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Avril 2003
Où Suis-Je ?
Ramana
avait coutume de donner une technique à ses disciples,
ils devaient simplement s'interroger: "qui suis- je ?"
Au Tibet ils utilisent une technique semblable, mais meilleure
que celle de Ramana, ils ne demandent pas: "qui suis-je
?", ils demandent, "Où suis-je ?" parce
que le qui peut créer un problème.
Lorsque vous vous interrogez: "Qui
suis-je ?", vous considérez comme allant de soi
que vous êtes; la seule question est de connaître
qui vous êtes. Vous avez présupposé que
vous êtes, cela n'est pas contesté, c'est considéré
comme allant de soi que vous êtes. Maintenant la seule
question est: Qui vous êtes. Seule l'identité
doit être connue, le visage doit être reconnu,
mais il est là, méconnu mais là.
La méthode tibétaine est encore
plus profonde. Ils disent d'être silencieux et de chercher
ensuite à l'intérieur où vous êtes.
Mouvez-vous dans l'espace intérieur, déplacez-vous
vers chaque endroit et demandez: "Où suis-je ?"
Vous ne le trouverez nulle part et plus vous recherchez, moins
ce sera là. Et de se poser la question: "Qui suis-je
?" ou "Où suis-je ?" un moment vient
où vous arrivez à un point où vous êtes,
mais sans le: "Je", "vous êtes",
dans le simple fait d'exister. Mais cela arrivera seulement
lorsque les pensées ne seront pas vôtres. C'est
un royaume plus profond; le: " Je suis".
Nous ne le sentons jamais. Nous continuons
à dire: "je".
Le mot "je" est utilisé continuellement,
le mot le plus utilisé est "je" mais vous
n'avez aucun ressenti de ce "je".
Qu'entendez-vous par "je"? Lorsque vous dites "je",
que voulez-vous dire ? Qu'est-ce qui est signifié par
ce mot ? Qu'est-ce qui est exprimé ?
Je peux faire un geste, alors je peux dire: "Je veux
dire cela." Je peux montrer mon corps, "je veux
dire cela." Mais alors l'on peut demander: "Voulez-vous
dire votre main ? Voulez-vous dire votre jambe ? Voulez-vous
dire votre estomac ?" Alors je devrai nier, je devrai
dire non, alors le corps entier sera nié, alors que
voulez-vous dire lorsque vous dites "je" ? Voulez-vous
dire votre tête ? Profondément en vous, chaque
fois que vous dites "je", c'est un sentiment très
vague et ce sentiment vague vient de vos pensées.
Établi dans le ressenti, coupé
des pensées, faites face au "je suis" et
alors que vous y faites face, vous constatez qu'il n'existe
pas. C'était seulement un mot utile, un symbole linguistique;
nécessaire, mais non réel.
Même un Bouddha doit l'utiliser, même
après son éveil. C'est juste un artifice linguistique.
Mais lorsqu'un Bouddha dit "je", il ne signifie
jamais "je", parce qu'il n'y a personne.
Lorsque vous ferez face à ce "je suis" il
disparaîtra. La peur peut vous saisir à ce moment
là, vous pouvez être effrayé. Et cela
arrive à de nombreuses personnes qui se meuvent profondément
dans de telles techniques, elles deviennent si effrayées
qu'elles s'en éloignent. Aussi, souvenez-vous de ceci,
lorsque vous ressentez et faites face à votre "je
suis" vous serez dans la même situation que celle
où vous serez lorsque vous mourez. Parce que "je"
disparaît et vous constatez que la mort vous arrive.
Vous aurez la sensation de couler, vous sentirez que vous
coulez de plus en plus. Et si vous avez peur, vous en sortirez
de nouveau et vous vous accrocherez aux pensées parce
que ces pensées seront utiles. Ces nuages seront là,
vous pouvez vous y accrocher et alors la peur vous quittera.
Souvenez-vous, cette peur est très
bonne, un très bon signe, elle montre que maintenant
vous allez en profondeur et la mort est le point le plus profond.
Si vous pouvez entrer dans la mort vous deviendrez immortel,
parce que celui qui entre dans la mort ne peut pas mourir.
Alors la mort est simplement juste autour; jamais au centre,
juste à la périphérie. Lorsque "je
suis" disparaît vous êtes comme la mort,
le vieux n'est plus et le nouveau s'est manifesté.
Cette conscience qui en sortira est absolument nouvelle, non
contaminée, fraîche, vierge. Le vieux n'est plus
et le vieux ne l'a pas même touché.
Ce "je suis" disparaît
et vous êtes dans votre virginité primitive,
dans votre fraîcheur absolue. La couche la plus profonde
"d'être" a été atteinte.
Osho Extrait de: The Book
of Secrets
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