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Décembre 2002
DOSSIER SPECIAL :
EN FINIR AVEC LA SOUFFRANCE !
Dans
ses quelques paragraphes, Eckhart Tolle partage avec
nous son expérience d'illumination et la nécessité
de comprendre et d'accepter ce qu'il nomme le corps de
souffrance, c'est-à-dire toutes les douleurs et
souffrances qui viennent de notre identification au mental
et à l'ego et qui nous empêchent de vivre totalement
!
Un nouveau texte fondamental de cet auteur... à
lire tranquillement...
La plus grande partie de la souffrance humaine
est inutile. On se l'inflige à soi-même aussi
longtemps que, à son insu, on laisse le mental
prendre le contrôle de sa vie.
La souffrance que vous créez dans le présent
est toujours une forme de non-acceptation, de résistance
inconsciente à ce qui est.
Sur le plan de la pensée, la résistance
est une forme de jugement. Sur le plan émotionnel,
c'est une forme de négativité. L'intensité
de la souffrance dépend du degré de résistance
au moment présent, et celle-ci, en retour, dépend
du degré d'identification au mental. Le mental
cherche toujours à nier le moment présent et
à s'en échapper.
Autrement dit, plus on est identifié
à son mental, plus on souffre. On peut également
l'énoncer ainsi : PLUS ON EST A MEME DE RESPECTER
ET D'ACCEPTER LE MOMENT PRESENT, PLUS ON EST LIBERE DE LA
DOULEUR, DE LA SOUFFRANCE ET DU MENTAL.
D'après certains enseignement spirituels,
toute souffrance est en définitive une illusion, et
c'est juste. Mais est-ce vrai pour vous ? Le simple
fait d'y croire n'en fait pas une vérité. Voulez-vous
éprouver de la souffrance pour le reste de votre vie
en continuant de prétendre qu'elle est illusoire ?
Cela vous libère-t-il de la souffrance ? Ce qui nous
préoccupe ici, c'est comment actualiser cette vérité,
c'est-à-dire comment en faire une réalité
dans sa vie.
La
douleur et la souffrance sont inévitables tant et aussi
longtemps que vous êtes identifié à
votre mental, c'est-à-dire inconscient spirituellement
parlant. Je fais ici surtout référence à
la souffrance émotionnelle, également la principale
cause de la souffrance et des maladies corporelles. Le ressentiment,
la haine, l'apitoiement sur soi, la culpabilité,
la colère, la dépression, la jalousie,
ou même la plus petite irritation sont sans exception
des formes de souffrance. Et tout plaisir ou tout exaltation
émotionnelle comportent en eux le germe de la souffrance,
leur inséparable opposé, qui se manifestera
à un moment donné.
N'importe qui ayant déjà pris
de la drogue pour " décoller " sait très
bien que le " planage " se traduit forcément
par un " atterrissage ", que le plaisir se transforme
d'une manière ou d'une autre en souffrance. Beaucoup
de gens savent aussi d'expérience avec quelle facilité
et rapidité une relation intime peut devenir une source
de souffrance après avoir été une source
de plaisir. Si on considère ces polarités négative
et positive en fonction d'une perspective supérieure,
on constate qu'elles sont les deux faces d'une seule et même
pièce, qu'elles appartiennent toutes deux à
la souffrance sous-jacente à l'état de conscience
dite de l'ego, à l'identification au mental,
et que cette souffrance est indissociable de cet état.
Il existe deux types de souffrance : celle que
vous créez maintenant et la souffrance passée
qui continue de vivre en vous, dans votre corps et dans votre
esprit. Maintenant, j'aimerai vous expliquer comment cesser
d'en créer dans le présent et comment résoudre
celle issue du passé.
Tant
que vous êtes incapables d'accéder au pouvoir
de l'instant présent, chaque souffrance émotionnelle
que vous éprouvez laisse derrière elle un résidu.
Celui-ci fusionne avec la douleur du passé, qui était
déjà là, et se loge dans votre mental
et votre corps. Bien sûr, cette souffrance comprend
celle que vous avez éprouvée enfant, causée
par l'inconscient du monde dans lequel vous êtes né.
Cette souffrance accumulée est un champ d'énergie
négative qui habite votre corps et votre mental.
Si vous la considérez comme une entité invisible
à part entière, vous n'êtes pas loin de
la vérité. Il s'agit du corps de souffrance
émotionnel.
Il y a deux modes d'être : latent et actif.
Un corps de souffrance peut être latent 90 % du temps.
