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Mai 2002
Interview sur la Mystic rose
avec Bhakta Oechslin
Cet été, dans le sud de la
France, aura lieu une méditation hors du commun, la
mystic rose. C'est peut-être dans le monde un des
stages de croissance spirituel les plus en vogue à
l'heure actuelle. Nous sommes allés rencontrés
son animateur pour mieux comprendre de quoi il s'agit...
Meditationfrance
:
C'est une technique pas très connue en France,
pouvez-vous nous expliquer de quoi il s'agit ?
B. O : C'est une méditation
thérapeutique crée par le mystique indien Osho.
C'est un processus énergétique qui nettoie les
émotions et crée un espace de méditation
à l'intérieur de nous.
Elle dure 3 semaines et se divise en 3 parties.
La première semaine consiste à aller dans le
rire pendant 3 heures par jour. On va chercher à redécouvrir
son rire intérieur. La seconde semaine ce sont les
pleurs, aussi 3 heures par jour et la troisième semaine,
le silence.
En fait, le rire et les pleurs sont les premiers moyens de
communication de l'être humain. L'enfant va exprimer
ses besoins soit par les pleurs, soit par le rire.
Le rire va exprimer la joie, l'intelligence, l'éveil
et aussi la communication avec l'autre. La mère va
venir vers l'enfant, lui parler et celui-ci va sourire. Il
exprime ainsi sa joie, sa vitalité. Et d'ailleurs,
un enfant qui ne rit pas ou qui ne sourit pas a certainement
un problème psychologique ou mental, cela se voit dans
les enfants autistes par exemple.
Je crois qu'on a tous eu l'occasion de voir un enfant rire
ou avoir le fou rire...c'est merveilleux de voir un enfant
rire, c'est contagieux, il y a beaucoup d'amour là
dedans...
Mf : Mais, nous adulte, on rit aussi
quand même, non ?
B. O : Oui, il y a un rire mais ce
rire a été déformé....on rit
" de quelque chose " ou " de quelqu'un ",
on se moque... Petit à petit nous perdons ce rire
spontané, cette vitalité et cette joie.
Dans la mystic rose nous allons redécouvrir ce rire
intérieur...un rire sans raison aucune, comme le
bébé qui rit sans raison apparente, si ce n'est
que d'exprimer son innocence.
Mf : Mais, j'ai aussi l'impression qu'on
n'a pas vraiment l'espace... on ne peut pas réellement
rire quand on est au travail ou dans la rue... on nous prendrait
pour un fou !
B. O : Tout à fait....et cela
fait partie du conditionnement ....par la société,
par les parents qui petit à petit cassent cette joie...l'enfant
apprend alors à contrôler sa joie....tout cela
est progressif et très subtil. C'est comme si il se
crée en nous un roc qui empêche le rire de jaillir.
Dans la thérapie traditionnelle, on analyse le roc,
il est fait de granit, il est froid, il est gris....etc.
Dans la mystic rose, c'est différent, on ne s'occupe
pas de ça, on va se projeter dans le rire et par cela
on va faire éclater, exploser le roc pour que ce jet
d'énergie vitale puisse jaillir de nouveau....il n'y
a donc pas d'analyse mentale, il n'y a pas d'explications
thérapeutiques...c'est un processus énergétique
. On va simplement aller dans le rire et parfois il faut se
forcer....mais le rire qu'on va chercher va directement dans
le ventre, dans le hara.
On crée un espace pour que les gens puissent explorer
et expérimenter ce rire et tout le monde va rencontrer
des difficultés, mais petit à petit, on arrive
à toucher ce point et alors le rire vient spontanément
et sans aucune raison....cela peut vous paraître un
peu illusoire mais je peux vous assurer que c'est bien réel
et très efficace.
Mon rôle est de soutenir ce processus...je ne suis pas
un thérapeute dans le sens traditionnel du terme, je
crée simplement un espace sécurisant où
le participant peut s'exprimer en toute liberté.
MF : Alors, ensuite, c'est la semaine
de pleurs, en quoi consiste-elle ?
