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Avril 2003
DÉSIR ET LIBERTÉ - Jean-Marc
Mantel
La liberté ne concerne pas la personnalité
qui est par nature conditionnée. Les choix et préférences
sont fonctions du contenu de la mémoire.
La
liberté d'agir n'est pas la vraie liberté. Elle
se réfère au confort de l'absence d'obstacles
rencontrés par la personnalité qui cherche l'accomplissement
de ses désirs. Il s'agit en fait d'un soulagement de
tensions secondaires à l'action.
Lorsqu'il est clairement vu qu'il n'existe
nulle liberté dans l'assouvissement des désirs
et des choix conditionnés, la quête du sens de
la liberté amène à plonger plus profondément
en soi.
Cette liberté va être alors ressentie
comme une liberté par rapport au désir. L'assouvissement
du désir amène à l'éveil d'un
état de non-désir. C'est le non-désir
qui est le moteur du désir. Les instants de calme et
de tranquillité qui suivent l'assouvissement d'un désir
sont en fait ce qui est recherché.
On peut ainsi dire que le désir conduit
au non-désir, et que le non-désir est l'objet
ultime du désir. Le non-désir signifie que l'être
est établi dans sa propre source. Il se sait autonomie.
Que les circonstances évoluent dans un sens ou dans
l'autre ne remet pas en cause ce savoir être. Ce savoir
être est liberté.
Il ne s'agit pas d'une liberté de faire,
mais d'une liberté d'être. Elle ne peut être
comprise, mais seulement expérimentée. C'est
elle qui vous fait dire : "je suis bien". Elle est
paix et silence.
Ce sentiment d'indicible unité est
ressenti dans l'acceptation. L'acceptation amène à
la liberté. Elle transcende le désir d'accepter.
Elle est l'expression même de la conscience.
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