Chez une personne profondément malheureuse, cependant,
il peut être actif tout le temps. Certaines personnes
vivent presque entièrement dans leur corps de souffrance,
tandis que d'autres ne le ressentent que dans certaines situations,
par exemple dans les relations intimes ou les situations rappelant
une perte ou un abandon survenus dans leur passé, au
moment d'une blessure physique ou émotionnelle.
N'importe quoi peut servir de déclencheur,
surtout ce qui écho à un scénario douloureux
de votre passé. Lorsque le corps de souffrance est
prêt à sortir de son état latent, une
simple pensée ou une remarque innocente d'un proche
peuvent l'activer.
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LECTURE MEDITATIVE
En somme, le corps de souffrance ne désire pas
que vous l'observiez directement parce qu'ainsi vous
le voyez tel qu'il est. En fait, dès que vous
ressentez son champ énergétique et que
vous lui accordez votre attention, l'identification
est rompue.
Et une dimension supérieure de la conscience
entre en jeu. Je l'appelle la présence. Vous
êtes dorénavant le témoin du corps
de souffrance. Cela signifie qu'il ne peut plus vous
utiliser en se faisant passer pour vous et qu'il ne
peut plus se régénérer à
travers vous. Vous avez découvert votre propre
force intérieure.
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Plusieurs corps de souffrance sont exécrables
mais relativement inoffensifs, comme c'est le cas chez un
enfant qui ne cesse de se plaindre. D'autres sont des monstres
vicieux et destructeurs, de véritables démons
. Certains sont physiquement violents, alors que beaucoup
d'autres le sont sur le plan émotionnel. Ils peuvent
attaquer les membres de leur entourage ou leurs proches, tandis
que d'autres préfèrent assaillir leur hôte,
c'est-à-dire vous même.
Les pensées et les sentiments que vous
entretenez à l'égard de votre vie deviennent
alors profondément négatifs et autodestructeurs.
C'est ainsi que les maladies et les accidents sont souvent
générés. Certains corps de souffrance
mènent leur hôte au suicide.
Si vous pensiez connaître une personne,
ce sera tout un choc pour vous que d'être pour la première
fois confrontée soudainement à cette créature
étrange et méchante.
Il est cependant plus important de surveiller le corps de
souffrance chez vous que chez quelqu'un d'autre.
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LECTURE MEDITATIVE
Remarquez donc tout signe de morosité, peu importe
la forme qu'elle peut prendre. Ceci peut annoncer le
réveil du corps de souffrance, celui ci pouvant
se manifester sous forme d'irritation, d'impatience,
d'humeur sombre, d'un désir de blesser, de colère,
de fureur, de dépression, d'un besoin de mélodrame
dans vos relations, et ainsi de suite. Saisissez-le
au vol dès qu'il sort de son état latent.
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Le
corps de souffrance veut survivre, tout comme n'importe quelle
autre entité qui existe, et ne peut y arriver que s'il
vous amène à vous identifier inconsciemment
à lui. Il peut alors s'imposer, s'emparer de vous,
" devenir vous " et vivre par vous.
Il a besoin de vous pour se " nourrir
". En fait, il puisera à même toute expérience
entrant en résonance avec sa propre énergie,
dans tout ce qui crée davantage de douleur sous quelque
forme que ce soit : la colère, un penchant destructeur,
la haine, la peine, un climat de crise émotionnelle,
la violence et même la maladie. Ainsi, lorsqu'il vous
aura envahi, le corps de souffrance créera dans votre
vie une situation qui reflétera sa propre fréquence
énergétique, afin de s'en abreuver. La souffrance
ne peut soutenir qu'elle même. Elle ne peut se nourrir
de la joie, qu'elle trouve vraiment indigeste.
Lorsque le corps de souffrance s'empare, vous
en redemandez. Soit vous êtes la victime, soit le bourreau.
Vous voulez infliger de la souffrance ou vous voulez en subir,
ou bien les deux. Il n'y a pas grande différence. Vous
n'en êtes pas conscient, bien entendu, et vous soutenez
avec véhémence que vous ne voulez pas de cette
souffrance. Mais si vous regardez attentivement, vous découvrez
que votre façon de penser et votre comportement font
en sorte d'entretenir la souffrance, la vôtre et celle
des autres. Si vous en étiez vraiment conscient, le
scénario disparaîtrait de lui-même, car
c'est folie pure que de vouloir souffrir davantage et personne
ne peut être conscient et fou en même temps.
En fait, le corps de souffrance, qui est l'ombre
de l'ego, craint la lumière de votre conscience.