B. O : Oui , alors du jour au lendemain,
on passe des rires aux pleurs...cela se fait de manière
assez naturelle...car le rire et les pleurs sont en fait très
proches.
Les pleurs sont l'autre moyen de communication de l'enfant
pour exprimer ses besoins et ses désirs.
Les pleurs, tout le monde le sait, sont très réprimés
dans notre société....c'est un peu mal vu de
montrer sa douleur, c'est une preuve de faiblesse...chaque
fois qu'on a une peine, une douleur, nous la gardons pour
soi, et c'est quelque chose qui reste en nous comme un poison.
Les pleurs, au contraire du rire, ne peuvent pas se forcer,
on doit simplement les laisser venir, les autoriser.
MF : Et, que se passe-t-il si on ne peut pas pleurer
?
B. O : Ce n'est pas un problème...on
reste alors avec la tristesse ou la peine, et même sans
larmes le travail se fait, car il ne faut pas oublier que
la Mystic rose est un processus énergétique
et que le groupe en lui-même soutient cette dynamique
!
Pour les hommes, par exemple, c'est souvent plus difficile
de pleurer...car le conditionnement ne le favorise pas...souvent,
on a appris à l'homme d'être fort, à ne
pas montrer ses sentiments, à ne pas être émotionnel.
On joue parfois des musiques mélancoliques afin de
soutenir cette phase, mais l'important, c'est d'aller en soi
et de regarder cette douleur.
MF : La méditation me semble
une observation des émotions, alors qu'ici, on va complètement
dedans, non ?
B. O : Oui.....et c'est pourquoi c'est
une thérapie méditative, on va dans la douleur
et en allant dans sa douleur, on va créer un espace
pour la méditation.
Mf : Est-ce que cela veut dire qu'on
a une quantité de tristesse en nous et qu'une fois
qu'on l'enlève on est nettoyé ?
B. O : Effectivement, on peut le voir
comme cela.... En fait cela se passe par paliers, c'est comme
un oignon. Par exemple, on rentre dans la douleur liée
à notre relation avec nos parents, on laisse alors
sortir les pleurs, puis on rentre dans une espace de méditation,
de vide, de silence...puis on va dans notre relation avec
notre partenaire.....c'est comme un oignon, il y a des couches
et des couches mais il y a un espace de méditation
entre deux couches et le fait d'aller en soi, d'observer tout
cela, approfondi cet espace.
Mf : J'ai l'impression que l'ego est une blessure alors,
est-ce que la mystic rose ouvre et guérit nos blessures
intérieures ?
B.
O : Oui... on a tous comme des manques, des " trous
", des blessures intérieures et la plupart d'entre
nous les cachons... et cela ressort sous forme de méchanceté,
de jalousie, de disfonctionnements et nous occidentaux, devons
aujourd'hui apprendre à gérer ses émotions
si on veut mener une vie harmonieuse et satisfaisante.
Le rôle de la mystic rose est d'aller à l'intérieur,
dans ses blessures et de les porter au grand air, car c'est
le seul moyen de les guérir...c'est clair, les gens
se sentent beaucoup mieux à la fin de la mystic rose,
comme ressourcés et vitalisés.
Mf : Parles-nous de la troisième
semaine ?
B. O : C'est ce qu'on appelle l'observateur
sur la colline.... on va simplement être là sans
rien faire et juste observer ce qui se passe en nous, de regarder
le trafic dans la vallée en se souvenant des recommandations
de Bouddha :
· Relaxation
· Etre alerte
· Sans jugement
Cela étant, ce n'est pas Vipassana car là il
n'y a rien à faire ...même pas à observer
sa respiration...c'est plus comme zazen...on va simplement
être là, présent.
Beaucoup ont dans cette phase des expériences de calme,
de sérénité, de joie et de vide intérieur.
MF : Vous avez fait de nombreuses mystic
rose, dîtes nous, ce n'es pas trop difficile de revenir
dans la vie de tous les jours ensuite ...On n'est pas trop
vulnérable ?
B. O : En général, cela
se passe bien...oui, c'est sûr, les gens se sentent
plus vulnérables, plus ouverts et plus doux, ils auront
peut-être même une vision différente de
leur environnement mais en même temps, les gens se sentent
bien et ils arrivent donc assez bien à gérer
le retour...
