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Décembre 2003
COMMENCER PAR NOUS CHANGER NOUS-MÊMES par l'équipe de l'association
Europe des consciences
On pourra tenter de changer la société de toutes
les façons que l'on voudra, si ce changement ne s'appuie
pas sur un changement des personnes, cela ne mènera à rien.
Les changements que nous proposons ne peuvent avoir lieu que
si nous modifions délibérément, volontairement
et avec plaisir, nos comportements. Chacun de nous est invité à changer
en profondeur.
La société que nous voyons autour de nous, que
nous critiquons inlassablement tout en continuant à en
reproduire les modes de fonctionnement, n'est ni plus ni moins
que le reflet de nos actions, de nos pensées, de nos
intentions. " Nous sommes le monde et le monde est
ce que nous sommes . " (XXXX). Au fond de nous-mêmes,
nous vivons des luttes intérieures, nous vivons dans
la séparation, dans l'isolement, dans des peurs.
La
plupart des maux dont souffre l'humanité sont le
résultat de nos peurs, peur de manquer et peur de mourir.
Celles-ci s'enracinent dans l' illusoire impression qu'il n'y
a pas assez pour tous et que notre survie dépend de
notre capacité à l'emporter sur l'autre. Je dois
prendre, amasser si possible pour les mauvais jours et dominer
pour pouvoir prétendre à une part et la défendre
contre les autres. Ces stratégies ont permis à l'humanité de
survivre lorsqu'elle n'avait encore ni les connaissances ni
les moyens de produire en suffisance. Aujourd'hui, le contexte
de nos sociétés occidentales est tout autre ;
pourtant la peur du manque est toujours présente. Elle
est d'ailleurs de plus en plus agitée et utilisée
pour nous manipuler. Il suffit de nous faire croire que la
reconnaissance sociale ou le bonheur c'est de posséder
beaucoup de biens matériels et il nous semble inimaginable
de ne pas posséder le " kit de base " :
maison, voiture, téléphone portable, micro-ondes,
etc. Ou bien encore, que le produit X ou Y est meilleur ou
nouveau. Ainsi, nous " sur-consommons " une multitude
d'objets, nourritures, boissons. parfaitement inutiles et qui
ne nous apportent aucune joie.
Identifier nos peurs et les dépasser
Les
solutions qui apporteront un véritable changement
sont liées à une transformation individuelle
des consciences. Cette transformation consiste à identifier
nos peurs et à les dépasser pour nous ouvrir à la
confiance et la coopération. Ceci ne se fait pas en
un jour, tant nos modes de pensée sont ancrés
depuis des millénaires dans des schémas de peur,
mais c'est tout le défi de cette " Insurrection
des consciences ". Le changement de chacun de nous vers
plus de conscience, plus de fraternité et de responsabilité est
le chemin de notre survie collective.
Ce changement a déjà commencé. Ces dernières
années, ceux et celles qui se posent des questions sur
notre société et aspirent à une vie plus
authentique sont de plus en plus nombreux. Le phénomène
est d'ailleurs devenu suffisamment important pour que le monde
publicitaire s'en inspire et le détourne à ses
propres fins.
Retrouver de vraies joies
Un réel épanouissement, libéré des
diktats de la société de consommation, propre à chacun,
est un puissant moteur de changement : trouvons ce qui
nous apporte la joie, au fond, et vivons-le. Notre sensation
de plaisir est aujourd'hui totalement manipulée par
ceux qui désirent que nous consommions toujours davantage.
Comprenons qu'il n'est absolument pas question pour eux de
nous rendre plus heureux : ils cultivent au contraire
nos frustrations pour nous pousser à des actes de compensation.
Ce qui nous rend vraiment heureux n'est pas toujours simple à percevoir,
tant nous restons imprégnés par la culture dominante.
Quand on commence à se poser la question, on se rend
compte que le bonheur se trouve davantage dans la création
que dans la consommation, davantage dans le partage et la solidarité que
dans le repli sur soi. Jardiner, passer du temps avec des enfants,
lire, ne rien faire, se rendre utile, être reconnu pour
son talent particulier. À chacun ses plaisirs vrais
en traçant son propre chemin vers lui-même. Choisissons
de gagner en " qualité de vie ",
de prendre le temps de vivre à notre propre rythme,
de développer nos richesses intérieures. Plus
nous irons dans le sens d'une joie authentique, non frelatée,
plus nous aurons le sentiment délicieux de vivre vraiment ,
et plus nous nous désintéresserons, naturellement,
de la société de sur-consommation : elle aura
perdu tout attrait à nos yeux. Nous vivrons alors une " sobriété heureuse ".
Nous
nous transformerons, grâce à nos prises
de consciences successives. La société est le
reflet de ce que nous sommes, de ce que nous faisons ou ne
faisons pas. Prenons conscience des conséquences de
nos actes. Prenons conscience de notre responsabilité,
individuelle et collective, de faire perdurer ou non le système
actuel. Notre pouvoir de consommateur est énorme. Rappelons-nous
les chutes des ventes de viande de veau aux hormones et de
bouf nourri aux farines animales. Que nous soyons des milliers,
des centaines de milliers, à consommer globalement moins
et de façon plus éthique, à réduire
nos consommations d'énergie, et nous verrons la croissance économique
patiner puis faiblir, des productions inutiles ne plus trouver
preneur et disparaître. La société s'adaptera
et se modifiera.
Changer progressivement et avec l'aide des
autres
Il reste que nous avons tous beaucoup de difficultés à passer
de la prise de conscience, de l'aspiration au changement, à des
actes. " Ce que je peux faire, ce n'est qu'une goutte
d'eau dans l'océan. " On ne changera pas le
monde ". Les transformations que nous pourrions effectuer
sont souvent jugées incompatibles avec la dureté de
la survie matérielle, elle-même souvent reliée,
dans nos pays riches, à l'acquisition incessante de
biens matériels. C'est d'ailleurs sur cette aliénation
que mise le modèle dominant pour éviter toute
remise en cause. Nous ressentons tous de fortes résistances
au changement. Il nous fait peur car il est souvent compris
comme une perte, alors qu'il signifie également gain
et échanges. Nous nous sentons impuissants et isolés.
Alors, changeons progressivement et avec l'aide des autres. À chacun
de l'expérimenter, à son propre rythme, en se
respectant, en commençant par de petites choses simples
de la vie quotidienne. Il importe surtout de se découvrir
une passion pour la vie plus que pour une cause et de se
mettre en marche. Ensemble.
Il y a une interaction entre le
changement des personnes et le changement de société. Là où nous
en avons le pouvoir, faisons en sorte de modifier les conditions
dans lesquelles nous vivons de façon à favoriser
les changements individuels. Inventer des lieux d'échange,
des modes d'éducation, se rééduquer ensemble à la
vie civique. Autant d'exemples d'organisations collectives
favorisant le respect de la personne et les possibilités
de prises de conscience individuelles.
N.B : La Charte de l'Europe des Consciences a été écrite
par la rédaction de la revue Terre du Ciel. Elle est
le résultat d'une longue maturation. Son objectif était
de faire émerger, à partir des multiples messages
qui nous sont transmis par la Sagesse traditionnelle, un texte
qui actualise les valeurs essentielles de l'humanité en
les orientant vers la vie en société, telle que
nous pouvons la réaliser aujourd'hui.
Pour en savoir
plus sur L'Europe des consciences :
http://www.europe-des-consciences.com/
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