Il a peur d'être dévoilé. Sa survie dépend
de votre identification inconsciente à celui-ci
et de votre peur inconsciente d'affronter la douleur qui
vit en vous. Mais si vous ne vous mesurez pas à
elle, si vous ne lui accordez pas la lumière de votre
conscience, vous serez obligé de la revivre sans arrêt.
Le corps de souffrance peut vous sembler un dangereux monstre
que vous ne pouvez supporter de regarder, mais je vous assure
que c'est une fantôme minable qui ne fait pas le poids
face au pouvoir de votre présence.
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LECTURE MEDITATIVE
Lorsque vous commencez à vous désidentifiez
et à devenir l'observateur, le corps de souffrance
continuera de fonctionner un certain temps et tentera
de vous amener, par la ruse, à vous identifier
de nouveau à lui. Même si la non identification
ne l'énergise plus, il gardera un certain élan,
comme la roue de la bicyclette continue de tourner même
si vous ne pédalez plus. A ce stade, il peut
également créer des maux et des douleurs
physiques dans diverses parties du corps, mais ceux-ci
ne dureront pas.
Restez présent, restez conscient. Soyez en permanence
le vigilant gardien de votre espace intérieur.
Il vous faut être suffisamment présent
pour pouvoir observer directement le corps de souffrance
et sentir son énergie. Ainsi, il ne peut plus
contrôler votre pensée.
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Dès que votre pensée se met au
diapason du champ énergétique de votre corps
de souffrance, vous y êtes identifié et vous
le nourrissez à nouveau de vos pensées.
Par exemple, si la colère en est la vibration énergétique
prédominante et que vous avez des pensées de
colère, que vous ruminez ce que quelqu'un vous a fait
ou ce que vous allez lui faire, vous voilà devenu inconscient
et le corps de souffrance est dorénavant " vous-même
". La colère cache toujours de la souffrance.
Lorsqu'une humeur sombre vous vient et que vous
amorcez un scénario mental négatif en vous disant
combien votre vie est affreuse, votre pensée s'est
mise au diapason de ce corps et vous êtes alors inconscient
et ouvert à ses attaques.
Le mot " inconscient ", tel que je
l'entends ici, veut dire être identifié à
un scénario mental ou émotionnel. Il implique
une absence complète de l'observateur.
Transformer la souffrance en conscience
L'attention
consciente soutenue rompt le lien entre le corps de souffrance
et les processus de la pensée. C'est ce qui amène
la métamorphose. Comme si la souffrance alimentait
la flamme de votre conscience qui, ensuite, brille par conséquent
d'une lueur plus vive.
Voilà la signification ésotérique de
l'art ancien de l'alchimie : la transformation du vil métal
en or, de la souffrance en conscience. La division intérieure
est résorbée et vous devenez entier. Il vous
incombe alors de ne plus créer de souffrance.
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EXERCICE
Concentrez votre attention sur le sentiment qui vous
habite. Sachez qu'il s'agit du corps de souffrance.
Acceptez le fait qu'il soit là. N'y pensez pas.
Ne transformez pas le sentiment en pensée. Ne
le jugez pas. Ne l'analysez pas. Ne vous identifiez
pas à lui. Restez présent et continuez
d'être le témoin de ce qui se passe en
vous.
Devenez conscient non seulement de la souffrance émotionnelle,
mais aussi de " celui qui observe ", de l'observateur
silencieux. Voici ce qu'est le pouvoir de l'instant
présent, le pouvoir de votre propre présence
consciente. Ensuite, voyez ce qui se passe.
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Identification de l'ego au corps de souffrance
Le processus que je viens de décrire
est profondément puissant mais simple. On pourrait
l'enseigner à un enfant, et espérons qu'un jour
ce sera l'une des premières choses que les enfants
apprendront à l'école. Lorsque vous aurez compris
le principe fondamental de la présence, en tant
qu'observateur, de ce qui se passe en vous - et que vous le
" comprendrez " par l'expérience -, vous
aurez à votre disposition le plus puissant des outils
de transformation.
Ne
nions pas le fait que vous rencontrerez peut-être une
très grande résistance intérieure intense
à vous désidentifier de votre souffrance. Ce
sera particulièrement le cas si vous avez vécu
étroitement identifié à votre corps de
souffrance la plus grande partie de votre vie et que le sens
de votre identité personnelle y est totalement ou partiellement
investi. Cela signifie que vous avez fait de votre corps de
souffrance un moi malheureux et que vous croyez être
cette fiction créée par votre mental. Dans ce
cas, la peur inconsciente de perdre votre identité
entraînera une forte résistance à toute
désidentification. Autrement dit, vous préféreriez
souffrir, c'est-à-dire être dans le corps de
souffrance, plutôt que de faire un saut dans l'inconnu
et de risquer de perdre ce moi malheureux mais familier.
