INTERVIEW
de Sa Sainteté Sai Maa Lakshmi Devi

Sa Sainteté Jagatguru Sai Maa Lakshmi Devi est reconnue dans le monde entier comme l’un des maîtres de l’éveil les plus puissants de notre temps, à la croisée des traditions spirituelles d’Orient et d’Occident. Dans un langage direct, simple et concis, Sai Maa invite le chercheur de vérité à incarner l’amour divin, le meilleur moyen pour accélérer les processus d’évolution personnelle et planétaire. Sai Maa est francophone. Elle sera à Paris à l’occasion du séminaire Guérison ultime du 11 au 13 avril 2008. Un journaliste a eu la possibilité de la rencontrer.
Le journaliste : Merci de passer quelque temps avec moi aujourd’hui. Je suis impliqué dans la propagation de la paix et mon but est de soutenir votre travail avec cet article car je sais qu’il consiste à répandre l’amour et la paix.
Je suis un écrivain et j’écris un article de fond pour un journal. Outre votre enseignement, j’aimerais qu’il émane de notre conversation autant d’humanité que possible afin que le lecteur se sente impliqué face à vous, en tant que personne. Est-ce que cela vous convient ?
Sai Maa : Naturellement ! De quoi d’autre pourrait-il s’agir ?
Journaliste : La plupart des gens ont une image des gurus comme étant des yogis barbus, vêtus d’un pagne et parlant par énigmes. Mais lorsque je vous ai rencontrée, mon impression a été que vous êtes une personne très réelle, avec qui je pourrais avoir une conversation. Je voudrais savoir si vous pensez qu’il est important que le guru soit « de ce monde », en d’autres termes, qu’il soit accessible, humain et sans prétention.
Sai Maa : Je vous entends. Qu’est-ce qu’un être humain ? Un être humain est la projection de ce que nous appelons la Présence, la lumière infinie ou Paramatma.
En fait, il n’y a absolument rien de mal dans l’être humain. La seule chose que nous demandons tous, en tant qu’individus, c’est la paix de l’esprit. Cela veut dire que d’une façon ou d’une autre, nous avons dévié. Quand on ne considère que l’énergie, nous sommes la lumière divine, mais cette lumière a été recouverte par nos pensées. Tout le monde se souvient que, la semaine dernière, le mois dernier, hier ou il y a un an, il a eu de mauvaises pensées envers quelqu’un et qu’il a des difficultés à pardonner, à oublier. Ces pensées se sont empilées dans la conscience humaine et c’est ainsi qu’on devient une mauvaise personne. Sans oublier le manque d’éducation. Mais, en ce qui me concerne, les êtres humains sont bons. On peut alors se demander pourquoi ils se conduisent de telle sorte qu’ils ne connaissent pas la paix. C’est à cause de l’amour : ils désirent ardemment être aimés. Tous les êtres humains veulent qu’on les aime, qu’on les touche, qu’on les prenne dans les bras, qu’on les voit, car ils souhaitent être à nouveau cet amour.
Mon service envers chacun c’est d’être ce que tout le monde est en devenir transparente, authentique. Ainsi, lorsque nous sommes face à face, lors d’une conversation ou d’un simple contact, personne ne se sent jugé. Je ne juge personne tout simplement parce que je sais que rien ne surpasse la beauté d’un être humain, même le plus beau des monuments. Je ne me concentre pas sur l’esprit ni sur la lumière. Ce qui m’intéresse, c’est de servir les humains afin qu’ils ne vivent plus dans la souffrance et la douleur.
Il s'agit de servir ce bel être humain pour qu’il se sente aimé et que sa peur disparaisse, sachant que Maa ne le juge pas et que Maa ne l’accuse pas d’être mauvais. Alors, il arrivera à lâcher sa culpabilité que j’appelle la culpabilité originelle sa honte, tout ce qu’il a fait, parce qu’il se saura accepté, totalement, à 100 %. Peu m’importe ce qu’il a fait ou même ce qu’il va faire. Ce qui m’importe, c’est qu’il sache et qu’il sente qu’il est aimé, que je l’écoute. Il peut me raconter ses soucis, ce qu’il ressent, je l’écoute. Mon mantra, c’est : Oui, je vous entends.
Journaliste : Je sais que vous avez eu une vie que l’on pourrait qualifier de ‘normale’ : maison, famille, hypothèques, etc. Le fait d’avoir des enfants influence-t-il votre enseignement ? Et si oui, de quelle façon ?
