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Juillet-Aout 03
Accord toltèque N°2
"
Quoi qu'il arrive, n'en
faites pas une affaire personnelle "
" Quoi
qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle ", énonce
le deuxième accord. " Rien qu’en appliquant
ce deuxième accord " dit don Miguel, " vous
commencerez à briser des dizaines de petits accords
qui vous font souffrir ". Ne plus prendre les choses
personnellement, c’est en effet retirer à autrui
le pouvoir qu’on lui a donné de nous juger,
de nous critiquer, de nous nuire. C’est cesser d’attacher
de l’importance à l’opinion d’autrui,
ne plus dépenser d’énergie à défendre
une image idéale de soi contre les critiques, ni à chercher à la
nourrir de compliments. Dans la pratique, cependant, prendre
tout ce qui nous arrive personnellement est plutôt
la norme. La moindre remarque nous vexe, nous irrite ou nous
attriste. Et je me suis rendu compte que tout en comprenant
la pertinence de ce deuxième accord Toltèque,
beaucoup ont de la peine à l’appliquer. En effet,
il est difficile de mettre en pratique une injonction en " Ne… pas " :
OK, je n’en fais pas une affaire personnelle, mais
alors… j’en fais quoi ? Untel me traite d’idiot(e)
ou d’incompétent(e), m’insulte ou m’humilie
: comment réagir autrement que personnellement ?
Une
première clé consiste à changer de centre
de gravité dans la relation. Au lieu de m’occuper
de moi, de ce qu’on dit de moi, de comment autrui se
comporte envers moi, je m’intéresse à l’autre
: qu’est-ce que son attitude et ses paroles me disent
de lui et non de moi, que m’apprend-il sur lui en me
parlant de moi ? " Une montée est une descente
vue d’en bas " dit un adage plein de bon sens
qui nous rappelle qu’une opinion n’a de pertinence
qu’en fonction du point de vue d’où on
l’émet. C’est ce que soulignait Courteline
avec humour : " Se faire traiter d’idiot par un
imbécile est une volupté de fin gourmet ".
Celui qui me traite de minable ou de nul m’indique
surtout depuis quelle orgueilleuse hauteur il me considère.
Par analogie, le poids qu’affiche une balance n’a
de valeur que si celle-ci a été étalonnée,
mise à zéro : pourquoi donc accorder de l’importance à une
opinion (=une mesure), si le point de vue dont elle émane
ne me paraît pas juste, pas fiable ?
Enfant, rappelle
don Miguel, c’est à travers le regard des parents
et des adultes que nous nous sommes formés une image
de nous-même, que nous avons appris (ou cru apprendre)
qui nous étions : " tu es moche ", " tu
es nul(le) ", " tu es lent(e) ", etc. Nous
avons accepté ces jugements en croyant le point de
vue des adultes fiable. Ces qualificatifs ont eu un impact
sur nous parce que nous avons donné notre accord à ce
qui nous était dit de nous. Adulte, devenu conscient
des limites et de la relativité des points de vue
de ceux qui nous ont étiquetés, il nous revient
de briser les accords qui nous limitent et nous rendent dépendant
de l’opinion d’autrui. De même, il nous
revient de conclure l’accord de ne plus accepter, en
les prenant personnellement, les opinions et jugements d’autrui
qui ne reflètent le plus souvent que le point de vue
faussé de ceux qui les émettent. Un accord
important à briser pour ne plus prendre les choses
personnellement, est donc celui qui consiste à croire
(cela vient de notre enfance) que les autres nous connaissent
mieux que nous. En réalité, personne n’est
dans notre tête, dans notre cœur ou dans notre
corps : nul ne sait mieux que moi ce qui se passe en moi,
ce qui m’anime, pourquoi je me lève le matin,
quelles sont mes intentions, mes idéaux, mes craintes,
etc. Son propre étalon, ce n’est pas dans l’opinion
fluctuante des autres qu’il faut le chercher, mais
en soi, en l’établissant de préférence
d’après les repères stables fournis par
les grands principes spirituels d’amour, de vérité et
de sagesse.
Une dernière clé et une mise
en garde, pour conclure. La clé : lorsque vous réagissez
personnellement à un jugement d’autrui, sachez
que cela signifie que vous vous jugez vous-même de
la même façon. C’est un phénomène
de résonance. Votre réaction vous donne donc
l’occasion de vous libérer d’un jugement
envers vous-même, titillé par la critique d’autrui.
Celui qui a totalement cessé de se juger lui-même
n’est plus atteint par les jugements des autres. Et
enfin la mise en garde : ne pas prendre les choses personnellement
ne signifie pas ne pas les prendre du tout ! Tout renvoyer à son
interlocuteur en lui disant : c’est ton point de vue,
c’est ton problème, c’est ta vision des
choses, etc., aboutit à s’enfermer dans une
bulle où il n’y a plus d’échanges
avec autrui. Le regard d’autrui sur nous n’est
pas forcément juste ni 100% vrai, mais il n’est
jamais inintéressant : il a toujours quelque chose à nous
apprendre, que ce soit sur l’autre ou même sur
soi (par les réactions qu’il déclenche
en nous, notamment). C’est d’ailleurs lorsqu’on
a cessé de prendre les choses personnellement qu’on
est le mieux en mesure de tirer profit d’une opinion
ou même d’un jugement, précisément
parce qu’on n’y réagit plus : l’échange
peut alors être ouvert, constructif, mutuellement enrichissant,
même lorsqu’il est amorcé de façon
agressive ou violente.On apprend dans les dojos d’arts
martiaux à parer des attaques diverses. Les Quatre
Accords toltèques nous fournissent des clés
pour tirer le meilleur des attaques verbales ou comportementales.
Il serait d’ailleurs envisageable de mettre sur pied
des séances où, comme pour les arts martiaux,
on pourrait pratiquer au ralenti, progressivement, dans un
cadre sécurisé, l’art de défléchir
des attaques verbales, de ne pas réagir personnellement,
etc. Des amateurs ?...
Olivier Clerc
Cette méditation du mois est empruntée au site
http://perso.wanadoo.fr/olivier.clerc/
Le 1er accord Toltèque a été publié en
Mai 2003 : http://meditationfrance.com/archive2.htm
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