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EXERCICE
Examinez cette résistance. Regardez de près
l'attachement à votre souffrance. Soyez très
vigilant. Observez le plaisir curieux que vous tirez
de votre tourment, la compulsion que vous avez d'en
parler ou d'y penser. La résistance cessera si
vous la rendez consciente. Vous pourrez alors accorder
votre attention au corps de souffrance, rester présent
en tant que témoin et ainsi amorcer la transmutation.
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Vous seul pouvez le faire. Personne ne peut
y arriver à votre place. Mais si vous avez la chance
de trouver quelqu'un d'intensément conscient, si vous
pouvez vous joindre à cette personne dans l'état
de présence, cela pourra accélérer les
choses. Ainsi, votre propre lumière s'intensifiera
rapidement.
Lorsqu'une bûche qui commence à
peine à brûler est placée juste à
côté d'une autre qui flambe ardemment et qu'au
bout d'un certain temps elle sont séparées,
la première chauffera avec beaucoup plus d'ardeur qu'au
début. Après tout, il s'agit du même feu.
Jouer le rôle du feu, c'est l'une des fonctions du
maître spirituel. Certains thérapeutes
peuvent également remplir cette fonction, pourvu qu'ils
aient dépassé le plan mental et qu'ils soient
à même de créer et de soutenir un immense
état de présence pendant qu'ils s'occupent de
vous.
La première chose à ne pas oublier
est la suivante : TANT ET AUSSI LONGTEMPS QUE VOUS VOUS
CREEREZ UNE IDENTITE QUELCONQUE A PARTIR DE LA SOUFFRANCE,
IL VOUS SERA IMPOSSIBLE DE VOUS EN LIBERER. Tant et aussi
longtemps que le sens de l'identité sera investi dans
la souffrance émotionnelle, vous sabotez inconsciemment
toute tentative faite dans le sens de guérir cette
souffrance ou y résisterez d'une manière quelconque.
Pourquoi ? Tout simplement parce que vous voulez rester intact
et que la souffrance est fondamentalement devenue une partie
de vous. Il s'agit là d'un processus inconscient, et
la seule façon de le dépasser est de la rendre
conscient.
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LECTURE MEDITATIVE
Réaliser soudainement que vous êtes
ou avez été attaché à votre
souffrance peut-être la cause d'un grand choc.
Mais dès l'instant où cette prise de conscience
a lieu, l'attachement est rompu.
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Un
peu comme une entité, le corps de souffrance est un
champ énergétique qui se loge temporairement
à l'intérieur de vous. C'est de l'énergie
vitale qui est prise au piège et ne circule plus.
Bien entendu, le corps de souffrance existe
en raison de certaines choses qui se sont produites dans le
passé. C'est le passé qui vit en vous,
et si vous vous identifiez au corps de souffrance, vous vous
identifiez par la même occasion au passé. L'identité
de victime est fondée sur la croyance que le passé
est plus puissant que le présent, ce qui est contraire
à la vérité. Que les autres et ce qu'ils
vous ont fait sont responsables de ce que vous êtes
maintenant, de votre souffrance émotionnelle ou de
votre incapacité à être vraiment vous-même.
La vérité, c'est que le seul pouvoir
qui existe est celui propre à l'instant présent:
c'est le pouvoir de votre propre présence à
ce qui est. Une fois que vous savez cela, vous réalisez
également que vous-même et personne d'autre êtes
maintenant responsable de votre vie intérieure et que
le passé ne peut pas l'emporter sur le pouvoir de
l'instant présent.
L'inconscience le crée, la conscience
le métamorphose.
Saint Paul a exprimé ce principe universel de façon
magnifique : " On peut tout dévoiler en l'exposant
à la lumière, et tout ce qui est ainsi exposé
devient lui-même lumière. " Tout comme vous
ne pouvez vous battre contre l'obscurité, vous ne
pouvez non plus vous battre contre le corps de souffrance.
Essayer de le faire créerait un conflit
intérieur et, par conséquent, davantage de souffrance.
Il suffit de l'observer et cela suppose l'accepter
comme une partie de ce qui est ce moment.
Extrait de Mettre
en pratique Le pouvoir du moment présent, Eckhart
Tolle ; ed ARIANE, 2002
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