Sai Maa : Je ne suis pas seulement une mère mais j’ai été aussi 24 ans une épouse. Il m’a fallu des années pour prendre la décision de servir de façon plus vaste. Tout d’abord, comme je peux parler aux femmes de leurs craintes au sujet de la grossesse, je suis très proche d’elles. Je peux également parler des difficultés que rencontre une jeune mère : la peur que le bébé tombe si elle le tient mal ; la difficulté de travailler alors que les enfants vont à l’école et de rentrer fatiguée. Tout cela me rapproche des femmes et me permet d’avoir une relation plus intime avec elles. Je considère que les femmes sont le point fort, les phares de la planète Terre ; ce sont elles qui apporteront la paix à la planète.
Etre une mère, une épouse, un travailleur social, un psychologue, faire de la politique, tout cela m’a aidé à comprendre les vrais problèmes de l’humanité. Très régulièrement, quand une mère me dit qu’elle a des difficultés avec ses enfants, je demande à voir ces enfants, parfois sans leur mère, et je leur dis : ‘Qu’est-ce qui vous cause souci ? Qu’est-ce qui fait que vous avez le coeur lourd ? Confiez-vous à moi. Vous pouvez me tout me dire, je ne vous jugerai pas.’ Alors, en 10 à 15 minutes, ils vomissent toute leur rébellion contre leurs parents. Ils ressentent de l’amour et quand je les bénis et que je les prends dans mes bras, ils fondent parce qu’ils se sentent aimés. Et quand ils retournent chez eux, ils ne sont plus en colère contre leur père ou leur mère.
Je peux également aborder un autre sujet avec mes étudiants : lorsque les enfants viennent à moi pleins de colère parce que leurs parents divorcent, je peux tout leur expliquer car j’ai moi aussi connu un divorce. Tous ceux qui ont rencontré les deux enfants qui sont sortis de mon ventre savent qu’ils sont formidables et équilibrés et pourtant je ne les vois pas beaucoup.
Journaliste : Vous avez mentionné que les femmes étaient le point fort de la planète Terre. Ce que j’ai remarqué à votre sujet, c’est que vous avez non seulement une présence spirituelle mais également une présence physique très puissante ; vous portez d’élégants vêtements occidentaux… ce qui vous rend plus accessible à mes yeux. Quels sont vos sentiments par rapport à la beauté physique ? Est-ce important ? Les chaussures ou les vêtements vous procurent-ils du plaisir comme à tout un chacun ?
Sai Maa : Ça, je n’en sais rien. Je mets ce que mon assistante me dit de mettre. Je m’habille parce qu’il le faut, c’est tout. Par exemple, quand je suis devenue un Mahamandaleshwar et un Jagatguru, j’ai dû endosser les habits de la lignée de Vishnou. Cela ne m’a pas gênée du tout. On m’a demandé si j’allais me raser la tête et j’ai dit oui tout de suite. Je n’ai pas d’attachement au corps, aux vêtements ni aux chaussures. Mais la beauté est l’essence de la vie. La beauté est l’abondance de la vie. Avez-vous déjà marché dans une forêt ? Non ! La beauté d’une forêt naturelle que l’homme n’a pas touchée ! Mon prénom était Lakshmi ! Quels que soient mes vêtements, je suis née avec l’essence de la beauté. Parfois, je mets des bleus de travail pour faire du jardinage ou couper du bois. Les enfants adorent me voir habillée comme ça. Je mets un T-shirt, ma combinaison de travail et j’attache mes cheveux avec un ruban. Mais l’élégance de mon être, la beauté que je me reconnais, se reflètent dans tout ce que j’apporte.
Un point important, toutefois ! Il est important d’être conscient de la beauté de la nature, de la beauté de la vie. Quelle beauté dans une fleur ! Devenons cette beauté ; c’est cela la spiritualité. Avez-vous ressenti la paix dans mes paroles ?
Journaliste : Pour beaucoup de gens, le bonheur est quelque chose d’abstrait : ‘Ce que j’entends me paraît intéressant mais j’ai de sérieuses difficultés en ce moment.’ Comment peuvent-ils injecter du bonheur dans leur vie ?
Sai Maa : En étant conscients ! C’est un point important ! Ayez conscience que vous êtes vivants ! Ayez conscience que vous avez de quoi manger ! Soyez conscients du nombre de gens sur la planète qui ne mangent pas tous les jours ‘Et moi, j’ai ça ! J’ai un toit, j’ai quelqu’un, une personne qui m’aime’ Soyez conscients ! Vous savez que la planète connaît un énorme changement. C’est l’occasion de prendre conscience qu’on a un choix à faire : ‘Je choisis d’être heureux pendant deux heures à partir d’aujourd’hui, ou même une heure’. Puis vous passez d’une heure à une heure quinze : ‘Je décide d’être quelqu’un d’heureux !’. C’est une graine que l’on plante dans l’inconscient, le subconscient et le conscient. ‘Je vais attirer l’énergie de joie dans ma vie par la façon dont j’agis’.
