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Psychogénéalogie et constellation familiale : une mode qui change nos concepts de la réalité !

Par Daniella Conti

Daniella Conti

Depuis quelques années une nouvelle mode : la psychogénéalogie. Le succès peut se juger à l'enthousiasme du public qui a compris l'intérêt d'explorer sa filiation. Derrière ces nouvelles perspectives, une nouvelle métaphysique apporte des réponses tout à fait innovantes.

Avec « Aie, mes aïeux ! », depuis une vingtaine d'années, nous avions sur table les preuves des relations, trop évidentes pour relever du hasard, que ce qui nous a précédé, détermine les événements auxquels nous serons confrontés. Mais il s'agissait d'une étape de constat : nous n'avions pas d'explications. Et cela ressemblait encore à l'ancienne vision de l'hérédité, faite de malédiction et d'expiation.

Aujourd'hui nous pouvons voir que notre espace identitaire s'est élargi : s'il y a des relations entre ce que nous sommes et ce qui a été, c'est que notre conception de la réalité objective est bien désuète, et que nous gagnons une dimension où le passé interfère dans l'ici-maintenant.
Les conséquences ne sont pas encore évidentes pour tous.

LE PASSE COMME MALEDICTION

Ce qui est nouveau n'est pas l'idée de l'hérédité, car depuis la Bible nous savions que nous « expions » les fautes de nos ancêtres. La génétique aussi s'est intéressée aux « maladies » héréditaires. Ce qui n'est pas encore clair pour tous est la nouveauté du processus actuel.

Habitués par une médecine matérialiste à voir le corps comme un ensemble d'organes et les symptômes comme des dysfonctionnements que l'on cherche à effacer avec une pilule, notre demande est restée consommatrice : nous sommes partants pour un stage qui va nous débarrasser d'une mauvaise influence, comme de fantômes vampirisants, pour donner une meilleure chance à nos enfants. La plupart des titres d'ouvrages sur le sujet manifeste cette tendance : « Comment se libérer du destin familial », « Comment paye-t-on les fautes de ses ancêtres ? », « Libérez-vous de votre passé », « Les fantômes du passé », ou « J'ai mal à mes ancêtres ».

Oui, on peut espérer un changement mais pas de cette façon.

Le Décodage Biologique a également relevé l'importance du passé, qui s'inscrit jusque dans la biologie et dans nos conditionnements comportementaux. Les maladies exprimeraient l'aide fournie par le corps dans la gestion d'un stress agissant à partir des mémoires phylogénétiques (l'évolution de tous les êtres vivants) inscrites dans les couches embryonnaires de nos trois cerveaux. Mais au niveau des solutions il n'est pas innovant et a recours, dans son domaine, qui n'a pas su sortir du « médical », à des techniques classiques comme la PNL et la Kinésiologie.

Le colloque d'octobre 2007 à Lyon s'est donné l'objectif de questionner ce courant et de faire mieux connaître Bert Hellinger, le créateur des « Constellations Familiales », auteur de nombreux ouvrages dont je recommande « Les fondements de l'amour dans le couple et la famille ». Pourquoi a-t-il une place tout à fait privilégiée dans ce courant ? Et qu'apporte-t-il de nouveau pour un vrai changement ?

UN VRAI CHANGEMENT

La nouveauté de son travail dérange parfois les milieux des thérapies classiques, car son discours est porteur de concepts qui donnent à l'individu sa grandeur et donc lui laissent l'entière responsabilité de son parcours.

Grâce à sa connaissance de la psychanalyse, des thérapies des années '80 (Analyse transactionnelle, Thérapie primale…) et aussi grâce au long voisinage avec les Zoulous d'Afrique du Sud, il a élaboré son approche phénoménologique du monde. Ici et maintenant, conscients de la présence de tous nos ancêtres, à travers les mémoires cellulaires et les champs morphogénétiques de la Physique Quantique (Rupert Shaldrake).

Tous ceux qui ont fait des Constellations Familiales sont étonnés d'abord par la façon de travailler : on n'analyse pas la difficulté, on choisit les personnes importantes de sa famille, ce qui veut dire surtout les personnes exclues, non reconnues dans leur appartenance au système familial Et qui justement pèsent sur le système.
On les place intuitivement dans le cercle des présents et des ressentis évidents se dégagent qui permettent l'expression d'émotions et l'intégration de ressentis refoulés. Des étrangers, qui savent seulement qui ils représentent, sont capables de canaliser ce travail, étonnés par la différence et la justesse des sensations éprouvées.Une nouvelle possibilité d'être en communication se manifeste et témoigne de la réalité de liens inconscients qui nous englobent tous.

UN INCONSCIENT COLLECTIF

Le plus important c'est qu'à travers cette observation des dynamiques inconscientes familiales, on peut affirmer que le mouvement des répétitions de destins difficiles est lié au besoin d'être en « loyauté » familiale, sous l'impulsion du lien d'amour et le besoin d'appartenance qui nous relient tous.

Il ne s'agit plus de « malédiction » mais d' « amour » ! Bert Hellinger va distinguer ensuite l'amour « aveugle » du véritable amour, l'amour qui rend malade de l'amour qui guérit !

L'AMOUR QUI REND MALADES ET L'AMOUR QUI GUERIT

Comment distinguer ?

Tant que je reste « intriqué » dans la « bonne conscience » qui me pousse par exemple à suivre une dynamique suicidaire : ma Grand Mère Paternelle est décédée en accouchant de mon père, dont je ressens la difficulté à rester en vie. Il a du mal à exprimer ses sentiments envers ses enfants, à récolter le succès parce que le poids de la culpabilité est plus fort. Je peux reprendre à mon compte cette difficulté dans une pensée magique, et enfantine, de toute puissance : « Si je meurs, papa guérit ». C'est l'intrication qui se noue en dehors de la conscience individuelle.

Cela ne répare rien, mais au contraire va aggraver le poids à porter même si notre « bonne conscience » voulait que nous restions innocents, c'est-à-dire obéissant aux règles et croyances familiales. Dans cette famille, la croyance inconsciente portera sur une responsabilité des hommes dans la mort d'une femme (morte en accouchant, sans sexualité, cela ne serait pas arrivé). Les générations suivantes vont reprendre à leur compte la culpabilité. Et les enfants prendront en charge la problématique des parents, pour se sentir « innocents ».
Car en ne goûtant pas aux plaisirs de la vie, ils obéiront aux règles de cette famille, et se sentiront appartenants et importants.

L'évolution réelle consistera à sentir la douleur voilée derrière la culpabilité : toute l'impuissance face à la mort et à reprendre le statut d'enfant qui n'avait pas à régler les difficultés des grands, les parents. Ça paraît simple, pourtant souvent on préfère la mort à cette confrontation qui nous sort de l'innocence de l'intrication.

Ainsi le véritable amour, l'amour qui guérit, a une chance d'être vécu lorsque nous sommes libres, par la conscience et l'acceptation de ce qui est.

DANIELLA CONTI
Formatrice en Décodage Biologique depuis 1995. Animation de « Constellations Familiales » à Lyon, Grenoble, Chambéry, Voreppe et en Italie.

Formée par Bert et Marie Sophie Hellinger. Tel : 04 78 47 74 31- 06 66 92 63 94
Email : daniella.conti@club-internet.fr
Site web : www.constellationsfamiliales.net


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