficace sur de multiples objectifs concrets
et précis. Chaque action bénéficierait
de l'appui collectif.
Nous pensons que le moment est venu de formaliser
ce grand mouvement de synergie entre tous ceux qui se retrouvent
dans les mêmes valeurs et partagent une même aspiration
à un monde plus empreint de sagesse.
C'est pourquoi nous vous proposons de nous réunir
tous au sein de l'association l'Europe des consciences créée
en novembre 2000.
LA CHARTE
DE L'EUROPE DES CONSCIENCES
Considérant que l'Europe, dans
sa construction politique actuelle, ne prend réellement
en compte que les dimensions économique et financière,
Considérant qu'un matérialisme
omniprésent et organisé s'est emparé
du continent où il génère violence, mercantilisme,
amoralisme, déculturation galopante, et qu'un nouvel
obscurantisme est en train de gagner les esprits,
Considérant qu'une uniformisation
généralisée cherche à s'imposer,
détruisant les diversités culturelles et écrasant
les individus,
Considérant que seules, à
l'ampleur de la " crise " sont capables de répondre
en profondeur et durablement des solutions d'ordre spirituel,
elles-mêmes fondements véritables de relations
fraternelles entre les hommes, et fondements d'une relation
respectueuse de l'homme à la Nature, Considérant
ce qui précède, les membres cofondateurs de
l'association L'EUROPE DES CONSCIENCES adoptent la présente
Charte, par laquelle ils reconnaissent l'importance et l'urgence
de :
Renouer avec la dimension spirituelle de
l'homme et les valeurs éternelles
Tout entier tourné vers l'avoir et le
pouvoir, l'homme moderne s'est trop souvent coupé de
sa dimension la plus profonde par laquelle sa vie acquiert
sens et plénitude. C'est lorsqu'il est connecté
en lui à la source de toute vie que l'homme peut développer
vision juste et action juste. Il participe alors à
la danse et à l'harmonie de l'univers, et en respectant
ses lois, il vit dans la joie, la conscience et la liberté.
Réintégrer l'homme au sein
de la nature - au niveau de l'espèce comme de l'individu
L'homme est partie intégrante de la
nature. Il y a ses racines, il y puise sa substance. La nature
lui a donné vie, elle le nourrit et le guérit,
elle le soutient et le régénère. Quand
l'homme pollue la nature, il se pollue. Quand il la détruit,
il se détruit. Quand il lui manque de respect c'est
lui-même qu'il insulte.
Mettre l'économique au service du
politique et le politique au service de la sagesse
Il est, au sein de toute société,
une hiérarchie juste des pouvoirs : la sagesse montre
des objectifs et inspire, le pouvoir politique met en oeuvre
ce qui est reconnu comme juste, et le pouvoir économique
satisfait les besoins matériels dans le cadre tracé
par le pouvoir politique.
La démission du pouvoir politique devant
le pouvoir économique a conduit à cette perversion
où la consommation devient une fin en soi, et est perçue
comme la source de tout bonheur.
Favoriser les réalisations à
taille humaine et la démocratie de proximité
Il est un espace juste pour exister en plénitude,
une distance juste pour être bien ensemble. Trop à
l'étroit l'homme s'étiole, dans un espace trop
grand il est perdu. En espace confiné les relations
sont vite conflictuelles : elles sont inexistantes au sein
de la multitude. Les relations de coeur à coeur s'épanouissent
dans la proximité.
Instaurer davantage de justice sociale,
expression naturelle de fraternité et condition de
paix durable
Le sens de l'unité de toutes choses
que donne l'expérience spirituelle conduit naturellement
à la fraternité et au partage. La justice sociale
n'est plus un principe théorique, mais va de soi, avec
la force de l'évidence. Une paix durable - pour l'individu
comme pour la collectivité - en découle naturellement.
Sortir de l'égoïsme national
pour entrer dans une fraternité sans frontières
La vraie fraternité ignore les frontières.
On ne peut plus défendre seulement ses intérêts
et son bien-être personnel en ignorant ce qui se passe
au-delà des frontières, et que nous avons largement
contribué à créer.
Responsabiliser la personne et encourager
une solidarité de proximité
On ne peut se vouloir libre sans se vouloir
en même temps responsable. Assumer sa responsabilité
donne dignité et grandeur à l'individu. Cette
responsabilité n'efface pas la nécessité
d'une solidarité, qui trouve sa première expression
dans le cercle des proches.
Considérer la nécessité
d'une " Déclaration des devoirs de l'homme envers
lui-même, ses frères du monde, la nature et la
Terre "
La Déclaration des droits de l'homme
a été conçue pour protéger le
faible du fort. Mais, insidieusement, elle a renforcé
chez tous l'égoïsme et l'envie, au détriment
du don de soi et de l'esprit de service. L'homme, devenu trop
conscient de ses droits, en a oublié ses devoirs. Il
doit reprendre conscience de son rôle, de sa fonction
et de sa responsabilité dans le maintien de l'harmonie
dans la société et sur la Terre.
S'investir davantage dans la prévention
des problèmes que dans leur guérison - agir
dans la conscience du long terme
Maintenir les choses dans la cohérence
et l'harmonie en anticipant les problèmes est beaucoup
plus juste que résoudre ceux-ci après avoir
été négligent. De même, c'est la
conscience du long terme qui doit guider nos actes. Il n'est
pas responsable de satisfaire sans frein ses désirs
- pour un individu comme pour une collectivité - sans
se soucier du lendemain. L'électoralisme politique
pousse en sens contraire : préférence pour l'acte
de guérison aux effets plus visibles, et actions commandées
par les intérêts du court terme, l'espace d'une
échéance électorale.