C’est ainsi que l’on prépare son avenir. Je ne crois pas au destin. Je crois aux créations humaines. Je suis celle qui décide de dire oui ou non à cette interview parce que j’ai le libre arbitre comme tout un chacun. Si je peux faire ça, je peux créer mon univers en choisissant le bonheur, car c’est ainsi que j’attirerai la vie que je veux vivre. Plus je suis dans le bonheur et plus j’activerai ce qu’on appelle les lois d’attraction et de résonance qui sont des lois de la nature. Quoi que je projette à l’extérieur, c’est cela qui me revient. Si j’alimente des pensées de misère, c’est ce qui me sera renvoyé en miroir.
Plus nous élargissons notre conscience de qui nous choisissons d’être et de devenir, et plus cela viendra à nous. Assurez-vous que vos lecteurs comprennent que l’on s’attire absolument tout ce qui nous arrive dépression, haine, joie, souffrance, abondance, pauvreté parce que tout est une question d’énergie et de conscience. Vous savez, je voudrais bien ne plus voir les êtres humains souffrir mais l’éducation a beaucoup d’importance et ils n’ont pas été éduqué en ce sens.
Journaliste : Quelle est votre mission ?
Sai Maa : Ma mission est de sauver l’humanité de sorte qu’elle ne vive plus dans la douleur et la souffrance. Pour parler de façon ésotérique ou spirituelle, lorsque les gens sortent de la souffrance, ils voient la vie différemment et l’accueillent différemment. A partir de là, je peux les amener à leur propre lumière. Je peux leur apprendre à maîtriser leur vie, leur destin. Et à partir de la lumière, je peux les amener à l’éveil, à l’éveil global. C’est cela ma principale contribution à la planète.
Journaliste : Si votre mission est d’élever l’humanité et la planète, cela veut dire que vous allez devoir toucher beaucoup de gens et, dans notre société, la plupart des gens ne montrent qu’un intérêt très limité pour la spiritualité. Comment toucher ce genre de personnes ?
Sai Maa : En fait, je ne pense même pas à la spiritualité. Je pense seulement à les aider à se sentir mieux. Je n’ai pas pour habitude de beaucoup parler de spiritualité. Ce qui m’intéresse, c’est que la personne se sente bien : ‘Je fais des progrès, je deviens quelqu’un de bien’. Pour moi, Dieu n’est pas quelque part dans les cieux ; Dieu est ici en ce moment et me parle sous votre forme. Ma joie, c’est qu’une personne dise : ‘Je me sens bien, aujourd’hui ! Je me suis bien conduit ! Pendant deux heures, je n’ai pas eu une seule mauvaise pensée.’
Peu importe qui est devant moi. Il ne s’agit pas tant de spiritualité que de s’améliorer, de devenir plus sain : quand la personne est guérie de son incapacité à pardonner et qu’elle finit par pardonner, elle est en meilleure santé, elle est plus saine. Elle n’a plus ce fardeau sur la conscience et, grâce à ce progrès, elle se porte mieux physiquement.
Journaliste : Le titre de Jagatguru se rapporte à la tradition hindoue. Cependant, je vous ai rencontrée deux fois et votre enseignement fait appel à beaucoup d’autres traditions. Embrassez-vous tous les autres enseignements ou seulement des parties de ces enseignements ?
Sai Maa : Oui, j’embrasse tous les enseignements. Je demande même qu’on célèbre tous les autres gurus. Mes étudiants sont libres de venir avec des photos, des chants de leur guru, car il n’y a qu’une voie. Ce sont les humains qui ont créé une infinité de chemins. Vous ne m’entendrez jamais blâmer une religion. Je pense que chaque religion, chaque groupe ne veut que le bien. Ils peuvent s’en écarter à un moment donné mais, au départ, leur intention est de faire le bien.
Journaliste : Donc, vous ne parlez pas seulement des religions monothéistes. Vous avez déjà dit que vous voyiez Dieu partout.
Sai Maa : Je parle de façon générale. Cela m’est très facile car je suis née à l’île Maurice. Nous avons été élevés au milieu de cultures et de religions très différentes. Ce n’est pas un effort mais quelque chose de très naturel pour moi d’être avec des Chinois, des Africains, des Japonais, des Indiens, des musulmans. C’est naturel !
Journaliste : Les principales religions se préoccupent de la façon dont nous devons vivre notre vie, mais parlent à peine de l’expérience avec le Divin. Il me semble que c’est l’inverse avec vous, et qu’il est plus important de faire connaître l’expérience du Divin, que de s’inquiéter de notre façon de vivre ?