Mais bien sûr ce n'est pas un groupe comme les autre
et c'est différent pour chacun d'entre nous...il y
a beaucoup de liberté dans la mystic rose et chacun
va le vivre à sa façon...
MF : Que fait-on en dehors des 3 heures
?
B. O : Nous serons dans un centre de
développement personnel et le reste de la journée
les participants sont libres. Il y a des activités
du centre, piscine, promenade...etc. Le lieu est magnifique
en pleine nature et nous serons sous un grand chapiteau au
milieu des arbres...
En été, ce lieu reçoit d'autres ateliers.
C'est un endroit très plaisant où l'on rencontre
plein de gens intéressants...
MF : Peut-on dire que c'est une retraite
zen moderne ?
B. O : Oui....tout à fait ...je
conseillerai d'ailleurs aux gens qui veulent venir, de le
prendre comme cela mais ce n'est pas une retraite en silence,
avec une austérité, ascète...pas du tout...mais
oui, c'est une retraite pour être avec soi-même.
MF : D'où vient le nom de mystic
rose (la rose mystique) ?
B. O : C'est une métaphore :
nous somme nés avec une graine en soi et c'est à
nous d'en prendre soin, de la cultiver et de la faire fleurir,
comme une rose... c'est notre liberté et notre responsabilité.
MF : Osho, le créateur de la
mystic rose a déclaré " la mystic rose
c'est la méditation la plus importante que j'ai crée
", pourquoi ?
B. O : Osho a crée de nombreuses
techniques passives et actives et je crois que la mystic rose
c'est un peu son testament...là , on touche au corps
de son enseignement. C'est impossible d'être parfait,
d'être toujours heureux...la vie est comme le jour et
la nuit, comme la pluie et le beau temps...il faut accepter
les jours de joie comme les jours de tristesse...et la mystic
rose aide à accepter ces cycles et à s'accepter
soi-même.
MF : Est-ce que tout le monde peut faire
la mystic rose ?
B. O : Oui.....tout le monde....il
faut juste être sain d'esprit....il faut être
bien en soi....ce n'est pas un remède psychiatrique.
MF : Qu'est-ce que c'est la méditation
pour vous ?
B. O : On a souvent une mauvaise compréhension
de la méditation....c'est une qualité naturelle
qui se couvre d'une couche de poussière qu'on appelle
ego, conditionnement, maya.... La mystic rose comme d'autres
techniques enlèvent " cette poussière "
pour permettre à notre état naturel de réapparaître.
La méditation, c'est un art de vivre, c'est mettre
la conscience dans nos activités quotidiennes les plus
simples.
MF : Comment peut-on savoir si la mystic
rose est faîte pour nous ?
B.
O : Ahh (rire)...malheureusement, je dirai....que pour
vraiment le savoir il faut la faire...
Mais mon expérience est qu'elle est faîte pour
tout le monde.....c'est une méditation universelle....elle
est non mental...tout le monde rit et pleur....qu'on soit
américain, chinois ou français...
Si vous voulez mieux comprendre des choses qui se sont passées
dans votre vie, si vous voulez explorer vos émotions,
si vous voulez expérimenter la méditation, alors,
c'est peut-être le bon moment....
Mais j'insiste, ce n'est pas de la thérapie psychologique,
si vous êtes bloqués dans vos émotions,
il vaut mieux aller faire un primal par exemple...et si vous
voulez résoudre des problèmes de couples, il
ne faut pas rêver...la mystic rose n'est pas une réponse
miracle...c'est avant tout un processus de croissance spirituelle
pour et avec vous même.
Comme pour toutes choses, il faut s'écouter...écouter
sa voix intérieure et sincèrement vouloir se
connaître soi-même ?
MF : Merci pour cet interview !!!
Bhakta Oechslin
Suisse, 50 ans, disciple d'Osho depuis 1976, il est thérapeute
et animateur de thérapies méditatives. Il conduit
des ateliers et des Mystic rose en Europe et en Asie depuis
1990.
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