Retrouver et respecter le sens sacré
de la naissance et protéger la petite enfance
Nous savons aujourd'hui que de la qualité
de la naissance et de la petite enfance dépendent largement
l'équilibre psychologique et émotionnel de l'adulte,
son aisance relationnelle et sociale, son bonheur - et celui
de la société dans laquelle il vivra. D'où
l'importance de la qualité de la naissance, de considérer
l'enfant comme une personne, et de ne pas lui infliger de
blessures à un niveau quelconque par une conduite non
respectueuse de la globalité de l'événement.
Eduquer à la vie, en même
temps que préparer à un métier
A côté d'une transmission des savoirs
et des techniques qui préparent au métier, une
éducation doit préparer à l'art de vivre.
Développement du caractère, de la sensibilité,
de l'intelligence du coeur - culture de l'écoute et
du respect, de la discipline et de l'effort, de la compassion
et de la solidarité, ouverture à la vie intérieure,
à la responsabilité, au don de soi et à
l'esprit de service - doivent compléter l'accumulation
des connaissances et l'exercice de la raison.
Retrouver une vision globale de la santé
et accepter une médecine plurielle
L'homme n'est pas qu'une machine dont on répare
les pièces défaillantes. Malgré ses très
grandes réussites dans le cadre qu'elle s'est fixée,
notre médecine manque d'une vision globale de l'homme
- d'où ses résultats contestables en termes
de santé globale de l'individu, et son coût démesuré
qui pèse sur d'autres aspects de la vie. Les dimensions
physique, énergétique, mentale, sensible et
spirituelle doivent pouvoir être prises en compte dans
ce domaine de la santé, et traitées de façon
adaptée par des moyens thérapeutiques diversifiés.
Rendre au travail son sens et sa dimension
de service
Le travail est un service aux autres en même
temps qu'une voie de réalisation personnelle. Vécu
ainsi il devient à la fois utile à la société
et épanouissant pour Soi-même, au lieu d'être
ennuyeux et dépourvu de sens. Il faut renouer avec
l'esprit des bàtisseurs et du compagnonnage, revaloriser
le travail manuel et l'apprentissage. Le cadre du travail
est espace de vie et on doit retrouver en son sein toutes
les valeurs d'un art de vivre réconcilié avec
la sagesse, notamment la fraternité et l'éthique.
Ouvrir pleinement la société
aux femmes et aux valeurs féminines
Notre société est trop rationaliste
et patriarcale, son architecture est froide et arrogante,
son fonctionnement essentiellement compétitif. Il faut
l'ouvrir davantage à l'intuition et au sentiment, à
la courbe et à la douceur, à l'accueil et à
la gratuité, à la coopération et à
la générosité.
Réintégrer la vieillesse
et la mort au sein de l'existence
Vieillesse et mort font partie de la vie, et
permettent d'en découvrir le sens. D'où leur
importance, et la place qu'elles doivent avoir au coeur de
la société.
Retrouver le sens de la vie
Tout à ses recherches tournées
vers l'extérieur, l'homme s'est lui-même négligé,
laissé en friche. Il lui reste à apprendre -
ou réapprendre - à ouvrir son coeur, épanouir
son âme, conscientiser son corps, et à découvrir
la plénitude qui demeure en lui-même. C'est la
grande aventure qui l'attend aujourd'hui.
La présente charte est ouverte à
la signature de toutes les personnes physiques ou morales
qui souhaitent adhérer à l'association L'EUROPE
DES CONSCIENCES
telle que nous venons d'en poser les fondements.
Parmi les premiers adhérents :
Abbé Pierre. Président d'honneur
Marie-Agnès Bergeon (directrice de l'école Yoga
Sadhana)
Jean Biès (écrivain)
Christine Brière (directrice-fondatrice de Hestia)
Jacques Castermane (directeur-fondateur du Centre Dürckheim)
Mona Chasserio (directrice-rondatrice de Coeur de Femmes)
Alain Chevillai (directeur-fondateur de Terre du Ciel)
Lama Denys (directeur spirituel de Karma Ling)
Chantal Espariat (directrice des Courmettes)
Antoine Ferrer (directeur du centre l'Aube)
Bernard Ginisty (fondateur de ATTAC, président-fondateur
de Démocratie et Spiritualité)
Danielle Huèges (directrice-fondatrice des Haltes des
amis de la Rue)
Marguerite Kardos (sumérologue, thérapeute)
Jacqueline Kelen (écrivain)
Alain de la Morandais (théologien)
Bernard Leblanc-Halmos (intervenant en entreprise, directeur-fondateur
des éditions de L'Etre-Image, écrivain)
Jean-Yves Leloup (prêtre orthodoxe, directeur-fondateur
de l'IREC, écrivain)
Arouna Lipschitz (écrivain)
Daniel Maurin (écrivain)
Yves Michel (directeur-fondateur des éditions du Souffle
d'Or et maire d'Éourres)
Bernard Montaud (fondateur de Art'as, écrivain)
Michel Noillevalle (directeur-fondateur de lnfos Yoga)
Pierre Rabhi (agrobiologiste, directeur-fondateur de Terre
et Humanisme, écrivain),
Christiane Singer (directrice-fondatrice de La Lichtung
écrivain)
Martine Tailhardat (association Maison Amrita/Amma)
Jean Vernette (théoIogien)
... et les 32 librairies du réseau ALEF.
(soit au 31 Mai 2004 - 3608 adhérents à l'association.)
Pour adhérer voir le site officiel: www.europe-des-consciences.org
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