Sai Maa : C’est tout à fait ça ! Cela peut vous faire rire mais, pour moi, la religion est horizontale et la spiritualité verticale. Cela explique tout ! Dans la spiritualité, il n’y a pas de règle. Je donne du travail à toutes les personnes qui viennent me voir et même si elles se détestent, après avoir fait du seva (service désintéressé) ensemble, il y a tant de grâce qu’elles finissent par s’accepter et leur colère s’est dissipée. Je leur dis : ‘Chacun de vous a la même divinité à l’intérieur, la même beauté. La seule différence, c’est qu’elle brille plus chez certains parce qu’ils n’ont cessé de la polir et d’autres non. Mais je vous aime tous exactement de la même façon. Ma relation avec chacun de vous est unique.’
Il y a une grande différence entre l’amour et les relations. Les gens ignorent ce qu’est la communication.
Journaliste : Pouvez-vous nous donner une définition très simple de l’éveil ?
Sai Maa : S’éveiller, c’est mettre de la lumière. Je vais vous l’expliquer en détail pour que vous en compreniez le principe.
Comment en prendre conscience ? Première étape : dans le calme immobile et le silence, se placer dans un espace de détente du mental où les pensées sont apaisées. Deuxième étape : introspection. ‘Un jour, j’ai de bonnes pensées, le lendemain, j’en ai de mauvaises ; un jour, je fais du bien, le lendemain, je fais du mal ; un jour, je suis déprimé, le lendemain, je me sens bien. Mais qui suis-je en réalité puisque ça change tout le temps ? Il doit bien y avoir autre chose ! Et si je choisissais d’aller plus souvent dans ce bel espace ? Ah, je me sens déjà mieux. Plus je vais dans cet endroit, plus cela devient facile et plus j’en ai envie’. Je finis par me rendre compte que je suis en train d’éveiller ma personnalité. J’éveille quelque chose en moi qui ne brille pas toujours.
Pour conclure : au début il s’agit de prendre conscience, puis de faire des choix et de prendre des décisions, ensuite de se focaliser dessus et de les réaliser. Quand mon guru m’a dit ça : ‘Tu es un être éveillé’ depuis je le répète aux autres je me suis demandé quelle était la partie de moi non éveillée qui me faisait vivre dans la peine et la douleur. Et je l’ai découverte. Ma tâche consiste à l’éclairer, à y apporter la lumière : ‘OK, Dieu, pas de problème. Je ne discute pas, il fait sombre là-dedans. C’est comme un château où la lumière du soleil n’aurait pas pénétré depuis des années. J’ouvre donc toutes les fenêtres c’est cela s’abandonner et toutes les portes. Je vois beaucoup de poussière ; pas de problème, je vais laver tout ça’. Voilà ma philosophie.
Journaliste : Prenons des gens ordinaires, affairés à vivre dans le monde et qui ne s’arrêtent jamais pour réfléchir aux choses essentielles de la vie : que pouvons-nous leur dire ou leur envoyer pour les encourager à connaître un peu plus de paix ou à amorcer un changement afin d’être un peu plus paisibles et heureux ?
Sai Maa : Pas seulement ça, mais aussi quelque chose qui les aiderait à se recharger. Ce qu’ils pourraient faire au réveil, au coucher ou à tout autre moment de la journée c’est de s’arrêter un moment et de prendre conscience de leur respiration : inspirer et expirer en conscience. En une minute, leur énergie se transforme. Une minute ! Prendre réellement conscience du souffle sur l’inspiration et sur l’expiration. Une minute, soixante secondes ! Ils peuvent faire ça lorsqu’ils sont arrêtés à un feu rouge. Ils peuvent également soupirer sur l’expiration.
Journaliste : Quel message aimeriez-vous faire donner ?
Sai Maa : Aimez-vous vous même. Acceptez-vous. Sachez que vous êtes quelqu’un de bien. Jouissez de votre propre présence. Sachez que vous êtes aimé.
Et pour conclure, je souhaite que tout le monde apprécie le bonheur, la prospérité, l’amour, la paix et le soi vibrant.

Le livre Pétales de grâce de Sai Maa est sorti en mars 2008 aux Editions Altess, Paris.
Extrait Préface par Jacques Salomé :
"Cette préface, pour ceux qui me connaissent, n’est pas un paradoxe, car je suis agnostique et j’ai la faiblesse (ou le courage) de penser que le divin est en nous à chaque instant. Cette préface est le témoignage d’un hommage. Un hommage rendu à quelqu’un que j’admire pour le cheminement de sa pensée, pour la force de son enseignement, pour les actions désintéressées qu’elle soutient de par le monde, pour le travail qu’elle propose de guider, d’accompagner ceux qui la suivent, vers une attention plus consciente et des choix de vie plus lucides."
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